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Les familles anciennes de la Medina de Fès sont appelées Ahl Fas (en arabe : أهل فاس) ou plus communément Fassis .

Sommaire

Présentation [1]Modifier

Il ressort de toute littérature ,locale comme orientaliste, consacrée à la description des mœurs de l'ancienne Medina de Fes, qu’être « fassi » c’est d’abord être l’héritier d’une citadinité ancienne où se mêleraient la culture musulmane, les traditions du quotidien et un savoir-vivre spécifique. Un fassi est un homme (ou une femme) courtois, poli, souvent cultivé de cette culture populaire qui lui donne une certaine aisance dans le comportement. Il se distingue souvent à sa façon d’utiliser l’arabe avec une prononciation « précieuse ».

Les phonéticiens évoquent, pour identifier le parler fassi, la délicatesse de la prononciation, la tendance très arabisée de ses phrases. Pourtant à y regarder de plus près, le parler, mais aussi la vie quotidienne, et les toponymes à Fès, montrent clairement que l’identité fassie s’est forgée au contact de nombreuses influences culturelles : berbère, arabe, andalouse et juive .

Origines des anciennes FamillesModifier

La diversification des origines de la communauté fassie a forgé le mode de vie, les mœurs, les arts, le savoir-faire de cette dernière.

ces origines sont présentés comme suit ,

  • Chorfa descendants du Prophète Sidna Mohamed et de sa fille Fatma.ils appartiennent soit à la dynastie des Idrissides, saadiens, soit à celle des Alaouites , soit à des clans d'aristocrates étrangers comme les Skalli (famille de Chorfas houssaïniyyines ayant vécu en Sicile puis, après la reconquête chrétienne de ce territoire, en Andalousie dont la Reconquista les oblige à quitter l'Espagne des Rois Catholiques pour venir s'établir à Fès) ou encore les Irakis ou Laraki (originaires eux de Mésopotamie dont l'ancêtre est Mohamed Al Hadi Ibn Abi Al Qasim Ibn Nafis, arrivé d'Irak à Fès à l'époque du Sultan Mérinide Abi Saïd Ibn Abi Youssef, après avoir séjourné quelque temps en Égypte).
  • Andalous ;
  • Beldyin (descendants de juifs convertis à l'islam) ;
  • Kairouanais, les Tlémcéniens et plus tard les Shâmiyyins venus de l’Orient .

Ainsi ,ce mélange a donné naissance à une communauté de familles assez soudés, dont sont issus plusieurs riches commerçants , savants, oulémas, artistes et hommes politiques au fil de l'histoire marocaine. Les Tazi, Bennis , Benjelloun, Dilaï et Alami...par exemple, ont fait fortune à travers la caravane de pèlerinage.

Certaines familles se retrouvent également dans d'autre grandes villes du Maroc, telles Rabat, Salé, Meknès, Tetouan, Marrakech et Tanger pour les familles andalouses.

Certains noms de famille, notamment chez les familles de (chorfas : Famille descendante du prophète de l'islam et d'ascendance noble) ou d'andalous, se rencontrent également en Algérie ,en Tunisie .

Les premières organisations politiquesModifier

Depuis sa fondation et du fait de son mélange de populations issues soit d’ascendance idrisside ou chérifienne soit venues de l’extérieur (Kairouan ou Al-Andalus), les habitants de Fès ont toujours essayé de se constituer en force politique dans la défense de leur intérêt face au Makhzen. Le poids important des oulémas issus de la ville a permis à la ville de Fès de jouir d'une certaine autonomie de gestion et a souvent participé à la vie politique du royaume selon son soutien ou son opposition aux souverains marocains.

Exemples notables[2]:

  • Les chorfas de Fes se révoltent contre le pouvoir des mérinide et pendent le sultan ‘Abd al-Ḥaqq II au IXe(h)/XVe siècle(c). Ils choisissent Mohammed ibn Ali Amrani-Joutey, un fassi idrisside, comme nouveau sultan
  • Moulay Rachid (premier Alaouite) doit son acceptation par les Fassis à la propagande des ouléma andalous
  • La famille Fassi Fihri, famille de doctes lettrés qui ont même une confrérie, a travaillé aux services du Sultan dès le règne de Moulay Ismaïl (qui nomme notamment deux frères et un cousin à des postes clé de la hiérarchie administrative)
  • la famille kafhali (كفحالي), une des familles qui ont résisté à la colonisation française.
  • Au XIXe siècle, de nombreux diplomates et conseillers royaux sont issus de Fès (dont Abdelkrim Bricha, Larbi Bennouna ..)
  • Inversement, l'alem Abdeslam Guessous a été exécuté par le sultan Moulay Ismaïl pour avoir dénoncé l'esclavage des Noirs dans l'Empire chérifien
  • Au début du XXe siècle, certains Kettani se feront remarquer par leur opposition à la politique du Maroc dont Mohamed ibn Jaâfar al-Kettani qui émigre à Damas ou Mohamed ibn Abdelkabir al-Kettani qui conteste la bay'a (allégeance) rédigée par les oulémas de Fès.

Femmes de FèsModifier

El Aliya Benkirane: Aliya fille de Si'Tayyéb Benkirane est une femme illustre qui a marqué la ville de Fès pour être l'une des rares femmes du monde musulman du début du XIXe siècle à donner des cours de logique et métaphysique à la mosquée des Andalous. Son père, enseignant en sciences religieuses est auteur de plusieurs ouvrages et professeur à l'université/mosquée El Qaraouiyin, lui inculqua l'amour du savoir et des sciences. Aliya Benkirane était une femme dotée d'un savoir immense dans toutes les branches des connaissances humaines et excellait dans le domaine des richesses intellectuelles qui proviennent de la raison pure. El-Aliya donnait ses conférences aux étudiants, hommes et femmes . Auguste Mouliéras, auteur français du XIXe siècle qui a parcouru le Maroc et l'Algérie entre 1873 et 1893, s'est émerveillé face à l'émancipation de cette femme ayant atteint un haut rang dans les connaissances et les sciences universelles et la cite dans un de ses ouvrages sur le Maroc (le Maroc inconnu) : "Une femme arabe professeur de logique! qu'en pensent nos géographes et nos sociologues qui ont répété sur les tons les plus lugubres que le Maroc est plongé dans les ténèbres d'une barbarie sans nom dans l'océan d'une ignorance incurable ? et veuillez remarquer que notre El- Aliya dédaigne absolument le psittacisme coranique abrutissant que vous connaissez. L'intelligente marocaine plane dans les régions élevées de la science des sciences, la science des stoïciens, la science du raisonnement celle qu'Hamilton et Kant ont pu définir, la science de la pensée en tant que pensée." [3]

Du protectorat à nos joursModifier

La période plus récente à surtout vu l’émancipation des familles d'origine beldyin ou andalousyin. Ayant traditionnellement une activité commerciale, ces familles ont su rapidement s'adapter à l'économie de marché dès le XXe. Nombreuses sont les familles fassies ayant choisi d'émigrer vers d'autres villes du Maroc, principalement vers l'axe Casablanca-Rabat. Bien que n'habitant plus Fès, les fassis conservent leurs spécificités culturelles et revendiquent parfois l'appartenance à leur communauté d'origine.

Noms de familleModifier

Retranscription des nomsModifier

Les noms de famille dans leur dénomination arabe sont souvent tronqués, chaque branche gardant ainsi soit :
- Laqab (لقب) (dans le cas des nombreux commerçants fassis les métiers comme Kettani, Attar, Lahlou mais aussi et surtout le titre honorifique comme El Mansour et beaucoup d'autres parfois peu connus)
- Nasab (نسب) (filiation, comme Idrissi en tant que descendant de Moulay Idriss, ou El Fihri en tant que descendant de Fihr Quraïch)
- Nisba (نسبة) (origine géographique, comme Andalousi, Lahraichi, Sebti, Kafhali ou Sqalli)
- ou parfois un composé de deux aspects du nom.

Liste de nomsModifier

Il ne s'agit que d'une liste plus ou moins exhaustive des principaux noms de famille connus à Fes jusqu'à l'indépendance et avant les migrations vers Casablanca entre autres. Les origines ne donnent, par ailleurs, aucune indication sur l'ancienneté de la famille dans la ville. Par exemple, Les Mokri, ou Les Zouaoui d'origine algérienne, est une famille fassi depuis le XIXe siècle alors que d'autre famille le sont depuis plus de 500 ans.
Par ailleurs, certaines familles se sont également déplacées durant toutes ces années aussi bien au Maroc qu'à l’étranger (Tlemcen notamment). Les noms de famille ne sont donc pas forcément représentatifs uniquement de la ville de Fes[4].

Les familles fassis les plus anciennes sont par ailleurs les familles idrissides par définition.

[5],[6]

Voir aussiModifier

Notes et référencesModifier

  1. (es) dibuja diseño web, « Fès, l’âme du Maroc DOUZE SIÈCLES D’HISTOIRE La berbérité dans la construction de l’identité fassie », sur Fès, l’âme du Maroc DOUZE SIÈCLES D’HISTOIRE La berbérité dans la construction de l’identité fassie (consulté le 21 juillet 2019)
  2. allama kettani, zahr alas fi boyoutate fes
  3. Auguste Mouliéras, Le Maroc inconnu, Paris : J. André, 1895 (lire en ligne), p. 742, 741
  4. http://amrani.forumfamille.com/t46-les-grandes-familles-de-fes
  5. Mouna Hachim, Dictionnaire des NOMS DE FAMILLE DU MAROC, Casablanca, Le Fennec, , 584 p. (ISBN 9789954306987, OCLC 946465415)
  6. « La liste officielle des grandes familles de Fès », Moustacho,‎ (lire en ligne, consulté le 16 novembre 2016)

Articles connexesModifier

BibliographieModifier