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Les glandes lacrymales transformées en glandes à sel expliquent notamment les larmes des tortues et des crocodiles lorsqu'ils sont hors de l'eau. Dans le cadre de la théorie du primate aquatique, les sécrétions lacrymales salées chez l'homme pourraient rappeler cette fonction mais ces sécrétions sont isotoniques au plasma sanguin (9 g/L de NaCl)[1].
Filtrée par les glandes à sel puis expulsée par les narines, une solution hypersaline s'écoule à la pointe du nez de cet Albatros royal, donnant l'impression qu'il a « la goutte au nez »[2].

Les glandes à sel sont des organes qui, chez les Elasmobranchii, la super-classe qui compte les requins, mais aussi chez quelques reptiles et les oiseaux marins, quelques oiseaux terrestres vivant dans des milieux très secs comme les géocoucous, participent à l'osmorégulation interne. Ces glandes jouent un rôle actif en contrôlant le taux de sodium-potassium du sang et permettant ainsi son élimination via une solution concentrée. Le sang passant au contact des cellules de ces glandes se trouve dessalé par un processus tout à fait comparable à celui qui préside au dessalage de la sueur, ce qui permet d'excréter les surplus de sel. Ces animaux peuvent ainsi ingérer de l'eau de mer avec leurs proies. Il semble que la présence de ces glandes chez les élasmobranches et les amniotes soit une convergence évolutive.

Sommaire

Chez les ElasmobranchiiModifier

La glande à sel se trouve toujours dans le rectum. Cette glande rectale permet d'éliminer le surplus de sel par les fèces[3].

Chez les amniotesModifier

Les glandes à sel se trouvent toujours dans le crâne, près des orbites oculaires ou des narines. On estime que les glandes à sel performantes des tortues marines leur permettent de pouvoir boire de l'eau de mer[4]. Les reins de ces animaux sont en fait beaucoup moins performants que ceux des mammifères, d'autant que leur peau ne leur permet pas de sudation et donc d'exécrer les sels ainsi.

Certaines théories, peu acceptées par les spécialistes de la phylogénétique, suggèrent que les conduits lacrymaux et glandes sudoripares chez les mammifères peuvent être une évolution des glandes à sel.

Le mécanisme de ces glandes chez les oiseaux et les reptiles marins, appelées depuis des siècles glandes nasales ou glandes supraorbitaires, ont été découvertes par Knut Schmidt-Nielsen[5] en 1957.

Les oiseauxModifier

Les oiseaux de mer expulsent un liquide limpide et incolore par leurs narines. Cette solution a une concentration constante de sel de calcium et de potassium[6]. Le fonctionnement des glandes à sel est différent de celui des reins, puisqu'elles ne fonctionnent qu'en réponse aux stress osmotiques, d'une manière discontinue[6].

Les glandes nasales des oiseaux de mer sont un des transporteurs d'ions les plus efficaces du monde du vivant[6].

Voir aussiModifier

BibliographieModifier

  • (en) M. Peaker, J. L. Linzell, Salt glands in birds and reptiles, Cambridge University Press, , 307 p. (lire en ligne)

Articles connexesModifier

Liens externesModifier

Notes et référencesModifier

  1. (en) Knut Schmidt-Nielsen, Animal Physiology. Adaptation and Environment, Cambridge University Press, (lire en ligne), p. 345.
  2. Christophe Barbraud, Fabrice Genevois, Oiseaux marins. Entre ciel et mers, éditions Quæ, , p. 62.
  3. Denis Poinsot, Maxime Hervé, Bernard Le Garff, Mael Ceillier, Diversité animale. Histoire, évolution et biologie des Métazoaires, De Boeck Superieur, (lire en ligne), p. 202.
  4. O’Driscoll, K.J.; Staniels, L.K.; and Facey, D.E., « Osmoregulation and Excretion » (consulté le 6 juillet 2007)
  5. (fr) « In memoriam », sur institut de France de l'Académie des sciences
  6. a b et c C. Jouanin, « L'élimination extra-rénale du sel chez les oiseaux océaniques », Ann. Pharm. Fr., vol. 58, no 5,‎ , p. 34-350 (ISSN 0003-4509, résumé)