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Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Jousse.
Germain Jousse
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MonblancVoir et modifier les données sur Wikidata
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Germain Jousse, né le à Coulaines dans la Sarthe et mort le à Monblanc dans le Gers, est un militaire français. Résistant pendant la Seconde Guerre mondiale, il est Compagnon de la Libération et devient général de corps d'armée.

Sommaire

en 1914-18Modifier

En 1914 Germain Jousse entra dans une école d'aspirants. Promu sous-lieutenant en juin 1915, il occupa les fonctions de commandant de compagnie à partir du mois de juin 1916 et devint lieutenant en novembre de la même année. Blessé à Saint-Dié, le 1er octobre 1917, il rejoignit son unité après un mois d'hospitalisation et après avoir refusé toute convalescence. Promu capitaine en avril 1918, il fut décoré de la Légion d'honneur sur le champ de bataille en septembre 1918, pour avoir enlevé la position de Celles-sur-Aisne, anéanti une compagnie ennemie et capturé de nombreux prisonniers.

Carrière militaire entre les deux guerresModifier

En 1919, il fut envoyé, avec le 412e RI, en Turquie pour combattre les Kémalistes. Blessé le 1er mai 1921, il fut fait prisonnier après de durs combats et ne rentra en France qu'en 1922. Il fut admis en 1925 à l'École supérieure de guerre, et servit ensuite à Alger. En 1935, il fut promu chef de bataillon puis muté, l'année suivante, au 9e Régiment de Zouaves en Kabylie jusqu'en 1938. Il rejoignit, en août 1939, son poste de mobilisation comme chef du 3e Bureau de l'État-major du Commandant en chef du Théâtre d'opérations de l'Afrique du Nord. En juin 1940, il proposa vainement au Haut commandement diverses solutions pour la poursuite de la lutte contre l'Allemagne, qu’il jugeait possible en Afrique du Nord, puis fut muté à l'État-major du 19e Corps d'Armée d'Alger comme chef du 3e Bureau.

L'entrée dans la RésistanceModifier

Au printemps 1941, refusant toujours la défaite, il participa secrètement à l'établissement d'un plan d'intervention allié en Afrique du Nord, avec quelques camarades des entourages de Weygand et de Pétain, comme le capitaine Beaufre et les commandants Dartois et Loustaunau-Lacau, qui, dénoncés, furent arrêtés et condamnés. Il échappa de peu au même sort.

Promu au grade de lieutenant-colonel en septembre 1941, il n'en continua pas moins de travailler pour la Résistance en établissant des notes évaluant les bases techniques d'un futur débarquement allié en Afrique du Nord. En janvier 1942, il devient conseiller militaire du groupe des résistants d'Alger dirigés par Henri d'Astier de la Vigerie et José Aboulker.

En disgrâce, il fut chargé, à partir de mars 1942, de régler les transports de ravitaillement à destination de l'armée Rommel, conformément aux accords passés par la délégation générale de Weygand et l’Allemagne (Contrat Dankworth). Il en profita pour fournir des renseignements aux services alliés tout en s'efforçant de ralentir et d'entraver les transports terrestres à destination de l’Afrika Korps.

La contribution au succès du putsch du 8 novembre 1942 et de l'opération TorchModifier

À partir de juin 1942, nommé major de Garnison à Alger, le colonel Jousse prépara activement l'insurrection d'Alger, faisant stocker des armes et contribuant à la détermination des points à occuper. Il participa à l'exécution elle-même du putsch du 8 novembre 1942, en retournant contre les vichystes le "plan de maintien de l’ordre" destiné à s’opposer à tout débarquement (Plan M.O.). Ainsi facilita-t-il l’occupation des points stratégiques par les résistants en leur fournissant les brassards « VP » (« volontaires de Place ») avec cachets du Commandant de Place destinés aux militants collaborationnistes, et les ordres de mission nécessaires pour relever les postes de garde. Il procéda personnellement à l'arrestation du général Koeltz, commandant le corps d'armée d'Alger, et se porta sur la ligne de combat pour faire cesser le feu d'un bataillon qui couvrait les faubourgs d'Alger en direction de Sidi Ferruch où avait débarqué le gros des troupes américaines. C’est grâce au succès de ce putsch, qui permit à 400 civils mal armés d’arrêter le général Juin, commandant en chef, ainsi que l’amiral collaborationniste Darlan, et de paralyser la mobilisation du XIXe Corps d’Armée vichyste pendant 15 heures, que les forces alliées purent, débarquer sans opposition, encercler Alger, et en obtenir la capitulation le soir même, avec son port intact.

La fin de guerre de Germain JousseModifier

Le colonel Jousse prit part ensuite à la campagne de Tunisie au sein de l'État-major britannique de novembre 1942 à mars 1943. Il fut nommé en avril chef d'État-major du général Catroux à Alger. Promu ensuite colonel, il devint sous-chef de l'État-major du général de Gaulle à Alger. Il fut ensuite affecté à la Direction générale des études et recherche (DGÉR) où il prit la direction du service de la Documentation. En 1944, il reçut ses étoiles de général de brigade, puis fut promu général de division en 1946.

Carrière après la guerreModifier

Germain Jousse commanda par la suite la 5° Région Militaire à Toulouse, et, en juillet 1952, fut promu au grade de général de Corps d'Armée. Il fut, d'autre part, le premier président de l'Association de la Libération Française du 8 novembre 1942.

Il est décédé le 21 mars 1988 à Monblanc dans le Gers. Il a été inhumé au Mans dans la Sarthe.

Ses décorations ont été les suivantes :

  • Compagnon de la Libération (Membre du Conseil de l’Ordre)
  • Grand Croix de la Légion d'honneur
  • Croix de Guerre 14/18 (9 citations)
  • Croix de Guerre 39/45 (1 citation)
  • Croix de Guerre des TOE (1 citation).

Le général Jousse a également publié deux ouvrages :

  • Considérations sur l'Armée de demain, Paris 1946
  • L'Armée Nationale, Paris 1947

Liens externesModifier