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Le Gau Baden-Elsaß, c’est-à-dire « Gau (pays) de Bade-Alsace », également appelé Gau Oberrhein (« Gau du Rhin-Supérieur »), était une subdivision administrative du Parti national-socialiste des travailleurs allemands (NSDAP) mise en place en 1940 par le régime nazi.

Contexte historiqueModifier

 
Gaue du NSDAP au sein du IIIe Reich, en 1944.

Appliquant une politique expansionniste agressive, l’Allemagne nazie annexe l'Autriche, la région des Sudètes, la Silésie, Danzig et la Prusse-Occidentale, la Posnanie, la Moselle et l'Alsace entre 1938 et 1940. La création du Gau Baden-Elsaß est le fruit de cette politique. Si la première annexion de l'Alsace avait été entérinée par le traité de Francfort le , la seconde, en revanche, ne sera jamais ratifiée par un traité international.

Pour Adolf Hitler, les motivations sont purement politiques[1]. S'inscrivant dans la droite ligne de sa vision raciale de la supériorité du « peuple germanique », sa volonté de créer un « espace vital »[1] se traduit par une stratégie de conquête planifiée, dès 1924. Divers projets de constitution d'un ensemble de territoires à annexer au Reich, à l'ouest de l'Europe, ont été envisagés à sa demande, peu avant la signature de la convention d'armistice du 22 juin 1940[1]. Certains projets concernaient les frontières du traité de Westphalie de 1648, d'autres, celles du Bas Moyen Âge[2].

Formation du GauModifier

Article connexe : Annexion de l'Alsace (1940).

L’Alsace est annexée de facto[3], le [4], au territoire allemand, par un décret de Hitler dont la publication fut interdite[4], pour former le Reichsgau Oberrhein[4] (Haut-Rhin)[4] (Alsace et Bade).

L'annexion de la Moselle fut officiellement annoncée par un discours grandiloquent de Josef Bürckel à Sarrebruck le . « Il n'y eut pas de manifestation aussi bruyante pour célébrer l'annexion officielle de l'Alsace au pays de Bade, la présence à la tête de son administration civile, du gauleiter de Bade, Wagner, suffisant à affirmer la fusion »[5]. Concrètement, l’Alsace acquiert alors un statut de CdZ-Gebiet, en devenant le CdZ-Gebiet Elsass.

Le système administratif et les lois allemandes furent ainsi mis en place, en violation formelle des clauses de l'armistice du 22 juin 1940[6], et ce malgré les protestations écrites du gouvernement de Vichy, auprès de la Commission de Wiesbaden, formulées en et et restées sans réponses[6].

Organisation du GauModifier

Le Gau Baden-Elsaß réunit la République de Bade et l'Alsace. Sa capitale devient Strasbourg. Au niveau de l'administration du Troisième Reich, la fusion ne fut jamais formellement établie[3]. Cependant les deux régions constitutives restèrent administrées depuis Strasbourg[4].

Le gauleiter responsable du Reichsgau Baden-Elsaß fut Robert Wagner[4], compagnon fidèle de la première heure d'Adolf Hitler.

Le projet de création d'un nouveau royaume d'Alémanie, avec pour capitale Strasbourg, avait été imaginé dès le XIXe siècle, par certains intellectuels nationalistes, dont Constantin Frantz[7].

Notes et référencesModifier

  1. a b et c (de) (fr) Eberhard Jäckel, Frankreich in Hitlers Europa – Die deutsche Frankreichpolitik im Zweiten Weltkrieg, Deutsche Verlag-Anstalg GmbH, Stuttgart, 1966 ; traduction : La France dans l'Europe de Hitler, (préface d'Alfred Grosser, traduction de Denise Meunier), éd. Fayard, coll. « Les grandes études contemporaines », 1968, 554 p., chap. « La France dans les plans de Hitler », p. 35-40.
  2. Eberhard Jäckel, La France dans l'Europe de Hitler, op. cit., chap. « Les conventions d'armistice », p. 71-74.
  3. a et b Eberhard Jäckel, La France dans l'Europe de Hitler, op. cit., chap. « L'annexion déguisée », p. 124.
  4. a b c d e et f Eberhard Jäckel, La France dans l'Europe de Hitler, op. cit., chap. « L'annexion déguisée », p. 123
  5. Jacques Lorraine (pseudo. d'Edmond Huntzbuchler), Les Allemands en France. Origines, Bretagne, Zone interdite Est, Bourgogne, Alsace et Lorraine, éd. du Désert, Alger-Oran, 1945, p. 121.
  6. a et b Eberhard Jäckel, La France dans l'Europe de Hitler, op. cit., chap. « L'annexion déguisée », p. 118-121.
  7. Constantin Frantz, Die Weltpolitik. La politique mondiale, 1882-1883, t. II, p. 48-49.

Voir aussiModifier