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Gare de Ménilmontant

gare ferroviaire française

Ménilmontant
Image illustrative de l’article Gare de Ménilmontant
La gare et l'église de Ménilmontant vers 1900
Localisation
Pays France
Commune Paris
Arrondissement 20e
Adresse 9 rue de la Mare
Coordonnées géographiques 48° 52′ 13″ nord, 2° 23′ 18″ est
Caractéristiques
Ligne(s) Ligne de Petite Ceinture
Voies 2
Quais 2 (détruits)
Historique
Fermeture 22 juillet 1934

Géolocalisation sur la carte : Paris

(Voir situation sur carte : Paris)
Ménilmontant

La gare de Ménilmontant est une gare ferroviaire française disparue de la ligne de Petite Ceinture à Paris (section de La Râpée-Bercy aux Batignolles). Son emplacement se situe rue de la Mare, au sud du quartier de Belleville, dans le 20e arrondissement.

Inaugurée en 1862 pour l'ouverture de la ligne au service voyageurs, elle ferme en 1934, comme toutes les autres gares de la Petite Ceinture. Seuls subsistent quelques vestiges. La passerelle de la Mare, qui enjambe les voies, est toujours ouverte aux piétons[1].

Situation ferroviaireModifier

La gare de Ménilmontant, aujourd'hui détruite[2], était située dans la « tranchée Sorbier », au point kilométrique (PK) 24,809 de la ligne de Petite Ceinture (section de La Râpée-Bercy aux Batignolles), entre le tunnel de Charonne (long de 1 308 mètres) et la gare de Charonne au sud d'une part, le tunnel de Belleville (long de 1 127 mètres) et la gare de Belleville-Villette au nord d'autre part.

HistoireModifier

Le 10 décembre 1851 paraît un décret ordonnant la construction à Paris d'une ligne ferroviaire circulaire, ouverte aux seules marchandises, dont la première section doit couper la rue de la Mare à Ménilmontant, alors commune extra muros. La ligne est inaugurée le 12 décembre 1852. La voie franchit un tunnel de plus de 1 000 mètres de longueur sous la colline de Belleville, coupe à l'air libre la rue de la Mare, passe sous un pont puis emprunte le « tunnel Sorbier »[3]. Il n'y a pas encore de gare. La continuité de la rue de la Mare est assurée par une passerelle[4].

 
Intérieur de la gare vers 1900.

La ligne ouvre au trafic voyageurs le 14 juillet 1862[5]. Des travaux sont entrepris pour l'établissement d'une gare près de la passerelle de la Mare, avec une sortie sur la place de l'église[6]. La gare de Ménilmontant est l'une des sept stations mises en service pour accueillir ce nouveau service, réclamé par les habitants[7]. Les installations sont sommaires : elles ne comportent qu'un bâtiment voyageurs provisoire en bois[8].

Pour répondre à la hausse de la fréquentation, un nouvel édifice est inauguré le 14 juillet 1868[4]. Achevé au début de l'année suivante[9], il suit le modèle propre aux gares de la Petite Ceinture situées sur la rive droite de la Seine : un corps central à trois ouvertures, coiffé d'un étage pour le logement du chef de gare, flanqué de deux petites ailes à deux baies au rez-de-chaussée. Sur le quai opposé, un abri et divers édicules complètent l'installation[1].

En 1881, on déplace la passerelle et modifie les accès[10].

 
La plaque commémorative en 2012.
 
La seconde plaque commémorative, sur le pont rue de Ménilmontant en 2010.

Les 23 et , deux trains de l'armée allemande sont pris par les Forces françaises de l'intérieur (FFI) du 19e arrondissement, avec l'aide de Madeleine Riffaud[11] et d'habitants du 20e arrondissement qui ont investi, entre autres, la passerelle de la Mare[12]. Une plaque célébrant la mémoire des résistants morts à cet endroit, François Boltz (38 ans), Louis Godefroy (53 ans), Adjeman (50 ans) et « deux patriotes inconnus », était fixée sur la passerelle[12]. Maculée de graffitis, elle a été remplacée par une nouvelle plaque, qui ne cite plus que les deux premiers résistants et le « groupe Piat »[13]. Une seconde plaque, apposée sur le pont rue de Ménilmontant, porte toujours l'inscription originale.

Comme le reste de la Petite Ceinture, la gare ferme au trafic voyageurs le .

En 2013, les voies et la passerelle existent toujours. À la place du bâtiment détruit, un immeuble de logements a été édifié en 1984. Les quais ont disparu[14]. Seuls subsistent, rue de la Mare, une grille et les quelques marches d'accès au quai en direction de la Râpée-Bercy[15] et, rue de Ménilmontant, un long escalier, envahi par la végétation, descendant au quai en direction des Batignolles.

La gare en chansonModifier

En 1938, Charles Trenet compose sa chanson Ménilmontant, qui évoque la gare avec nostalgie[14] :

 
Vue d'ensemble de la gare avec la passerelle, vers 1915.

« Ménilmontant mais oui madame
C'est là que j'ai laissé mon cœur
C'est là que je viens retrouver mon âme
Toute ma flamme
Tout mon bonheur...
Quand je revois ma petite gare
Où chaque train passait joyeux
J'entends encor dans le tintamarre
Des mots bizarres
Des mots d'adieux »[1].

ProjetModifier

Dans une étude publiée en août 2011[16], l'Atelier parisien d'urbanisme envisage la réutilisation du segment est de la ligne de Petite Ceinture par la ligne T8 du tramway. Selon ce schéma, la gare de Ménilmontant, qui fait partie du tronçon, pourrait rouvrir au public.

Galerie de photographiesModifier

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Notes et référencesModifier

  1. a b et c Site petiteceinture.org : « Gare de Ménilmontant (1868) », Association Sauvegarde Petite Ceinture (ASPCRF), publié le 2 janvier 2009, lire (consulté le 12 juillet 2013)
  2. L’action d’une association : l’inventaire de la Petite Ceinture de Paris, 2009, Bruno Bretelle, p. 91-107, sur rhcf.revues.org. Consulté le 19 juillet 2013.
  3. A. Laurent Joanne, « Le chemin de fer de Ceinture », dans Les Environs de Paris illustrés itinéraire descriptif et historique, L. Hachette, 1856 pp.153-155 intégral
  4. a et b Multiples auteurs, Petite et Grande Ceinture : Site de Ménilmontant, Le Patrimoine de la SNCF et des chemins de fer français, Flohic éditions, Paris, 1999 (ISBN 2-84234-069-8), p.171
  5. Olivier Bachet, Le patrimoine de la SNCF et des chemins de fer français, Volume 1, Flohic, 1999 (ISBN 9782842340698), p. 171
  6. « Revue des Chemins de fer : Travaux du chemin de fer de ceinture », dans Nouvelles annales de la construction, Volume 8, C. Béranger, 1862 pp.102-103 extrait
  7. Centre de documentation d'histoire des techniques, Maurice Daumas, Jacques Payen, Évolution de la géographie industrielle de Paris et sa proche banlieue au XIXe siècle, Volumes 1 à 2, Conservatoire des arts et métiers : École des hautes études en sciences sociales, 1976, p.327 (extrait)
  8. Site des-gens.net : « Mémoire de la gare de Ménilmontant », dans Vie associative et culturelle du Nord-Est parisien, lire (consulté le 12 juillet 2013).
  9. Jean Gay, L' amélioration de l'existence à Paris sous le règne de Napoléon III, Librairie Droz, 1986 (ISBN 9782600034005), pp. 243-244 (extrait)
  10. Paris (France). Conseil municipal, Développements à l'appui du compte général des recettes et dépenses de la ville de Paris, 1881 p. 890 extrait
  11. Site des-gens.net : ANACR 19e, Madeleine RIFFAUD - La bataille du tunnel des Buttes-Chaumont, lire (consulté le 16 juillet 2013).
  12. a et b Paris (France). Direction des affaires culturelles, Paris insurgé, Paris libéré, Paris-Musées, 2006, (ISBN 9782879009483), p. 20 extrait
  13. André Girod, Flammes du père inconnu, éditions Publibook (ISBN 9782748345902) p.138 (extrait)
  14. a et b Régine Deforges, Le Paris de mes amours: Abécédaire sentimental, Plon, 2011 (ISBN 9782259216500) extrait (consulté le 14 juillet 2013).
  15. Site apur.org, « La Petite Ceinture – Inventaire des bâtiments, ouvrages et mobiliers (PDF 14,57 Mo) », dans Réflexions et études pour le réaménagement de la Petite Ceinture. Dossier de synthèse, novembre 2000, lire , voir fiche n° 74 : Passerelle rue de la Mare (consulté le 14 juillet 2013)
  16. [PDF]Étude prospective sur le devenir de la Petite Ceinture, Atelier parisien d'urbanisme, août 2011. Consulté le 19 décembre 2011.

Voir aussiModifier

BibliographieModifier

Articles connexesModifier

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Liens externesModifier