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Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Cousin.
Gilbert Cousin
Gilbertus-Cognatus.jpg
Portrait gravé de Gilbert Cousin.
Fonction
Chanoine
Nozeroy
Biographie
Naissance
Décès
Surnom
Gilbertus Cognatus Nozerenus
Formation
Activités
Fratrie
Hugues Cousin (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Autres informations
Religion
Mouvement
Genres artistiques
Distinctions
Fait Noble libre du Saint Empire en 1555
Œuvres principales

Description de la Haute-Bourgogne, 1550

Narrationum Sylva 1567

Gilbert Cousin de Nozeroy (Gilbertus Cognatus Nozerenus), né le à Nozeroy et mort le dans la prison de l'officialité à Besançon, est un humaniste et théologien franc-comtois, notamment connu en tant que secrétaire particulier d'Érasme. Il est également l'auteur de fables, dont certaines inspireront La Fontaine, mais aussi d'ouvrages divers, notamment géographique, historique et généalogique.

Sommaire

BiographieModifier

Premières années et contexte familialModifier

Article connexe : Famille Cousin de Nozeroy.

Gilbert Cousin est né en 1506 dans une modeste famille noble du comté de Bourgogne[1], mais jouissant de nombreux appuis et de la protection de la puissante famille de Chalon. Son grand-père Guillaume, seigneur de Nozeroy, est chambellan de Hugues de Chalon et de son épouse la Bienheureuse Louise de Savoie. Quant à son père, Claude, il est gouverneur civil (proefectus) de Nozeroy et magistrat amodiateur de la seigneurie de Nozeroy. Il est l’aîné de 7 garçons dont il est le seul à ne pas choisir la carrière des armes. Certains de ses frères comme Hugues le vieux, s'y illustreront d'ailleurs brillamment. Dès ses jeunes années, Gilbert fut entouré par des précepteurs réputés comme Louis de Vers, abbé du Mont-Sainte-Marie, Henri Colin, membre et futur vice président du parlement de Dole[2] ou encore Didier Morel, juge ecclésiastique de Besançon; tous oncles maternels[1]. Il est décrit comme quelqu'un de timide et de frêle, mais de droit, de pieux et surtout doué de belles qualités d'esprit[3] . Il intègre ensuite l'Université de Dole, ou il commence des études de médecine et de droit avant de s'orienter définitivement vers la théologie. En 1527, il est envoyé à Fribourg, étudier chez le célèbre humaniste Ulrich Zasius.

Auprès d’ÉrasmeModifier

A la fin de ses études, vers 1529, il obtient, par l'appui de son oncle Louis de Vers, d'entrer au service du grand humaniste Érasme de Rotterdam. Celui ci vivait alors à Fribourg. D'abord simple domestique, il se fait remarquer par ses qualités et devient rapidement son secrétaire puis son ami, ainsi que son confident[4]. Il prendra également soin du vieil homme à la santé alors déclinante. De nombreuses correspondances échangées entre les deux hommes, parvenus jusqu’à nous, démontrent l'amitié sincère et l'estime réciproque qu'il y avait entre eux. Érasme et Cousin passent leurs journées à travailler ensemble, assis au même bureau, face à face, comme on peut le voir sur la gravure d'époque Des effigies Erasmi et Cognati. Le célèbre humaniste songe même à lui confier la rédaction de certaines de ses œuvres[3] mais le départ de Cousin mettra un terme a ce projet. C'est lui qui fut chargé en août 1535, de trouver un domicile pour son maître dans la ville de Bâle ou ce dernier avait décidé d'y finir sa vie. Il restera son secrétaire particulier jusqu'en octobre où Guillaume de Nassau, prince d'Orange, qui vient de succéder comme seigneur de Nozeroy à Philibert de Chalon, l'appelle à remplacer un certain Galtier au chapitre collégial de Saint-Antoine de Nozeroy. Cette séparation brutale déteindra sur leur relation ou Érasme reprochera à Cousin son départ[5].

Chanoine de NozeroyModifier

Il est ordonné prêtre et entre au chapitre en qualité de chanoine le 5 janvier 1536. Il habite alors une maison (toujours visible aujourd'hui) avec une grande bibliothèque, située sur la place principale de la ville; il vit aussi périodiquement dans le village voisin de Sirod. Par la suite, il fonde une école qui acquiert une certaine renommée, dans laquelle les enfants des grandes familles de la région et même de Suisse, viennent s'y instruire. Commence aussi la période la plus prolifique de son activité littéraire. Il traduit des auteurs grecs anciens comme Ésope. Il réalise de nombreuses gravures d'illustration, essentiellement géographique, montrant diverses cités du comté de bourgogne. Avec l'aide de sa mère et de sa sœur Artaude, il rédige des commentaires de la Bible en français et non en latin, pour la rendre plus claire et plus accessible, au plus grand nombre[3]. Il publie successivement un grand nombre d'ouvrages, traitant de nombreux sujets, notamment son recueil de fables Fabulae sive narrationes en 1547, réédité en 1567 sous le titre Narrationum Sylva, et sa Description de la Haute-Bourgogne (ou Franche comté), ouvrage majeure, parue en 1550. Il aborde tout au long de sa carrière et avec succès, de nombreuses disciplines comme l'histoire, la géographie, la philosophie, la grammaire, la poésie, le droit, la médecine, le grec ancien... Mais également des traités sur des sujets très divers comme la morale ou la domesticité[6]. En 1555, il obtient la reconnaissance de Charles Quint et se voit accorder, ainsi que ses frères, l'immédiateté impériale[7]. En 1558, il est chargé de l'éducation du jeune Claude de La Baume, archevêque élu de Besançon. Il entreprend alors un long voyage en Italie et visite avec son jeune élève, Rome, Venise, Padoue et rentre en Franche-Comté vers .

Dernières années et emprisonnementModifier

Si Gilbert Cousin a toujours gardé ses distances avec la réforme, il restera cependant en contact avec certains responsables réformés comme Bonifacius Amerbach ou Henri Bullinger, et leur conservera un respect voir une amitié. Il garda également un esprit très critique envers sa propre religion, conscient de ses abus et dysfonctionnements. Il prône un vrai retour aux sources et au respect de la vérité.[3] A travers ses écrits,l’humaniste comtois avait plusieurs fois remis en question le pape et les élites catholique (Annotationes in Dialogos Charontis ), mais aussi la façon dont certains dogmes étaient appliqués, comme la confession (Apologeticus pro) ou l'eucharistie. En réaction, le concile de Trente, en 1554, mis à l'index une grande partie de ses œuvres[1]; la Franche-Comté étant de plus en proie à une farouche contre-réforme[8]. Ces prises de positon lui valurent donc des ennemis, comme le duc d'Albe, et certains s'autorisent de ses relations amicales avec les Bâlois pour le dénoncer comme hérétique au Parlement de Dole. Le pape Pie V en personne, ordonne son arrestation dans son bref du 8 juillet 1567[9]. Incarcéré la même année, il voit instruire son procès, mais il est traité avec beaucoup d'égards, celui ci ayant encore des amis et soutiens au sein du parlement. Ne parvenant pas à prendre une décision, le Parlement s'en débarrasse en remettant le prisonnier à son ancien élève, l'archevêque Claude de La Baume, le . L'archevêque préside alors lui-même le tribunal. La première audience a lieu le . Cependant, transféré de Dole à la prison de l’officialité de Besançon, Gilbert Cousin tombe malade, et meurt . Il est inhumé le lendemain dans l'église de Jussan-Mouthier.

Postérité et hommagesModifier

La renommée de Gilbert Cousin fut de son temps, assez étendue tant en France, qu'en Allemagne ou en Suisse et dans une moindre mesure en Angleterre et en Italie. Guy de Poligny, conseiller de Charles Quint dit de lui en 1545: "Gilbert Cousin a bien mérité et mérite encore tous les jours des Belles-Lettres, car il a préservé des injures du temps de bons auteurs qu'il a livrés aux impressions. Le premier parmi les bourguignons, il à osé mettre quelque chose à la lumière."[1]

Son portrait est gravé dans son Multifarii opera en 1562, et dans une scène des Effigies Erasmi où il est représenté en face de son maître.

Jean de La Fontaine était un admirateur de Gilbert Cousin dont le Narrationum Sylva lui inspira de nombreuses fables[10] comme Le trésor et les deux hommes[11]

Le sculpteur J.B. Maire lui consacre, en 1836, une médaille dans sa collection des personnalités comtoises.

Charles Quint voulant récompenser "la science sublime et la doctrine entière" de Gilbert ainsi que les services militaires de ses frères (plusieurs périrent à son service dont un contre la France), leur accorde par lettres patentes du , pour eux et leur descendance, le titre de Noble libre du Saint Empire[7].

Le collège et une rue de Nozeroy portent son nom.

GalerieModifier

PublicationsModifier

  • Oiketes sive de officio famulorum, 1535
  • Opuscula queadam, 1535, opuscule de théologie
  • Paraemirum sylloge, 1543, explications de 530 proverbes et adages grecs et latins
  • Syntaxeos, tabulae et prosodiae, 1543, ouvrage d'orthographe,d'étymologie et de syntaxe
  • Poematorium libri IV, 1546, recueil de poésies dédiées en partie à Érasme
  • Quaedam Opuscula perquam erudita & lepida, 1547, compilation d’œuvres diverses (Lire en ligne)
  • Description de la Franche-Comté, 1550, publié en 1863 (Gallica)
  • Orationes duae de Christi, 1551, Théologie
  • Sylva narrationum, 1552, recueil de fables ([1])
  • Généalogie de la famille de Nassau, 1552
  • Brevis ac dilucida Burgundiae superioris, quae Comitatus nomine censetur, descriptio, 1552 (Gallica)
  • Illustrations de Brevis ac dilucida Burgundiae superioris...1552, (Gallica)
  • Brevis ad modum totius Galliae descriptio per eudem,(Histoire de la Gaule), livre d'histoire, 1552
  • La Franche-Comté au milieu du XVIe siècle : ou, Description de la Haute-Bourgogne connue sous le nom de Comté, 1553, (trad. du latin par E. Monot en 1907)([2])
  • insignum medicinae sententiarum collectanea, 1554, ouvrage de médecine
  • Aucunes œuvres de Gilbert Cousin, de Nozereth : tresutiles à chacun : Nouvellement imprimées, 1561 (Lire en ligne) ([3])
  • Intellectus, 1561, traité théologique
  • De legali studio, Gilberti Cognati Nozereni epistolae : una ad Ioan. Metellum: altera ad Anatolium Frontinum, 1560 ([4])
  • Epistolae, 1560, recueil épistolaire

Notes et référencesModifier

  1. a b c et d Achille Chéreau, Description de la Franche-Comté par Gilbert Cousin, Lons le Saunier, Société d'émulation du Jura, , 144 p., Préface
  2. [https://www.editions-spm.fr/auteurs/article_pop.asp?no=6471&no_artiste=5768 « G�n�alogie de la famille Colin de Valoreille (16e-18e si�cles) »], sur www.editions-spm.fr (consulté le 17 août 2019)
  3. a b c et d Henri Bullinger, Slatkine, (lire en ligne)
  4. Pierre Bayle, Dictionaire historique et critique, P. Brunel, (lire en ligne)
  5. (la) Erasme, Lettre d’Érasme à Gilbert Cousin, Bâle,
  6. « UB Basel / Aucunes oeuvres de... [8] », sur www.e-rara.ch (consulté le 16 août 2019)
  7. a et b Société d'émulation du Jura, MEMOIRES DE LA SOCIÉTÉ D’ÉMULATION DU JURA - SIXIÈME SÉRIE QUATRIEME VOLUME - : LA FAMILLE COUSIN DE NOZEROY, SES LETTRES D’ANOBLISSEMENT, SES ALLIANCES, Lons le Saunier,
  8. Bernard Dompnier et Marie-Hélène Froeschlé-Chopard, Les religieux et leurs livres à l'époque moderne: actes du colloque de Marseille, EHESS, 2 et 3 avril 1997, Presses Univ Blaise Pascal, (ISBN 9782845161382, lire en ligne)
  9. Jean Pierre Niceron, Memoires pour servir a l'histoire des hommes illustres dans la république des lettres avec un catalogue raisonné de leurs ouvrages, Briasson, (lire en ligne)
  10. Océane says, « Origine des fables de Jean de la Fontaine », sur RuedesFables.net, (consulté le 11 août 2019)
  11. « fable Jean de La Fontaine : Le trésor et les deux hommes », sur www.la-fontaine-ch-thierry.net (consulté le 11 août 2019)

AnnexesModifier

BibliographieModifier

  • « Gilbert Cousin », dans Jean-Pierre Niceron, Mémoires pour servir à l'histoire des hommes illustres, chez Briasson, Paris, 1733, tome 24, p. 45-68 (lire en ligne)
  • Pierre-André Pidoux de La Maduère, Un Humaniste Comtois : Gilbert Cousin, chanoine de Nozeroy, secrétaire d'Erasme - 1506-1572, Slatkine Reprints, 1970;
  • Société d'émulation du Jura, Mémoires, 1889
  • Pierre-André Pidoux de La Maduère, Bibliographie historique des œuvres de Gilbert Cousin, 1912
  • La Franche-Comté au milieu du XVIe siècle: ou, Description de la Haute-Bourgogne connue sous le nom de Comté, 1907 (traduit du latin par E. Monot)
  • Pierre Bayle, Dictionnaire historique et critique, Volume 2, 1740 (Google books)
  • Louis de Berquin, La Complainte de la paix, 1525, 1978
  • Académie des inscriptions et belles-lettres, Gaston Paris, Institut de France, Journal des Savants, 1823
  • Desiderius Erasmus, La correspondance d'Erasme
  • Lucien Febvre, Un secrétaire d'Erasme, Gilbert Cousin, et la réforme en Franche-Comté, 1907
  • Henri Hugnon, Charles Hugon (1824-1886). Ses travaux sur Gilbert Cousin, ses strophes à "Nozeroy", 1922
  • « Cousin (Gilbert) », dans Pierre Larousse, Grand dictionnaire universel du XIXe siècle, 1863-1890, 15 vol. [détail des éditions].

Liens externesModifier

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