Ouvrir le menu principal

Wikipédia β

Grande bardane

espèce de plantes

Arctium lappa

La Grande Bardane (Arctium lappa L.), également appelée Bardane officinale ou Bardane commune, est une espèce de plantes herbacées annuelle ou bisannuelle de la famille des Astéracées. Elle possède de nombreuses propriétés favorables à la santé [1],[2] et constitue une plante traditionnelle des médecines populaires. Elle est également cultivée comme plante potagère pour sa racine consommée comme légume.

Sommaire

Noms vernaculairesModifier

Bardane comestible, Grande bardane, Glouteron, Bardane géante, Herbe aux teigneux. Elle est parfois appelée secondairement ou régionalement Chou d'âne, Copeau, Grippe, Herbe au teigneux, Herbe aux pouilleux, Herbe aux seigneurs, Napolier ou Oreille-de-géant.

Gobo (nom japonais de la bardane cultivée). de : Große Klette, en : Edible burdock', es : bardana.

DescriptionModifier

Plante bisannuelle ou vivace à développement spectaculaire qui peut atteindre 2 m de haut, à grandes feuilles alternes, cordiformes, pubescentes à la face inférieure, à long pétiole.

Les fleurs, violettes, sont groupées en capitules globuleux, réunis en grappes. Elles apparaissent en plein été (juillet-août). Les capitules sont entourés d'un involucre formé de bractées très nombreuses à pointe recourbée formant crochet, qui aident à leurs dissémination par les animaux (zoochorie).

Les fruits sont des akènes, longs, comprimés, à courte aigrette.

La racine pivotante est charnue, assez longue - jusqu'à 50 cm.

Origine et distributionModifier

Cette espèce est originaire des régions tempérées de l'ancien monde : Europe (de la Scandinavie à la Méditerranée et des Îles Britanniques à la Russie), Asie (du Proche-Orient à la Chine et au Japon), ainsi que du sous-continent indien. C'est une plante typique des terrains en friche proches des habitations, riches en azote (friches nitrophiles).

Des traces de consommation par les hommes remontent au mésolithique [3]. La bardane est l'un des médicaments les plus importants et les plus anciens des ethnomédecines [4]. Dioscoride, Gallien l'utilisent dans la médecine antique[5], elle est figurait parmi les plantes recommandées dans le capitulaire De Villis au Moyen Âge.

Des formes améliorées sont cultivées notamment en Chine, au Japon, à Java, aux iles Hawaii [6]. La culture de la plante au Japon remonte à l'ère Jōmon [7]. Les bardanes cultivées constituent des variétés (var. edule, Lappas edulis), elles présentent des racines plus grosses que la plante spontanée [8], différentes nuances de couleur, il existe au Japon un cultivar cultivé pour la feuille [9].

CultureModifier

Préfère un sol frais, profond, bien travaillé et riche en humus et une exposition ensoleillée. La bardane est très réactive aux engrais azotés.

La multiplication se fait par semis en place, en juin-juillet. pépinière en février-mars ou en place en avril-mai.

La récolte intervient de 3 à 4 mois après le semis, jusqu'à la mi-novembre. Au-delà les racines risquent de devenir trop fibreuses.

Le paillage à base de bardane broyée permettrait de lutter contre le mildiou. En effet, la bardane a la capacité de "concentrer" les ions de cuivre et peut donc être un bon fongicide.

 
"Gobō sarada", salade de bardane japonaise

UtilisationModifier

La racine de bardane se consomme cuite. Elle s'accommode à la manière des salsifis, sautée ou en gratin[10]. Les jeunes pousses peuvent se manger comme des asperges.

PharmacopéeModifier

  • Partie utilisée: racine et feuille
  • Composant: Inuline, lappoline, huile essentielle, principe amer, sucre, antibiotique, sels de calcium et magnésium

Propriétés: Diurétique, détoxifiant[11] (élimination par les reins, la peau & les muqueuses), hépatoprotecteur, diaphorétique (induction de la sudation), soulagement des douleurs rhumatismales, soins des dermatoses (Racine). Vulnéraire, soins des dermatoses (Feuille).

La Grande bardane est utilisée traditionnellement en tant que diurétique[12] ou dépuratif sanguin, laxatif[13], dans le traitement des lithiases biliaires ou urinaires[14], et pour certaines affections musculo-squelettiques[12].

Les composants de la Grande bardane peuvent se lier à des composés toxiques tels que les polycholorobenzènes (PCB), et ainsi faciliter leur élimination. L'action hépatoprotectrice de divers éléments de la grande bardane a ainsi pu être testée expérimentalement[15]. Les acides caféoylquiniques présents en quantité importante dans la grande bardane ont quant à eux une activité reconnue contre plusieurs agents hépatotoxiques[16]. Finalement, la grande bardane réduit l'absorption intestinale de cholesterol et de lipides, ainsi que la formation d'acides lithocolique et désoxycholique[17]. Ces observations expérimentales corroborent ainsi l'utilisation traditionnelle de la grande bardane comme hépatoprotecteur, dépuratif et détoxicant.

La Grande bardane est aussi utilisée dans le traitement de maladies de la peau, en particulier l'acné. Cette action est en partie liée à son activité dépurative et détoxifiante, à la stimulation de l'activité hépatobiliaire et de la diurèse. De plus, la grande bardane possède une activité anti-inflammatoire et anti-oxydante[18], et l'on sait que la formation excessive de radicaux libres dans la peau joue un rôle dans la pathogenèse de l'acné et d'autres dermatites. Finalement, les acides caféoylquiniques protègent le collagène cutané des altérations induites par le rayonnement solaire ou les U.V. artificiels, et inhibent la hyaluronidase[19].

Notes et référencesModifier

  1. (en) T. K. Lim, Edible Medicinal and Non Medicinal Plants: Volume 9, Modified Stems, Roots, Bulbs, Springer, (ISBN 9789401795111, lire en ligne)
  2. (en) Salama M. El-Darier et Shaimaa G.Salama, « Arctium Lappa L. (Asteraceae); a New Invasive HighlySpecific Medicinal Plant Growing in Egypt », Pyrex Journal of Plant and Agricultural Research Vol 2 pp. 44-53,‎ , p. 43 à 53 (lire en ligne)
  3. « https://sites.google.com/site/archoevidence/home/food-finds-in-britain?tmpl=/system/app/templates/print/&showPrintDialog=1 », sur sites.google.com (consulté le 28 mai 2017)
  4. (en) Radu Claudiu Fierascu, Irina Fierascu, Alina Ortan et Sorin Marius Avramescu, Romanian Aromatic and Medicinal Plants: From Tradition to Science, InTech, (DOI 10.5772/66513, lire en ligne)
  5. (en) Aegineta Paulus, The Seven Books of Paulus Aegineta: Translated from the Greek. with a Commentary Embracing a Complete View of the Knowledge Possessed by the Greeks, Romans, and Arabians on All Subjects Connected with Medicine and Surgery by Francis Adams. III, Sydenham Society, (lire en ligne)
  6. (en) Peter Hanelt et Institute of Plant Genetics and Crop Plant Research, Mansfeld's Encyclopedia of Agricultural and Horticultural Crops: (Except Ornamentals), Springer Science & Business Media, (ISBN 9783540410171, lire en ligne)
  7. (en) William M. Tsutsui, A Companion to Japanese History, John Wiley & Sons, (ISBN 9781405193399, lire en ligne)
  8. Désiré Bois, Les légumes, Paris, Editions Comédit, 1995 - reprint de l'édition 1927 chez lechevalier paris vie, 591 p. (ISBN 2 909 112 34 9), p. La genre Lappa, p. 276 et 277
  9. (ja) « ゴボウ | 野菜タネ/根菜(根を食べる野菜) | 種・苗・球根・ガーデニング用品・農業資材の通販サイト【タキイネット通販】 », sur shop.takii.co.jp (consulté le 28 mai 2017)
  10. Des herbes pas si mauvaises..., de Jean-Marie Polese, édition De Borée 2011, (ISBN 978-2-8129-0263-5)
  11. Health Canada, Monographie - Bardane Orale, Base de Données d'Ingrédients de Produits de Santé Naturels, 2008
  12. a et b Wichtl M. éditeur, Herbal Drugs and Phytopharmaceuticals: A Handbook for Practice on a Scientific Basis, 3° Edition, Stuttgart: Medpharm GmbH Scientific Publishers, 2004
  13. Hoffmann D., 2003, Medical Herbalism, Rochester: Healing Arts Press
  14. Grases F., Urolithiasis & Phytotherapy, International Urology & Nephrology 26 (5), pp507-511 (1994)
  15. Morita K., Hamamura K., Iida T., du Fukuoka Institute of Health and Environment Sciences: Binding of PCB by several types of dietary fiber in vivo and in vitro. Fukuoka Acat Medica 1995; 86: 212-7
  16. Basnet P. et al., du Research Institute for Watan-Ku, Toyama Medicine & Pharmaceutical University, Potent Antihepatotoxic Activity of Dicaffeoylquinic Acids from Propolis. Biol. Pharm. Bull 1996; 19: 655-7
  17. Shimizu J. et al. Dpt of Nutrition, Faculty of Agriculture, Japan. Effects of Different Types of Dietary Fiber Preparations Isolated from Bamboo Shoots, Edible Burdock, Apple and Corn on Fecal Steroid Profiles of Rats. Journal of Nutritional Science & Vitaminology, 1996; 42: 527-39
  18. Lin CC, Lu JM, Yang JJ, Chuang SC, Anti-inflammatory and Radical Scavenge Effect of Arctium lappa. Am J Chin Med 1996; 24: 127
  19. Facino RM et al., Echinacoside and caffeoyl conjugates protect collagen from free radical induced degradation: a potential use of Echinacea extracts in the prevention of skin photodamage. Planta Med 1995; 61: 510-4

Sur les autres projets Wikimedia :

Liens externesModifier