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Un homme faisant une grimace.

Une grimace est une contorsion du visage participant à la communication non verbale, éventuellement comme manifestation d'une douleur ou d'une émotion qu'il est plus rapide d'exprimer ainsi.

Sommaire

ÉtymologieModifier

Grimace vient du francique grima (« masque ») dont sont issus deux lignées de mots, l'une liée à la magie (« grimoire », « grimaud »), l'autre aux expressions faciales (« grimer », maquiller) et que l'on retrouve dans l'anglais grim (« triste »).

En italien (la smorfia) et en brionnais (démortsaille), les mots équivalents de « grimace » trouvent leur racine dans le latin mùrrum signifiant « museau »[1] Du mot latin découlent aussi les mots français « moue » et « morgue ».

ReprésentationsModifier

En 1691 selon Augustin-Charles d'Aviler, le mascaron « est une tête chargée ou ridicule, faite à fantaisie, comme une grimace, qu'on met aux portes, grottes, fontaines[2]. »

VariétéModifier

Caractère volontaireModifier

 
Grimaces volontaires d'un couple.

Les grimaces volontaires sont utilisées pour renforcer un message, comme dans certaines moqueries ou pour leur effet comique.

Des jeux exploitent la capacité à faire des grimaces : les aluettes est un jeu de cartes où les couples de partenaires communiquent par mimiques et grimaces[3].

Grimaces spontanéesModifier

Une grimace peut être involontaire pour plusieurs raisons :

  • la grimace est une sorte de tic : à force d'être répétée, d'abord dans une démarche signifiante, le sujet l'incorpore et la remet en action sans le vouloir consciemment.
  • une expression « naturelle » du visage est perçue par l'interlocuteur comme étant une grimace.

Peuvent s'ensuivre plusieurs types de réactions de l'interlocuteur :

  • L'interlocuteur à force de jouer avec ou de voir répétée cette grimace finit par l'incorporer dans son propre code gestuel, au même titre que le tic ou l'expression de langage;
  • L'interlocuteur interprète le message du sujet comme étant forcé, maniéré, non naturel et peut éventuellement le prendre pour du bluff;
  • L'interlocuteur donne à cette expression du visage fugitive la valeur d'explicitation du message sous-tendu par les autres langages, et comme dans un lapsus, rebondit dessus, le prend en compte (ce qui peut tourner au quiproquo...ou pas).

ExpressionsModifier

  • « (Faire la) soupe à la grimace » : conserver en raison de contrariétés un visage inexpressif.
  • « Ce n'est pas au vieux singe qu'on apprend à faire la grimace » : ne pas s'en laisser conter, sachant fort bien par expérience ce qu'il convient de penser ou de faire.

Concours de grimacesModifier

 
Un concours de grimaces à Combourg, le 14 juillet 1922[4].

Dans le domaine festif on trouve organisés des concours de grimaces.

Articles connexesModifier

Notes et référencesModifier

  1. Dictionnaire étymologique et ethnologique des parlers brionnais
  2. Jacques Sargos Bordeaux Chef-d'œuvre classique, L'Horizon chimérique, Bordeaux, novembre 2009 Pages 385.
  3. Patrick Villiers, Une histoire de la marine de Loire, 1996, p. 165.
  4. L'Humanité, 19 juillet 1922, p. 2, 3e colonne. L'article fait allusion à l'accusation portée contre le président de la République Raymond Poincaré d'avoir ri dans un cimetière militaire, lors d'une commémoration en mémoire des soldats tombés durant la Première guerre mondiale.