Gabi Huber

femme politique et juriste suisse

Gabi Huber
Illustration.
Portrait officiel, 2007.
Fonctions
Présidente du groupe libéral-radical (RL)
à l'Assemblée fédérale
Élection 18 décembre 2007
Prédécesseur Felix Gutzwiller
Successeur Ignazio Cassis
Conseillère nationale
Groupe politique libéral-radical (RL)
Commission CAJ (2003-2015)
CJ (2003-2007)
CTT (2007-2015)
Prédécesseur Franz Steinegger
Landamman d'Uri
Conseillère d’État du canton d’Uri

(7 ans et 11 mois)
Législature 1996-2000
2000-2004
Députée au Grand Conseil du canton d'Uri
Législature 1988-1992
1992-1996
Biographie
Nom de naissance Gabriela Alice Huber
Date de naissance (65 ans)
Lieu de naissance Schattdorf (Suisse)
Nationalité Drapeau de la Suisse Suisse
Parti politique PLR
Diplômée de Université de Fribourg
Profession Avocate et notaire

Gabi Huber, née le à Schattdorf (originaire d'Altdorf UR), est une personnalité politique suisse du canton d'Uri, docteure en droit, membre du Parti libéral-radical, conseillère nationale de 2003 à 2015, présidente du groupe PLR aux Chambres de 2008 à 2015.

BiographieModifier

Gabi Huber naît Gabriela Alice Huber[1] le à Schattdorf, dans le canton d'Uri. Elle est la fille de Franz Huber, entrepreneur dans le domaine des huiles minérales de chauffage à Altdorf (UR) et d'Alice Huber (née Huber)[2].

Elle fréquente la Kantonale Mittelschule Uri (de) à Altdorf, tenue par une communauté marianiste, de 1969 à 1976. Elle choisit l'université de Fribourg en 1976 pour ses études de droit, qu'elle conclut en 1980. En 1981, elle obtient son brevet d'avocate et de notaire dans le canton d'Uri. Elle effectue par la suite une formation à l'université Columbia à New York[2].

En 1982, elle devient la première femme à ouvrir une étude à son nom dans le canton d'Uri[2].

En 1990, elle obtient le titre de docteur en droit, en soutenant une thèse dans le domaine du droit matrimonial[3].

En marge de ses activités en tant qu'avocate et notaire, elle est procureure des mineurs suppléante du canton d'Uri entre 1984 et 1995[2].

Parcours politiqueModifier

Gabi Huber intègre le Parti radical-démocratique uranais en 1984[2].

Mandats cantonauxModifier

Son premier mandat électif est celui au sein du conseil d'aide sociale (« Fürsorgerat ») d'Altdorf, où elle siège entre et [4] et dont elle assume la présidence en 1992 et 1993[2].

Elle entre au Grand Conseil uranais (« Landrat ») en 1988 et y siège pendant deux législatures jusqu'en 1996. La même année, elle devient la première femme élue conseillère d'État du canton[2], où elle dirige le département des finances. En cette qualité, elle est vice-présidente de la Conférence des gouvernements de Suisse centrale entre 2000 et 2003 et présidente de la Conférence des directeurs des finances de Suisse centrale entre 2001 et 2004[2].

En 2002, elle devient pour deux ans la première femme Landamman d'Uri[2]. En , elle quitte le gouvernement cantonal uranais[4], où la représentation féminine continue à être assurée par la démocrate-chrétienne Heidi Z'graggen.

Dans sa carrière cantonale, elle est considérée comme une pionnière[5].

Mandat au Conseil nationalModifier

Elle fait son entrée sur la scène politique fédérale en 2003, quand elle est la première femme à être élue conseillère nationale du canton d'Uri[2],[6]. Elle succède à Franz Steinegger[5]. Elle siège à la Chambre du peuple jusqu'en 2015. Elle est membre sans interruption de la Commission des affaires juridiques (CAJ), qu'elle préside entre et [4]. Elle siège aussi à la Commission judiciaire de l'Assemblée fédérale (CJ) entre 2003 et 2007 puis à la Commission des transports et des télécommunications (CTT) de 2007 jusqu'à la fin de son mandat[4].

Elle est réélue en 2007 et 2011.

En , elle annonce ne pas vouloir se représenter pour son siège au Conseil national pour les élections fédérales de 2015[7] et quitter la politique[8].

Le DHS lui retient comme œuvre principale une contribution dans la réorganisation du système de péréquation financière[2].

Chef du groupe PLR aux ChambresModifier

Le , elle est élue à la présidence du groupe libéral-radical (RL)[9] et succède à Felix Gutzwiller à la suite de l'élection de ce dernier au Conseil des États[5][pas clair]. Elle n'entre officiellement en fonction que début mars 2008, mais tient les rênes du groupe depuis son élection[5]. Elle est considérée par ses collègues comme une personne très crédible et jouant un rôle intégrateur, qui sait faire des compromis mais diriger quand il le faut[9]. Certains observateurs la décrivent en revanche comme timide envers les personnes qu'elle ne connaît pas[5], voire sans humour au premier abord[10] ; elle reste toutefois une personne qui capte l'attention quand elle prend la parole à la tribune du Conseil national[5],[11].

 
Gabi Huber avec Fulvio Pelli, en 2010.

Lorsque le Parti bourgeois-démocratique est fondé à la suite de l'élection d'Eveline Widmer-Schlumpf au poste de Christoph Blocher au Conseil fédéral en 2007, ce parti ne dispose pas (encore) de groupe parlementaire. Gabi Huber exclut toutefois catégoriquement que la Grisonne ou son collègue bernois Samuel Schmid trouve une place au sein du groupe RL[12].

Lors de l'élection de remplacement de Samuel Schmid au Conseil fédéral en 2008, elle s'engage pour que le groupe RL vote pour un représentant de l'UDC[13]. En fin de compte, Ueli Maurer succède à Samuel Schmid.

En 2009, lors de la campagne pour le remplacement de Pascal Couchepin au Conseil fédéral, elle préfère que Fulvio Pelli, alors président du PLR, reste à ce poste et ne se présente pas à l'élection au Conseil fédéral[14].

En 2013, elle dénonce des alliances contre nature (« unheilige Allianzen ») entre le PS et l'UDC, mentionnant la 6e révision de l'assurance-invalidité[15].

Elle est louée en 2014 par le président du PLR, Philipp Müller, comme remarquable (« hervorragende ») chef de groupe[16]. La même année, le Tages-Anzeiger lui attribue les qualificatifs de « Dame de fer » (en référence à Golda Meir et Margaret Thatcher) et de sphinx[17]. La Weltwoche utilise aussi le terme de « Dame de fer » pour la décrire en 2016[18].

 
Gabi Huber avec Ruedi Lustenberger, le dernier jour de la 49e législature du Conseil national.

À la fin de sa carrière, on lui attribue le fait d'avoir soudé les votes du PLR pendant sa présidence du groupe RL[10]. Adrian Amstutz, son homologue UDC, affirme qu'ils s'entendent bien[17]. D'autres médias la considèrent comme sévère avec les membres du groupe qui poursuivent des intérêts propres ou ceux des lobbys[19].

Ignazio Cassis lui succède à la présidence du groupe RL après les élections fédérales de 2015[20].

Positions au sein du PRD puis du PLRModifier

Entre 2006 et 2008, elle est vice-présidente du Parti radical-démocratique suisse[2].

Elle soutient la fusion entre le PRD et le Parti libéral pour former un nouveau parti: le Parti libéral-radical[21].

En 2013, elle se prononce contre l'initiative Minder[22].

Sur l'ensemble de la 48e législature de l'Assemblée fédérale suisse, elle fait un score de +2,2 dans le baromètre annuel des parlementaires fédéraux effectué par l'institut de sondage Sotomo, au centre-gauche du groupe parlementaire[23]. Son score varie peu les années suivantes (+2,0 en 2012[24], +2,2 en 2013[25] et 2014[26]).

MandatsModifier

Depuis son retrait de la politique, elle siège dans plusieurs conseils d'administration, dont celui des Salines Suisses[2] et de UBS Switzerland. Elle est aussi membre du comité directeur du conseil de fondation de la Rega[27],

Elle siège également depuis 2016 dans le comité d'experts (« publizistischer Beirat ») de la NZZ[28]. Sa nomination intervient après la démission de Karin Keller-Sutter du même conseil[29].

Notes et référencesModifier

  1. (de) «Im Bundeshaus gibt es keinen guten Kaffee», sur 20 Minuten, (consulté le )
  2. a b c d e f g h i j k l et m Alessandra Widmer (trad. Laurence Margairaz), « Gabi Huber » dans le Dictionnaire historique de la Suisse en ligne, version du .
  3. (de) Gabi Huber, Ausserordentliche Beiträge eines Ehegatten : Art. 165 ZGB innerhalb der unterhaltsrechtlichen Bestimmungen (thèse de doctorat), Fribourg, Universitätsverlag Freiburg, , 351 p. (ISBN 3-7278-0693-1, OCLC 882022642).
  4. a b c et d « Biographie de Gabi Huber », sur le site web de l'Assemblée fédérale suisse.
  5. a b c d e et f (de) Katharina Fontana, « Geist statt Glamour », NZZ,‎ , p. 11 (ISSN 0376-6829, lire en ligne)
  6. (de) Associated Press, « Uri schickt eine Frau in den Nationalrat », sur nzz.ch, (consulté le ).
  7. (de) flj., « Gabi Huber tritt nicht mehr an », NZZ,‎ , p. 10 (ISSN 0376-6829, lire en ligne).
  8. (de) «Es ist der richtige Zeitpunkt, um mit der Politik aufzuhören», sur srf.ch, (consulté le ).
  9. a et b (de) Eva Matter Schaffner, « Neue FDP-Fraktions-Spitze », NZZ,‎ , p. 16 (ISSN 0376-6829).
  10. a et b (de) Christof Forster, « Der Besteller, den Gabi Huber nie schreiben wird », NZZ,‎ , p. 11 (ISSN 0376-6829, lire en ligne)
  11. (de) Martin Furrer, Hansjörg Müller, Benedict Neff, Samuel Tanner, « Die letzten Dinosaurier im Bundeshaus », sur tagesanzeiger.ch, (consulté le ).
  12. (de) Stefan Brühler, « Widmer-Schlumpf ist zu gut », NZZaS,‎ , p. 8 (ISSN 1660-0851, lire en ligne).
  13. (de) Stefan Bühler et Markus Häfliger, « «Zeit der Kuckucks-Bundesräte ist vorbei» », NZZaS,‎ , p. 13 (ISSN 1660-0851, lire en ligne).
  14. (de) Heidi Gmür, « «Mein Wunsch ist, dass Pelli Parteichef bleibt» », NZZaS,‎ , p. 8 (ISSN 1660-0851, lire en ligne).
  15. (de) Gabi Huber, « Unheilige Allianzen von SVP und SP », NZZ,‎ , p. 22 (ISSN 0376-6829).
  16. (de) flj., « Philipp Müller kandidiert für den Ständerrat », NZZ,‎ , p. 12 (ISSN 0376-6829).
  17. a et b (de) Michael Hug, « Die Eiserne Lady, die Sphinx », sur tagesanzeiger.ch, (consulté le )
  18. (de) René Zeller, « Verfassunswidrig », sur weltwoche.ch, (consulté le ).
  19. (de) Markus Schär, « Lehren aus der Lektion », sur weltwoche.ch, (consulté le ).
  20. (de) Michael Schoenenberger, « Cassis folgt auf Huber », NZZ,‎ , p. 18 (ISSN 0376-6829, lire en ligne).
  21. (de) Monika Rosenberg, « Bündelung der liberalen Kräfte », NZZ,‎ , p. 15 (ISSN 0376-6829, lire en ligne).
  22. (de) Gabi Huber, « Manager-Söldner als Ursache der Regulierungswut », NZZ,‎ , p. 17 (ISSN 0376-6829, lire en ligne).
  23. (de) Michael Hermann et Bruno Jeitziner, « Parlamentarier-Rating - die Legislaturbilanz », NZZ,‎ , p. 13 (ISSN 0376-6829, lire en ligne).
  24. (de) Michael Hermann, « Der neue Nationalrat zwischen links und rechts », NZZ,‎ , p. 12-13 (ISSN 0376-6829, lire en ligne).
  25. (de) Michael Hermann, « Frauen links, Männer rechts? », NZZ,‎ , p. 13 (ISSN 0376-6829, lire en ligne).
  26. (de) Michael Hermann, « Die Parteien sprechen mit einer Sprache », NZZ,‎ , p. 13 (ISSN 0376-6829, lire en ligne).
  27. Rega, « Notre organisation », sur rega.ch (consulté le )
  28. (de) « NZZ erweitert publizistischen Beirat », sur nzz.ch, (consulté le )
  29. (de) Claudia Blumer, « Wieder eine Freisinnige an der NZZ-Spitze », sur tagesanzeiger.ch, (consulté le ).

AnnexesModifier

Articles connexesModifier

Liens externesModifier