Gargoulette

Une gargoulette est un récipient en terre cuite d'origine espagnole pour contenir de l'eau ou du vin.

Boire à la gargoulette.

ÉtymologieModifier

Le mot viendrait du provençal gargouleto qui signifie « cruchon ».

Autres dénominationsModifier

Selon les régions, on peut également l'appeler alcaraza(s), du mot castillan alcarraza(s). En Espagne, suivant la région, il porte également le nom de botijo, búcaro en Andalousie, càntir ou cànter dans en Catalogne, Catalogne Nord, îles Baléares, Pays Valencien (ou Région de Valence ou Communauté Valencienne). En Amérique hispanique, il est nommé botija ou múcura. Mais leurs formes ne sont pas toujours celles des gargoulettes provençales ou occitanes. De plus, certaines ne contiennent jamais de vin.

Une alcaraza en terre poreuse peut avoir soit une forme de vase, soit une forme de cruche. Si elle est de grande taille, elle correspond à une jarre à eau.

FonctionModifier

Il s'agit d'une cruche poreuse qui permet par évaporation de rafraîchir l'eau ou, plus rarement, le vin léger qu'elle contient. C'est pourquoi elle est parfois placée en plein soleil, souvent à l'extérieur en un lieu chaud. Le bec étroit permet de diriger le jet directement au fond de la gorge, tout en maintenant en général le bec à distance de la bouche.

Il en est venu l'expression « boire à la gargoulette », synonyme de « boire à la régalade ». Cette technique perfectionnée est parfois difficile à apprendre aux adultes ou enfants novices, surtout si l’alcarazas a une taille imposante.

En Tunisie, la gargoulette est également utilisée pour la cuisson de l'agneau ; elle est alors cassée après cuisson pour pouvoir en sortir la viande qui a été rentrée en force à l'intérieur[1]. Elle est aussi utilisée dans la région de Djerba, pour la pêche aux poulpes[2].

Dans son Traité des arts céramiques, Alexandre Brongniart s'est livré à des expériences en vue de mesurer l'abaissement de la température de l'eau contenue dans une gargoulette. Il a pu obtenir des baisses de 3 à °C de l'eau contenue dans ces récipients pour une température extérieure de 24 °C[3].

Notes et référencesModifier

  1. (en) tunisie.co, « L'agneau à la gargoulette, le plat qui garde ses secrets », sur tunisie.co (consulté le ).
  2. Musée Djerba Guellala, « La pêche aux poulpes ( Pêche aux gargoulettes ) », sur musee-djerba-guellala.com, (consulté le ).
  3. Alexandre Brongniart, Traité des arts céramiques, Éd. Béchet jeune, Paris 1844, p. 533 à 540.

BibliographieModifier

  • François Carrazé, « Kantis et gargoulettes du Midi méditerranéen », La Grésale, no 3, (revue du GRECAM Rieumes 2002).

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