Gouvernement Pierlot III

Ce gouvernement belge était une tripartite d'union nationale à partir du début de la Seconde Guerre mondiale () jusqu'au début de l'occupation allemande (1940), il gouverna dans des conditions difficiles.

Gouvernement Pierlot III

Royaume de Belgique

Description de cette image, également commentée ci-après
Roi Léopold III
Premier ministre Hubert Pierlot
Formation
Fin
Durée 11 mois et 20 jours
Composition initiale
Coalition
Femmes 0
Hommes 18
Représentation
Chambre des représentants
170  /  202
Sénat
86  /  101
Drapeau de la Belgique

L'invasion de la Pologne par l'Allemagne et l'URSS amène Hubert Pierlot à étendre son gouvernement catholique-libéral aux socialistes, formant ainsi un gouvernement d'union nationale auquel le Parlement vote les pleins pouvoirs. L'armée belge, dont Léopold III prend le commandement, est mobilisée ; il s'agit cependant d'une mobilisation défensive, la Belgique insistant sur le fait qu'elle restera neutre dans le conflit.

Aucun conflit sur le front occidental n'a cependant lieu durant la "drôle de guerre". La Belgique et les Pays-Bas espèrent encore qu'un arrangement avec l'Axe est possible, malgré les informations transmises par les ambassadeurs belges à Berlin et à Rome. La mobilisation de l'armée pèse cependant sur l'économie au point que l'on autorise certains soldats à reprendre leur travail dans le civil. De plus, certains ministres prônent un rapprochement avec la France et le Royaume-Uni tandis que Léopold III maintient la nécessité de conserver la neutralité du pays.

Les querelles de politique intérieure ne sont pas inexistantes. Le gouvernement donne ainsi sa démission après le rejet par les libéraux du dédoublement linguistique du Ministère de l'Instruction publique ; Léopold III, au vu du contexte, refuse cependant la démission du gouvernement.

Le 10 mai 1940, la Belgique est envahie. Le gouvernement s'exile en France afin de mener le combat mais Léopold III préfère rester en Belgique contre l'avis de ses ministres; cette rupture entre le gouvernement et le Roi pose les bases de la future Question royale. Léopold III finit par capituler le 27 mai ; Pierlot déclare aussitôt le Roi est en "incapacité de régner", incapacité qui ne sera levée qu'une décennie plus tard. Le 22 juin, la France elle-même capitule et la Troisième République s'effondre. Le gouvernement belge se disloque. Il ne se reformera à Londres qu'en automne[1].

CompositionModifier

Ministère Nom Parti
Premier ministre Hubert Pierlot Parti Catholique
Membre du Conseil des Ministres Paul-Emile Janson Parti Libéral
Membre du Conseil des Ministres Henri De Man POB
Ministre de l'Interieur Albert Devèze Parti Libéral
Ministre de la Justice Eugène Soudan POB
Ministre des Affaires étrangères et du Commerce extérieur Paul-Henri Spaak POB
Ministre des Communications Henri Marck Parti catholique
Ministre de l'Instruction publique Jules Duesberg technicien
Ministre des Finances Camille Gutt technicien
Ministre de la défense nationale Henri J. Denis technicien
Ministre de l'Agriculture Charles d'Aspremont Lynden Parti Catholique
Ministre des travaux publics et de la résorption du chômage Arthur Vanderpoorten Parti Libéral
Ministre des Affaires économiques et des Classes moyennes Gustave Sap Parti Catholique
Ministre du Travail et de la Prévoyance sociale August Balthazar POB
Ministre des Colonies Albert de Vleeschauwer Parti Catholique
Ministre de la Santé publique * Marcel-Henri Jaspar Parti Libéral
Ministre du Ravitaillement Antoine Delfosse Parti Catholique
Ministre de l'Information Nationale Arthur Wauters POB

RemaniementsModifier

Notes et référencesModifier

BibliographieModifier

  • Vincent Dujardin et Mark Van den Wijngaert, La Belgique sans roi : 1940-1950, Bruxelles, Le Cri, coll. « Histoire / Nouvelle Histoire de Belgique », , 174 p. (ISBN 9782871065203)