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Gabriel Syveton

personnalité politique française

Gabriel Syveton
Illustration.
Fonctions
Député
Gouvernement IIIe république
Groupe politique Républicains nationalistes
Biographie
Nom de naissance Gabriel Camille François Eugène Syveton
Date de naissance
Lieu de naissance Boën-sur-Lignon (Loire)
Date de décès (à 40 ans)
Lieu de décès Neuilly-sur-Seine
Résidence 2e arrondissement de Paris

Gabriel Syveton, né à Boën-sur-Lignon (Loire) le [1], et mort à Neuilly-sur-Seine le 8 décembre 1904, est un homme politique et historien français, chef de la droite nationaliste connu surtout pour son altercation avec le général Louis André lors de l'affaire des fiches. Marié à Marie de Bruyn, belge, dite comtesse de Seccaro.

Sommaire

Éléments biographiquesModifier

 
« La mort de M. Syveton.
Reconstitution de la scène en présence des magistrats. »
Le Petit Journal, 5 janvier 1905.

Agrégé d'histoire, nationaliste très engagé, il fonde à la suite de l'Affaire Dreyfus avec François Coppée et Jules Lemaître la Ligue de la patrie française en 1898, pour rassembler les antidreyfusards et contrer la Ligue des droits de l'Homme. Il est élu député du 2e arrondissement de Paris lors des élections de 1902 qui voient pourtant le triomphe du Bloc des gauches.

Adversaire intransigeant du gouvernement combiste, il gifle le ministre de la Guerre Louis André sur son banc, le 4 novembre 1904, en pleine séance de la Chambre lors de la révélation de Jean Guyot de Villeneuve sur les intrigues de celui-ci avec la franc-maçonnerie lors de l'affaire des fiches. Déféré devant la Cour d'assises (les délits politiques mineurs sont alors jugés par des cours d'assises à jury populaire, censées être plus indépendantes que les chambres correctionnelles composées de magistrats de profession), Syveton est retrouvé mort à son domicile de Neuilly-sur-Seine, asphyxié par les gaz provenant de sa cheminée, le 8 décembre, à la veille de la date fixée pour sa comparution.

La police ayant conclu au suicide, sa mort alimente, dans le climat trouble de l'époque[2], de nombreuses spéculations, dans lesquelles sa femme et l'amant de celle-ci font souvent figure de suspects[réf. nécessaire]. Les milieux nationalistes et d'extrême-droite contestent la thèse du suicide de Syveton et optent pour la théorie du complot. Ainsi, selon André Baron et Jean-Baptiste Bidegain, la mort du député est un « assassinat » commis sur ordre de la franc-maçonnerie[3],[4]. Selon Léon Daudet, le « crime » a été exécuté par la police politique française[5], accusation fréquemment lancée par le polémiste de l'Action française. Également membre de l'Action française, l'écrivain Jules Lemaître prétend que Syveton attendait impatiemment le moment du procès, dont il espérait tirer un avantage politique, ce qui écarterait selon lui l'hypothèse du suicide[6].

A contrario, dans son essai Les intellectuels, Michel Winock rappelle que Syveton était impliqué dans une affaire de mœurs. Le député aurait ainsi abusé de sa belle-fille en sus d'avoir détourné de l'argent, se donnant la mort par crainte que ses turpitudes ne soient révélées au cours du procès[7].

PublicationsModifier

  • L'Esprit militaire, discours prononcé à la distribution des prix du lycée d'Aix, le 26 juillet 1889, Saint-Étienne, Théolier, 1889
  • Une cour et un aventurier au XVIIIe siècle. Le Baron de Ripperda, Paris, E. Leroux, 1896
  • L'Évolution de M. Anatole France. De l'ironie conservatrice au mysticisme révolutionnaire, Paris, Éd. du Correspondant, 1899
  • L'Université et la Nation, plaidoyer prononcé devant le Conseil académique de Paris le 18 juillet 1899, Paris, La Patrie française, 1899
  • Louis XIV et Charles XII. Au camp dAltrandstadt. 1707, la mission du baron de Besenval d'après des documents inédits tirés des archives du ministère des affaires étrangères de France, préface de M. le duc de Broglie, Paris, E. Leroux, 1900
  • « Introduction », Voltaire, Histoire de Charles XII, roi de Suède, Paris, V. Lecoffre, 1900
Traduction
  • Konstantínos Christomános : Élisabeth de Bavière, impératrice d'Autriche. Pages de journal, impressions, conversations souvenirs, préface de Maurice Barrès, Paris, Mercure de France, 1900

Notes et référencesModifier

  1. Archives de la Loire en ligne, acte n°8 du 21/2/1864, vue 70
  2. Émile Zola, d'opinions politiques antagoniques à celles de Syveton, était mort deux ans avant de la même cause, et son décès fut également considéré comme suspect, suite à l'implication de l'écrivain dans l'affaire Dreyfus et à l'hostilité qu'il en avait retiré de la part des anti-dreyfusards.
  3. Les Sociétés Secrètes, leur crime depuis les initiés d'Isis jusqu'aux Francs-Maçons modernes, p.364
  4. Jean-Baptiste Bidegain, Le Grand-Orient de France. Sa Doctrine et ses Actes, Paris, Librairie antisémite, 1905, p. 46-48 ; 51
  5. La Police politique. Ses moyens et ses crimes, Denoel et Steele, Paris, 1934
  6. Léon Daudet, Souvenirs politiques, Éditions Albatros, 1974, p. 66
  7. Michel Winock, Dictionnaire des intellectuels français, Seuil, 2002.

Voir aussiModifier

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BibliographieModifier

Sources primaires
 
Reconstitution. Photo d'Alphonse Bertillon.
  • « Un grave incident à la chambre des députés - la bagarre dans l'hémicycle après l'agression de M. Syveton contre le général André », L'Illustration, no 3220, 12 novembre 1904 (gravure de Sabattier).
  • « Les obsèques de M. Gabriel Syveton », La Vie illustrée, no 322, 16 décembre 1904.
  • « Mort de M. Syveton », L'Illustration no 3226, 24 décembre 1904.
  • « La mort de M. Syveton », Le Petit Journal, supplément illustré no 738, 8 janvier 1905.
  • « Comment est mort M. Gabriel Syveton ? », L'Illustration, no 3229, 14 janvier 1905 (illustré de la photo officielle du cadavre dans le cabinet, prise par Bertillon, et de la dernière lettre de Syveton écrite à son père).
  • Fernand Hauser, Un mystère historique. L’affaire Syveton, Paris, Libraire universelle, 1905.
  • J. Levenge, Gabriel Syveton et la sûreté générale. Un traître contre un héros, Paris, Gibert, 1905.
  • La Vérité sur la mort de Gabriel Syveton, curieuses révélations, découverte de son testament, ses dernières volontés, Paris, L. Hayard, 1904.
  • Député Hicks (pseud.), Ces dames : psychologie et pathologie sexuelle de l'Affaire Syveton, Paris, F. Marion, s.d.
  • André Gaucher & le député Hicks (pseud. d'Henry Ferrette), Les coulisses du bloc : ces dames, Paris, Société nouvelle d'éditions parisiennes, 1907.
  • Georges Bonnamour, Gabriel Syveton (1864-1904), avec un portrait et un autographe, Neuilly-sur-Seine, Chez l'auteur, 1907.
  • « La Maçonnerie tue Syveton, qui allait la tuer », La Vieille-France, no 115, 3 avril 1919.
  • Mermeix, La mort de Syveton, Paris, Fayard, 1924 (réédition : Paris, Fasquelle, 1930).
  • « La mort de Syveton », Le Crapouillot, numéro spécial « Les morts mystérieuses », mars 1933.
  • Léon Daudet, La Police politique. Ses moyens et ses crimes, Denoël et Steele, Paris, 1934.
  • « Syveton s'est-il suicidé ? A-t-il été assassiné ? », Historia, no 234, mai 1966.
Divers
  • « Gabriel Syveton », dans le Dictionnaire des parlementaires français (1889-1940), sous la direction de Jean Jolly, PUF, 1960 [détail de l’édition]
  • (es) Günther Schmigalle, « Escándalos de París : Rubén Darío y Gyp frente al asunto Syveton (1904) », Crítica hispánica, vol. 27, no 2,‎ , p. 197-216 (ISSN 0278-7261, lire en ligne).

Articles connexesModifier

Liens externesModifier