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Groupe d'action et de résistance à la militarisation

Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Garm.
Groupe d'action et de résistance à la militarisation

Cadre
Forme juridique de fait
But Lutte contre la militarisation
Surnom Garm
Zone d’influence Lyon
Fondation
Fondation 1967
Origine Groupe lyonnais de soutien aux « renvoyeurs » de livret militaire
Identité
Siège Oullins
Secrétaire Mireille Debard
Trésorière Paulette Declipelleir
Dissolution
Dissolution 1984

Le Groupe d'action et de résistance à la militarisation, ou GARM est un mouvement antimilitariste lyonnais. De 1967 à 1984, il a mené des actions spectaculaires souvent caractérisées par leur humour. Il a notamment investi à deux reprises le poste de commandement nucléaire du Mont Verdun, alors en construction. Il a participé à la réflexion sur la politique de défense et contesté le complexe militaro-industriel et scientifique.

Sommaire

DéfinitionModifier

À la fin des années soixante, les raisons politiques de s'opposer à la militarisation[1] sont nombreuses, notamment avec la mise en place de la force nucléaire[2]. En mai 1968, les normes politiques et sociales de la société française ont été durablement ébranlées par une contestation radicale qui échappait, pour une bonne part, aux grands partis et syndicats. L'institution militaire a été alors épargnée par cette remise en cause[3]. Mais le courant antimilitariste s'est ravivé et, à Lyon, il a été particulièrement actif, spectaculaire, populaire et durable grâce entre autres au Groupe d'action et de résistance à la militarisation[4].

Qu’est-ce que le Garm ?

« Une petite équipe à l'imagination fertile, fortement soudée par l'amitié et la volonté de passer à l'acte au-delà des discussions et arguties interminables qui sévissaient dans les partis et mouvements théoriquement opposés au nucléaire. Et autour de nous, en cercles concentriques, une centaine de militants plus ou moins engagés, enfin des milliers de sympathisants et quelques complicités en ville. »

— Jean-Pierre Lanvin, À Dieu vat, p. 94

« Nous devons beaucoup à l’esprit de Mai 68. Nous y avons compris les vertus de l’imagination et surtout de la dérision, comme méthodes d’action. »

— Jo Piégay, GARM, Faites l’humour, pas la guerre…, L’Express Rhône-Alpes, juin 1972

HistoireModifier

Naissance du groupeModifier

En février 1968, dans une lettre à en-tête du Groupe lyonnais de soutien aux « renvoyeurs » de livret militaire, cent soixante-dix hommes et femmes manifestent leur solidarité aux opposants à la mise en place de l'arsenal nucléaire[5]. La liste des signataires lyonnais, la plupart pacifistes, non-violents, chrétiens ou socialistes, est précédée de celle de seize personnalités nationales dont Bernard Clavel, René Dumont, Lanza del Vasto, Théodore Monod et Jean Rostand[6]. Cette action amène à la naissance du Garm[3].

Le groupe entend se mettre « au service de tous ceux que leur conscience contraindrait prochainement à renvoyer leur livret militaire, et qui désireraient donner à leur acte la dimension collective et politique indispensable[7]. »

En avril 1968, le groupe diffuse une brochure " Ils renvoient leur livret militaire. Pourquoi ?[8] " avec les lettres très argumentées de réfractaires vivant dans la région lyonnaise dont Jean Kergrist et Pierre-Luc Séguillon. On y lit : « Renvoyer son livret militaire, pour ceux que nous soutenons, est un signe de refus de la société et du système qui, en fabriquant des armes et des bombes, fabrique des morts en sursis et des pauvres dès aujourd’hui. »

L'ordonnance du 7 janvier 1959Modifier

L’ordonnance no 59-147 du 7 janvier 1959 portant organisation générale de la Défense ne distingue plus le temps de guerre et le temps de paix. La défense est un état permanent qui permet de mobiliser ou réquisitionner militaires et civils, sous la même autorité et avec les mêmes obligations, « en cas de menace portant notamment sur une partie du territoire, un secteur de la vie nationale ou une fraction de la population ». Cette menace n’étant pas définie, elle peut s’appliquer au gré du gouvernement aussi bien à un conflit militaire qu’à une crise politique ou sociale. Tout non militaire, homme ou femme de dix-huit à cinquante ans, peut être mobilisé selon sa profession « en tout temps et en toutes circonstances » pour le maintien des activités essentielles de la nation et astreint à la discipline des forces armées. Un salarié réquisitionné qui s’absente peut être jugé comme déserteur par un tribunal militaire[9].

Les objecteurs de conscience avaient obtenu la libre affectation dans une association humanitaire de leur choix pour y effectuer un service civil. Des affectations d’office dans les Hôpitaux de Paris sont pourtant imposées à certains au détriment de l’embauche de nouveaux salariés. Ils refusent et se mettent en grève. À partir d’octobre 1968, pour la première fois, des objecteurs de conscience grévistes, c'est-à-dire des civils, sont jugés par des tribunaux militaires. Ils le sont pour désertion à l’intérieur avec complot. Le représentant du Parquet déclare : « Nous ne jugeons pas ici des objecteurs… Nous jugeons des affectés de défense qui sont, en vertu des décrets de 1959, assimilés à des militaires[10]. »

Le Groupe lyonnais de soutien aux « renvoyeurs » de livret militaire s'oppose à l'ordonnance du 7 janvier 1959 et se solidarise activement des objecteurs grévistes de la faim ou emprisonnés, notamment, à Lyon, de Michel Tachon, Jean-François Lefebvre, Gilbert Ott et Bernard Vandewiele. Le groupe participe à la campagne nationale qui soutient les objecteurs[a]. Les uns après les autres, les emprisonnés sont remis en liberté provisoire et ne seront jamais jugés. La grève cesse. La loi du 10 juin 1971 rend les objecteurs justiciables des tribunaux correctionnels. Ils dépendent désormais de la justice civile.

Élargissement de la lutteModifier

Le groupe rajeunit, l'esprit libertaire de mai 1968 souffle sur lui. Fin 1969, il est rebaptisé Groupe d’action et de résistance à la militarisation. Il manifeste ainsi sa volonté d’agir par lui-même et de n’être plus seulement le soutien des actions des réfractaires. Il entend résister non seulement à la guerre mais d’abord à la militarisation de la société. Il prend un ton plus frondeur, plus incisif.

Le Garm prend part à la campagne nationale en faveur de Daniel Brochier[11] auquel le statut d'objecteur de conscience a été refusé parce que sa demande était formulée en termes politiques, notamment en dénonciation de l'intervention militaire française au Tchad[12]. Une trentaine de personnes jeûnent dans la cathédrale de Lyon.

Dans le premier tract signé Groupe d'action et de résistance à la militarisation[13], le groupe cite explicitement ou non la plupart des thèmes majeurs qui seront désormais les siens.

Lettre des objecteurs et ObjectionModifier

En novembre 1970, l’assemblée des Comités de soutien aux objecteurs de conscience confie la rédaction de la Lettre des objecteurs à une équipe lyonnaise d’objecteurs récemment démobilisés ou en service. Dominique Arrivé est directeur de publication. La revue contiendra des dossiers, des articles de fond, des tribunes libres souvent polémiques et des dessins à l’humour grinçant notamment de Jean-Pierre Martinet et Gilles Brunel. Elle va répercuter l’actualité des luttes en France et à l’étranger contre l’armée, l’impérialisme et les dictatures et notamment l’interminable liste des procès et condamnations des réfractaires et des manifestations de soutien. Sa rubrique « J’habite plus chez mes parents » sera en permanence alimentée par les adresses de militants emprisonnés.

Organiquement, la Lettre des objecteurs n’est pas liée au Garm, mais toute la rédaction milite dans le groupe. Les analyses des deux entités vont s’enrichir mutuellement.

En juin 1974, la Lettre des objecteurs publie son dernier numéro[14]. » et, en février 1975, laisse la place à Objection qui est déjà publié par la rédaction toulousaine des Comités de lutte des objecteurs. Le Comité de lutte des objecteurs de Lyon, dont plusieurs membres militent Garm et dont Patrice Bouveret[15] est le correspondant, prend en charge la rédaction d'Objection en 1976[16].

Pepe Beúnza, objecteur espagnolModifier

 
Pepe Beúnza à Utrecht (Pays-Bas) en 1970, pendant la préparation de la campagne de soutien à son insoumission comme objecteur de conscience.

Au début des années 1970, près de deux cents objecteurs sont prisonniers en Espagne franquiste. José Beúnza, dit Pepe Beúnza (ca), catholique non-violent, est le premier Espagnol à mener une action pour obtenir le statut d’objecteur[17]. Le 12 janvier 1971, il refuse son incorporation militaire et est incarcéré.

Le 21 février, des Espagnols, femmes et hommes, commencent une marche de cinquante jours, de Genève à la frontière espagnole pour demander à être emprisonnés comme Pepe. Un groupe de Néerlandais, de Suisses et de Français les accompagne. Trente militants du Garm sont présents au passage de la frontière franco-suisse[18]. Comme dans les autres villes étapes du parcours, le Garm organise à Lyon une conférence de presse, une réunion publique et une manifestation. Comme l’ont déjà fait les évêques de trois villes, Alfred Ancel, évêque auxiliaire de Lyon, reçoit quatre marcheurs espagnols et Jo Pyronnet qui les accompagne. Pour accueillir la marche à son arrivée à la frontière espagnole, le Garm affrète un car d’une trentaine de passagers pour Bourg-Madame. Les sept marcheurs espagnols sont arrêtés à peine la frontière franchie. Bloqués par les douaniers, les autres manifestants, d’une dizaine de nationalités, restent assis pendant cinq heures et demie sur le pont marquant la frontière. Ils sont finalement sévèrement matraqués par la police franquiste et leurs guitares et sacs à dos lancés par-dessus le parapet. La solidarité continue ensuite en Europe et même à New York[19].

Le 12 mai 1971, objecteur de conscience espagnol et dirigeant des Jeunesses ouvrières chrétiennes, Aguillo Guerra est incarcéré[20].

Le 28 mai 1971, Joan Baez chante devant quinze mille spectateurs au Palais des sports de Lyon et lit publiquement une lettre de Pepe. Le Garm, qui entonne souvent ses chansons au cours de ses manifestations, s’associe à l’événement. Joan Baez offre au profit du Comité international d'aide aux objecteurs de conscience, organisation dont elle est une des fondatrices, les cachets intégraux de ses concerts à Lyon, à Châteauvallon (Var)[21] et à la télévision française. L'émission en direct Télé-Dimanche est interrompue après sa première chanson pour l'empêcher de lire un message en faveur des objecteurs de conscience espagnols[22],[23].

Le 13 mai 1972, une vingtaine de militants et de militantes du Garm et du groupe de Romans Objection et résistance interviennent en gare de Valence (Drôme). Ils s'enchaînent à un train espagnol et devant lui. Ils réclament un statut pour les objecteurs espagnols et dénoncent l'accord de coopération militaire franco-espagnol et la collaboration en matière de répression politique[24]. Le même jour, d’autres groupes bloquent plusieurs fois le train sur son parcours. Les manifestants sont condamnés à une amende[25]. Gonzalo Arias (es), qui a participé à la marche depuis Genève et a été arrêté à la frontière espagnole puis a été incarcéré, témoigne à la barre : « Les Espagnols sont très attentifs et très reconnaissants à ce qui se fait en dehors de leur pays. C'est grâce à cela que les idées font leur chemin, que les gens réfléchissent petit à petit. L'espoir pour nous Espagnols est de l'autre côté des Pyrénées. »

Pepe, après deux ans en prison, subit quinze mois de bataillon disciplinaire au Sahara espagnol. Il en reste marqué psychologiquement.

« La peur, le sentiment d’un danger m’accompagnent presque toujours. Une vie continuelle dans l’illégalité laisse de ces traumatismes. Autrefois, on me jugeait spontané et exubérant ; à présent on me trouve froid et autoritaire, et j’ai presque cent ans de plus. Je dois me reprendre. »

— Pepe Beúnza, « Lettre ouverte aux amis », 15 janvier 1977, cité in Objection, n° 66, 25 mai 1977

À la mort de Francisco Franco, la démocratie renaît en Espagne. En janvier 1977, un statut permet aux objecteurs d'effectuer trois ans de service civil au lieu de deux ans de service militaire. Certains objecteurs, notamment des témoins de Jéhovah, ont passé vingt ans en prison[26]. En 2002, le service obligatoire cesse et le parlement espagnol vote la suppression du délit d’insoumission. Tous les groupes politiques en profitent pour rendre hommage aux premiers objecteurs et insoumis dont Pepe.

Les bagnes militairesModifier

Michel Tachon, membre du Garm, lance dans la Lettre des objecteurs et la grande presse[27],[28],[29] une campagne d'information sur les mauvais traitements infligés aux soldats de l'unité disciplinaire du Fort d'Aiton (Savoie). Le Garm participe aux dénonciations et, en avril 1971, publie sur la question un dossier qui est actualisé et complété quelques mois plus tard par André Ruff, Gérard Simonnet et Michel Tachon dans Les Bagnes de l’armée française[30].

Contre la force de frappe nucléaireModifier

Contre les essais nucléairesModifier

En juin 1970, pour protester contre les essais nucléaires aériens en Polynésie française, le pasteur René Cruse et l'abbé Joseph Piégay, curé de Givors, s'enchaînent aux grilles d'une banque, en plein centre de Lyon[31].

En 1973, Jean-Pierre Lanvin, déguisé en évêque, conduit dans les rues de Lyon l’enterrement des futures victimes des essais nucléaires et de la prochaine guerre nucléaire ainsi que des victimes de l’actuelle famine en Afrique[32].

Le 8 juin 1974, sur le lac et dans l'île des Cygnes du parc lyonnais de la Tête-d'Or, le Mouvement lyonnais d'action non-violente et le Garm symbolisent par un feu et des pétards les explosions nucléaires françaises qui se préparent sur l’atoll du Pacifique, Moruroa[33].

Le Mont VerdunModifier

Le Fort du Mont-Verdun est situé à une quinzaine de kilomètres de Lyon. Au début des années 1970, des travaux le transforment en un poste de commandement de la force de frappe nucléaire. Le Garm mène une campagne spectaculaire pour dénoncer cet équipement avec comme slogan « Lyon, ni Pentagone, ni Hiroshima ! »

La nuit du 30 au 31 janvier 1971, quelques militants pénètrent clandestinement au cœur du chantier du vaste complexe de salles souterraines réparties sur plusieurs niveaux. Après plusieurs heures de présence, ils se laissent volontairement arrêter[34],[35]. Le matin, René Cruse tient une conférence de presse puis, sous les yeux des journalistes, il profite d’une tranchée creusée sous la grille et entre avec huit compagnons à l’intérieur du poste de commandement. Devant leur refus de sortir, des officiers autorisent la délégation à parcourir quelques centaines de mètres de galerie[36],[37].

Un procès a lieu au Palais de Justice de Lyon le 27 juillet. Il est intenté pour avoir dégradé l’ouvrage militaire « d’utilité publique » en y peignant des slogans. Les inculpés déclarent :

« Nous revendiquons solidairement la responsabilité de l’acte qui nous est reproché. […] Nous avons voulu […] attirer l’attention de la population lyonnaise laissée sans information et privée de toute responsabilité sur un fait qui la concerne directement […] Notre société pour survivre se voit condamnée à engloutir des milliards dans la construction d’armes dont elle ne veut pas se servir et à mettre tout le pays en état de défense par le jeu d’une militarisation croissante. […] Cette société ne peut être pour nous la société de demain. »

— Alain Crumière, Étienne Duval, André Gachet, Jacques Lefèvre, Joseph Piégay, Daniel Roussée, Tract du Garm, fonds Jean-Pierre Lanvin, Observatoire des armements

 
Maître Jean-Jacques de Felice, Théodore Monod, le pasteur René Cruse et Yvon Montigné, le , en tête de la marche du Groupe d'action et de résistance à la militarisation, de Lyon au Mont-Verdun, contre la force de frappe nucléaire

Des lettres de Théodore Monod, Jean Rostand, Robert Buron et Bernard Clavel sont lues à l'audience en soutien aux inculpés[38].

 
Fête du Groupe d'action et de résistance à la militarisation, au Mont-Verdun, le 19 juin 1971, à la fin de la marche depuis Lyon contre la force de frappe nucléaire

Les manifestations se multiplient sur le même thème. En particulier, le 19 juin 1971, 4 000 personnes, avec à leur tête Théodore Monod, marchent de Lyon au Mont Verdun et y participent à une fête. Les pasteurs René Cruse, et Jacques Walter, l’abbé Jean Toulat, le père Jean-Yves Jolif, maîtres Jean-Jacques de Felice et Paul Bouchet, Paulette Lacaze, de la Ligue des droits de l’Homme, et Pierre Fournier, journaliste à Charlie hebdo, prennent la parole. Des messages de Jean Rostand, Bernard Clavel et Robert Buron sont lus[39].

En 1972, à la date anniversaire de la première intrusion, des militants du Garm, munis de laissez-passer falsifiés, pénètrent à nouveau au Mont Verdun.

« Objectif : le poste central de commandement. Environ 7 à 800 mètres de souterrains, l’immense salle des générateurs, la salle de contrôle radars, l’ordinateur central - à l’époque assez volumineux pour occuper toute une salle - et enfin le poste de commandement. Personne. Il n’est pas encore huit heures du matin. Nous nous installons dans les confortables fauteuils, déployons la large banderole « Non au PC atomique du Mont Verdun », prenons quelques photos souvenir, cassons une petite croûte et attendons... L’un d’entre nous ressort, muni des pellicules (...) rejoindre un journaliste averti de l’opération, qui attend à la sortie. »

— Yvon Montigné, in Jean-Pierre Lanvin, A dieu vat, Lyon, CDRPC, , 392 p. (ISBN 2913374077), p. 106 à 107

La photo d'André Gachet, Alain Labat, Jacques Vergnol, Jean-Pierre Lanvin, Daniel Roussée et Jo Piégay installés autour des appareils est bien relayée dans les médias. L'information fait la Une de certains journaux[40]. Grâce à son originalité, à son audace et à son humour, cette campagne attire la sympathie d’un vaste public. Les jeunes sont de plus en plus nombreux à participer au groupe. Ils y trouvent l’esprit insolent de mai 68 et y apprécient l’absence du dogmatisme et des contraintes qui caractérisent souvent les mouvements d’extrême gauche.

De mai à juillet 1973, le Garm organise chaque week-end une manifestation sous forme de camping sauvage devant le PC atomique. En mai, des représentants de plusieurs tribus, membres de l’American indian movement (AIM), parcourent l’Europe pour la défense de leur civilisation menacée. À l'invitation du Garm ils s'arrêtent à Lyon et tiennent une conférence de presse au Mont-Verdun[41] avant de poursuivre leur route vers le Larzac où les paysans luttent comme eux contre l’accaparement de leurs terres.

Le 14 juin 1973, le Garm organise un rassemblement antimilitariste au Mont Verdun. Deux caravanes de cars et de voitures amènent de Lyon les participants sur place. Dans l’après-midi se tiennent des expositions et des débats en présence de militants italiens, espagnols, portugais, allemands et américains, de paysans du Larzac, d’anciens de Fort Aiton, d’objecteurs et d’insoumis. La soirée se termine en musique avec La Guimbarde, La Compagnie de la vallée, Mama Béa Tekielski, Pulsar et Benoît Vauzel[42].

La guerre indo-pakistanaiseModifier

 
Alain Labat et Christian Delorme enchaînés devant l'église Saint-Bonaventure, à Lyon, le 28 octobre 1971, au cours d'une manifestation du Groupe d'action et de résistance à la militarisation, contre les livraisons d'armes de la France au Pakistan en guerre contre l'Inde

En 1971, une guerre oppose le Pakistan aux indépendantistes de sa partie orientale qui va devenir le Bangladesh. La répression est sanglante et, pour fuir les combats, des millions de de Bengalis se réfugient en Inde qui entre en guerre à son tour.

Le 14 octobre 1971, une douzaine d’organisations d’obédiences variées, dont le Garm, parrainent une assemblée où Jean-Yves Jolif, dominicain, membre des bureaux national et départemental du Rhône du Mouvement de la paix, témoigne sur son séjour en Inde.

Pour protester contre les ventes d’armes au Pakistan, le 28 octobre, en plein centre de Lyon, des militants du Garm barrent symboliquement la route au ministre de la Défense qui sera en visite officielle le lendemain. Certains sont enchaînés à un cheval de frise dérobé au Fort du Mont-Verdun. Des pancartes, « empruntées » elles aussi, y sont accrochées. Modifiées, au lieu de l’interdiction aux civils, elles affichent « Accès rigoureusement interdit à Michel Debré, Danger »[43],[44]. Parmi les manifestants, Christian Delorme vient de faire une grève de la faim par solidarité avec les Bengalis.

En mars 1972, six membres du Garm sont condamnés à des amendes pour avoir écrit sur des murs : « La France vend des armes au Pakistan et à l’Inde qui se font la guerre. »

L'affaire Janin-FayardModifier

François Janin et Jean-Michel Fayard demandent le statut d’objecteur. Au début de l'année 1971, la Commission juridictionnelle, chargée d'examiner leur dossier, rejette leur requête : « Considérant que si, dans leurs demandes, Janin et Fayard font allusion à des convictions de non-violence, leurs requêtes se fondent essentiellement sur des considérations politiques et une critique de la société étrangère au champ de ladite loi... » Et pourtant « Le statut semble fait pour eux », estime Pierre Mendès France[45]. En effet, ils sont, écrivent-ils, « attachés au respect de la vie d'autrui et (...) convaincus de la nécessité de rapports d'entraide entre les hommes. » Mais leurs « convictions [les] ont amenés à quelques considérations critiques » sur les créations militaires qui menacent la planète, les exportations de la France au Pakistan, au Brésil, en Espagne..., « les 20 % du budget national consacré au budget militaire, alors que les manques sociaux sont graves, la dépersonnalisation de l'individu dans le système militaire (cf. Fort Aiton, abrutissement dans les casernes[46]...) »

Janin et Fayard, refusent officiellement deux ordres de route successifs pour l’armée. Sans statut et soutenus par une importante campagne et notamment par Edgar Faure, Jacques Monod et les évêques Matagrin et Ancel, ils entreprennent néanmoins un service civil auprès des mal-logés de Lyon, à l’association Accueil et rencontres.

À partir de décembre 1971, des objecteurs en service de plusieurs villes, dont surtout des membres du Garm de Lyon, se déclarent en grève illimitée par solidarité avec Janin et Fayard.

Le 4 février 1972, à l'initiative de René Cruse, une centaine de personnalités nationales de premier plan[b] publient un texte L’armée face à la population[47]. Elles dénoncent pêle-mêle le bagne de Fort Aiton, la justification de la torture par le général Massu, les bris de grèves, l’extension des camps militaires, les interventions impérialistes de l’armée, le commerce des armes. Elles affirment avoir le devoir « de soutenir et d’aider ceux qui luttent contre [l’armée] soit à l’intérieur, soit en choisissant « de se soustraire aux obligations militaires » (...) » Le texte se termine par une liste de réfractaires à l’armée emprisonnés, inculpés ou en voie de l’être dont François Janin et Jean-Michel Fayard.

Janin et Fayard sont arrêtés le 4 avril 1972 à Accueil et rencontres, et emprisonnés le jour même à la prison militaire lyonnaise de Montluc[48].

Le 6 avril 1972, douze personnes brûlent publiquement leurs livrets militaires en soutien à Janin et Fayard[49]. Elle déclarent :

« Les convictions profondes qui engagent la conscience ne sauraient, aux yeux de l'autorité, s'exprimer sous forme politique. [...] Le législateur s'engage à sauvegarder les droits de la conscience, mais il n'y a de conscience pour lui que celle qui n'inquiète personne, celle qui reste enclose dans le champ individuel des convictions « religieuses ou philosophiques ». [...] Le statut actuel des objecteurs n'a pour effet que de rendre inoffensifs en les dépolitisant et en les marginalisant ceux qui pourraient troubler la conscience des gouvernants et éveiller celle des gouvernés. »

— Dominique Arrivé, Robert Debard, Christian Delorme, Bernard Duray, Étienne Duval, Régis Henouil, Jacques Lefèvre, Jean-Jacques Massard, André Massot, Jean-Michel Muller, Serge Pincède, Jacques Vergnol, Feuille supplément à la Lettre des objecteurs n° 12, mars 1972

D’autres livrets sont brûlés à Lyon et à Paris. Le 15 avril, des centaines de manifestants défilent de la place Bellecour à la prison Montluc.

Les 6 et 7 mai, deux cent cinquante objecteurs, dont le service civil est en cours ou à venir, se réunissent en assemblée générale à Lyon. Ils déposent des fleurs à Montluc pour Janin et Fayard. Du 19 au 24 juin, au cours de la semaine d’action de leur comité de grève à Paris, une dizaine d’objecteurs jeûnent six jours en solidarité avec Janin et Fayard.

En juillet 1972, des filins sont lancés du pont de La Guillotière sur le Rhône pour que quatre embarcations s'y arriment et déploient les banderoles du Garm pour soutenir les deux objecteurs. Trois embarcations chavirent, les passagers échappent à la noyade et terminent la manifestation sur une dragueuse[50].

Le 6 juillet 1972, un millier de personnes manifestent place Bellecour. Le lendemain, une autre manifestation se tient devant le Tribunal permanent des forces armées où Janin et Fayard sont jugés. Jean Bonnard et Dominique Saint-Pierre sont leurs défenseurs. À l'annonce du verdict, quatre mois de prison[51], les militants montent volontairement dans les fourgons de police.

« À l'assaut des cars de flics, nous sommes tous Janin et Fayard, faut nous inculper sans tarder, nous voulons aller en prison, c'est nous les insoumis dégueulasses, on se précipite dans les fourgons. Les flics sont débordés, il y a trop de monde dans le premier car, ils en font redescendre (...) 15 types dans un fourgon avec 3 flics, le clairon, les mecs qui chantent, les femmes qui rigolent, d'autres qui démontent les grilles, les portes qui s'ouvrent aux feux rouges, c'est la panique. Des fourgons de police avec des mecs qui se fendent la pêche et des affiches sur les vitres, c'est rare dans la ville, ça impressionne le badaud. »

— « Ah ! Les belles manifs », Lettre des objecteurs, no 14,‎ , p. 3

Le 14 juillet 1972, à Paris, deux objecteurs s’intercalent dans le défilé militaire. Ils déploient une banderole « Mille jeunes en prison militaire ; Libérez Janin et Fayard ».

La 4 août 1972, Janin et Fayard sortent de prison. Des militaires les contraignent à les accompagner dans des casernes différentes pour y être incorporés. François Janin saute du véhicule et échappe à ses poursuivants[52] et tient une conférence de presse. À la caserne d'Étain, Jean-Michel Fayard refuse de porter l'uniforme. Mis aux arrêts de rigueur, il fait une grève de la faim[53].

Le 10 août le Garm bloque l'entrée d'une caserne par une barrière de barbelés tandis qu'une lettre ouverte de François Janin aux autorités, publiée par Le Monde[54], est distribuée aux passants.

Le 4 septembre, Janin reprend son service à Accueil et rencontres[55]. Il y est arrêté comme déserteur le 12 septembre. Menotté et enchaîné au plancher, il est conduit à la caserne de Sissonne (Aisne). Il refuse l'uniforme et est inculpé pour refus d'obéissance. En grève de la faim, il est transféré de la prison de Loos-lès-Lille à l'hôpital militaire de Lille[56].

Le 16 septembre, quatre objecteurs s'enchaînent dans le centre de Metz. Ils sont revêtus de chasubles où l'on peut lire : « Nous sommes en grève du service civil pour exiger la libération de Fayard et Janin, objecteurs en prison. »

Le 23 septembre, deux à trois cents jeunes manifestent dans les rues de Lyon à l'appel du Garm contre la militarisation croissante, les ventes d’armes, la répression envers les appelés et l'injustice faite à Janin et Fayard.

Le 29 septembre, à l'occasion de la réouverture du Tribunal permanent des forces armées (TPFA) de Lyon, sept militants du Garm perturbent l'audience en soutien aux deux objecteurs.

Après 16 jours de jeûne et sur proposition du médecin psychiatre, la commission compétente accepte, sans le rencontrer, de réformer François Janin pour psycho-rigidité alors que les examens auxquels il avait été soumis durant son incarcération révélaient « de bonnes aptitudes intellectuelles et psychologiques. » On lui notifie un non-lieu pour les inculpations de désertion et de refus d'obéissance[57].

Le 30 octobre, François Janin et cinq autres personnes s'enchaînent à la porte du Tribunal permanent des forces armées de Metz pour réclamer la liberté de Jean-Michel Fayard emprisonné dans cette ville. Pour le même motif, le lendemain, François et quatre camarades, montent avec leurs banderoles en haut de la Porte Serpenoise, à Metz.

Du 8 au 10 décembre, la basilique de Fourvière, à Lyon, abrite un jeûne de solidarité avec Jean-Michel Fayard.

Ce n’est que le 19 avril 1973 que Jean-Michel Fayard quitte, libre et définitivement réformé, la prison de Metz.

En juillet 1973, les maires des communes de Fayard et Janin sont avisés de la radiation de ceux-ci des listes électorales[58]. François de Lescaille, maire de Chénelette, renvoie l’avis de radiation de J.M. Fayard accompagné d’une fin de non-recevoir[59].

Le LarzacModifier

Article détaillé : Lutte du Larzac.
 
Affiche Des Larzac partout !

Avec les Comités Larzac, le Garm soutient la lutte des paysans du Larzac contre l'accaparement de leurs terres par l'extension du camp militaire et pour les nombreuses causes sociales, écologistes et pacifistes dont ils sont solidaires. Il participe à tous les grands rassemblements pour cette cause. Le Garm et certains de ses militants achètent des parcelles que, pour compliquer l’expropriation des terres, les agriculteurs vendent aux sympathisants sous forme de 6 180 petites parts[60].

Douze renvoyeurs de livrets militaires sont jugés à Lyon le 27 septembre 1979. Ils expriment dans un texte leur solidarité avec le Larzac et leur opposition au militarisme[61]. Dix organisations dont le Garm se déclarent solidaires des inculpés[62] et appellent à des débats et une fête au centre Pierre Valdo.

Dans l'arméeModifier

Les « Trois jours »Modifier

Au centre de sélection de la Vitriolerie, à Lyon, les jeunes hommes doivent passer les « Trois jours », des tests préliminaires à leur incorporation. À partir de 1972, à chaque session, à six heures trente du matin et à midi, le Garm, malgré des contrôles d’identité fréquents, les informe de la possibilité de ne pas effectuer le service militaire. Les tracts distribués font état du statut des objecteurs de conscience, de la situation au bagne militaire de Fort d'Aiton et des problèmes rencontrés par les appelés au sein du contingent (accidents, sanctions injustes par exemple).

Accidents à l’arméeModifier

La caserne de la Valbonne, à 30 kilomètres de Lyon, ouvre ses portes le dimanche 28 mai 1972. À l’initiative du Garm, arborant ses décorations méritées dans la Résistance et comme combattante volontaire en Indochine, Andrée Georgevail s’immisce dans la cérémonie officielle et dépose avec Olivier Brachet une gerbe qui rappelle la responsabilité des gradés dans la mort accidentelle de quatre appelés. Christian Mellon et Yvon Montigné les accompagnent avec des banderoles. Richard d’Addario et Jean Marc Semard distribuent des tracts. Les militants sont arrêtés[63].

« Pourquoi ai-je été relâchée trois heures après, alors que mon coéquipier était gardé jusqu'à 10 heures du soir, et que les porteurs de banderole étaient gardés à vue 48 heures, tandis que les distributeurs de tracts restaient 6 jours en prison ? Est-ce à la Croix de Combattant Volontaire de la Résistance et à ma Croix de guerre T.O.E. que je dois ce régime de faveur ? S'il en était ainsi, je serais prête à les rendre publiquement car il ne me convient pas d'être « protégée ». Je suis parfaitement solidaire de toutes les actions que mènent le G.A.R.M. et le Groupe des Insoumis. »

— Andrée Georgevail, Lettre au Président de la Chambre des appels correctionnels à Lyon, citée par Lettre des objecteurs, n° 19, juin 1973

Médecine militaireModifier

Le Garm soutient des élèves de l’École de santé navale de Bordeaux et de l’École de santé militaire de Lyon. Ils revendiquent le droit de rompre le contrat qui stipule qu’ils devront servir pendant une durée supérieure de six ans à celle de leurs études[64]. Ils réclament la possibilité de revenir sur leur choix après avoir évolué politiquement. Ils refusent de cautionner l’armée par leur seule présence, fût-elle médicale. Gilbert Cornillon obtient la résiliation de son contrat en 1977, après plus de quatre ans de lutte durant lesquelles il fut puni à deux reprises de 60 jours d’arrêts de rigueur et eut à subir quatre conseils de discipline. Redevenu civil, il est inculpé de désertion.

L'armée briseuse de grèveModifier

Au cours des années 1970, le contingent brise régulièrement les grèves des postiers et des éboueurs. En février 1973, des contrôleurs aériens militaires remplacent les aiguilleurs du ciel en grève. Leur incompétence à gérer le trafic civil provoque, le 5 mars, le télescopage de deux avions et 68 morts[65].

Le Garm diffuse en novembre 1974 un tract « L’armée brise les grèves, brisons l’armée ! » où il rappelle la menace des ordonnances de janvier 1959. « Occupons-nous de l’armée avant que l’armée ne s’occupe de nous. » Les 10 et 11 mai 1976, quatre-vingts personnes, grévistes, militants de la CFDT, du Comité de défense des appelés, d’Information pour les droits du soldat et du Comité de lutte des objecteurs tentent de s’opposer à la sortie des camions-bennes du camp militaire de Sathonay, près de Lyon[66].

Les comités de soldatsModifier

Article détaillé : Comités de soldats.

Au cours de la campagne pour l'élection présidentielle de 1974, 6 000 soldats signent une pétition appelée Appel des 100, demandant l'amélioration des conditions de vie et l'introduction des libertés d'association et d'expression dans les casernes[67].

« L’armée est un véritable État dans l’État, que les civils ne peuvent contrôler. Le récent drame chilien nous montre où cela peut conduire. Et nous ne l’acceptons pas.

Nous exigeons la dissolution de la Sécurité militaire (SM), la suppression des tribunaux et de toutes les sanctions militaires, ainsi que des prisons, camps spéciaux et autres, dont s’est dotée l’armée pour enfermer ceux qu’elle a condamnés. »

— Appel des cent, Cité in Soldats : histoire syndicale, supplément au n° 4 de Le Soldat, mensuel de Information pour les droits du soldat (IDS)[68]

Le 10 septembre 1974, deux cents soldats manifestent dans les rues de Draguignan en riposte aux sanctions contre les signataires de l’appel et aux brimades racistes contre les soldats antillais du régiment. Les « meneurs » sont incarcérés[69]. Le Garm diffuse l’appel du Comité de soutien aux soldats emprisonnés signé par des dizaines de personnalités politiques et culturelles. Des dizaines de comités de soldats sont créés[70]. Ils publient, souvent avec l’aide de sections syndicales CFDT, des journaux clandestins pour leurs casernes[71].

Le 17 décembre 1974, un meeting à la mairie du 6e arrondissement de Lyon est organisé par un Comité de soutien aux soldats victimes de la répression qui coalise une dizaine de groupes dont le Garm.

En novembre 1975, des comités de soldats se transforment en sections syndicales. Le 27 novembre, le ministre de la Défense saisit la Cour de sûreté de l'État pour entreprise de démoralisation de l’armée ayant pour but de nuire à la Défense nationale[72],[73],[74]. Cinquante-trois militaires, syndicalistes et militants politiques sont incarcérés. Rentrant en voiture chez eux, à Lyon, Maryvonne Marcoux, militante libertaire, Bruno Mondo Igor et Mimmo Pucciarelli, deux insoumis italiens, sont arrêtés à la frontière suisse en possession de tracts et d’affiches anarchistes. Ils sont accusés devant la Cour de sûreté de l’État de complot contre l’État avec, entre autres, les Lyonnais Armand Creus, membre du comité central de la Ligue communiste révolutionnaire et Gérard Léger, responsable local du Comité de défense des appelés. Des militants, dont Mireille Debard et Bruno Hérail, membres du Garm, sont interrogés et perquisitionnés. Un Collectif lyonnais de soutien aux emprisonnés, dont le Garm est membre, organise un meeting le 20 janvier 1976 à la Bourse du travail de Lyon.

Le dernier inculpé est libéré le 5 mars 1976. Un non-lieu est prononcé le 25 août 1978.

Des débats ont agité tout l’éventail du monde politique et sont une des prémisses de la suspension de la conscription et du passage à la seule armée de métier. En dépit de l’engagement de certaines de leurs sections locales, en particulier à la CFDT, les confédérations syndicales et les partis socialiste et communiste se démarquent de tout antimilitarisme. Ils refusent un soutien sans ambiguïté et suffisant pour que d’autres syndicats de soldats soient créés[c]. Petit à petit, les comités de soldats s’éteignent.

Les ventes d'armesModifier

À l’automne 1972, le Garm réalise un dossier de dix pages, Ventes d’armes : étude et proposition pour une action. Il étudie l'importance et les raisons économiques et politiques des ventes d’armes.

« La campagne qui est lancée contre les ventes d'armes est, par le fait même, une condamnation de notre régime économique capitaliste, et une question posée à tout projet de régime socialiste : Comment résoudre le problème de cette inflation des fabrications et ventes d'armes ? Par des vœux inefficaces ou par des propositions concrètes ? »

En septembre/octobre 1972, Économie et humanisme publie un article de Joseph Piégay, Robert Debard, Robert Courley et Olivier Brachet, tous du Garm, « Ventes d'armes, étude et proposition pour une action ». En mars 1975 Michel Tachon écrit un article dans le dossier « L’armée dans la crise » du no 222 de cette même revue.

Olivier Brachet, auteur d'un mémoire de DESS Du commerce des armes à la militarisation de l’économie et du domaine social, publie avec Christian Pons et Michel Tachon La France militarisée.

« Ce livre est le fruit d'une action et d'une réflexion collective au « Groupe d'action et de résistance à la militarisation » de Lyon. [...] Le problème militaire devient un sujet de discussion politique dans les luttes régionales. L'analyse politique remplace la prise de position morale. L'action de protestation de type « symbolique » s'allie à un travail d'information politique auprès de la population. »

— Olivier Brachet, Christian Pons, Michel Tachon, La France militarisée, Paris, Éditions du Cerf, , 95 p. (ISBN 978-8431201913)

Le livre analyse et illustre par de nombreux exemples les ventes d’armes et leurs implications économiques, scientifiques et politiques tant en France que chez les clients. Il démontre que le commerce des armes est un champ d’accumulation du capital et n’est qu’un aspect de la militarisation de la société. Il étudie l’institution militaire et son poids sur la société. Il observe que nous sommes tous victimes et complices de la militarisation.

L'insoumissionModifier

Des lycéens du quartier lyonnais de la Croix-Rousse ont créé, en 1971, un mouvement anti-autoritaire, Réinventons la vie (RLV). À l’âge de la conscription, ils décident de s’insoumettre collectivement et d’appeler à l’insoumission. Ils fondent le Groupe d’insoumission totale (Git). En novembre 1972, ils manifestent en diffusant un tract « Avec le soutien du Groupe d'Action et de Résistance à la Militarisation » et sous des banderoles appelant à l'insoumission collective[75]. Le 25 novembre, au cours d'une autre manifestation des deux groupes, la police tabasse les militants dans un appartement et infligent un traumatisme crânien à Yvon Montigné. Le 8 décembre, un rassemblement précède le procès des manifestants qui a lieu le 11 décembre[76].

Bruno Hérail, Gérard Petit, Alain Sibert et Hubert Planchez, quatre insoumis parisiens, viennent à Lyon dans l'intention de se faire arrêter collectivement avec des insoumis locaux dans une manifestation prétendûment organisée par le Git. Ils se retrouvent seuls et en liberté. Avec le soutien du Garm et du Mouvement pour une alternative non-violente, ils s'installent à Lyon[77],[78]. Ils participent à une intense campagne du Garm auprès des soldats près de la caserne de Sathonay ou en transit à la gare de Perrache et des futurs appelés.

Gérard Bayon, insoumis est arrêté sur son lieu de travail le 20 février 1973. Il commence une grève de la faim le 26 mars. Ses copains, le Garm et d'autres associations constituent un comité de soutien.

« Pour soutenir Gérard Bayon, nous avions écrit quatre cents slogans en une nuit sur les murs de Lyon. J'étais dans l'une des quinze ou vingt équipes qui ont sillonné l'agglomération cette nuit-là. »

— Entretien avec Bernard Bolze, Groupe insoumission, Matériaux pour l’histoire, Lyon, Centre coopératif d’histoire vivante des révoltes et des alternatives sociales, coll. « Révoltes »,

En soutien à Gérard Bayon, le 5 avril 1973, dans un local de l’église Sainte-Marie de la Guillotière proche de sa prison lyonnaise, les quatre insoumis « parisiens » et, par roulement, une dizaine de militants, font une grève de la faim qui, pour certains, durera jusqu’au 15 mai[77]. Gérard Petit, arrêté et aussitôt évadé, est à nouveau arrêté le 27 avril, sur le lieu de la grève. Deux interventions de solidarité ont lieu au tribunal militaire de Lyon. Une banderole de 10 mètres « Libérez G. Bayon » est hissée aux sommets des trois hampes d’une caserne. En gare de Perrache, on distribue des tracts et on lâche au plafond de la salle des pas perdus des ballons porteurs de slogans antimilitaristes. L’École émancipée se solidarise avec Gérard Bayon, Gérard Petit et les grévistes de la faim. Hubert Planchez est arrêté le 22 mai. Après deux mois à la prison de Fresnes, il est mis en liberté provisoire puis condamné à 10 mois de prison avec sursis. Le 25 mai, un rassemblement de soutien a lieu devant le tribunal militaire de Lyon où est jugé Gérard Bayon qui est condamné à quatre mois de prison et réformé[79]. Le 8 juin, Gérard Petit qui s’est imposé quarante jours de grève de la faim est condamné par la même cour à cinq mois de prison[80]. Il recommence une grève de la faim à la prison de la Talaudière (Loire) et est admis le 23 juin à l’hôpital militaire Desgenettes. Bruno Hérail est arrêté le 1er novembre. À Paris, le Groupe d’insoumission totale soutient spectaculairement Bruno Hérail et Hubert Planchez[81],[82]. B. Hérail est condamné à neuf mois de prison ferme le 5 février 1974[d]. Le 30 mai 1974, il est finalement réformé et libre. Hubert Planchez est réformé le 30 juillet et mis en liberté provisoire.

En avril et mai 1975, plusieurs insoumis incarcérés à Lyon font des grèves de la faim. Le Garm les soutient par des manifestations en ville et au Tribunal permanent des forces armées. Le 30 mai, Michel Albin est démobilisé et quitte l’hôpital après cinquante-six jours de grève de la faim. Il est ensuite condamné pour insoumission à huit mois de prison dont six avec sursis[83].

Le mouvement lycéen contre la loi DebréModifier

Article détaillé : Loi Debré de 1973.

En janvier 1973 paraissent les décrets d’application de la « loi Debré » du 9 juillet 1970. Outre la réduction du temps du service national à douze mois, celle-ci institue un nouveau régime de sursis. Le service national doit alors être effectué en moyenne à vingt ans quitte à interrompre les études. Pour réclamer le maintien des sursis, une énorme et longue vague de manifestations et de grèves de lycéens et lycéennes[84] se propage dans toute la France à partir de février 1973[85]. Elle est encadrée par des mouvements d'extrême gauche[86]. Cependant, les slogans spontanés, antimilitaristes et anti-autoritaires, outrepassent souvent la doxa marxiste. « « Sursis ou pas, on partira pas ! », « Les sursis on s'en fout, on n'veut plus d'armée du tout », crient maintenant les manifestants. », constate Le Monde[87]. Le mouvement de grève s’élargit aux étudiants et est soutenu par les syndicats et un grand nombre d’organisations[88].

En mars et en avril, le Garm participe aux manifestations lyonnaises qui regroupent jusqu'à 15 000 participants. Les slogans pour l'insoumission sont repris au-delà des militants du Garm. Des banderoles soutiennent l'insoumis Gérard Bayon[89]. Les 4 et 9 avril, mille cinq cents personnes manifestent devant la prison Montluc où il est détenu.

Atteintes aux libertés d’opinion et de presseModifier

En décembre 1970, Radio Lyon, station locale de l'ORTF, enregistre l'émission Six jeunes autour d'un livre à propos de L’État de défense[90] avec deux des auteurs, Dominique Arrivé et Bernard Vandewiele ainsi que quatre autres membres du Garm. Maître Jean-Jacques de Felice apporte son commentaire. À la suite des informations fournies par les Renseignements généraux, les pressions du cabinet du préfet du Rhône, de l’état-major de Lyon et de la direction nationale de l’ORTF empêchent la diffusion programmée de l'émission[91].

À la suite du mouvement lycéen contre la loi Debré, Robert Galley est nommé ministre des Armées. Il accroît la répression sur les antimilitaristes. En 1973, quatre chefs d’inculpation sont signifiés à douze personnes : injures envers l'armée, incitation de militaires à la désobéissance, provocation à la désertion et à l'insoumission, incitation à autrui pour bénéficier du code du service national dans le but exclusif de se soustraire à ses obligations militaires. Ces inculpations visent des militants du Garm dont Mireille Debard, secrétaire, et Paulette Declipelleir, trésorière, ainsi que Henri Leclerc, gérant de la SARL Imprimerie presse nouvelle qui a imprimé les tracts incriminés[92]. C’est la première fois depuis quatre-vingt-dix ans qu’un imprimeur va être jugé comme complice de diffuseurs d’imprimés. Les quatre tracts sont aussitôt réimprimés dans un numéro spécial de la Lettre des objecteurs[93]. Le dossier contient un texte du Comité de soutien à René Cruse, directeur de Crosse en l’air, inculpé de provocation à l'insoumission. Le groupe Objection et résistance de Romans poursuit en racontant que trois de ses militants sont inculpés de provocation à l’insoumission et à la désertion pour avoir distribué le texte de la chanson Le petit commerce (« Canons à vendre ! ») de Boris Vian. Sous le titre « Face à la répression : unité », un des tracts est rediffusé par neuf associations. « Sans forcément en partager l’analyse, l’ensemble des organisations entendent affirmer leur solidarité avec les militants inculpés. »

Le 12 février 1974, trois-cents personnes se massent pour assister à l’audience. L'éditeur François Maspero témoigne. La défense fait état de quatre cents lettres de soutien dont celles de Pierre Mendès France, de Daniel Mayer, président de la Ligue des droits de l’Homme[94]. Les prévenus sont condamnés à des amendes[95]. L'imprimeur est relaxé en appel[96].

L'impérialisme américainModifier

La Guerre du Viêt NamModifier

Article détaillé : Guerre du Viêt Nam.

Le 10 janvier 1973, onze militants du Garm occupent le consulat des États-Unis à Lyon. Ils dénoncent le mépris des accords de Genève, qui prévoyaient la réunification du Viêt Nam, et la reprise des massacres perpétrés par les bombardements américains. Ils déchirent le drapeau américain et le remplacent sur la façade par un drapeau nazi. Passant par les toits, ils accrochent une banderole au fronton du bâtiment. Le consulat ne porte pas plainte contre eux mais ils sont inculpés au nom de la très contestée « loi anticasseurs » de 1970 (abrogée en 1982) qui institue une responsabilité collective en contradiction avec les principes du droit pénal moderne. Le 10 octobre, ils déclarent au tribunal : « Le drapeau représente l'honneur d'un pays. Lorsque les dirigeants de ce pays bafouent cet honneur en menant une guerre de massacre, le drapeau est déjà souillé et nous n'avons fait que concrétiser cette réalité[97]. » Défendus par Mes Saint-Pierre et de Felice, ils sont relaxés.

Le Chili de PinochetModifier

Le conglomérat International telephone and telegraph corporation (ITT) est, en 1972, la 8e compagnie américaine. Il a compté parmi ses clients aussi bien l'Allemagne nazie que la Russie soviétique. Il vend sans scrupule du matériel militaire à n'importe quel régime. Il pratique couramment le complot et la corruption. Le président du Chili, Salvador Allende, déclare le 4 décembre 1972 à l'ONU : «  Messieurs les délégués, j'accuse la ITT devant la conscience du monde, de vouloir provoquer une guerre civile dans ma patrie. Cela, je le nomme impérialisme[98]. » En effet, grâce au financement d'ITT et à sa collusion avec la CIA américaine, le général Augusto Pinochet fait un coup d'état au cours duquel Salvador Allende est assassiné et il établit une dictature sanglante[99].

Le Garm organise un boycott des produits ITT (Claude, Sonolor, Océanic, Laboratoires Payot, Avis, Cours Pigier etc.). Il coordonne la campagne à laquelle participent des organisations de seize villes de toute la France qui se réunissent à Lyon le 2 mars 1974[100].

Intrusion dans la prison MontlucModifier

Le 2 juin 1974, trois militants du Garm pénètrent de nuit, à l'aide d'une échelle, dans la prison Montluc. Il s’agit de Gérard Bayon qui y a été emprisonné l’année précédente, de Michel Guivier qui est sous le coup d’un mandat d'arrêt pour insoumission et d’Yvon Montigné. Ils entendent se déclarer solidaires de tous les réfractaires victimes de la justice militaire. Arrêtés et incarcérés six jours, ils sont condamnés à trois mois de prison avec sursis et 500 francs d’amende pour… violation de domicile [101]!

La justice militaireModifier

La loi du 10 juin 1971 rend les objecteurs justiciables des tribunaux correctionnels au lieu des tribunaux militaires. Mais la campagne pour l’abolition de la justice militaire continue. Le Garm y participe avec de nombreuses associations de toute la France. En mars 1975, il cosigne une plaquette La justice militaire, ce qu’il faut savoir. Les tribunaux permanents des forces armées sont dénoncés comme juridiction d'exception.

« La justice militaire est une justice où l'armée est à la fois juge et partie, où le parquet militaire est le seul maître des poursuites, où n'existe pas le contrepoids de la constitution de partie civile, où il n'y a pas non plus de voie d'appel, où, enfin, les jugements n'ont pas à être motivés.

C'est une justice parallèle, où les irrégularités de procédure sont fréquentes. »

— Collectif, La justice militaire, ce qu’il faut savoir, Cité nouvelle, n° 571, page 1

La publication déplore que l’autorité militaire exerce les pouvoirs judiciaires, que l’enquête soit menée par une police judiciaire militaire composée souvent des supérieurs directs de l’inculpé, que la Sécurité militaire, qui est protégée par le secret, ne soit pas mentionnée dans le code de justice militaire.

Des caricatures de Cabu illustrent la plaquette ainsi qu’une affiche « Les tares de la justice plus les tares de l’armée, ça fait beaucoup ! ». Dans plusieurs villes, en 1976 et 1977, l’affiche fait l’objet d'une plainte du ministre de la Défense pour « injures à l'armée » et d’une série de condamnations des colleurs, du dessinateur, du directeur de Cité nouvelle, Ambroise Monod, et de celui du journal du Comité antimilitariste, Lutte antimilitariste, Pierre Halbwachs, qui publie l’affiche en couverture[102].

Mireille Debard et des membres du Garm et d'autres groupes assistent régulièrement aux audiences du Tribunal permanent des forces armées de Lyon. Une circulaire interne définit les objectifs du Garm : informer la presse, comparer avec les sanctions dans le civil, inciter les avocats commis d’office à un meilleur travail, dégager la signification politique des faits reprochés, améliorer le rapport de force avocats-juges[103]. Des tableaux numériques sur les types d'inculpations et les sentences sont régulièrement publiés. Mireille Debard, secrétaire du Garm, et le journaliste de Libération Jean-Luc Hennig publient Les Juges kaki[104], un dossier de près de 300 pages, illustré par Cabu et préfacé par Michel Foucault[105], avec de nombreux verbatim d’audiences dans tous les tribunaux en France et à Landau, en Allemagne, pour les soldats stationnés dans ce pays.

En octobre 1979, à Lyon, un Collectif contre la justice militaire est créé à l’initiative du Groupe Insoumission avec des membres de celui-ci et du Garm. Une réunion nationale à Paris, en mars 1980, et une autre à Lyon, en mai, regroupent les collectifs de Paris, Rennes et Lyon et décident de se doter d'un matériel commun[106].

Le Progrès pirateModifier

Le quotidien lyonnais le plus lu, Le Progrès, paraît le 11 novembre 1977 sous son aspect habituel mais avec le sous-titre « Pirate, journal antimilitariste » et son prix : « 0,00 F ; Suisse : Pareil »[107]. Une quarantaine de personnes s’affichent comme directrices de publication. Elles sont membres d’Informations et réflexions libertaires (IRL), du Mouvement d’action judiciaire et d’associations spécifiquement antimilitaristes. Un bon quart des signataires sont du Garm.

Le Progrès porte plainte contre les directeurs de publication. La police investit les Ateliers d’impression presse nouvelle et saisit les plaques offset et les documents qui ont servi à l’impression des journaux[108],[109]. Ces derniers sont bien cachés et sont distribués comme prévu.

Des vagues de procèsModifier

Le Garm se mobilise avec d'autres groupes à propos d'une vague de procès qui frappent les antimilitaristes. Vingt-cinq membres du Groupe Insoumission, inculpés d'« incitation à la désertion et à l'insoumission », sont jugés à Lyon, le 30 janvier 1978 et Pierre-Yves Aubert, objecteur insoumis, le 1er février[110]. Entre septembre 1977 et mars 1978, quatre-vingts procès d’objecteurs insoumis à l’Office national des forêts (ONF) ont lieu un peu partout en France[111]. À cette date, deux mille deux cents objecteurs refusent leur affectation autoritaire.

Les 15 et 16 avril 1978, le Garm et deux journaux, Objection et la Gueule ouverte - Combat non violent, organisent au centre Pierre-Valdo, à Lyon, le plus grand rassemblement national d'objecteurs depuis le vote de la loi de 1963 [112]. Une campagne d'actions y est décidée pour le mois de mai. Le Garm y participe à Paris et à Lyon[113].

Le 20 juin 1978, trente-cinq antimilitaristes sont jugés à Lyon pour des motifs divers[114]. Le 1er octobre 1978, quelques jours avant les procès de nombreux réfractaires lyonnais, six cents personnes participent à une fête de l'insoumission coorganisée au centre Pierre Valdo par le Garm.

Le 5 décembre 1978, soutenu par le Garm, Patrice Bouveret, objecteur-insoumis, fortement impliqué dans l’animation des Comités de lutte des objecteurs, à Lyon et nationalement, ainsi que dans la réalisation du journal Objection, passe en procès[115].

En France, plus de sept cents personnes se déclarent prêtes à transgresser l’article L 128 du code du service national qui punit l’hébergement (le recel, en terme juridique) des insoumis. Offrant, pour quelques heures, leur hospitalité à des objecteurs menacés d’être incarcérés, des personnalités se réunissent au domicile de l’une d’entre elles, invitant les journalistes à constater leur acte de désobéissance civile. Bernard Clavel, Théodore Monod, Brice Lalonde, Romain Bouteille, Leny Escudero, Daniel Guérin, Bernard Ravenel, Catherine Ribeiro, des membres socialistes de conseils généraux et municipaux agissent de la sorte. Le 26 mars 1980, chez Jean-Pierre Lanvin, membre du Garm, et en présence d’Huguette Bouchardeau, secrétaire nationale du Parti socialiste unifié, une conférence de presse annonce cette transgression[116].

Au début de l'année 1981, le Garm se mobilise pour plusieurs procès d'objecteurs insoumis au service civil[117], dont celui de Jean-Michel Lacroûte, instituteur soutenu par le Syndicat général de l’Éducation nationale - CFDT[118].

Encore des manifestationsModifier

Titré « Résistance à la militarisation », un appel à manifester le 10 mai 1980 est signé par huit organisations dont le Garm et, exceptionnellement, le Mouvement des radicaux de gauche. Après la dislocation du rassemblement, le Groupe insoumission déploie une banderole « Insoumission totale », place Bellecour où se déroule une démonstration de l’armée de l’air. Bombardé d’œufs et de poches de peinture, l’hélicoptère exposé s’élève au-dessus de la foule. Aux cris de « À bas toutes les armées », « Pas de guerre, pas d’armée », les manifestants font battre en retraite les musiciens militaires[119],[120].

En mai 1980, le Garm est présent aux Assises de l’écologie qui se tiennent à Lyon en vue de l’élection présidentielle. Avec les équipes de La Gueule ouverte et d’IRL, il prépare une motion de soutien aux réfractaires et contre la justice militaire et la Cour de sûreté de l'État. On organise une « évasion » improvisée de l’hôpital Desgenettes de l’insoumis Marc Hollenstein en grève de la faim depuis vingt jours. Sur la scène, amaigri dans son pyjama trop grand, il explique l’incompatibilité entre l’armée et l’écologie puis fait approuver la motion par tous les congressistes. Quarante personnes l’accompagnent ensuite jusqu’à l’hôpital[121].

Collaboration avec d'autres mouvementsModifier

En 1980, le Garm joue un rôle moteur dans le mouvement national de l’objection collective et le réseau de correspondants qui anime le journal Objection[122]. Il participe au camping antimilitariste de l’été près de Toulouse et à des assemblées en septembre et en octobre. Il assure la coordination des groupes antimilitaristes pour mener une action à Lyon en novembre.

Pour protester contre l'arbitraire de la Commission juridictionnelle chargée d'accorder le statut aux objecteurs de conscience, le Garm participe à l’occupation pacifique du Conseil d’État, à Paris le 27 octobre 1980[123]. Le 12 novembre, les quinze manifestants dont une femme comparaissent pendant quatre heures devant une chambre correctionnelle de Paris siégeant en audience de flagrants délits. Cité par l'accusation, un magistrat dément sa séquestration et qualifie les accusés de « très courtois ». Les prévenus sont condamnés à quatre mois de prison avec sursis pour violation de domicile[124].

La Gauche au pouvoirModifier

Le 10 mai 1981, François Mitterrand est élu Président de la République. Au début de son mandat, il tient plusieurs promesses : abandon du projet d’extension du camp militaire du Larzac, arrêt de la construction de la centrale nucléaire de Plogoff, suppression de la Cour de sûreté de l’État, abolition de la peine de mort. Les grandes orientations militaires des gouvernements précédents sont maintenues. Les tribunaux militaires continuent à infliger de très sévères sanctions, et plusieurs insoumis sont arrêtés. Les objecteurs et renvoyeurs de livrets militaires sont encore jugés par dizaines avant que les poursuites contre eux ne soient suspendues. La loi d’amnistie n’est pas à la hauteur des attentes : peines et délits sont amnistiés, mais les réfractaires non bénéficiaires du statut d’objecteurs doivent effectuer leur service militaire. La trêve est de courte durée pour ceux qui ne se proclament pas objecteurs. Beaucoup reçoivent un nouvel ordre de route pour le 1er octobre. Cela conduit à des incarcérations d’insoumis. Le 22 octobre, les autorités placent en « appel différé », jusqu’à l’adoption de nouveaux textes législatifs, tous les objecteurs dont les demandes collectives ont été refusées par la Commission juridictionnelle[125].

Les antimilitaristes sont désabusés. Ils reprennent des manifestations, notamment à Villeurbanne, fief de Charles Hernu, ministre de la Défense. Le 9 juin 1981, lors d’un meeting électoral de ce député sortant, le Garm réclame la libération des insoumis[126],[127]. Au Centre culturel œcuménique de la même ville, le 11 novembre 1981, 600 personnes participent à une rencontre antimilitariste coorganisée par le Garm. Parmi les thèmes débattus, des femmes du Garm animent celui sur l’antimilitarisme au féminin[128].

La mouvance antimilitariste a du mal à réagir face à un gouvernement socialiste peu enclin à la laisser s’exprimer. Nombre de militants du Garm sont impliqués dans d’autres groupes. Dorénavant, le Garm sera associé à ces derniers et n’interviendra pratiquement plus en son seul nom.

La coopération Armée - Éducation nationaleModifier

Le 23 septembre 1982, Alain Savary, ministre de l’Éducation nationale, signe avec Charles Hernu, ministre de la Défense, un protocole d’accord visant une symbiose entre leurs deux institutions. Ceci suscite des protestations du monde enseignant. En janvier 1983, la Ligue des droits de l’Homme craint que le protocole Hernu-Savary « ait pour conséquence une « coopération » à sens unique, très largement déséquilibrée, ouvrant l'École au prosélytisme militariste et n'apportant pas en contrepartie, dans les casernes, l'esprit laïc et les enseignements démocratiques que l'Éducation nationale pourrait s'efforcer d'y introduire pour le plus grand bien de la nation ... et de sa défense[129]. »

Le Garm participe au Collectif national d’opposition au protocole Hernu-Savary.

Les EuromissilesModifier

Article détaillé : Crise des euromissiles.

En 1977, les Soviétiques installent des missiles SS-20 à moyenne portée sur leur territoire. En riposte, en décembre 1979, l’Otan décide de déployer en Europe occidentale, particulièrement en Allemagne, des missiles américains Cruise et Pershing. Une crise diplomatique de plusieurs années en découle. François Mitterrand emboîte le pas des gouvernements de Ronald Reagan et Margareth Thatcher et déclare le 20 janvier 1983 lors d'un discours au Bundestag : « Seul l'équilibre des forces peut conduire à de bonnes relations avec les pays de l'Est. » Une énorme campagne contre les euromissiles est menée de part et d’autre du Rideau de fer et en lien avec des mouvements pour la dénucléarisation sur tous les continents[130]. À Lyon, à l’initiative du Mouvement pour le désarmement, la paix et la liberté (MDPL), est mis en place le Clar (Comité lyonnais pour l’appel Russell) auquel des membres du Garm participent.

Le nucléaireModifier

Les militants antimilitaristes s’impliquent de plus en plus dans le mouvement antinucléaire, avec le souci de toujours faire le lien entre nucléaire civil et militaire. En juillet 1976 et 1977, le Garm prend part sur place à deux grands rassemblements européens contre le surgénérateur Superphénix, à Creys-Malville. La deuxième année, les gendarmes lancent à de petits groupes violents des grenades offensives dont l’une tue Vital Michalon qui ne participe pas à la bagarre[131].

Le Garm adhère au Collectif d’opposition à Superphénix. Les 29 et 30 octobre 1983, plusieurs actions sont organisées conjointement à Villeurbanne, au Mont-Verdun et à Malville. Elles convergent le dimanche vers le congrès du Parti socialiste à Bourg-en-Bresse[132].

Le Garm signe avec des dizaines d’organisations de huit pays un appel aux Assises européennes contre la surgénération, les 26 et 27 mai 1984 à Lyon et plusieurs de ses membres s’impliquent dans la préparation d’un rassemblement les 4 et 5 août à Malville[133]. « C’est parce qu’il est dangereux, coûteux, inutile, et instrument de la course aux armements que nous refusons Superphénix et la filière surgénératrice. »

Postérité du GarmModifier

 
Observatoire des armements
Article détaillé : Observatoire des armements.
 
Campagne internationale pour l'interdiction des mines antipersonnel

Au printemps 1984, trois Lyonnais du Garm, Bruno Barrillot, Patrice Bouveret et Jean-Luc Thierry[134] mutualisent leurs documentations et créent le Centre de Documentation et de Recherche sur la Paix et les Conflits (CDRPC), devenu en 2008 l’Observatoire des armements / CDRPC. Le CDRPC développe un réseau et un centre d'expertise et de documentation autour de plusieurs thématiques : les exportations d’armements, les armes nucléaires et les conséquences de leurs essais. Il mène des travaux de recherche et des actions de plaidoyer auprès des autorités publiques pour un contrôle démocratique des activités de défense et de sécurité en France et en Europe, en faveur du désarmement. Il publie sur ces sujets des ouvrages[135] et la revue Damoclès[136], intervient dans des conférences, les médias et les réseaux sociaux. Il a joué un rôle prépondérant dans la reconnaissance par l’État français des conséquences néfastes des essais nucléaires sur les militaires et les civils qui y ont participé et sur les populations et l’environnement. Il a été à l’origine de l’adoption par le Parlement de la loi du 5 janvier 2010 permettant l’indemnisation des victimes en Algérie, en Polynésie ou en métropole.

L'Observatoire des armements a été membre actif de deux campagnes qui ont reçu le prix Nobel de la paix :

Événements liés au groupeModifier

  • Pâques 1967 et mois suivants, renvoi de quelques livrets militaires. Le Groupe lyonnais de soutien aux « renvoyeurs » de livret militaire se constitue, publie ses premières brochures et obtient le soutien de personnalités nationales[137].
  • Un renvoyeur de livret et cinq membres du groupe de soutien sont assignés quatre jours à résidence à l'occasion du passage du général de Gaulle à Lyon. Manifestation de protestation le 24 mars 1968[138].
  • Début février 1969, soutien aux objecteurs de conscience en grève de la faim à partir du 1er février[139],[140], grève stoppée par l'arrestation de deux objecteurs par les gendarmes, le 9 février[141]. Le même jour, quatre objecteurs s'enchaînent aux grilles de la préfecture du Rhône en soutien[141].
  • Fin 1969, le groupe est rebaptisé Groupe d’action et de résistance à la militarisation. Il milite pour Daniel Brochier, objecteur politique. Le premier tract signé Garm est destiné aux futurs conscrits.
  • Décembre 1970, censure à Radio Lyon de l'émission Six jeunes autour d'un livre[91].
  • 15 décembre 1970, à la Maison des étudiants catholiques : Débat avec Jacques Riondé, pilote d'hélicoptère, emprisonné puis dégradé et exclu de l’armée pour avoir écrit une lettre pour critiquer l’absence de protection de la population locale contre les radiations lors des essais nucléaires et refuser de participer à ces derniers[142].
  • Soutien à Pepe Beúnza (ca), objecteur espagnol : 21 février au 11 avril 1971, marche internationale de Genève à Bourg-Madame via Lyon et différentes différentes formes de soutien. 30 avril 1971, manifestation à Lyon. 28 mai 1971, concert de Joan Baez au Palais des sports de Lyon. 13 mai 1972, blocage d'un train à Valence et procès le 31 octobre 1972.
  • Avril 1971 : Le Garm, participant à la campagne d'information sur les mauvais traitements infligés aux soldats de l'unité disciplinaire du Fort d'Aiton (Savoie), publie un dossier qui est actualisé et complété quelques mois plus tard par André Ruff, Gérard Simonnet et Michel Tachon dans Les Bagnes de l’armée française[30].
  • 1re occupation du poste de commandement de la force de frappe nucléaire du Mont Verdun dans la nuit du 30 au 31 janvier 1971[35]. Procès le 27 juillet 1971.
  • 14 mars 1971 : Manifestation devant la mairie du huitième arrondissement de Lyon à propos du Mont Verdun.
  •  : Manifestation contre le poste de commandement nucléaire du Mont Verdun, à Limonest[143].
  • « La fête, pas la guerre ! » Marche de Lyon au Mont Verdun suivie d'une fête le 19 juin 1971.
  • À Oullins, le 3 septembre 1971, contre la présence d’un camion-exposition de la marine nationale avec maquette du sous-marin nucléaire Le Redoutable, une exposition du Garm présente des photos prises après les bombardements atomiques et des informations sur le Mont Verdun, le budget militaire et les ventes d’armes[144].
  • 1971 : Début de l'affaire des objecteurs François Janin et Jean-Michel Fayard, statut refusé, insoumission, service civil sans statut.
  • Les 2 et 3 octobre 1971, une forte délégation du Garm participe à Besançon au 2e Festival international des objecteurs de conscience.
  • 14 octobre 1971 : Réunion publique à propos de l'Inde.
  • Manifestation contre les livraisons d'armes au Pakistan le [145].
  • 1971 : Début de la lutte contre l'extension du camp militaire du Larzac.
  • À partir de décembre 1971, grève illimitée d'objecteurs en service civil par solidarité avec Janin et Fayard.
  • 2e occupation du poste de commandement nucléaire du Mont Verdun le 31 janvier 1972[146].
  • Le Mouvement d’action et de recherche critique (Marc) et le Garm convient Me Jean-Jacques de Felice, Dominique Arrivé et des professeurs de faculté à participer, devant six cents personnes, à un débat sur le thème « L’Armée et l’État », le 10 février 1972.
  • Cent cinquante à deux cents jeunes filles et jeunes gens du Garm s’enchaînent à la fontaine Bartholdi, devant l'Hôtel de ville de Lyon, pour la liberté d'expression des objecteurs de conscience le 28 février 1972[147].
  • Banderole « La loi permet de ne pas faire le service militaire » suspendue à la façade de l'Hôtel de ville de Lyon[148].
  • 4 février 1972 : Une centaine de personnalités publient L’armée face à la population où, notamment, elles soutiennent ceux qui ont choisi « de se soustraire aux obligations militaires » dont Janin et Fayard.
  • 4 avril 1972 : Arrestation de Janin et Fayard.
  • 6 avril 1972 : Douze livrets militaires sont brûlés en soutien à Janin et Fayard[49].
  • 28 mai 1972 : Manifestation dans la caserne de La Valbonne pour dénoncer la responsabilité des gradés dans la mort de quatre militaires[149].
  • Du 19 au 24 juin 1972 : Au cours de la semaine d’action de leur comité de grève à Paris, une dizaine d’objecteurs jeûnent six jours en solidarité avec Janin et Fayard.
  • Juillet 1972 : Manifestation sur le Rhône (et involontairement dans le Rhône) en soutien à Janin et Fayard.
  • 7 juillet 1972 : Procès des objecteurs François Janin et Jean-Michel Fayard[51].
  • 4 août 1972 : Janin et Fayard, à leur sortie de prison, sont emmenés par des militaires. Janin s'échappe. Fayard refuse de porter l'uniforme. Mis aux arrêts de rigueur, il fait une grève de la faim.
  • 10 août 1972 : Le Garm bloque l'entrée d'une caserne par une barrière de barbelés.
  • 4 septembre 1972 : Le Garm tient une conférence de presse pour dénoncer la tentative de reprise en main des objecteurs, notamment par le décret 72-806 signé au fort de Brégançon par le président Pompidou, le 17 août 1972.
  • 4 septembre 1972 : Janin reprend son service civil. Il est arrêté comme déserteur le 12 septembre et conduit à la caserne de Sissonne (Aisne). Il refuse l'uniforme et est inculpé pour refus d'obéissance. En grève de la faim, il est transféré de la prison de Loos-lès-Lille à l'hôpital militaire de Lille.
  • 23 et 29 septembre 1972 : Manifestations du Garm, notamment en soutien à Janin et Fayard. Quelques jours plus tard, réforme et non-lieu pour Janin.
  • 30 et 31 octobre 1972 : Manifestations de soutien à Fayard à Metz.
  • Novembre 1972 : Trois manifestations du Groupe d'insoumission totale et du Garm suivie d'un procès.
  • Novembre 1972 : Des commissions de réflexion et de proposition d'actions sont créées sur différents sujets : Insoumission, objection, caserne, ventes d'armes, armement nucléaire, politique.
  • 17 novembre 1972 : Conférence de presse de Jacques Pâris de Bollardière puis débat devant un public nombreux, salle Sainte-Hélène, à Lyon. Général en Algérie, de Bollardière a refusé d'appliquer les techniques du général Massu et a demandé à être relevé de son commandement. Ayant dénoncé publiquement la torture, il est condamné à soixante jours de forteresse. Le putsch des généraux le décide à quitter l'armée[150]. Il devient membre actif du Mouvement pour une alternative non-violente (Man).
  • 1972 : Début des permanences de distribution de tracts lors des « Trois jours »
  • 8 au 10 décembre : Jeûne de soutien à Fayard dans la basilique de Fourvière, à Lyon.
  • 16 et 17 décembre 1972 : Participation, à Paris, d'une délégation du Garm aux Assises antimilitaristes organisées par le Collectif de lutte antimilitariste (Clam)[151].
  • 10 janvier 1973 : Intrusion au consulat des États-Unis. Un drapeau nazi et une banderole sont accrochés en façade.
  • 20 février 1973 : Arrestation de Gérard Bayon.
  • Février 1973 : Début des manifestations et des grèves lycéennes contre la loi Debré partout en France.
  • 21 et 22 mars 1973 : Le Garm participe aux manifestations à Lyon contre la loi Debré.
  • 26 mars 1973 : Gérard Bayon entame une grève de la faim.
  • 2 avril 1973 : 15 000 manifestants contre la loi Debré. Nombreuses banderoles en soutien à Bayon.
  • 4 et 9 avril 1973 : Mille cinq cents personnes manifestent devant la prison Montluc où Gérard Bayon est détenu.
  • 5 avril au 15 mai 1973 : Grève de la faim des insoumis « parisiens ».
  • 19 avril 1973 : Jean-Michel Fayard quitte, libre et définitivement réformé, la prison de Metz.
  • 27 avril 1973 : Arrestation de Gérard Petit.
  • 1973 : Jean-Pierre Lanvin, déguisé en évêque, conduit dans les rues de Lyon l’enterrement des futures victimes des essais nucléaires et de la prochaine guerre nucléaire ainsi que des victimes de la famine en Afrique[32].
  • En mai 1973, une délégation de l’American indian movement tient une conférence de presse au Mont Verdun où le Garm organise chaque week-end de mai à juillet 1973 une manifestation, sous forme de camping, contre le poste de commandement nucléaire[152].
  • 22 mai 1973 : Arrestation de Hubert Planchez.
  • 25 mai 1973 : Procès de Gérard Bayon.
  • 8 juin 1973 : Procès de Gérard Petit.
  • 14 juin 1973 : Rassemblement antimilitariste au Mont Verdun.
  • Été 1973 : Lettre des objecteurs republie les tracts pour lesquels des militants et l'imprimeur sont inculpés.
  • 10 ocotobre1973 : Procès de l'intrusion au consulat des États-Unis.
  • octobre 1973 : Début de la campagne de boycott des produits ITT.
  • 1er novembre 1973 : Arrestation de Bruno Hérail.
  • 23 janvier 1974 : Des militants du Garm sont expulsés d'un dîner-débat, auquel participent plusieurs centaines d’officiers, sur le thème « La Défense, affaire de tous »[153],[154].
  • 30 janvier 1974 : Le domicile de Mireille Debard, secrétaire du Garm, est perquisitionné et deux membres du Garm sont appréhendés et gardés à vue. Ils sont suspectés d'un attentat à l'explosif. L’implication du Garm est une fausse piste avérée, due aux affabulations d’un cambrioleur arrêté par la police[155].
  • 5 février 1974 : Procès de Bruno Hérail.
  • 11 février 1974 : Manifestation de protestation contre les inculpations à propos des tracts[156].
  • 12 février 1974 : Procès des diffuseurs et de l'imprimeur de tracts.
  • 19 au 24 février 1974 : Animation du Garm au Cinématographe sur le thème « L’armée pour quoi faire ? ».
  • 2 mars 1974 : Réunion à Lyon de la coordination du boycott des produits ITT.
  • 27 mai 1974 : Le Garm recouvre des plaques indicatrices de la rue de la Part-Dieu, où se trouve le consulat chilien, par une affichette « Rue Salvador Allende ».
  • 30 mai 1974 : Libération et réforme de Bruno Hérail.
  • Juin 1974 : Le Garm cosigne un tract du Comité de soutien à la lutte révolutionnaire du peuple chilien.
  • 2 juin 1974 : Intrusion dans la prison Montluc.
  • 8 juin 1974 : Manifestation au Parc de la Tête d'Or contre les essais nucléaires.
  • Juin 1974 : Dernier numéro de Lettre des objecteurs.
  • 30 juillet 1974 : Libération et réforme de Gérard Petit.
  • 11 septembre 1974 : Le Garm et d’autres associations appellent à un meeting de solidarité avec la résistance chilienne à la Bourse du Travail de Lyon et à une manifestation le 17 octobre, place des Terreaux.
  • Novembre 1974 : Des objecteurs, pour la grande majorité insoumis à leur affection et dont plusieurs sont également membres du Garm, constituent un Comité de lutte des objecteurs. Patrice Bouveret[15] en est le correspondant.
  • 3 au 15 décembre 1974 : Animation du Garm au cours de la Quinzaine cinématographique antimilitariste au cinéma Le Canut.
  • 17 décembre 1974 : Meeting du Comité de soutien aux soldats victimes de la répression.
  • 6 février 1975 : Relaxe de l'imprimeur de tracts.
  • Avril - mai 1975 : Longues grèves de la faim de plusieurs insoumis incarcérés à Lyon. Manifestation de soutien le 30 avril en ville et le 9 mai au Tribunal permanent de forces armées.
  • 20 janvier 1976 : Meeting du Collectif lyonnais de soutien aux emprisonnés suite à la création de comités et de syndicats de soldats.
  • Dans la nuit du 20 au 21 mai 1976, la porte du tribunal permanent des forces armées de Lyon est murée par des militants du Garm.
  • En juillet 1976 et 1977, le Garm prend part sur place à deux grands rassemblements européens contre le surgénérateur Superphénix, à Creys-Malville. La deuxième année, les gendarmes lancent à de petits groupes violents des grenades offensives dont l’une tue Vital Michalon qui ne participe pas à la bagarre[131].
  • 4 octobre 1976 : Le Comité de lutte des objecteurs de Lyon prend en charge la rédaction du bimensuel Objection[16].
  • 3e trimestre 1977 : Publication de Les Juges kaki[104].
  • 11 novembre 1977 : Diffusion du Progrès pirate.
  • 27 janvier 1978 : Gala antimilitariste.
  • 30 janvier 1978 : Procès de vingt-cinq membres du Groupe Insoumission. Manifestation dans le centre de Lyon.
  • 1er février 1978 : Procès de Pierre-Yves Aubert.
  • Mars - avril 1978 : Arrestation de plusieurs réfractaires.
  • 6 avril 1978 : Une quarantaine de militants du GARM, du Groupe Insoumission et du Comité de lutte des objecteurs s'introduisent par escalade dans la caserne de Sathonay pour distribuer des tracts aux appelés.
  • 15 et 16 avril 1978 : Rassemblement national des objecteurs au centre Pierre Valdo, à Lyon.
  • Mai 1978 : Campagne nationale d'actions des objecteurs.
  • 20 juin 1978 : Trente-cinq antimilitaristes jugés à Lyon pour des motifs divers.
  • 1er octobre 1978 : Fête de l'insoumission.
  • Octobre 1978 : Plusieurs procès de réfractaires.
  • 5 décembre 1978 : Procès de Patrice Bouveret.
  • Avril 1979 : Le Garm appelle à un meeting pour le Larzac à la Bourse de travail de Lyon et à d'autres débats sur la solidarité avec le Tiers-Monde et l'apartheid en Afrique du Sud[157].
  • 12 et 13 mai 1979 : Distribution de tracts lors des Portes ouvertes de la caserne de Sathonay. Interpellations brutales[158].
  • Juin 1979 : Plainte du ministère de la Défense contre le Garm et le Collectif libertaire pour une affiche[159].
  • 27 septembre 1979 : Procès de douze renvoyeurs de livrets militaires suivi d'un meeting et d'une fête.
  • 1979 : Campagne nationale de soutien aux objecteurs, dont l’occupation de l’ambassade de Belgique à Paris, les 8 et 9 novembre 1979, pour y demander symboliquement l’asile politique[160],[161],[162].
  • Mars 1980 : Mois antimilitariste à la librairie libertaire lyonnaise La Gryffe organisé par celle-ci, le Groupe insoumission et le Garm.
  • 6 mars 1980 : Condamnation en appel à deux ans de privation des droits civiques de Gérard Legrand, renvoyeur de livret militaire[163].
  • 26 mars 1980 : Conférence de presse pour revendiquer le recel d'insoumis.
  • 10 mai 1980 : Manifestation contre la militarisation.
  • Mai 1980 : Assises de l'écologie.
  • Été 1980 : Camping antimilitariste.
  • Septembre et octobre 1980 : Assemblée générales d'objecteurs.
  • 27 octobre 1980 : Occupation du Conseil d’État. Procès le 12 novembre.
  • 3 novembre 1980 : Manifestation à l'occasion d'un débat avec Joël Le Theule, ministre de la Défense[164].
  • 20 décembre 1980 : Place de la République, à Lyon, des pères Noël et quelques autres personnes du Garm distribuent des « papillotes antimilitaristes »[165].
  • Début 1981 : Procès d'objecteurs dont Bernard Diederichs, Fabien Chavant et Jean-Michel Lacroûte.
  • 10 mai 1981 : Élection de François Mitterrand.
  • 9 juin 1981 : Manifestation lors d'un meeting de Charles Hernu.
  • 17 au 23 août 1981 : Rencontres internationales pour la paix sur le plateau du Larzac.
  • 23 août 1981 : Fête de la victoire des paysans, l'extension du camp militaire du Larzac est abandonnée.
  • 11 novembre 1981 : 600 personnes participent à Villeurbanne à une rencontre antimilitariste organisée par le Garm, le Groupe des renvoyeurs et le Groupe objection collective.
  • 8 décembre 1981 : Le CLAIROM (Collectif lyonnais antimilitariste d’insoumis, de renvoyeurs et d’objecteurs mélomanes) chahute un concert des musiciens de la 5ème région militaire.
  • 23 septembre 1982 : Protocole Hernu / Savary.
  • 30 et 31 octobre 1982 : Le Garm organise à Lyon l'assemblée générale d’une coordination nationale antimilitariste.
  • 1983 : Campagne contre les Euromissiles.
  • 26 mars 1983 : Manifestation organisée par une dizaine de mouvements pour dénoncer l’omniprésence de l’armée dans l’espace public, spécifiquement à la Foire de Lyon.
  • 29 et 30 octobre 1983 : Marches contre le surgénérateur Superphénix.
  • 12 novembre 1983 : Samedi Contre la guerre (débats, films, conférence), à Villeurbanne.
  • Printemps 1984 : Création du Centre de documentation et de recherche sur la paix et les conflits, renommé plus tard Observatoire des armements.
  • 26 et 27 mai 1984 : Assises européennes contre la surgénération à Lyon.
  • 4 et 5 août 1984 : Rassemblement antinucléaire à Creys-Malville.

Thèmes traités par le GarmModifier

  • la paix, la non-violence, le désarmement
  • la politique de défense
    • la militarisation de la société
      • l'ordonnance de janvier 1959
      • les accords entre l'armée et l'éducation nationale
      • le complexe militaire scientifique et industriel
        • les ventes d'armes
    • l'armée
      • le danger des armes, les désastres de la guerre
      • la force de frappe nucléaire
        • le Mont-Verdun
        • les Euromissiles et les SS 20
      • l'armée de métier
        • la médecine militaire
      • le service militaire
      • la justice militaire
        • les tribunaux permanents des forces armées
        • les bagnes militaires
      • les terrains militaires
      • l'armée suppôt des dictatures et du capitalisme
        • les interventions impérialistes et néocolonialistes extérieures
        • les bris de grève
        • l'armée de maintien de l'ordre
      • les accidents et suicides à l'armée
    • le service national
      • les futurs conscrits
      • les mouvements des lycéens contre la loi Debré
      • le service militaire
        • l'Appel des Cent
        • les comités de soldats
      • l'insoumission
      • la désertion
      • le renvoi de livrets militaires
      • l'objection de conscience
    • l'objection à l'impôt
  • la solidarité internationale
    • la dictature et le colonialisme portugais, les déserteurs
    • les objecteurs espagnols, la répression franquiste, l’accord de coopération militaire franco-espagnol
    • la guerre au Viêt-Nam
    • le coup d'état au Chili
    • l’apartheid en Afrique du Sud
  • les libertés de la presse et d'expression
  • la lutte contre l'autoritarisme
  • le nucléaire civil

Personnalités liées au groupeModifier

MilitantsModifier

AvocatsModifier

BibliographieModifier

  : document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.

  • Maurice Balmet, Patrice Bouveret, Guy Dechesne, Jean-Michel Lacroûte, François Ménétrier et Mimmo Pucciarelli, Résister à la militarisation : Le Groupe d'action et de résistance à la militarisation, Lyon 1967-1984, Lyon, Atelier de création libertaire, , 324 p. (ISBN 9782351041215) 
  • Michel Auvray, Objecteurs, insoumis, déserteurs : histoire des réfractaires en France, Stock, Paris, 1983
  • Jean-Pierre Lanvin, A dieu vat, Lyon, CDRPC, , 392 p. (ISBN 2913374077)

Notes et référencesModifier

NotesModifier

  1. A Lyon, les Renseignements généraux signalent le 6 février « l’appui apporté par 11 organisations au jeûne public observé par les objecteurs de conscience grévistes », l’Agel/Unef, le Parti socialiste unifié, l’UD-CFDT, la Convention des institutions républicaines, les Amis de Témoignage chrétien, Citoyen 60, le Mouvement pour le désarmement, la paix et la liberté, le Groupe de préparation à l’action non-violente, la Ligue internationale des droits de l'homme, le Mouvement international de la réconciliation, le mouvement Vie nouvelle. (Archives du département du Rhône et de la métropole de Lyon, Cote 1994W)
  2. Dont, par exemple, Claude Bourdet, Simone de Beauvoir, Bernard Clavel, René Dumont, Alexandre Grothendieck, Alain Krivine, Ambroise Monod, Michel Rocard, Jean-Paul Sartre, François Truffaut et, du Garm, Dominique Arrivé, Jean-Pierre Lanvin et Michel Tachon
  3. « Il ne peut être question de créer des syndicats CFDT d’appelés », Bureau national de la CFDT, cité par Objection no 53, 19 octobre 1976, page 7
  4. Le procès est illustré par Cabu in « La justice militaire, ce qu’il faut savoir », Cité nouvelle, mars 1975.

RéférencesModifier

  1. Olivier Brachet, Christian Pons, Michel Tachon, La France militarisée, Paris, Éditions du Cerf, , 95 p. (ISBN 978-8431201913)
  2. a et b Jean-Pierre Lanvin, À Dieu vat, Lyon, CDRPC, (ISBN 978-2913374072), p. 95
  3. a et b Michel, Auvray., Objecteurs, insoumis, déserteurs : histoire des réfractaires en France, Paris, Stock 2, (ISBN 9782234016521, OCLC 10810295, lire en ligne), p. 269
  4. « Des militants contre l'armement atomique envahissent le P.C. des forces stratégiques », Le Monde,‎
  5. « Huit personnes renvoient leur livret militaire au ministre des armées », Le Monde,‎
  6. Maurice Balmet, Patrice Bouveret, Guy Dechesne, Jean-Michel Lacroûte, François Ménétrier et Mimmo Pucciarelli, Résister à la militarisation : Le Groupe d'action et de résistance à la militarisation, Lyon 1967-1984, Lyon, Atelier de création libertaire, , 324 p. (ISBN 9782351041215), p. 25
  7. Lettre circulaire de février 1968, archives à l’Observatoire des armements.
  8. Collectif, « Ils renvoient leur livret militaire. Pourquoi ? », Cahiers de la Réconciliation,‎
  9. Dominique Arrivé, Marie Laffranque et Bernard Vandewiele, L’état de défense : Économie, société et répression, Paris, François Maspero, coll. « Dossiers partisans », , 56 p., chapitre 3
  10. Michel, Auvray., Objecteurs, insoumis, déserteurs : histoire des réfractaires en France, Paris, Stock 2, (ISBN 9782234016521, OCLC 10810295, lire en ligne), p. 281
  11. Maurice Balmet, Patrice Bouveret, Guy Dechesne, Jean-Michel Lacroûte, François Ménétrier et Mimmo Pucciarelli, Résister à la militarisation : Le Groupe d'action et de résistance à la militarisation, Lyon 1967-1984, Lyon, Atelier de création libertaire, , 324 p. (ISBN 9782351041215), p. 38 à 41
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AnnexesModifier