Golos Truda

journal en langue russe de tendance syndicaliste révolutionnaire puis anarchiste.

Golos Truda
Image illustrative de l’article Golos Truda

Pays États-Unis - Russie
Langue russe
Périodicité mensuel - hebdomadaire - quotidien
Genre presse libertaire et anarcho-syndicaliste
Date de fondation 1911
Date du dernier numéro 1919
Ville d’édition New York - Petrograd - Moscou

Golos Truda (en russe Голос Труда, en français La Voix du Travail) était un journal en langue russe de tendance syndicaliste révolutionnaire puis anarchiste.

D'abord mensuel puis hebdomadaire, il est fondé à New York en 1911, par l'Union des travailleurs russes aux États-Unis et au Canada.

Après la révolution de Février 1917 en Russie, sous l'impulsion de Voline et à la suite de l'amnistie des dissidents politiques, la rédaction s'installe à Petrograd. Le journal devient quotidien après la révolution d'Octobre et est l'organe de l’Union pour la propagande anarcho-syndicaliste.

HistoriqueModifier

Première époque (New York)Modifier

 
Manchette du n°14 du 4 décembre 1914.

À la suite de la défaite de la Révolution russe de 1905 de nombreux révolutionnaires fuyant l'Empire russe, sont contraints à l'exil, notamment en Amérique du Nord où se constitue une Union des travailleurs russes aux États-Unis et au Canada.

En 1911, l'organisation publie à New York, d'abord sous la forme d'un mensuel, Golos Truda.

Le journal, tout comme le syndicat américain Industrial Workers of the World, défend des positions syndicalistes révolutionnaires et anarcho-syndicalistes inspirées par les thèses du Congrès anarchiste international d'Amsterdam réunit en 1907.

Deuxième époque (Petrograd)Modifier

 
Voline en 1919.

Le à Pétrograd (Russie) sort le premier numéro de la deuxième série, édité par l'Union pour la propagande anarcho-syndicaliste. Voline en est le rédacteur en chef.

Interdit par le nouveau pouvoir bolchevik, le journal est saisi en par la Tchéka qui arrête nombre de ses militants.

Jusqu'en en et malgré l'interdiction, un groupe Golos Truda continue à publier épisodiquement à Petrograd et Moscou[1].

Jusqu'en 1922, après la cessation de la publication périodique, le groupe édite, sous forme de livres ou de brochures, des classiques de l'anarchisme dont les œuvres complètes de Bakounine.

Golos Truda est finalement totalement éliminé en 1929 avec l'arrivée de Staline au pouvoir.

CitationModifier

  • Sous la plume de Voline, le journal dénonce après la révolution d’Octobre, le nouveau pouvoir bolchevik en ces termes : « Les bolcheviks, une fois consolidé et légalisé leur pouvoir, en tant que socialistes étatistes qui croient en la direction centralisée et autoritaire, commenceront à diriger la vie du pays et du peuple du sommet. […] Les bolcheviks développeront une autorité politique et un appareil d'État qui écraseront toute opposition avec une poigne de fer. » Il fait valoir l'idée que le slogan « Tout le pouvoir aux soviets » signifie en fait « Tout le pouvoir aux dirigeants du parti »[2].

PublicationsModifier

  • Marie Goldsmith, (sous le pseudonyme de Maria Korn), Revoliutsionny sindikalizm i Anarkhizm, Petersbourg-Moscou, 1920.
  • Nikolaï Konstantinovitch Lebedev, Ėlize Rekliu kak chelovek, uchenyï i myslitel [Élisée Reclus, l’homme, le savant, le penseur], Moscou et Petrograd, 119 p.

ContributeursModifier

BibliographieModifier

  • Chantal Weibel, Golos Truda, journal anarcho-syndicaliste russe : 1917-1918, approche synthétique, mémoire, Université de Lausanne, Faculté des lettres, 1997, notice.
  • (en) Paul Avrich, Anarchism and Anti-Intellectualism in Russia, Journal of the History of Ideas, vol. 27, n°3, juillet-, pp. 381–390, University of Pennsylvania Press, lire en ligne.

NoticesModifier

Articles connexesModifier

Liens externesModifier

Notes et référencesModifier

  1. Emma Goldman, L'épopée d'une anarchiste : New York 1886-Moscou 1920, Complexe, 2002, page 228.
  2. John Simkin, Vsevolod Eikhenbaum (Volin), Spartacus Educational, 1997, texte intégral.