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Giannina Braschi

écrivaine portoricaine
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Giannina Braschi
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Giannina Braschi (née le à San Juan), est une poétesse et romancière portoricaine de renom qui écrit en anglais, espagnol et spanglish. Professeure d'espagnol, elle est l'auteure de cinq recueils de poésie et a reçu de nombreux prix.

BiographieModifier

Adolescente à San Juan, Giannina Braschi s’est classée première en 1966 au tournoi national de l’US Tennis Association à Porto Rico, devenant ainsi la plus jeune joueuse de tennis à remporter le prix de Women’s Division sur l’île. Son père, Euripides « Pilo » Braschi, était lui-aussi un champion de tennis. Elle a également été membre fondatrice de la chorale d’enfants de San Juan (« Coro de niños de San Juan »), sous la direction musicale d'Evy Lucio. Elle a été mannequin pendant son adolescence.

Dans les années 1970, Giannina Braschi a été étudiante en littérature à Madrid, Rome, Paris et Londres, avant de s’installer à New York en 1977. Elle a obtenu un doctorat Philosophiæ doctor ou PhD) en littératures hispaniques à l'université d'État de New York, (Stony Brook, 1980) et a enseigné à l'université Rutgers, à l'université de la ville de New York et à l'université de Colgate. Elle a été correspondante étrangère pour le magazine Grazie (2001-2002).

Dans les années 1980, les premiers écrits de Braschi étaient de nature savante et se concentraient sur les titans du Siècle d'or espagnol, ainsi que sur les poètes d’avant-garde d’Amérique latine et d’Espagne. Elle a publié un livre sur le poète romantique Gustavo Adolfo Becquer et des essais sur Cervantes, Garcilaso, César Vallejo, Juan Ramón Jiménez et Federico García Lorca. Plus tard, elle est obsédée par les œuvres damatiques et philosophiques d’auteurs français, allemands, polonais, irlandais et russes. Bien que catégorisées comme des romans, ses œuvres ultérieures de genre mixte sont expérimentales par le style et la forme et célèbrent des influences étrangères. Dans l’édition du 50e anniversaire de l’Evergreen Review, Braschi note qu’elle se considère « plus française que Beckett, Picasso et Gertrude Stein » et croit qu’elle est la « petite-fille d’Alfred Jarry et Antonin Artaud, l'enfant bâtard de Samuel Beckett et James Joyce, la demi-sœur de Heiner Müller, la proche parente de Tadeusz Kantor, et l'amante de Witkiewicz »[1].

Dans les années 1980, Giannina Braschi fait irruption sur la scène de la poésie « nuyoricaine » (scène portoricaine de New York) avec des spectacles d’expression orale (spoken word) d’intensité rythmique, pleins d’humour et de politique anti-impérialistes. Ses poèmes en prose ont été écrits, récités et publiés entièrement en espagnol au cours de cette période. Son premier recueil de poésie en prose espagnole, Asalto de tiempo, a été connu à Barcelone en 1980 et a été suivi par La Comedia profana en 1985 et El Imperio de los Sueños en 1988. New York est le site et le sujet d’une grande partie de son œuvre. Dans un épisode dramatique de « Pastoral; or the Inquisition of Memories » (« Pastorale; ou l’Inquisition des souvenirs »), des bergers envahissent la 5e avenue pendant la Parade du jour de Porto Rico et prennent le contrôle de la ville de New York; les bergers sonnent les cloches de la cathédrale Saint-Patrick et saisissent la plateforme d’observation de l’Empire State Building.

Dans les années 1990, Giannina Braschi a commencé à écrire des dialogues dramatiques en anglais, espagnol et spanglish[2].

Ground ZeroModifier

Giannina Braschi a assisté à l'effondrement des tours[réf. souhaitée] du World Trade Center en septembre 2001 à New York et écrit depuis un très long texte poétique et diabolique[réf. nécessaire] qui est en voie d'être terminé et publié[réf. souhaitée].

En 2011, Giannina Braschi débute en littérature avec United States of Banana. En 2012, The Economist a cité United States of Banana parmi les meilleures sources pour des déclarations audacieuses sur l’économie : « Les banques sont les temples d’Amérique. Celle-ci est une guerre sainte. Notre économie est notre religion ». United States of Banana prend comme un tremplin l’effondrement du World Trade Center, l’événement qui a arraché Braschi du quartier Battery Park, devenu célèbre car dans le voisinage de Ground Zero. Braschi écrit sur la mort de l’homme d’affaires, la fin de la démocratie et l’illusion que tous les gens sont nés égaux. « Révolutionnaire en tant que thème et forme en même temps, United States of Banana est une déclaration magnifiquement écrite de l’indépendance personnelle », déclara l'éditeur Barney Rosset (en) (1922-2012), ancien propriétaire de Grove Press et rédacteur en chef de Evergreen Review.

ŒuvresModifier

Ses œuvres explorent la politique impériale et celle de l’indépendance, tout en évoquant les épreuves et tribulations des immigrants latino-américain aux États-Unis[3] :

United States of BananaModifier

United States of Banana (2011) roman postcolonial, est son plus célèbre livre, sa première œuvre écrite entièrement en anglais; c’est un roman postmoderne dramatique qui décrit le changement des pouvoirs dans le monde après les attentats du 11 septembre 2001. Le roman est une critique poétique du capitalisme et de la censure corporative du 21e siècle. Les personnages principaux : Hamlet, Zarathustra, Giannina -l'auteure- et la statue de la Liberté prennent le ferry à partir du Ground Zero pour libérer Segismundo du cachot où son père, le roi des États-Unis de Banana, l'a séquestré il y a 100 ans[4].Comme caméos on voit des dirigeants de l’aile gauche de l’Amérique latine Fidel Castro, Raúl Castro, Hugo Chávez, Cristina Kirchner et Evo Morales.

  • (es) Estados Unidos de Banana, Madrid, AmazonCrossing, , 246 p. (ISBN 9781503934047)
  • (en) United States of Banana, AmazonCrossing, , 305 p. (ISBN 9781611090673)

Yo-Yo Boing!Modifier

Yo-Yo Boing! (AmazonCrossing) est écrit en spanglish, mélange d'anglais et d'espagnol. Il permet à un hispanophone ne connaissant que peu l'anglais et à un anglophone parlant l'espagnol de communiquer sans gros problèmes[5]. Pendant des décennies, les auteurs dominicains et portoricains ont mené une « révolution linguistique », a noté le The Boston Globe et « Giannina Braschi, surtout dans son roman YO-YO Boing!, en témoigne[5] ». Ce roman est expérimental par sa forme et radical dans son mépris des lois de l’anglais comme langue unique, des campagnes de nettoyage ethnique et de la censure corporative.

L'Empire des RêvesModifier

Trilogie de poésie post-moderne[6],[7] El imperio de los sueños/l'Empire des Rêves (1988),

  • (en) Empire of Dreams, Yale University Press, , 219 p. (ISBN 9780300057959)
  • (es) El imperio de los sueños, Barcelone, Anthropos Editorial del hombre,
  • (es) El imperio de los sueños, Rio Piedras, Editorial de la Universidad de Puerto Rico,

AutresModifier

  • (es) Libro de payasos y bufones, Milan, Grafica Uno, Giorgio Upiglio,
  • (es) La comedia profana, Anthropos Editorial del hombre, Barcelone, , 194 p. (ISBN 9788485887682)
  • (es) Asalto al tiempo, Barcelone, Ambitos Literarios,

Œuvres scientifiquesModifier

  • (es) Breve tratado del poeta artista', Cuadernos Hispanoamericanos, , chap. 433-36
  • (es) La gravedad de la armonía en ‘Soledades galerías y otros poemas’ de Machado, Plural,
  • (es) La poesía de Bécquer: El tiempo de los objetos o los espacios de la luz, Costa Amic, Mexico,
  • (es) La Metamorfosis del ingenio en la Égloga III de Garcilaso, Revista canadiense de estudios hispánicos,
  • (es) Cinco personajes fugaces en el camino de Don Quijote, Cuadernos Hispanoamericanos, , chap. 328

RéceptionModifier

Giannina Braschi, membre du National Endowment for the Arts, est considérée comme une voix influente et révolutionnaire dans la littérature latino-américaine contemporaine[8]. Son travail a été décrit comme une « fusion synergique qui marque de façon déterminante les expériences vécues par les hispaniques américains[9] ». Écrit en anglais, en spanglish et en espagnol, l’œuvre de Braschi cherche à saisir l’expérience culturelle des 50 millions d’hispaniques des États-Unis et cherche également à explorer les trois options politiques de Porto Rico : nation, colonie ou état dans une fédération. Sur le manque de souveraineté de l’île, Braschi a déclaré: « La liberté n’est pas une option – c’est un droit de l’homme. ».

Elle a remporté des prix et des bourses du National Endowment for the Arts, New York Foundation for the Arts, du Centre Américain du PEN international, de la Fondation Ford; et aussi de InterAmericas, Danforth Scholarship, Reed Foundation, El Diario, Rutgers University et Puerto Rican Institute for Culture. Après la publication de United States of Banana, le magazine CARAS a nommé Braschi “l’une des portoricaines les plus influentes en 2012”[10].

Alicia Ostriker, poétesse et savant féministe, a fait l’éloge de l’Empire of Dreams de Braschi, qui met en vedette le rôle du genre et le travestissement, pour son « énergie érotique absolue qui défie la définition et le dogme ». « Ces trois livres, qui ont gagné des prix, ont été publiés ensemble en tant que volume inaugural de la section Littérature du Monde en traduction de la bibliothèque de Yale »

PrixModifier

  • New York Foundation for the Arts Fellowship, 2010.
  • New York Foundation for the Arts Fellowship, 2000.
  • PEN American Center’s Open Book Awards, 1999.
  • el diario/La Prensa’s Outstanding Latina of 1999.
  • American Library Association’s 1999 Notable Book Award Nominee.
  • National Endowed Distinguished Chair at Colgate University, 1997.
  • Reed Foundation, Poetry Grant, 1997.
  • National Endowment for the Arts, Creative Writing Fellowship, 1995.
  • InterAmericas, Poetry Grant, 1994.
  • Puerto Rican Institute of Culture, Poetry Grant, 1994.
  • Painted Bride Art Center, Poetry Grant, 1989-90.
  • Instituto de Cultura Puertorriqueña, Travel Grant, 1988-89.
  • Rutgers University Minority Faculty Award, 1983.
  • Instituto de Cooperación Iberoamericana, Madrid, 1980.
  • Poetry Award, Instituto de Puerto Rico en New York, 1979.
  • Ford Foundation Fellowship, 1978-1980.
  • Danforth Scholarship, 1978-1980.

BibliographieModifier

  • Alicia Ostriker, Introduction to Giannina Braschi's "Empire of Dreams", New Haven, Yale University Press, .
  • Doris Sommer, Giannina Braschi's "Yo-Yo Boing!", Harvard University, .
  • Kristian Van Haesendonck, ¿Encanto o espanto? Identidad y nación en la novela puertorriqueña actual, Frankfort-Madrid, Vervuert-Iberoamericana, .
  • Ilan Stavans, Spanglish: The Making of a New American Language, Harper Collins, .
  • Willis Barnstone, Literatures of Asia, Africa and Latin America, Indiana University Prentice Hall, .
  • Isabelle de Courtivron, Lives in Translation: Bilingual Writers on Identity and Creativity, Palgrave McMillion, .
  • Laura R. Loustau, Cuerpos Errantes: Literatura Latina Y Latinoamericana En Estados Unidos, B. Viterbo Editora, (ISBN 978-950-845-118-7).
  • Yvonne Fuentes et Margaret R. Parker, Leading Ladies: Mujeres En La Literatura Hispana Y En Las Artes, Louisiana State University Press, .
  • Theo D'Haen, Cultural Identity and Postmodern Writing (Postmodern Studies 39), Amsterdam, Ediciones Redopi BV, .
  • Debra A. Castillo, Redreaming America: Toward a Bilingual American Culture, State University of New York, .
  • John King, The Cambridge Companion to Modern Latin American Culture, Cambridge Companions to Culture.
  • Gabriela Baeza Ventura, U.S. Latino Literature Today, University of Houston, (ISBN 978-0-321-19843-3).
  • Jaime Rodriguez Matos, Unmothered Americas: Poetry and universality, Digital Commons @ COLUMBIA UNIVERSITY, Dissertation, Faculty Advisor: Gustavo Perez-Firmat, .

Notes et référencesModifier

  1. Giannina Braschi, « The Evergreen Review's 50th Anniversary Edition », (www.evergreenreview.com,‎ .
  2. Ilan Stavans et Harold Augenbraum, Lengua Fresca.
  3. (en) Matthew Frye Jacobson, « American Studies Association President’s Overview: 2012 ASA Convention Archives », sur Johns Hopkins University Press, .
  4. (en) Madelena Gonzalez et Helene Laplace-Claverie, Minority Theater on the Global Stage, Cambridge Scholars Publishing, .
  5. a et b (en) Ilan Stavans, « Spanglish is everywhere now, which is no problema for some, but a pain in the cuello for purists », The Boston Globe,‎ .
  6. Carrion, Maria M., « La autora de Yo-Yo Boing!, Giannina Braschi, y la historiadora latinoamericana Arleen Diaz », University of Puerto Rico, . « Empire of Dreams, considered a postmodern classic ».
  7. « Escritora e historiadora visitan la isla »(ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?), ForoNoticioso.com, .
  8. (en) National Book Festival, Library of Congress,  :

    « Braschi: one of the most revolutionary voices in Latin America today »

    .
  9. (en) David Foster, « The Review of Contemporary Fiction », Review of Giannina Braschi's Yo-Yo Boing,‎ 1999..
  10. (en) Patricia de la Torre, « CARAS 2012: Los grandes protagonistas de Puerto Rico », TELEVISA,‎ december 2012 – february 2013.

AnnexesModifier