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Ganymède

personnage de la mythologie grecque

MytheModifier

Selon l’Iliade, il est réputé être le plus beau des mortels[4] : prince troyen, fils de Tros (roi de Dardanie) et de la nymphe Callirrhoé, fille du dieu fleuve Scamandre, il est donc un descendant de Zeus. Homère mentionne dans l’Iliade qu’il est enlevé par « des dieux »[5].

Alors que le jeune prince fait paître le troupeau familial sur le mont Ida de Troade, Zeus l’aperçoit et se transforme en aigle afin de l'enlever et d'en faire son amant. À la suite de cela, il devient l’échanson des dieux. En compensation de la perte de son fils, Tros reçoit de Zeus quatre chevaux qu’il tenait de Poséidon. Ceux-ci figurent dans le mythe d’Héraclès : Laomédon, père de Ganymède selon d’autres versions, les promet au demi-dieu s’il sauve sa fille Hésione. Une autre tradition veut que Zeus offre une coupe en or, œuvre d’Héphaïstos. Héra est jalouse de ce nouvel amant et de sa fonction d’échanson, que Zeus avait enlevée à Hébé, sa fille. Elle tente de forcer son mari à renvoyer Ganymède chez les mortels mais au lieu de cela, Zeus l’élève alors au ciel sous la forme de la constellation du Verseau. Dans une version tardive, c’est Éos qui enlève Ganymède et Tithon. Zeus, apercevant Ganymède, le réclame à la déesse, et l’obtient à condition qu’il exauce un vœu. D’après Platon, tout comme Xénophane, Socrate rejetait les mythes qui faisaient de Zeus et des autres dieux des personnages immoraux et dévergondés. Lucien de Samosate dit qu'il était berger et phrygien[6], le met en scène en échanson dans son Icaromènippe, son Jugement des voyelles[7] et son Assemblée des dieux[8]. Lucien représente l'aigle[9] ravisseur comme une métamorphose de Zeus lui-même, et implique Hermès[10].

Le Ganymède de Platon[11]Modifier

Au livre I, 636cd, de ses Livres des Lois, Platon attribue aux Crétois d'avoir inventé le mythe des rapports de Ganymède et Zeus pour justifier que, selon la tradition qui dit que leurs lois leur viennent de Zeus par Minos, son fils, leurs amours étaient en accord avec celles des dieux : « Tout le monde accuse les Crétois d'avoir inventé la fable de Ganymède. Persuadés que leurs lois venaient de Zeus, ils ont imaginé cette fable sur son compte afin de pouvoir eux aussi goûter ce plaisir à l'exemple du dieu »[12].

Ganymède dans Le Banquet de XénophonModifier

Au chapitre VIII de son Banquet[13], Xénophon fait dire à Socrate que Zeus n’a non pas enlevé Ganymède par amour pour son corps – amour physique – mais par amour pour son âme et sa sagesse – par amour spirituel.

Ganymède dans Phèdre de PlatonModifier

Dans le Phèdre de Platon, qui parle d'éthique, les sentiments de Zeus pour Ganymède sont décrits comme du « désir ».

Dans les artsModifier

AntiquitéModifier

Le mythe de Ganymède avait une incidence dans la vie quotidienne, justifiant des objets votifs ou funéraires.

En sculpture, l'une des plus célèbres représentations de Ganymède est le groupe sculpté par Léocharès au IVe siècle av. J.-C., admiré par Pline l'Ancien[14] :

  • « Léocharès [a réalisé] un aigle conscient de ce qu'il enlève en Ganymède et pour qui : il épargne l'enfant en plantant ses serres dans son vêtement »[15].
  • Cette délicatesse de l'aigle fut souvent louée par la suite : Straton de Sardes l'évoque dans l'une de ses épigrammes[16], de même que Martial[17].

La légende de Ganymède a également inspiré un groupe en terre cuite, probablement d'origine corinthienne, conservé au musée archéologique d'Olympie : c'est l'un des rares exemples de grande sculpture en terre cuite, et une très rare représentation sculpturale du couple où Zeus est sous forme humaine[réf. nécessaire].

En céramique, le thème de Ganymède est fréquemment repris, le plus souvent sur des cratères, ces vases dans lesquels on mélangeait l'eau et le vin à l'occasion des banquets (symposions), tenus entre hommes, au cours desquels les convives rivalisaient d'imagination pour célébrer les mérites de leurs éromènes respectifs.

  • Parmi les plus célèbres, figure le cratère à figures rouges du Peintre de Berlin : d'un côté, Zeus est figuré en pleine poursuite ; de l'autre, Ganymède joue avec un cerceau, symbole de sa jeunesse. Il tient également un coq, présent pédérastique traditionnel.
  • Le motif du coq est repris sur le tondo d'un célèbre kylix du Peintre de Penthésilée, conservé au musée archéologique national de Ferrare : Ganymède, en train de s'enfuir, se retourne vers Zeus, qui vient de se saisir de lui.

Époque moderneModifier

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La Renaissance a vu resurgir d'innombrables représentations de ce mythe (Michel-Ange, Benvenuto Cellini, Antonio Allegri). Or, on sait que les arts plastiques ont été sous-tendus par différentes interprétations philosophiques qui se sont mis à foisonner dans toute l'Europe depuis Florence notamment.

D'une manière générale, toute représentation d'un aigle enlevant un jeune homme, comme on en voit, dans les demeures privées, sur de nombreux plafonds peints aux XVIIe et XVIIIe siècles, se rapporte à la représentation de ce mythe[réf. nécessaire].

XIXe siècle :

En 2001, les artistes Pierre et Gilles ont réalisé un triptyque intitulé Ganymède[18],[19],[20],[21].

En 2007, l'écrivain académicien Dominique Fernandez a fait figurer Ganymède sur le pommeau de son épée[22].

Astrologie et astronomieModifier

Ganymède, en tant qu'échanson des dieux, a été associé à la constellation du Verseau.

Au XVIIe siècle, les quatre plus gros satellites de la planète Jupiter ont été nommés du nom de trois amantes du dieu (Io, Callisto, Europe) et de Ganymède.

  • En 1610, Galilée (1564-1642), grâce à sa célèbre lunette, fut le premier à observer les quatre plus gros satellites de Jupiter. Il les appela « lunes médicéennes » en hommage aux Médicis.
  • En 1614, son rival Simon Marius, proposa plutôt de donner à chacune le nom d'une aventure amoureuse de Zeus.

Culture populaireModifier

Ganymède est également présent dans le jeu Overwatch de Blizzard sous la forme de l'oiseau de compagnie du personnage de Bastion[23].

SourcesModifier

BibliographieModifier

Notes et référencesModifier

NotesModifier

RéférencesModifier

  1. Lucien de Samosate 2015, p. 238
  2. Maxime de Tyr, Dissertation XXVI
  3. Lucien de Samosate 2015, p. 715
  4. Homère et Flacelière 1955, p. 447
  5. Homère, Iliade [détail des éditions] [lire en ligne] (XX, 232-233)
  6. Lucien de Samosate 2015, p. 286, 487
  7. Lucien de Samosate 2015, p. 863
  8. Lucien de Samosate 2015, p. 767
  9. Lucien de Samosate 2015, p. 1146
  10. Lucien de Samosate 2015, p. 489, 714
  11. Platon, Les Lois [détail des éditions] [lire en ligne], Livre I (636b-c)
  12. Brisson 2008, p. 694.
  13. 30
  14. Pline l'Ancien, Histoire naturelle [détail des éditions] [lire en ligne] (XXXIV, 29)
  15. Extrait de la traduction de Marion Muller-Dufeu in La Sculpture grecque. Sources littéraire et épigraphiques, éditions de l'École nationale supérieure des beaux-arts, 2002, p. 525.
  16. Anthologie grecque, XII, 221
  17. Martial, Épigrammes [détail des éditions] [lire en ligne], I, 7
  18. (es) « PIERRE ET GILLES / CLAIR-OBSCUR », sur DXI magazine, (consulté le 4 octobre 2019)
  19. Ŧhe ₵oincidental Ðandy, Pierre & Gilles: "Ganymède" (Frédéric Lenfant) - 2001, (lire en ligne)
  20. Ŧhe ₵oincidental Ðandy, Pierre & Gilles: "Ganymède" (Frédéric Lenfant) - 2001, (lire en ligne)
  21. Ŧhe ₵oincidental Ðandy, Pierre & Gilles: "Ganymède" (Frédéric Lenfant) - 2001, (lire en ligne)
  22. « Vous m'en direz des nouvelles ! - Dominique Fernandez, le gay savoir », sur RFI, (consulté le 4 octobre 2019)
  23. (en) « Bastion », sur Overwatch Wiki (consulté le 27 octobre 2017)

AnnexesModifier

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Articles connexesModifier

Liens externesModifier