Gego

sculptrice vénézuélienne

Gertrud Louise Goldschmidt (née le et décédée le 17 septembre 1994), connue sous le nom de Gego, est une artiste vénézuélienne. Elle est connue pour ses sculptures géométriques et cinétiques réalisées dans les années 1960 et 1970, qu'elle qualifie de « dessins sans papier. »

Gego
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Biographie
Naissance
Décès
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CaracasVoir et modifier les données sur Wikidata
Nom de naissance
Gertrud GoldschmidtVoir et modifier les données sur Wikidata
Pseudonyme
GegoVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalités
Domiciles
Formation
Activités
Autres informations
A travaillé pour
Religion

JeunesseModifier

Gertrud Goldschmidt naît le 1er août 1912 à Hambourg, en Allemagne, dans une famille juive[1]. Elle est la sixième des sept enfants d'Eduard Martin Goldschmidt et d'Elizabeth Hanne Adeline Dehn[2]. Elle est aussi la nièce de l'historien d'art médiéval Adolph Goldschmidt, qui est enseignant à l'université de Berlin.

Après la prise du pouvoir par les nazis, sa citoyenneté allemande est annulée en 1935[3]. Forcée de quitter l'Allemagne, sa famille déménage au Venezuela en 1939 et Gego obtient la citoyenneté vénézuélienne en 1952[4],[1].

Dans ses écrits, Reflection on my origins and encounters in life, Gego explique comment sa famille s'est identifiée à la société allemande. Elle décrit en détail son parcours scolaire et son départ d'Allemagne[5].

Formation et enseignementModifier

Gego fréquente l'université de Stuttgart[6] en 1932, où elle suit les cours de l'artiste de maçonnerie populaire Paul Bonatz. En 1938, elle obtient un diplôme d'architecture et d'ingénierie[7].

Après avoir déménagé à Caracas, au Venezuela, elle enseigne à la faculté d'Architecture et d'Urbanisme de l'université centrale du Venezuela entre 1958 et 1967[2]. Entre 1964 et 1977, elle est professeure au Neumann Institute of Design de Caracas. Elle enseigne la forme bidimensionnelle et tridimensionnelle et les solutions spatiales et publie deux articles en 1971 et 1977[7].

Carrière artistiqueModifier

DébutsModifier

 
Gego, Sphere, 1959

Gego commence sa carrière comme architecte. Elle expose ses premières aquarelles, collages et monotypes en 1954 et expérimente la création d'objets tridimensionnels dès 1956[8]. Elle réalise sa première sculpture connue en 1957.

LigneModifier

De l'art cinétique, Gego incorpore les idées de mouvement ainsi que l'importance de l'expérimentation et du spectateur. L'une de ses premières œuvres, Esfera (Sphère) (1959), se compose de laiton soudé et d'acier peint de différentes largeurs qui sont placés à des angles différents les uns par rapport aux autres afin de créer des lignes et des champs qui se chevauchent. Lorsque le public se promène dans la sphère, la relation visuelle entre les lignes change, créant une impression de mouvement. Esfera fait écho au travail de célèbres artistes cinétiques comme Carlos Cruz-Diez et Jesús-Rafael Soto. Ce n'est qu'au milieu des années 1960 que Gego s'écarte du concept de base de l'art cinétique en réponse à ses idées en développement sur les lignes. Pour elle, une ligne habite son propre espace et, en tant que telle, elle n'est pas une composante d'une œuvre plus grande, mais plutôt une œuvre en soi. Par conséquent, dans ses œuvres d'art, elle n'a pas utilisé de ligne pour représenter une image; la ligne est l'image[9].

La force ou le but de la ligne a été renforcée par son utilisation de différents matériaux, tels que l'acier, le fil, le plomb, le nylon et divers métaux. En plus de se rapporter à son intérêt pour l'architecture, ces matériaux contredisaient également le nouveau mouvement moderniste en Amérique latine. Gego utilise non seulement ces matériaux pour créer des lignes dans ses sculptures massives, mais aussi dans sa série intitulée Dibujos Sin Papel (Dessins sans papier). Ces petites œuvres sont créées à partir de morceaux de métal qui ont été pliés et tissés ensemble afin d'évoquer le mouvement, l'expérimentation et la spontanéité[10].

À Los Angeles à la fin des années 1960, Gego réalise une série de lithographies, pour la plupart intitulées Sans titre à l'exception d'un livre de dix pages intitulé Lines en 1966. Ce livre regorge de lithographies réalisées en gris et en rouge. Les variations d'épaisseur, de longueur et de direction des lignes démontrent l'instabilité fondamentale de la ligne. En expérimentant la ligne dans un support différent, Gego souligne que la notion de « ligne » conserve sa force et son indépendance quelle que soit son emplacement ou sa forme spécifique.

EspaceModifier

L'idée d'une série d'œuvres d'art qui s'intitulerait « Drawings Without Paper[11] » se reflète sur la vision de l'espace de Gego. Elle considère l'espace comme sa propre forme; comme si son œuvre occupait l'œuvre d'art de la pièce elle-même. Elle joue avec l'idée des éléments stables et instables de l'art[9]. Les éléments stables de l'art sont la sculpture elle-même, tandis que les éléments instables se composent des ombres en constante évolution et du léger mouvement dans sa conception en raison de la fragilité de ses matériaux.

LithographieModifier

À l'invitation de June Wayne, Gego visite l'atelier de lithographie de Tamarind à Los Angeles (maintenant Tamarind Institute) en 1963 et revient y travailler de novembre à décembre 1966, période pendant laquelle elle crée 31 lithographies, dont deux livres de lithographies.

Gego explique son intérêt à utiliser des formats non traditionnels dans sa gravure dans un discours fait à Tamarind en 1966: « Je pense que des séries de feuilles au sens cohérent doivent être rassemblées de manière à pouvoir être facilement appréciées afin que je fasse des livres[12]. »

Comme dans ses installations tridimensionnelles, Gego emploie la gravure comme mode d'expérimentation linéaire. L'artiste utilise la ligne, et ses variations infinies, pour explorer l'espace négatif, ou ce qu'elle appelle, le « rien entre les lignes ». Lors d'une réception en 1966, elle expliqua: « J'ai découvert que parfois les lignes intermédiaires sont aussi importantes que les lignes en elles-mêmes[12]. »

ReticuláreaModifier

 
Gego, Reticulárea

Sa série de Reticuláreas est sans aucun doute son groupe d'œuvres le plus connu[13]. Sa première série voit le jour en 1969. Des morceaux d'aluminium et d'acier sont réunis pour créer un entrelacement de filets et de toiles qui remplit toute la pièce lorsqu'ils sont exposés. Son utilisation de la répétition et de la superposition dans la structure massive fait que la pièce semble sans fin.

Depuis sa mort, la collection permanente de Reticuláreas se trouve dans la Galería de Arte Nacional à Caracas au Venezuela[10].

HéritageModifier

Gego meurt le 17 septembre 1994 à Caracas[4]. En 1994, sa famille fonde la Fundación Gego pour préserver son héritage artistique. L'institution organise des expositions continues de ses œuvres et fait connaître la contribution significative de Gego au monde de l'art[14]. La Fundación Gego donne la permission de publier les écrits personnels et les témoignages de Gego en 2005[15].

Vie privéeModifier

En 1940, Gego rencontre l'urbaniste vénézuélien Ernst Gunz dans le cabinet d'architectes où elle travaille[2]. Ils se marient en octobre 1940 et ouvrent un atelier de meubles appelé « Gunz » où Gego conçoit des lampes et des meubles en bois. Le couple a deux enfants : Tomás (né en 1942) et Barbara (née en 1944) Gego ferme l'entreprise Gunz en 1944 afin de passer plus de temps avec ses enfants. En 1948, elle revient à la conception de maisons privées, de boîtes de nuit et de restaurants.

En 1951, elle se sépare de Gunz et rencontre l'artiste et graphiste Gerd Leufert en 1952[2].

Expositions (sélection)Modifier

Expositions personnelles
  • 1958 : Gego: Sculptures and Gouaches, Liberia Cruz del Sur, Caracas, 9-24 mai
  • 1964 : Lines and interlines: Engravings and Drawings by Gego, Museo de Bellas Artes, Caracas, 2-16 février
  • 1967 : Gego: Sculptures. 1957-1967, Biblioteca Luis Angel Arango, Bogota, 8-30 juin
  • 1969 : Reticulárea, Museo de Bellas Artes, Caracas, juin-juillet
  • 1970 : Gego Drawings, The Graphic Gallery, San Francisco, 1er-17 mai
  • 1982 : Aquarelles de Gego, Galería de Arte Nacional, Caracas, 4 juillet-8 août
  • 1984 : Gego: Drawings without Paper,, Museo de Bellas Artes, Caracas, juin-août
  • 1996 : Gego: Drawings, Engravings, Weavings, Centro Cultural Consolidado, Caracas, septembre-novembre
  • 2000-2001 - Gego: 1955-1990, Museo de Bellas Artes, Caracas, octobre-mars
  • 2002-2003 : Questioning the Line: Gego, a Selection, 1955-1990, Museum of Fine Arts, Houston[16]
  • 2007 : Gego: Between Transparency and the Invisible, The Drawing Center, New York, 21 avril-21 juillet
  • 2014 : Gego: Line as Object, Henry Moore Institute, Leeds, 21 juillet-19 octobre[17]
  • 2017 : Between the Lines: Gego as Printmaker , musée Amon Carter, Fort Worth, 7 février-6 août[18]
Expositions de groupe (sélection)
  • 1954 : XV Salón Oficial Anual de Arte Venezolano, Museo de Bellas Artes, Caracas
  • 1959 : Pintura y escultura de profesores de la Faculdad de Arquitectura, Universidad Central de Venezuela, Caracas
  • 1963 : Pintura geométrica venezolana 1950–1960, Galería de Arte del INCIBA, Caracas
  • 1964 : One Hundred Contemporary Prints – Pratt Graphic Art Center, Jewish Museum, New York
  • 1967: Recent Latin American Art, The Museum of Modern Art, New York
  • 1976 : Las artes plásticas en Venezuela, Museo de Bellas Artes, Caracas
  • 1988-1990 : The Latin Spirit. Art and Artists in the United States 1920–1970, The Bronx Museum of Art, New York
  • 1999 : The Experimental Exercise of Freedom. Lygia Clark, Gego, Mathias Goeritz, Hélio Oiticica and Mira Schendel, The Museum of Contemporary Art, Los Angeles
  • 2000 : Force Fields. Phases of the Kinetic, Hayward Gallery, Londres
  • 2000 : HHeterotopías. Medio siglo sin lugar 1918–1968, Museo Nacional Centro de Arte Reina Sofía, Madrid[19]
  • 2016 : Revolution in the Making: Abstract Sculpture by Women, 1947-2016, Hauser, Wirth & Schimmel, Los Angeles

Voir égalementModifier

BibliographieModifier

  • (en) Gego, Peter Weibel, Nadja Rottner et Ursula Blickle Stiftung, Gego 1957-1988: Thinking the Line, Hatje Cantz, (ISBN 978-3-7757-1787-8, lire en ligne)
  • (en) Mari Carmen Ramírez et Melina Kervandjian, Desenredando la Red: La Reticulárea de Gego, Museum Fine Arts, Houston, (ISBN 978-0-300-16613-2, lire en ligne)
  • (es) Mari Carmen Ramírez-García, Gego, Mari Carmen Ramírez et Malba (Argentine) Colección Costantini, Gego: between transparency and the invisible, Houston Museum of Art, (ISBN 978-0-300-11634-2, lire en ligne)

RéférencesModifier

  1. a et b (en-US) « Gego », sur Lévy Gorvy (consulté le )
  2. a b c et d (en) Fattal, Laura, « Gertrude/Gego Goldschmidt. », Jewish Women: A Comprehensive Historical Encyclopedia, Jewish Women's Archive,‎ (lire en ligne) Erreur de référence : Balise <ref> incorrecte : le nom « JWA » est défini plusieurs fois avec des contenus différents. Erreur de référence : Balise <ref> incorrecte : le nom « JWA » est défini plusieurs fois avec des contenus différents. Erreur de référence : Balise <ref> incorrecte : le nom « JWA » est défini plusieurs fois avec des contenus différents.
  3. (en) Rottner, Nadja, Gego 1957-1988 Thinking the Line, Hatje Cantz, (ISBN 978-3-7757-1787-8), p. 59
  4. (en) Gego, Sabiduras and Other Texts by Gego, Caracas, éd. Maria E. Huizi, (ISBN 978-0-300-11163-7)
  5. (en) Phaidon Editors, Great women artists, Phaidon Press, (ISBN 978-0714878775), p. 149
  6. a et b Amor, Monica. Another Geometry: Gego's Reticulárea, 1969-1982", octobre, Issue 113 (2005): 101-30, 25. Erreur de référence : Balise <ref> incorrecte : le nom « Amor » est défini plusieurs fois avec des contenus différents.
  7. (en) GEGO: Line As Object, Germany, Hatje Cantz Verlag, (ISBN 978-3-7757-3740-1), p. 161
  8. a et b (en) Gego, Questioning the Line: Gego in Context, Houston, éd. Mari Carmen Ramirez, (ISBN 0-89090-119-8) Erreur de référence : Balise <ref> incorrecte : le nom « Mari Carmen Ramirez » est défini plusieurs fois avec des contenus différents.
  9. a et b (en) Lygia Clark, Gego, Mathias Goeritz, Helio Oiticica, Mira Schendel, The Experimental Exercise of Freedom, Cantz, ed. Susan Martin, (ISBN 978-0-914357-64-3) Erreur de référence : Balise <ref> incorrecte : le nom « Susan Martin » est défini plusieurs fois avec des contenus différents.
  10. Cotter, Holland."Off the Page and in the Air, Drawing Transformed", The New York Times, consulté le 11 novembre 2018.
  11. a et b (en-US) Documents, « ICAA Documents > THE ARCHIVE > Full Record », icaadocs.mfah.org (consulté le )
  12. Kalenberg, Angel. “Gego”. Encyclopedia of Latin American & Caribbean Art. Ed. Jane Turner. 1 vol. New York: New York, 2000. (ISBN 978-0-19-531075-7).
  13. "Fundación Gego - About", Fundación Gego, Retrieved 31 October 2018.
  14. Maria Elena Huizi et Josefina Manrique Cabrera, Sabiduras and other texts : writings by Gego, Houston, International Center for the Arts of the Americas and Fundación Gego, (ISBN 0300111630)
  15. "Questioning the Line", Museum of Fine Arts Houston, Retrieved online 11 November 2018.
  16. "Gego. Line as Object", Henry Moore Foundation, Retrieved 11 November 2018.
  17. Between the Lines: Gego as Printmaker
  18. "Versiones del Sur: Cinco propuestas en torno al arte en América. Heteropías. Medio siglo sin-lugar: 1918 - 1968.", Museo Reina Sofia, Retrieved 11 November 2018.

Liens externesModifier