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Mausolée de Vernon.
Monument aux Mobiles de l'Ardèche. Privas
Monument au 1er bataillon des Mobiles de l'Ardèche, cimetière de Gaillon.

La Garde mobile, créée par la loi Niel du 4 février 1868, avait pour mission de suppléer l'armée active dans les opérations de défense du territoire[1].

En Ardèche, la garde mobile fut convoquée fin août 1870 et organisée en trois bataillons correspondant aux trois arrondissements : Privas, Tournon et Largentière, constituant le 41e régiment provisoire d'infanterie, et dirigée vers l'Eure[2],[3],[4] où elle devait participer à la défense du département.

Un mausolée est situé à Vernon[5] dans l'Eure, qui perpétue leur souvenir[6], cependant que le cimetière de Gaillon comporte un monument érigé à la mémoire du 1er bataillon.

CompositionModifier

Les trois bataillons formés chacun de huit compagnies furent organisés en régiment sous le titre de 41e régiment provisoire d'infanterie. Adolphe Thomas[7] fut nommé par décret du 2 septembre lieutenant-colonel commandant le régiment. Chaque bataillon avait un effectif de 1 200 hommes.

Chaque bataillon comprenait sept compagnies ayant un effectif de 172 sous-officiers et soldats, un capitaine, un lieutenant et un sous-lieutenant. Les huitièmes compagnies formaient le dépôt et restèrent longtemps dans le département avant d'être organisées en régiment pour aller se battre dans la Nièvre puis autour de Moulins.

Ils étaient tous peu formés, pas entraînés, mal équipés (d'après le lieutenant-colonel Thomas, mal chaussés et équipés de vieux fusils à percussion). Ils bénéficièrent de quelques jours de formation avant leur départ[8]. La modernisation du matériel, en particulier l'attribution de nouveaux fusils, n'intervint qu'à la mi-novembre.

Toutes ces données sont extraites des rapports officiels inédits édités à Privas en 1901.

Premier BataillonModifier

Le premier bataillon (arrondissement de Largentière) fut réuni le 23 août 1870 à Privas sous les ordres du capitaine Thomas qui, par la suite prit le commandement du régiment et fut remplacé à la tête du bataillon par le capitaine Alexandre Jouve de Guilbert le 2 septembre.

  • État-Major : Alexandre Jouve de Guibert (de Tournon) ; Maxence de Trouilloud de Lanversin (de Largentière), lieutenant ; docteur Louis Fargier de Lagrange (de Tournon); abbé Raimbaud d'Évreux.
Première compagnie

Composée par des hommes des cantons de Burzet et Montpezat. Capitaine : Théodore de Montravel (de Joyeuse)[9].

Deuxième compagnie

Composée des hommes des cantons de Coucouron et Saint-Étienne-de-Lugdarès. Capitaine : Henry Bourret de Saint-Étienne-de-Lugdarès.

Troisième compagnie

Composée des hommes du canton de Joyeuse. Capitaine : Oscar Sugier des Vans.

Quatrième compagnie

Composée des hommes de Largentière et Valgorge. Capitaine : Casimir Tirant de Meysse.

Cinquième compagnie

Composée des hommes du canton de Thueyts. Capitaine : Casimir Dousson de Largentière.

Sixième compagnie

Composée des hommes du canton de Vallon. Capitaine : Paul Maigron de Saint-Alban-sous-Sampzon.

Septième compagnie

Composée des hommes du canton des Vans. Capitaine : Marcel Tournaire des Vans.

Huitième compagnie

Composée de l'excédent des sept autres compagnies. Capitaine : Jules de Gigord de Joyeuse.

Deuxième BataillonModifier

Le deuxième bataillon (arrondissement de Privas) fut réuni le 5 septembre à Privas sous les ordres du capitaine Bertrand.

  • État-Major : Achille Bertrand (de Privas), chef dudit bataillon ; Charles Ladreyt de Lacharrière ; docteur Charles Dufour (d'Annonay) ; abbé Joseph-Ferdinand Armand (de Privas).
Première compagnie

Composée des hommes d'Antraigues et d'Aubenas.

  • Capitaine M. Jammes (de la Voulte) .
  • Lieutenant : le capitaine Émile Bousquainaud (de Villeneuve-de-Berg).
  • Lieutenant : Achille Dubois (de Vernoux).
  • Sous-lieutenant : Charles de Pazanan (de Privas) .
Deuxième compagnie

Composée des hommes de Bourg-Saint-Andéol.

  • Capitaine Gatinot (de Valence) .
  • Lieutenant Charles de Balestrier (de Bourg-Saint-Andéol).
  • Sous-lieutenant Louis Berchon (de Privas).
Troisième compagnie

Composée des hommes des cantons de La Voulte et Rochemaure.

Quatrième compagnie

Composée des hommes de Privas et Chomérac.

  • Capitaine : Louis Vital de Miraval (de Meysse).
  • Lieutenant : M. Boyrel(de Villeneuve-de-Berg).
  • Sous-lieutenant : M. Brezzy.
Cinquième compagnie

Composée des hommes du canton de Saint-Pierreville.

  • Capitaine : M. Muret de La Voulte.
  • Lieutenant ; M. Vintenon.
  • Sous-lieutenant: M. Frayol.
Sixième compagnie

Composée d'hommes du canton de Villeneuve-de-Berg.

  • Capitaine : Paul Ladreyt de Lacharrière (de Privas).
  • Lieutenant : M. d'Hauteville (de Chalencon.
  • Sous-lieutenant : M. Boisseau (de Privas).
Septième compagnie

Composée d'hommes du canton de Viviers.

Huitième compagnie

Composée de l'excédent des hommes des sept autres.

  • Capitaine : M. Latune (de Saint-Péray).
  • Lieutenant : M. le Baron du Bay (de Saint-Péray).
  • Sous-lieutenant : Armand Labeaume (de Saint-Péray).

Troisième BataillonModifier

Le troisième (arrondissement de Tournon) se réunit à Tournon et Annonay sous les ordres du capitaine de cavalerie (démissionnaire) de Montgolfier le 12 septembre.

  • État-Major : Alphonse de Montgolfier, ancien capitaine de cavalerie. M. le comte de Tournon Simiane (de Désaignes). Docteur Louis Siméon Chomel (d'Annonay). Abbé Fleury François Marie Louis Percie du Sert (d'Annonay).
Première compagnie

Composée des hommes des cantons d'Annonay et de Serrières .

  • Capitaine : baron René de la Lombardière de Canson (d'Annonay)
  • Lieutenant : Gabriel Frachon (d'Annonay)
  • Sous-lieutenant : le comte Audoin de la Romanet de Lestrange (de Saint-Alban-d'Ay).
Deuxième compagnie

Composée des hommes du canton du Cheylard et de Saint-Martin-de-Valamas

  • Capitaine : M. Taupenas (d'Aubenas)
  • Lieutenant : Auguste de Missolz (d'Annonay)
  • Sous-lieutenant : Édouard Chapuis (d'Annonay).
Troisième compagnie

Composée des hommes de Lamastre et de Saint-Agrève .

  • Capitaine : M. Reboulet (de Lamastre)
  • Lieutenant : Joseph de Montgolfier (d'Annonay)
  • Sous-lieutenant : Paul Dagrève (de Lamastre).
Quatrième compagnie

Composée d'hommes du canton de Saint-Félicien.

  • Capitaine : Louis Couturier (d'Annonay)
  • Lieutenant : M. Seguin (d'Annonay).
  • Sous-lieutenant : Michel de Chazotte (d'Arlebosc).
Cinquième compagnie

Composée d'hommes du canton de Saint-Pierreville.

  • Capitaine : M. Muret (de La Voulte)
  • Lieutenant : M. Vintenon
  • Sous-lieutenant : M. Frayol.
Sixième compagnie

Composée d'hommes du canton de Villeneuve-de-Berg.

  • Capitaine : Paul Ladreyt de Lacharrière (de Privas)
  • Lieutenant : Henry de Hauteville. Fait prisonnier le 4 janvier 1871, il fut remplacé par M. de Marcily.
  • Sous-lieutenant : M. Boisseau (de Privas).
Septième compagnie

Composée des hommes du canton de Viviers.

  • Capitaine : Léopold Sonier de Laboissiére (de Tournon).
  • Lieutenant : M. Durand.
  • Sous-lieutenant: Émile Mayaud (d'Aubenas).
  • Adjudant sous-officier : Charles Carsignol(de Bourg-Saint-Andéol).
Huitième compagnie

Composée de l'excédent des sept autres, restée au dépôt à Privas, puis versée au quatrième bataillon, commandant Daval.

  • Capitaine : M. Latune (de Saint-Péray).
  • Lieutenant: M. le baron du Bay.
  • Sous-lieutenant : Armand Labeaume.

CombatsModifier

 
Carte de l'Eure-zone des combats

Le premier bataillon quitta Privas le 28 septembre par le train pour arriver à Évreux le 30.

Combat d'HécourtModifier

À proximité de Mantes, le hameau et le bois d'Hécourt virent se dérouler à partir du 22 octobre les premiers combats avec l’armée prussienne.

Les gardes tentèrent de protéger la ligne de chemin de fer et la gare de Serquigny en se portant vers Louviers et Bernay le 20 novembre, puis firent retraite vers Gaillon et Évreux le 21 en prévision d'une offensive imminente.

Combat de la forêt de BizyModifier

Le 22 novembre[10], l'ensemble des bataillons arrive en forêt de Bizy, entre Vernon et Pacy-sur-Eure où se trouvaient les Prussiens. Ceux-ci furent contenus dans leur tentative d'occuper Vernon et Vernonnet avec le concours des gardes nationales de Vernon[11].

Combat de MauluModifier

Le 26 novembre, le 3e bataillon est bombardé par l'artillerie ennemie installée près de Maulu (hameau de Blaru). Les 6e et 7e compagnies du 1er bataillon reprennent le village de Maulu à la baïonnette. Deux officiers, le capitaine Rouveure du 1er bataillon et le lieutenant Leydier du 3e bataillon sont tués ainsi que huit hommes. Pendant la première quinzaine de décembre, les troupes manœuvrent entre Bernay, Thiberville, Lisieux puis Serquigny et Grand-Couronne. Le 30 décembre, les mobiles de l'Ardèche et de l'Eure sont maîtres de Maison-Brûlée et Château-Robert. Les Prussiens sont à Grand-Couronne.

Combats de Château-Robert et de Maison-BrûléeModifier

Le 4 janvier au matin, les Prussiens attaquent en masse « Château-Robert », les combats font rage entre le château, Maison-Brûlée et Moulineaux[12]. La retraite est sonnée et s'effectue vers Bourg-Achard puis Pont-Audemer.

Le bilan de cette journée du 7 janvier est le suivant:

  • 17 tués,
  • 48 blessés (dont 1 officier),
  • 159 prisonniers ou disparus (dont 7 officiers).

À Moulineaux, un monument commémore ce combat[13], [14].

Combat d'OrivalModifier

 
Région de Moulineaux et Orival.

Le commandant de Montgolfier et ses hommes occupent le 4 janvier au matin le plateau d'Orival. Attaqué par les Prussiens, menacé d'encerclement, il doit se résoudre à faire retraite de nuit vers Le Gros-Theil, puis Brionne.

La campagne du quatrième bataillonModifier

Ce bataillon formé par le regroupement des huitièmes compagnies fit campagne dans l'Yonne, la Nièvre et le Loiret . Il rejoint ensuite l'armée de Bourbaki. Il fut démobilisé à Anse le 2 mars 1871.

BilanModifier

La retraite s'effectue par Lisieux puis la vallée de la Touques. Les bataillons rejoignent ensuite l'Armée de Bretagne après la bataille du Mans , à Caen puis à Falaise.

Après l'approbation de l'Armistice du 26 janvier par l'Assemblée nationale le 1er mars 1871, ils seront désarmés et rejoindront Bourges à pied pour prendre le train vers l'Ardèche.

Les pertes totales pour les trois bataillons furent :

  • 35 tués, dont 2 officiers,
  • 102 blessés, dont 1 officier,
  • 228 prisonniers ou disparus, dont 7 officiers.

In Memoriam: liste des tués au combatModifier

 
Armistice 1871

Un Livre d'or [15],[16] établi en 1879 par Paul d'Albigny (fondateur de la Revue du Vivarais [17]) mentionne 394 noms et ne semble pas être exhaustif.

Les noms mentionnés ci-dessous sont ceux cités dans les rapports inédits de 1901.

Premier bataillonModifier

Première compagnie
  • Le lieutenant Leydier
  • Le caporal Auguste Bézal
  • Les gardes-mobiles Louis Cortial, Calixte Bonnefoy, Calixte Allix, Louis Testu.
Troisième compagnie
  • Le garde-mobile Forestier
Quatrième compagnie
  • Le garde-mobile Vedel
Septième compagnie
  • Les gardes-mobiles Jauffres et Conrozier

Deuxième bataillonModifier

Première compagnie
  • Les gardes-mobiles Courthial, Bacconnier, Moulin, Bay
Deuxième compagnie
  • Le garde-mobile Eschalier
Troisième compagnie
  • Les gardes-mobiles Jarniac et Colonge
Quatrième compagnie
  • Les gardes-mobiles Fargier, Laurent, Lascombe Chaussignon et Garnier
Cinquième compagnie
  • Les gardes-mobiles Tracol, Crouzet et Chauvet
Sixième compagnie
  • Les gardes-mobiles Giraud, Vernet et Riaux.

Troisième bataillonModifier

Première compagnie
  • Les gardes-mobiles Brias et Pourrat[18]
Troisième compagnie
  • Le garde-mobile Béal
Quatrième compagnie
  • Le garde-mobile Morel
Sixième compagnie.
  • Le capitaine Rouveure[19] et les gardes-mobiles Battendier et Châtelet

BibliographieModifier

  • Lieutenant-colonel Thomas, Campagne de la garde mobile de l'Ardèche, Largentière, Editions Herbin, , 82 p.
  • Les gardes mobiles de l'Ardèche pendant la guerre de 1870-1871, rapports officiels inédits, Privas, Imprimerie Ardéchoise, , 78 p.
  • Les Mobilisés de l'Ardèche 1870-1871; Jordan Gaspin, Fédération des œuvres laïques de l'Ardèche - Privas
  • Mémoire d'Ardèche et Temps Présent, no 73-1 & 2 : Les Mobiles ardéchois dans la Guerre de 1870. 15 février 2002.

GalerieModifier

Notes et référencesModifier

  1. « http://normandie-jeunesse.hautetfort.com/tag/guerre+franco-prussienne »(ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?).
  2. Vernon, l'Ardèche et la guerre de 1870, sur un site vernonnais [1].
  3. Vernon (27200), l'Ardèche et la guerre de 1870, sur le site d'un particulier [2].
  4. Mémoire d'Ardèche et temps présent, n° 73, 15 février 2002 [3].
  5. « http://normandie-jeunesse.hautetfort.com/tag/mobiles+de+l'ard%C3%A8che »(ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?).
  6. « Monument aux Mobiles de l'Ardèche », notice no IA27000050, base Mérimée, ministère français de la Culture.
  7. http://military-photos.com/mobile2.htm
  8. http://le50enlignebis.free.fr/spip.php?article15951
  9. http://gw.geneanet.org/massiliensis?lang=fr;p=theodore;n=tardy+de+montravel
  10. http://aufildesmotsetdelhistoire.unblog.fr/2012/11/22/le-22-novembre-1870-%E2%80%93-le-combat-de-vernon/
  11. http://www.histoire.comze.com/mobile1870.pdf
  12. [4]
  13. [5].
  14. « Monument du Mobile », notice no IA00021504, base Mérimée, ministère français de la Culture.
  15. [6].
  16. Ardèche, terre d'histoire: histoire de l'Ardèche et de l'ancien Vivarais - Michel Riou - La Fontaine de Siloë, 2007 - 365 pages [7]
  17. La Revue du Vivarais [8].
  18. « http://normandie-jeunesse.hautetfort.com/archive/2011/01/19/histoire-de-normandie-les-combats-de-villegats-et-hecourt-le.html »(ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?).
  19. « http://normandie-jeunesse.hautetfort.com/tag/guerre+franco-prussienne »(ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?).