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Gouvernement Heath

82e gouvernement du Royaume-Uni

Description de cette image, également commentée ci-après
Edward Heath en 1966.
Reine Élisabeth II
Premier ministre Edward Heath
Formation
Fin
Durée 3 ans, 8 mois et 13 jours
Composition initiale
Coalition politique Parti conservateur
Représentation
Chef de l'opposition Harold Wilson
Drapeau du Royaume-Uni

Le gouvernement Heath est composé par le conservateur Edward Heath lorsqu'il devient Premier ministre du Royaume-Uni le au lendemain d'élections générales qui lui offrent la majorité parlementaire. Face à des difficultés économiques et à une situation d'affrontement vis-à-vis des syndicats, ce gouvernement ne dure que jusqu'aux élections de qui mènent à une situation de parlement minoritaire et transfèrent le pouvoir au travailliste Harold Wilson.

Sommaire

Accès au pouvoirModifier

Edward Heath succède à Alec Douglas-Home en 1965 à la tête du Parti conservateur, quelques mois après la défaite du parti aux élections ; cette défaite met un terme à treize années de gouvernement conservateur. L'année suivante, Heath essuie à son tour un échec lorsque les élections générales de 1966 confortent la majorité parlementaire d'Harold Wilson. Toutefois, le soutien aux conservateurs se renforce au cours des deux années qui suivent, alors que l'économie britannique connaît de nombreuses fluctuations et que le chômage augmente. Malgré tout, lorsque Wilson provoque de nouvelles élections en , les instituts de sondage donnent à nouveau les travaillistes gagnants pour la troisième fois consécutive. La large victoire des conservateurs, qui obtiennent une majorité de 30 sièges, constitue donc une grande surprise[1].

Politique gouvernementaleModifier

Edward Heath peut donc constituer son gouvernement et lancer une politique qui, dans ses intentions, n'est guère différente de celle que prône Margaret Thatcher neuf ans plus tard[2]. Il bénéficie au départ d'un contexte économique favorable, avec un taux de chômage relativement faible. Les négociations qui sont conduites avec l'Union Européenne permettent au Royaume-Uni d'y adhérer au . Mais la même année, la crise pétrolière se déclenche et contraint Heath à instaurer peu avant Noël la « semaine de trois jours » qui limite l'ouverture des bureaux, des usines et de la plupart des services publics à trois jours par semaine. Une récession économique s'installe. Heath doit également faire face à la colère des syndicats qui, face au blocage des salaires, déclenchent de nombreuses grèves. De plus, le Premier ministre ne bénéficie pas à ce moment, contrairement à Margaret Thatcher quelques années plus tard, d'un soutien fort parmi l'élite intellectuelle du pays, qui lui permettrait de rejeter avec autorité les tendances collectivistes et le consensus politique des années 1950 et 1960[3].

Constitution du gouvernementModifier

Les nominations effectuées par Heath ne constituent guère de surprise : par exemple, Alec Douglas-Home revient aux Affaires Étrangères. Margaret Thatcher reçoit le portefeuille de l’Éducation[4]. Mais un coup dur intervient très rapidement, avec la mort brutale le de Iain Macleod, chancelier de l’Échiquier et figure charismatique du Parti, qui est remplacé par Anthony Barber[5].

Composition initiale du cabinetModifier

Sortie du pouvoirModifier

Face aux crises économiques et politiques qu'il rencontre, Heath convoque de nouvelles élections le  : les électeurs sont appelés à trancher entre le gouvernement et les syndicats pour déterminer les orientations politiques du pays. Il en ressort une situation de parlement minoritaire (« hung parliament ») : en effet, les conservateurs obtiennent une majorité de voix mais les travaillistes sont majoritaires en sièges[6]. Les travaillistes tentent de négocier une coalition avec le Parti libéral, mais sans succès ; ils composent donc un gouvernement minoritaire le . De nouvelles élections générales s'imposent, ce à quoi Harold Wilson se résout le . Le Parti travailliste l'emporte cette fois d'une courte majorité : c'est la troisième défaite de Heath en quatre élections, et cela sonne la fin de sa domination sur le Parti conservateur[7].

Les jugements sont en général assez sévères concernant les résultats obtenus par le gouvernement Heath, quelles qu'en soient les responsabilités[2].

RéférencesModifier

BibliographieModifier

  • Robert Blake, The Conservative Party from Peel to Thatcher, Fontana Press, (ISBN 0-00-686003-6).