Ouvrir le menu principal

Georges Lefranc

personnalité politique française
Page d'aide sur l'homonymie Pour les personnes ayant le même patronyme, voir Lefranc.
Georges Lefranc
une illustration sous licence libre serait bienvenue
Biographie
Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 80 ans)
Nationalité
Activités
Autres informations
Parti politique
Membre de
Distinction

Georges Lefranc, né le au Mesnil-Rouxelin (Manche), mort le à La Verrière (Yvelines), est un historien français du XXe siècle.

Auteur de nombreux ouvrages, il était devenu un spécialiste apprécié[1] du socialisme et du syndicalisme, deux thèmes qu'il connaissait pour les avoir expérimentés en tant que militant.

Quelques points biographiquesModifier

Cursus universitaireModifier

Issu d'une famille d'enseignants[2] il passe avec succès le concours d'entrée à l'École normale supérieure en 1924. Il est classé en seconde position d'une promotion qui comprenait Raymond Aron, Jean-Paul Sartre[3], etc. Il en sort en 1928, agrégé d'histoire. En 1929, il part à Genève pour enseigner à l'École internationale. De retour en France en 1931, Lefranc devient professeur d'histoire-géographie dans divers lycées de province puis à Paris. Il est admis à la retraite en 1970. Toutefois ce cursus possède une béance entre 1944 et 1951. Il fut en effet exclu de l'enseignement pour avoir participé à des organes de presse de la collaboration, en particulier au journal L'Œuvre. C'est à partir de 1946, d'abord sous un pseudonyme, puis sous son nom, qu'il commence une carrière parallèle d'historien, dont les travaux sont nourris par ses recherches documentaires et par sa propre expérience de militant socialiste et syndical.

Socialisme et syndicalismeModifier

Dès son entrée à l'ENS il organise un cercle d'étudiants socialistes, très influent parmi les étudiants selon le témoignage de Jean Bruhat[4] qui devient en 1927, élargi à Paris, le Groupe d'études socialistes. Ce groupe d'études est à la source d'un courant au sein du Parti socialiste SFIO, qui préconise le planisme. Georges Lefranc continue de militer à la SFIO à la sortie de l'ENS, mais c'est sur un terrain syndical peu défriché avant lui qu'il s'implique le plus fortement. Adhérent à la Fédération CGT de l'enseignement, il participe à l'essor de l'Institut supérieur ouvrier, puis à la création du Centre confédéral d'éducation ouvrière, à partir de 1933. Il en est le premier directeur permanent jusqu'en 1936. Violemment anticommuniste[5], il se rallie au sein de la CGT à l'équipe constituée autour de René Belin et de son journal Syndicats. En septembre 1938, il figure parmi les signataires d'une pétition initiée par Delmas, leader du courant pacifiste de la centrale syndicale et titrée Nous ne voulons pas de guerre. Couverte en peu de jours de 150 000 signatures, elle participe de l'état de l'opinion française au moment des Accords de Munich[6]. Puis il approuve la Charte du travail, la dissolution des syndicats.

La zone sombre 1940-1944Modifier

Durant la Seconde Guerre mondiale, il fut proche de René Belin, cet ami de la LICA (ancienne LICRA) qui cosigna le Statut des juifs en octobre 1940. Il travailla avec Ludovic Zoretti (un des membres de la direction du Rassemblement national populaire, parti collaborationniste français fondé par Marcel Déat).

Arrêté le , il est condamné à 5 ans d’indignité nationale par la Chambre civique le et révoqué de l’enseignement le [7]. Il est gracié par Vincent Auriol en 1948 et retrouve l'enseignement en 1951[8].

La documentation qui appuie ses travaux sur le Front populaire, le travail ou encore le syndicalisme, et la connaissance que Lefranc avait de ces sujets, font encore de ses ouvrages des travaux de référence.

Notes et référencesModifier

  1. Cf. notice "Georges Lefranc", dans Christian Amalvi : Dictionnaire biographique des historiens français et francophones, de Grégoire de Tours à Georges Duby, éditions Bibliothèque de l'Histoire, 2004, (ISBN 978-2910828325) p. 187-188.
  2. Jean Maitron, « Georges Lefranc » in Dictionnaire biographique du mouvement ouvrier français, volume 34, les Éditions ouvrières, p. 139-142.
  3. Selon Jean Maitron. Bizarrement celui-ci oublie Paul Nizan. Cf. Pascal Ory, Nizan destin d'une révolté, Paris, Ramsay, 1980.
  4. Jean Bruhat, de la promotion 1925, cite le nom de Georges Lefranc dans son ouvrage autobiographique Il n'est jamais trop tard, Paris, Albin Michel, 1983, p. 40-41.
  5. « Georges Lefranc » in Jacques Julliard & Michel Winnock, Dictionnaire des intellectuels français, Paris, Le Seuil, 1996, (ISBN 978-2020183345) p. 696-697.
  6. Jean-François Sirinelli, Intellectuels et passions françaises : manifestes et pétitions au XXe siècle, Paris, Gallimard, coll. « folio histoire », (ISBN 9782070329199), p. 195-197. Voir également, Christophe Prochasson, Les intellectuels, le socialisme et la guerre, Paris, Le Seuil, coll. « L'Univers historique », 1993, (ISBN 978-2020129862), p. 230.
  7. La courte notice biographique qui le présente dans chacun de ses ouvrages lui applique la "censure purificatrice" que discerne Simon Epstein dans son ouvrage Un paradoxe français. Antiracistes dans la Collaboration, antisémites dans la Résistance Paris, Albin Michel, coll. « Bibliothèque Histoire », 2008, p. 302
  8. Vincent Chambarlhac, « Georges Lefranc ou la construction d’une position historiographique », Recherche socialiste n° 37,‎ (lire en ligne)

Œuvres de Georges LefrancModifier

  • Le rôle de l’État dans la construction des premiers chemins de fer (1823-1842), Diplôme d'études supérieures, Paris, ENS, 1926.
  • Le Mouvement socialiste sous la Troisième République, 1875-1940, Paris, Payot, coll. « Bibliothèque historique », , 445 p. (présentation en ligne)
    Nouvelle édition revue et augmentée : Le Mouvement socialiste sous la Troisième République, vol. 1 et 2, Paris, Payot, coll. « Petite bibliothèque Payot » (no 307-308), , 479 p. (ISBN 2-228-33070-1, présentation en ligne).
  • Le mouvement syndical en France sous la troisième république, Paris, Payot, 1968, 454 p.
  • Le mouvement syndical, de la Libération aux événements de mai-juin, Paris, Payot, 1969, 312 p.
  • Histoire du Front populaire, Paris, Payot, 1965.
  • Juin 36, l'explosion sociale du Front populaire, Paris, Julliard, coll. « Archives », 1966.
  • Le syndicalisme en France, Paris, Presses universitaires de France, coll. « Que sais-je ?» 1966.
  • Le syndicalisme dans le monde, Paris, PUF, coll. « Que sais-je ?», 1966
  • Essais sur les problèmes socialistes et syndicaux, Paris, Payot, 1970.
  • Grèves d'hier et d'aujourd'hui, Paris, Aubier-Montaigne, 1970.
  • Histoire du travail et des travailleurs, Paris, Flammarion, 1970.

Liens externesModifier