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Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Grotte du Cheval (homonymie).
Grotte du Cheval
(it) Grotta del Cavallo
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(Voir situation sur carte : Pouilles)
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La Grotte du Cheval (en italien Grotta del Cavallo), est une grotte calcaire située dans la région des Pouilles, en Italie, près de Nardò. La grotte se situe quinze mètres au-dessus du niveau actuel de la mer. Elle présente une entrée arrondie large de cinq mètres et haute de deux mètres, surplombant la mer. La grotte a été découverte en 1960 et deux vagues de fouilles ont suivi, de 1963 à 1966 puis de 1986 à 2008. Elle a été perturbée par des pillards pendant la période entre les deux vagues de fouilles, endommageant les couches correspondant au Paléolithique supérieur. La grotte a donc été interdite au public[1].

On y a retrouvé des restes humains, datant de 45 000 ans, attribués à Homo sapiens, parmi les plus anciens découverts en Europe[2].

Sommaire

ArchéologieModifier

StratigraphieModifier

La grotte contient une riche succession stratigraphique de 7 mètres de hauteur, qui s'est déposée au-dessus d'une plage formée durant une période interglaciaire. La partie la plus importante correspond au Paléolithique moyen, associé à la culture néandertalienne du Moustérien ; une strate récemment découverte a été associée à la plus ancienne apparition de l'« homme anatomiquement moderne » en Europe.

Restes humainsModifier

En 1964, deux dents de lait (des prémolaires), sont découvertes dans la grotte. En 1967, les chercheurs les décrivent comme étant d'origine néandertalienne et supposent que les outils de pierre et les décorations de perles sont typiques d'une culture néandertalienne, appelée par la suite « culture Uluzzi »[3],[4], ressemblant beaucoup au Châtelperronien. Cependant, l'association de la culture châtelperronienne avec Homo neanderthalensis fait l'objet d'un débat[5],[6]. En 2011, une équipe de chercheurs, dirigée par Stephano Benazzi du Département d'Anthropologie de l'Université de Vienne, publie une étude dans la revue Nature, qui conclut que les dents ne sont pas d'origine néandertalienne, mais sont celles d'un Homo sapiens précoce et datent de 45 000 à 43 000 ans BP. Selon Benazzi, ces résultats permettent de soutenir l'hypothèse selon laquelle la culture Uluzzi ne doit pas être attribuée à des Néandertaliens mais à des humains modernes[7]. Bien que la provenance humaine de ces dents ait été contestée[8], l'attribution est globalement acceptée par la communauté scientifique[4],[9]. Cependant, l'attribution, en totalité, de la technique Uluzzi aux humains européens anatomiquement modernes est plus controversée.

Notes et référencesModifier

  1. (en) S. Benazzi et al., « Grotta del Cavallo: Description of the site and history of excavations », Nature: Supplementary Information,‎ (lire en ligne)
  2. « L'Homme moderne arrivé en Europe plus tôt que prévu », CNRS (communiqué de presse),
  3. (en) Marta Camps (éd.), Sourcebook of Paleolithic Transitions. Methods, Theories, and Interpretations, Springer, , p. 385
  4. a et b (en) Ewen Callaway, « Who were Europe’s first humans? », sur Nature blog,
  5. (en) T. Higham, R. Jacobi, M. Julien, F. David, L. Basell, R. Wood, W. Davies et CB.C Ramsey, « Chronology of the Grotte du Renne (France) and implications for the context of ornaments and human remains within the Chatelperronian », PNAS,‎ (DOI 10.1073/pnas.1007963107)
  6. (en) P. Mellars, « Neanderthal symbolism and ornament manufacture: The bursting of a bubble? », PNAS,‎ (DOI 10.1073/pnas.1014588107)
  7. (en) S. Benazzi et al., « Early dispersal of modern humans in Europe and implications for Neanderthal behaviour », Nature, vol. 479,‎ , p. 525–528 (lire en ligne)
  8. (en) João Zilhão, William E. Banks, Francesco d’Errico et Patrizia Gioia, « Analysis of Site Formation and Assemblage Integrity Does Not Support Attribution of the Uluzzian to Modern Humans at Grotta del Cavallo », Plos One,‎ (DOI 10.1371/journal.pone.0131181)
  9. (en) João Zilhão, William Banks, Francesco d'Errico et Patrizia Gioia, « Cogito ergo agenda actionis sum philosophical (and other) transactions on the Grotta del Cavallo, the science of archeology, and the ethics of publication », Researchgate,