Graphics Interchange Format

format de fichiers pour les images

Le Graphics Interchange Format (littéralement « format d'échange d'images »), plus connu sous l'acronyme GIF (prononcé en français : [ ʒif], [gif] ou [dʒif]), est un format d'image numérique couramment utilisé sur l'Internet.

GIF
Graphics Interchange Format
Image dans Infobox.
Caractéristiques
Extension
.gifVoir et modifier les données sur Wikidata
Type MIME
image/gifVoir et modifier les données sur Wikidata
Signatures
47 49 46 (hexa)
GIF (ascii)Voir et modifier les données sur Wikidata
Développé par
Type de format
Basé sur
Spécification
Sur de telles photos, la limitation à 256 couleurs se fait nettement sentir. L'image est granuleuse à cause du tramage.

En 2012, le mot gif a été élu « Mot de l’année » pour l’édition américaine du dictionnaire d’Oxford University Press[1].

OrigineModifier

Le format GIF a été mis au point en 1987 par le groupe CompuServe, dirigé par l'informaticien Steve Wilhite (en), pour permettre le téléchargement d'images en couleur. Ce format utilise l'algorithme de compression sans perte LZW, nettement plus efficace que l'algorithme RLE utilisé par la plupart des formats alors disponibles (PCX, ILBM puis BMP).

CaractéristiquesModifier

CouleursModifier

Une caractéristique particulière du GIF est le nombre de couleurs supportées: il permet une palette qui peut aller de 2 juqu'à un maximum de 256 couleurs choisies dans une palette RVB 24-bits (16 777 216 nuances). Chaque pixel est donc représenté sur 8 bits au plus.

Le nombre maximal de couleurs présentes dans chaque calque d'une même image est donc restreint à 256 (le format GIF89a supportant plusieurs calques). L'usage d'une palette de 256 couleurs permettait l'affichage sans étape préalable de réduction du nombre de couleurs (par diffusion d'erreur) sur certaines cartes graphiques de l'époque, notamment la VGA qui, ayant elle-même jusqu'à un octet par pixel, est sortie la même année.

TransparenceModifier

Le format GIF89a permet de spécifier une entrée transparente dans la palette. Cette fonctionalité est utile lorsqu'une image non rectangulaire est intégrée à un document comme une page web : on peut voir le document à travers les pixels transparents. La transparence est toutefois binaire; il ne s'agit pas d'un canal alpha permettant plusieurs degrés d'opacité, comme le propose le format PNG.

Chargement rapideModifier

GIF propose un mode entrelacé permettant de commencer par transmettre quelques lignes d'une image, puis les lignes placées entre elles. Ce mode permet de donner plus rapidement un aperçu de l'image lorsque la transmission est lente.

AnimationModifier

 
Un Gif animé, 8 images affichées chacune à 1/10 s.

Le format GIF permet de stocker plusieurs images dans un seul fichier et de les afficher en succession. Il est donc possible de stocker des diaporamas et des animations dans un fichier GIF. Chaque image d'une animation peut avoir sa propre palette.

La deuxième version du format GIF, le GIF89a[réf. nécessaire], permet d'assigner une durée distincte à chaque image faisant partie du fichier.

Avec la transparence du GIF89a, il est possible de laisser l'image précédente visible à travers les pixels transparents de la nouvelle image affichée. En jouant sur cette fonction, sur les durées et sur l'utilisation de palettes différentes pour chaque image, on peut contourner la limite de 256 couleurs, mais en créant des fichiers de grande taille.

Il existe une multitude de logiciels d'animation[2], dont plusieurs sont gratuits, permettant de sauvegarder en format GIF. Les logiciels d'animation permettent surtout de modifier la vitesse de défilement des images.

De nombreux logiciels de messagerie instantanée ou moteurs de sites, proposent de convertir automatiquement le format GIF animé en fichier mp4, cela permet de compresser davantage le fichier, mais fait perdre la transparence. C'est le cas du site Giphy par exemple.

CompressionModifier

Le principe de compression consiste à simplifier le code des parties à rangées de pixels de même couleur. C'est pour cela que ce format est utilisé sur les images comportant un nombre plutôt limité de couleurs et sans dégradés, avec de préférence de grandes zones de couleur unie[3].

La limitation à 256 couleurs n'est pas gênante pour les logos, les graphiques et la plupart des images synthétiques, ainsi que les photographies en noir et blanc. En revanche une photographie couleur de qualité nécessite plus de nuances.

PrononciationModifier

GIF est un acronyme, cette extension se prononce donc comme un mot complet. La version 8.33 de la FAQ donne la prononciation officielle [dʒif][4], ce qui donne donc par analogie la prononciation francophone [ʒif] (« gif »). En français, cette prononciation est assez naturelle puisque le G est la plupart du temps prononcé comme un J devant les lettres E et I, sauf pour certains mots empruntés à l'étranger tel l'anglicisme gimmick.

En anglais, cependant le G devant les lettres E et I peut être prononcé de deux façons (par exemple "gift" et "gin"). Cela lança un débat au début des années 2010 sur la prononciation ([gif] ou [dʒif] ("djif") pour les anglophones, [gif] ou [ʒif] pour les francophones) sur Internet[5].

L'ex président des Etats-Unis Barack Obama a indiqué son choix de [gif] dans un échange télévisé[6], ce qui entérine une prononciation la plus répandue en anglais. De son côté, le dirigeant de Compuserve à l'époque de leur création de ce format de fichier, Steve Wilhite (en) est intervenu pour réaffirmer la prononciation [dʒif] (« jif ») [7]. Les dictionnaires anglais quant à eux indiquent que les deux prononciations sont possibles[8].

Utilisation sur le WebModifier

En 1993, le navigateur web NCSA Mosaic a été le premier à permettre l'intégration d'images aux pages web : les formats GIF et XBM étaient supportés. Le support du format JPEG a été introduit en 1994 par Netscape Navigator.

Comme expliqué plus haut, le manque de couleurs de GIF le rend peu adapté pour les dégradés très colorés, tandis que la compression avec pertes du JPEG provoque des flous sur les images dessinées directement sur ordinateur. Pour les images fixes, la répartition des rôles est donc : JPEG pour les photographies, GIF pour les images synthétiques.

Cependant, en réaction aux limitations de GIF, et aux exigences de royalties d'Unisys, un nouveau format a été proposé, PNG (Portable Network Graphics, mais si explicitement conçu en concurrent de GIF qu'une plaisanterie réinterprète l'abréviation en « PNG's Not Gif »). PNG gère 16 millions de couleurs, une variation des degrés de transparence, et a un algorithme de compression plus élaboré, ce qui rend en général les images plus légères qu'en GIF, sans pertes.

PNG a toutefois mis longtemps à s'imposer, car non seulement les navigateurs anciens ne le supportaient pas (son support commence avec Internet Explorer 4)[9], mais les navigateurs censés le supporter avaient de nombreux bugs dans ce domaine, surtout avec la transparence[10].

Les GIF animés sur internetModifier

Dans les années 1990, le format GIF était populaire pour produire des effets d'animation. Toutefois de tels effets « flashy » (tout comme l'élément HTML blink (en)) ont ensuite été vus comme lourds et démodés (exemple parodique avec une page utilisant un GIF animé en fond[11]).

Dans les années 2000, Adobe Flash est largement utilisé comme nouveau format d'animation. Il propose des fonctions très supérieures au GIF, surtout d'interactivité (des éléments de l'animation peuvent déclencher des actions en passant la souris ou en cliquant dessus).

Les développeurs de PNG n'ont pas repris cette fonction du GIF. Il existe des variantes animées (MNG et APNG), mais plus rarement supportées par les navigateurs. Il est également possible pour une page web de gérer elle-même l'animation en appelant des images PNG multiples[12].

Finalement, le GIF revient. Son support universel est apprécié, alors que celui de Flash est incertain, surtout sur les smartphones. Des logiciels permettent la création automatique de GIF d'assez bonne qualité à partir de films, pour les exporter sur les plateformes n'acceptant pas les vidéos. Les créateurs de mèmes internet l'utilisent pour des animations humoristiques simples. Le retour du GIF se confirme en 2014 quand Twitter dote son site et ses applications mobiles d'un lecteur de GIF à l'intérieur des tweets[13],[14]. Les GIF sont un moyen d'expression pour les artistes du net.art[15].

La recherche sur les GIFs tend désormais à se distancier de celle concernant les memes, notamment par rapport à l'usage des GIFs, prompts à permettre l'expression d'état mentaux et émotionnels complexes dans les interactions numériques - une nouveauté qui permet à certains chercheurs de les considérer comme un nouveau langage humain[16].

Les plateformes de GIF animésModifier

Depuis la fin de validité du dernier brevet d'IBM concernant le format GIF en 2006, quelques plateformes se sont lancées pour fournir des GIFs aux réseaux sociaux, messageries, sites web et applications.

Il s'agit maintenant d'un secteur dominé par le duopole américain Facebook / Google car la plateforme la plus populaire dans le domaine « Giphy » fut acquise par Facebook en 2020[17] et la deuxième plateforme du marché « Tenor-GIF » fut acquise par Google en 2018.[18]

Une autre entreprise américaine essaye d’émerger sur le marché du GIF, il s’agit de Gfycat.

Apple propose également une fonctionnalité GIF[19] dans sa messagerie iMessage depuis iOS 10 mais ne dispose pas de sa propre plateforme, les GIFs proviennent en réalité du moteur de recherche Bing.[20]

Au niveau européen il y a la plateforme Heypster-gif[21]qui se démarque par la qualité du contenu et le respect de la vie privée.[22]

DroitsModifier

En décembre 1994, Unisys, détenteur de deux brevets sur la compression LZW, a soudainement annoncé que les auteurs de logiciels produisant des images GIF devaient payer des royalties.

Le dernier brevet d'Unisys est arrivé à expiration le aux États-Unis, le dans la plupart des pays d'Europe, le au Japon et le au Canada. Par contre IBM détenait encore un brevet valide jusqu'au aux États-Unis (et peut-être après dans d'autres pays). Le format GIF est dorénavant dans le domaine public, il est ainsi possible de l'utiliser librement.

Notes et référencesModifier

  1. "Gif" élu mot de l’année : cinq raisons de se réjouir, Le Nouvel Observateur, publié le 14 novembre 2012.
  2. « Quels sont les meilleurs outils pour créer des GIFs ? », sur futura-sciences.com,
  3. Lisa Lopuck, Design Web pour les nuls, First interactive, Paris, 2001 (ISBN 978-2-84427-932-3)
  4. Graphics FilQ (Part 1 of 4): General Graphics Format Questions
  5. Parodie imaginant que le conflit sur la prononciation conduise à des exécutions massives
  6. Obama Made an Important Executive Decision on the Pronunciation of 'GIF'
  7. Surleweb, Vincent Grou, « Il faut prononcer « jif », dit l’inventeur du GIF », sur radio-canada.ca/surleweb,
  8. (en) « Gif's inventor says ignore dictionaries and say 'Jif' », sur www.bbc.com, (consulté le )
  9. PC Mag 8 juin 1999
  10. Browsers with PNG Support
  11. xkcd rend hommage à geocities en imitant les sites internet des débuts du web : [1]
  12. png anime en CSS
  13. Twitter now supports GIFs
  14. Twitter Support - Starting today, you can share and view animated GIFs on https://twitter.com, Android and iPhone.
  15. Abdelhak el Idrissi, « GIF : art et langage moderne », sur www.franceculture.fr, France Culture, (consulté le ).
  16. (en) Albin Wagener, « The Postdigital Emergence of Memes and GIFs: Meaning, Discourse, and Hypernarrative Creativity », Postdigital Science and Education,‎ (ISSN 2524-4868, DOI 10.1007/s42438-020-00160-1, lire en ligne, consulté le )
  17. Michaël Szadkowski, « Facebook achète Giphy, la très populaire plate-forme de GIF », sur Le Monde,
  18. Victor Sauvage, « Google rachète les spécialistes du Gif de Tenor », sur iPhoneSoft,
  19. Jean-Baptiste A., « iMessage : Apple propose (enfin) son app #images pour les GIF en Europe », sur iPhone Addict,
  20. (en) Matt Burgess, « How to use iOS 10's Messages app », sur Wired,
  21. Corentin Ruffin, « heypster-gif : la première plateforme européenne de GIFs », sur iPhoneSoft,
  22. Mickaël Bazoge, « Heypster, une nouvelle app française de GIF », sur iGeneration,

AnnexeModifier

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BibliographieModifier

  • Fernanda Arreola et Albin Wagener, « Mèmes et GIFS, moins futiles qu’on ne le pense », The Conversation,‎ (lire en ligne)

Articles connexesModifier

Autres formats :

Liens externesModifier