Grande Guerre patriotique

terme par lequel l'Union soviétique désigne le conflit qui l'oppose à l'Allemagne nazie, de juin 1941 à mai 1945
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Canon de 122 mm aux abords de Moscou. Photo de Viktor Temin.
Graphique représentant les pertes militaires en Europe selon le front de combat.

La Grande Guerre patriotique (en russe : Великая Отечественная война) est le terme par lequel l'Union soviétique désigne le conflit qui l'oppose à l'Allemagne nazie, de juin 1941 à mai 1945[1]. Il correspond, dans le contexte plus large de la Seconde Guerre mondiale, au théâtre d'opération du front de l'Est à partir de l'attaque allemande contre l'URSS[2].

La dénomination de « Grande Guerre patriotique » est une allusion directe à la « Guerre patriotique de 1812 », résistance à l'invasion des troupes napoléoniennes en 1812[3],[4].

Ce fut une guerre totale : les conventions de Genève n'y furent pas appliquées, la reddition à l'ennemi, quelle qu'en soit la cause, y fut considérée comme une haute trahison et punie comme telle des deux côtés, les combats furent particulièrement acharnés, la mortalité particulièrement élevée et les prisonniers de guerre ont été déportés dans des camps de travail forcé où ils furent soumis à la malnutrition. Aux crimes de guerre nazis perpétrés par la Wehrmacht durent répondre ceux de l'Armée rouge. Des populations entières furent exterminées par les nazis ou déportées par les soviétiques[5],[6].

Les combattants de cette guerre ont été héroïsés en URSS, à l'exemple de Meri Avidzba, une femme pilote originaire de Soukhoumi.

Le 9 mai est une fête nationale en Russie et dans certaines des anciennes républiques soviétiques (День Победы, littéralement « le Jour de la Victoire »), en célébration de la fin de la guerre.

Le bilan humain de la Grande guerre patriotique varie entre vingt-sept et trente millions de morts de citoyens de l'URSS, militaires et civils. Le chiffre de ce terrible bilan ne cesse d'évoluer depuis les années 1970, époque ou le régime Soviétique commença à communiquer avec plus de volonté sur le conflit, et surtout, depuis 1986, avec le lancement de la Perestroïka, ou le régime communiqua avec plus de transparence, parlant progressivement de vingt millions de morts, puis vingt-cing millions de morts. Depuis la fin officielle de l'URSS en Décembre 1991, des documents sont encore déclassifiés, et l'estimation du bilan humain, depuis, dépasse largement vingt-sept millions de morts lors de ce conflit, entre 1941 et 1945. Certains historiens, au fil des consultations de la documentation (archives) mise à jour, parlent de plus de trente millions de morts.

Notes et référencesModifier

  1. Le terme apparaît pour la première fois dans la manchette du premier numéro de la Pravda à paraître après l'invasion, et Staline ne tarde pas à reprendre personnellement cette formule (voir Beevor et Cooper 1998, p. 49).
  2. site du Journal Le Monde, article "La Russie célèbre la "Grande Guerre patriotique".
  3. page sur la guerre patriotique, site Russia Beyond.
  4. « 24 juin 1812 - La campagne de Russie, du Niemen à la Moskova - Herodote.net », sur www.herodote.net (consulté le 25 mars 2018).
  5. Christian Baechler, Guerre et extermination à l'Est : Hitler et la conquête de l'espace vital, 1933-1945, Tallandier, Paris 2012, 524 p., (ISBN 978-2-84734-906-1)
  6. Steven Rosefielde, Red Holocaust, Routledge 2009, (ISBN 0-415-77757-7)

Voir aussiModifier

Articles connexesModifier

BibliographieModifier