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Georges Barré

officier général français, commandant en chef des forces françaises en Tunisie en 1942-1943
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Officier général francais 4 etoiles.svg Georges Barré
Georges Edmond Lucien Barré
Georges Barré
Georges VI rencontre G. Barré en Tunisie (juin 1943)

Naissance 26 novembre 1886
Saint-Aignan
Décès 22 janvier 1970 (à 83 ans)
Paris
Allégeance Drapeau de la France France
Grade Général de corps d'armée
Années de service 1912-1945
Conflits Première Guerre mondiale
Seconde Guerre mondiale
Distinctions Commandeur de la Légion d'honneur Commandeur de la Légion d'honneur

Croix de guerre 1914-1918 Croix de guerre 1914-1918
Croix de guerre 1939-1945 Croix de guerre 1939-1945
Croix de guerre des Théâtres d'opérations extérieurs Croix de guerre des Théâtres d'opérations extérieurs
Legion of Merit.

Georges Barré est un général français du XXe siècle (1886-1970). Effectuant presque toute sa carrière dans l’armée d'Afrique, il sert au cours des deux guerres mondiales et atteint en 1943 le grade de général de corps d'armée[1]. Il fut le plus jeune général de corps d'armée de France.

Sommaire

BiographieModifier

Georges Barré naît en 1886 dans un milieu catholique secoué par le boulangisme, l'affaire Dreyfus et la séparation de l'Église et de l'État[2]. Son cousin, Pierre-Hugues Barré, rédige par ailleurs une thèse de doctorat en droit dont le sujet est la loi du 9 décembre 1905 portant séparation des Églises et de l'État.

Il est le premier général de l'armée d'armistice à avoir repris la lutte contre l'ennemi et le seul deux fois cité à l'ordre de l'armée au cours de sa carrière.

En 1950, il publie sur la campagne de Tunisie des mémoires aux éditions Berger-Levrault intitulés Tunisie, 1942-1943[3].

Georges Barré décède à l’hôpital militaire du Val-de-Grâce le 22 janvier 1970. Il est enterré à Meaux aux côtés de sa femme[4].

PrésentationModifier

En 1912, Barré sert comme lieutenant au 4e régiment de tirailleurs tunisiens[5]. Au début de la Première Guerre mondiale, Georges Barré est promu capitaine au 8e régiment de tirailleurs tunisiens ; en 1916, il commande une compagnie du 1er régiment de tirailleurs algériens.

Promu colonel en , il prend alors le commandement du 5e régiment de tirailleurs marocains, qu’il conserve jusqu’en [5]. Après avoir obtenu un brevet d'état-major, Barré est nommé en chef de l'état-major du 19e corps d'armée, unité qui regroupe alors les divisions algériennes de l'armée d'Afrique ; après un mois seulement à ce poste, il est nommé à la tête de l'état-major du Sud tunisien au début de la « drôle de guerre[1] ».

Promu général de brigade en mars 1940[1], il participe aux opérations de la campagne de France à la tête de la 7e division d'infanterie nord-africaine, qu’il commande jusqu’à l’armistice du 22 juin 1940.

Après l'armistice de juin 1940, Barré dirigea la délégation française à la commission de démilitarisation italienne sur la frontière libyenne. Le 2 janvier 1942, âgé de 55 ans, Georges Barré devint le plus haut commandant militaire en Tunisie[6].

Il a négocié l'armistice avec les Italiens avant de rejoindre Alger en tant que chef d'état-major fin 1940[7].

Maintenu en activité au sein de l’armée d’armistice, Georges Barré est commandant militaire du département de la Dordogne en juillet et août 1940 avant de diriger, en septembre et octobre, la délégation française à la sous-commission italienne d’armistice pour la démilitarisation des confins libyques. Nommé en novembre chef d’état-major de la 19e région militaire qui comprend les départements d’Alger, d’Oran et de Constantine, il reste à ce poste jusqu’au début de 1942. Commandant supérieur des troupes françaises de Tunisie, il est placé directement sous les ordres du général Juin à Alger[8].

Pour succéder au général de Lattre de Tassigny, rappelé en métropole à la demande des occupants, Vichy promeut Barré au grade de général de division avant de le nommer commandant supérieur des troupes de Tunisie le 7 février 1942, poste qu’il occupe lors du débarquement anglo-américain en Afrique du Nord en novembre. En raison de son ralliement aux Alliés, le régime de Vichy le déchoit de sa nationalité française, une décision annulée par le Comité français de Libération nationale en avril 1943. Sous le commandement du général Juin, il s’oppose avec ses troupes aux Allemands lors des opérations de la campagne de Tunisie (novembre 1942 - mai 1943), au cours de laquelle il atteint le grade de général de corps d'armée.

Premier général de l'armée d'armistice à avoir repris la lutte contre l'ennemi, sa quatrième étoile, reçue en pleine campagne de Tunisie, fait de Barré le plus jeune général de corps d'armée de France et le seul deux fois cité à l'ordre de l'armée au cours de sa carrière, par le général Weygand le et par le général Juin le .

Sous les ordres de Barré, les troupes françaises, qui compte à peine 10 000 hommes, parviennent à couvrir la frontière algérienne en retardant l'avancée de l'ennemi. Barré attendait l’appui des Anglo-américains et des forces françaises venues du Maroc et d’Algérie[9].

Placé en deuxième section (à la disposition des autorités) en août 1943, il est admis à la retraite en novembre 1945.

L'opinion de ses supérieursModifier

L'opinion de ses supérieurs est sans équivoque :

« Ces résultats [la bataille de la Marne] obtenus de septembre 1914 à octobre 1915 sont dus uniquement aux brillantes qualités de son chef, le capitaine Barré, officier de haute valeur qui n'a mérité que des éloges », d'après le colonel Carron, ex-commandant du 4e bataillon du 8e Tirailleurs le .

« Jeune officier doué d'excellentes qualités : sérieux, travailleur, intelligent, esprit clair », d'après le colonel Belhague, commandant en second de l’école supérieure de Guerre ().

« Le capitaine Barré est un officier aussi distingué au moral qu'au physique. Très brillant, d'un caractère droit et sympathique, montrant de la fermeté et de la décision, personnalité marquée, intelligent, cultivé, travailleur d'un tempérament militaire et fanatique de sa carrière (...) En résumé officier parfait, très complet », d'après le colonel du 8e régiment de hussards.

« J'ai rencontré le général Barré pour la première fois à Tunis, en février 1942, lorsque succédant au général de Lattre de Tassigny, il venait prendre ses fonctions de commandant Supérieur des Troupes de Tunisie. Svelte, se tenant très droit, l'aspect jeune malgré ses cheveux blanc coupés en brosse, il en imposait d'emblée sans faire appel aux attitudes théâtrales auxquelles nous avait habitué son prédécesseur. Comme celui-ci, pourtant, il attachait une grande importance, non seulement au fond, mais à la présentation, à la forme de tout document sortant de son Etat-Major. Sa haute culture, son style élégant, le sérieux de son propre travail lui permettait de se montrer exigeant dans ce domaine. Lorsque je l'ai mieux connu, j'ai surtout apprécié ses qualités morales. Sa droiture, sa loyauté, son sens du devoir et de la discipline », d'après le colonel Duffas.

Notes et référencesModifier

  1. a b et c (en) « Biography of Lieutenant-General Georges-Edmond-Lucien Barré (1886 - 1970), France »
  2. Dessaigne 1992, p. 13
  3. Georges Barré, Tunisie, 1942-1943, Nancy, (notice BnF no FRBNF31765427), p. 322
  4. « Sépultures communales individuelles de militaires de toutes époques et de morts pour la France » (consulté le 9 juillet 2014)
  5. a et b « LE CALVADOS - Compagnie Générale Transatlantique » (consulté le 1er août 2014)
  6. (en) 1886 Saint-Aignan Born November 26 et 1970 (aged 83) Paris Died January 22, « Georges Barre », sur prabook.com (consulté le 30 mars 2019)
  7. Philippe Valode, Le destin des hommes de Pétain, Nouveau Monde éditions (lire en ligne)
  8. Robert O.Paxton, L'Armée de Vichy. Le corps des officiers français, Tallandier, p. La Tunisie
  9. Jacques Favreau, La campagne de Tunisie. Le retour de la France au combat (1942-1943), Economica, , p. 182

AnnexesModifier