Gabrielle Richet

Gabrielle Richet (née le et morte le à Lessines), est une infirmière belge active dans le service de renseignement durant la Première guerre mondiale. Arrêtée et emprisonnée, elle décède après la guerre des suites des mauvais traitements qu'elle a subis.

Gabrielle Richet
Biographie
Naissance

Lessines
Décès
(à 39 ans)
Nationalité
Belge
Activité
infirmière, espionne
Autres informations
Organisation
Service du renseignement belge
Lieu de détention
prison de Saint-Gilles, prison de Sieburg

BiographieModifier

Gabrielle Marceline M. Sér. Richet naît le 14 août 1884 à Lessines. Son père est le conseiller communal puis échevin de l'instruction publique socialiste, Louis Richet (1863-1925) et sa mère Marie Missante (1868-1946). Elle a un frère et deux sœurs[1].

Elle fait des études d'infirmière et travaille à l’Hôpital Saint Jean à Bruxelles.

Lorsque la guerre éclate, elle essaie de rejoindre l'armée du roi Albert Ier derrière l'Yser depuis les Pays-Bas mais on lui demande de rejoindre plutôt le service d'espionnage, ce qu'elle accepte[2].

Elle retourne alors en Belgique et pendant cinq mois fournit des renseignements sur l’occupant concernant les troupes, les chemins de fer, les dépôts de munitions ou encore les usines travaillant pour l’armée allemande[3].

En octobre 1916, suite à l'arrestation du responsable de son réseau, plusieurs membres dont Gabrielle Richet, sont identifiés[4]. Elle est arrêtée le 26 novembre 1916 et incarcérée à la prison de Saint-Gilles. Huit mois après, son procès a lieu à Anvers : elle est condamnée à dix ans de travaux forcés en Allemagne. Dix neufs de ses co-inculpés sont condamnés à mort[3]. Elle est transférée le 21 juillet à la prison de Siegburg[2] où les conditions de détentions sont particulièrement dures[5] puis à celle de Delitzsch[4]. Le 10 novembre 1918, des fusiliers marins révolutionnaires allemands libèrent tous les prisonniers[4].

Elle meurt le 16 mars 1924, probablement d'une tuberculose contractée en détention[2].

Des funérailles grandioses sont organisées à Lessines et des fonds sont récoltés pour lui ériger un monument[3].

HommageModifier

Après sa mort son nom est donné à une rue de Lessines, la Chaussée Gabrielle Richet[3].

A l'occasion du centième anniversaire de l'armistice, la Bibliothèque et le Cercle de Généalogie de Lessines organisent l'exposition "Ces héroïnes de l'ombre durant la Grande Guerre" et éditent plusieurs fascicules qui lui rendent hommage, parmi d'autres résistantes[6] et la poste belge édite un timbre à son effigie[7].

Références et sourcesModifier

  1. « Généalogie de Louis RICHET », sur Geneanet (consulté le 15 février 2021)
  2. a b et c « Médecins de la Grande Guerre - Gabrielle Richet « Une infirmière devenue espionne ». », sur www.1914-1918.be (consulté le 15 février 2021)
  3. a b c et d « Biographies | Lessines dans la Grande Guerre 14-18 » (consulté le 15 février 2021)
  4. a b et c Suzanne van Rockeghem, Jeanne Verchival-Vevoort, Jacqueline Aubenas, Des femmes dans l'histoire en Belgique, depuis 1830, Bruxelles, Luc Pire, , 302 p. (ISBN 2874155233, lire en ligne), p. 103
  5. Chantal Antier, « Prisonnière française au bagne allemand de Siegburg 1915-1918. Louise de Bettignies », Guerres mondiales et conflits contemporains 2014/1 (n° 253),‎ , p. 27-41 (lire en ligne)
  6. « Grande expo 1918-2018: premier livret disponible », sur Lessines (consulté le 15 février 2021)
  7. « 14-18: timbre inédit "Gabrielle Richet" », sur Lessines (consulté le 15 février 2021)