Gau Baden-Elsass

unité administrative du Troisième Reich

Gau de Bade-Alsace
(de) Gau Baden-Elsaß

 – 
(20 ans)

Drapeau
Drapeau
Blason
Emblème
Description de cette image, également commentée ci-après
Les Gaue du NSDAP au sein du Troisième Reich, en 1944.
Informations générales
Statut Gau du NSDAP et du Troisième Reich
Chef-lieu Karlsruhe (avant 1940)
Strasbourg (après 1940)
Langue(s) Allemand
Monnaie Reichsmark
Démographie
Population 3 700 000 hab. (est. 1940)
Superficie
Superficie 23 350 km2 (1940)
Histoire et événements
Création du Gau de Bade pour le NSDAP
Robert Wagner prend le pouvoir en Bade
Annexion de l'Alsace et création du CdZ-Gebiet Elsaß sous l'autorité du Gauleiter
Changement de nom (Gau Baden-Elsaß)
Libération de Strasbourg
Entrée des troupes alliées à Karlsruhe
Capitulation du Troisième Reich
Gauleiter
Robert Wagner
Ministre-président
Robert Wagner
Walter Köhler (de)

Entités précédentes :

Le Gau Baden-Elsass ou Gau Baden-Elsaß (en français : Gau de Bade-Alsace) est à l'origine une circonscription administrative interne du parti nazi. À sa création en elle correspond au territoire de la république de Bade qu'elle remplace comme subdivision territoriale du Troisième Reich à partir de .

D'abord baptisée « Gau Baden » (Gau de Bade) la région prend son nom définitif à la suite de l’annexion de l’Alsace par le Reich allemand en  : les départements français du Bas-Rhin et du Haut-Rhin sont incorporés au territoire également appelé « Gau Oberrhein » (Gau du Rhin supérieur) qui comprend ainsi le CdZ-Gebiet Elsass (en français : Territoire du chef de l’administration civile en Alsace).

Administré par le Gauleiter Robert Wagner le territoire disparaît avec la chute du régime nazi à la fin de la Seconde Guerre mondiale en .

Contexte historiqueModifier

 
Gaue du NSDAP au sein du IIIe Reich, en 1944.

Appliquant une politique expansionniste agressive, l’Allemagne nazie annexe l'Autriche, la région des Sudètes, la Silésie, Danzig et la Prusse-Occidentale, la Posnanie, la Moselle et l'Alsace entre 1938 et 1940. La création du Gau Baden-Elsaß est le fruit de cette politique. Si la première annexion de l'Alsace avait été entérinée par le traité de Francfort le , la seconde, en revanche, ne sera jamais ratifiée par un traité international.

Pour Adolf Hitler, les motivations sont purement politiques[1]. S'inscrivant dans la droite ligne de sa vision raciale de la supériorité du « peuple germanique », sa volonté de créer un « espace vital »[1] se traduit par une stratégie de conquête planifiée, dès 1924. Divers projets de constitution d'un ensemble de territoires à annexer au Reich, à l'ouest de l'Europe, ont été envisagés à sa demande, peu avant la signature de la convention d'armistice du 22 juin 1940[1]. Certains projets concernaient les frontières du traité de Westphalie de 1648, d'autres, celles du Bas Moyen Âge[2].

Formation du GauModifier

L’Alsace est annexée de facto[3], le [4], au territoire allemand, par un décret de Hitler dont la publication fut interdite[4], pour former le Reichsgau Oberrhein (Haut-Rhin)[4].

« Il n'y eut pas de manifestation aussi bruyante pour célébrer l'annexion officielle de l'Alsace au pays de Bade, la présence à la tête de son administration civile, du gauleiter de Bade, Wagner, suffisant à affirmer la fusion »[5]. Concrètement, l’Alsace acquiert alors un statut de CdZ-Gebiet, en devenant le CdZ-Gebiet Elsass.

Le système administratif et les lois allemandes furent ainsi mis en place, en violation formelle des clauses de l'armistice du 22 juin 1940[6], et ce malgré les protestations écrites du gouvernement de Vichy, auprès de la Commission de Wiesbaden, formulées en et et restées sans réponses[6].

Organisation du GauModifier

Le Gau Baden-Elsaß réunit la République de Bade et l'Alsace. Sa capitale devient Strasbourg. Au niveau de l'administration du Troisième Reich, la fusion ne fut jamais formellement établie[3]. Cependant les deux régions constitutives restèrent administrées depuis Strasbourg[4].

Le gauleiter responsable du Reichsgau Baden-Elsaß fut Robert Wagner[4], compagnon fidèle de la première heure d'Adolf Hitler.

Le projet de création d'un nouveau royaume d'Alémanie, avec pour capitale Strasbourg, avait été imaginé dès le XIXe siècle, par certains intellectuels nationalistes, dont Constantin Frantz[7].

Notes et référencesModifier

  1. a b et c Jäckel 1968, p. 35-40.
  2. Jäckel 1968, p. 71-74.
  3. a et b Jäckel 1968, p. 124.
  4. a b c d et e Jäckel 1968, p. 123.
  5. Jacques Lorraine (pseudo. d'Edmond Huntzbuchler), Les Allemands en France. Origines, Bretagne, Zone interdite Est, Bourgogne, Alsace et Lorraine, éd. du Désert, Alger-Oran, 1945, p. 121.
  6. a et b Jäckel 1968, p. 118-121.
  7. Constantin Frantz, Die Weltpolitik. La politique mondiale, 1882-1883, t. II, p. 48-49.

AnnexesModifier

BibliographieModifier

  • (de) « Baden-Elsaß : links des Rheines liegt das vom Gau Baden betreute Gebiet », Der Schulungsbrief, nos 9/10,‎ (ISSN 2701-2743)
  • « Le Gau de Bade-Alsace (1940-1945) », dans Odile Kammerer, Atlas historique du Rhin supérieur : essai d'histoire transfrontalière, Strasbourg, Presses universitaires de Strasbourg, , 295 p. (ISBN 979-1-0344-0042-3, lire en ligne), p. 206-208
  • « La libération de l'Alsace (1944-1945) », dans Odile Kammerer, Atlas historique du Rhin supérieur : essai d'histoire transfrontalière, Strasbourg, Presses universitaires de Strasbourg, , 295 p. (ISBN 979-1-0344-0042-3, lire en ligne), p. 214-216
  • Jean-Noël Grandhomme, « La "mise au pas" (Gleichschaltung) de l’Alsace-Moselle en 1940-1942 : défrancisation, décléricalisation, germanisation, nazification », Revue d’Allemagne et des pays de langue allemande, vol. 46, no 2,‎ , p. 443-465 (lire en ligne, consulté le )
  • Eberhard Jäckel (trad. Denise Meunier, préf. Alfred Grosser), La France dans l'Europe de Hitler, Paris, Fayard, , 554 p.
  • Jean-Luc Leleu, Françoise Passera et Jean Quellien (dir.) (préf. Jean-Pierre Azéma), La France pendant la Seconde Guerre mondiale : [atlas historique], Paris, Fayard, , 333 p. (ISBN 978-2-2136-5461-4)
  • Pierre Rigoulot, L'Alsace-Lorraine pendant la guerre 1939-1945, Paris, Presses universitaires de France, coll. « Que sais-je ? », , 128 p. (ISBN 978-2-1304-8106-5, DOI 10.3917/puf.rigou.1997.01)
  • Tessa Friederike Rosebrock, « II. Les nazis en Alsace », dans Kurt Martin et le musée des Beaux-Arts de Strasbourg : Politique des musées et des expositions sous le IIIe Reich et dans l’immédiat après-guerre, Paris, Éditions de la Maison des sciences de l’homme, (ISBN 978-2-7351-2688-0, lire en ligne)

Articles connexesModifier

Liens externesModifier