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Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Jafar.

Gaafar Nimeiry
جعفرمحمدالنميري
Illustration.
Fonctions
Président de la République démocratique du Soudan

(15 ans, 10 mois et 12 jours)
Premier ministre Babiker Awadalla
Lui-même
Rachid Bakr
Lui-même
Prédécesseur Ismaïl al-Azhari
(président du Conseil de souveraineté)
Successeur Sirr al-Khatim al-Khalifa
(intérim)
Abdel Rahman Swar al-Dahab (président du Conseil militaire de transition)
Premier ministre du Soudan

(7 ans, 6 mois et 27 jours)
Président Lui-même
Prédécesseur Rashid Bakr
Successeur Al-Jazuli Daf'allah

(6 ans, 9 mois et 14 jours)
Président Lui-même
Prédécesseur Babiker Awadalla
Successeur Rashid Bakr
Biographie
Nom de naissance Gaafar Mohammed Nimeiry
Date de naissance
Lieu de naissance Omdourman
(Soudan anglo-égyptien)
Date de décès (à 79 ans)
Lieu de décès Khartoum (Soudan)
Nationalité soudanaise
Parti politique Congrès national

Gaafar Nimeiry
Premiers ministres du Soudan
Présidents de la
République démocratique du Soudan

Le général Gaafar Mohammed Nimeiry (orthographié également Numeiry) (en arabe : جعفرمحمدالنميري ), né le et mort le , est un militaire et homme d'État soudanais.

Il fut Premier ministre ( - et - ) et chef de la junte militaire de 1971 à 1985.

Sommaire

PolitiqueModifier

En 1969, il devient Premier ministre dans le gouvernement de Ismail al-Azhari. Il a alors le projet d'« égyptianiser le droit. »

En 1971, une tentative de coup d'État communiste échoue.

En 1972, à Addis-Abeba, en Éthiopie, la paix est signée entre le gouvernement soudanais et les rebelles du Sud-Soudan (17 ans de guerre au cours de cette première guerre civile soudanaise; 500 000 morts) qui obtiennent un gouvernement autonome.

Selon la BBC, « [a]près avoir saisi le pouvoir en 1969, Gaafar Nimeiri abandonna peu à peu son admiration d’homme de gauche pour l’ancien président égyptien Gamal Abdel Nasser, et devint un allié des États-Unis »[1].

Il était un allié des Américains et des Israéliens. Il a laissé les premiers utiliser son pays comme une plaque tournante du renseignement, et a aidé les seconds à organiser le départ des Falashas. Il a rencontré, avec son chef du renseignement, Ariel Sharon, au Kenya en mai 1982, en présence d’Adnan Khashoggi [2].

Alliance avec les islamistes (1981-1985)Modifier

En 1981, il signe une alliance avec les Frères musulmans.

En 1983, il impose la Charia[1] dans tout le pays. En fait, il étend le domaine du droit musulman, cantonné depuis la colonisation au droit personnel, au droit pénal[3]. Il suspend en outre l'autonomie du Soudan méridional, ce qui entraîne le déclenchement d'une nouvelle guerre civile dans le Sud-Soudan (cessez-le-feu en 2003; + de 1 900 000 morts), peuplé majoritairement de Noirs animistes et chrétiens (alors que le Nord du pays est peuplé par des populations arabes et musulmanes). Le 18 janvier 1985, son opposant libéral Mahmoud Mohamed Taha est exécuté.

La proximité avec les États-Unis s’accentue sous l'administration de Ronald Reagan. L’aide américaine passe de 5 millions de dollars en 1979 à 200 millions en 1983, puis à 254 en 1985, essentiellement pour les programmes militaires. Le Soudan devient ainsi le deuxième bénéficiaire de l’aide américaine en Afrique (après l’Égypte). La construction de quatre bases aériennes destinées à accueillir des unités de la Force de déploiement rapide et d’une puissante station d’écoute, près de Port-Soudan, est mise en chantier[4].

En 1984 et 1985; après une période de sécheresse, plusieurs millions de personnes sont menacées par la famine, en particulier dans l’ouest du Soudan. Le régime fait en sorte de cacher la situation à l'international.

ChuteModifier

En mars 1985, l’annonce de l’augmentation des prix des produits de première nécessité, sur l’injonction du FMI avec lequel le régime était en négociation, provoque de premières manifestations. Le 2 avril, huit syndicats appellent à la mobilisation et à une « grève politique générale jusqu’à la suppression du régime actuel ». Le 3, des manifestations massives secouent Khartoum, mais aussi les principales villes du pays ; la grève paralyse les institutions et l’économie.

Nimeiry est renversé le par un coup d'État dirigé par le général Abdel Rahman Swar al-Dahab. Il part en exil en Égypte de 1985 à 1999, et rentre ensuite au Soudan. Le parti oumma, le Parti unioniste démocratique et le Parti communiste, qui ont pris part aux manifestations, arrivent à un accord avec l'armée qui prévoit des élections libres après un an de transition.

Il est décédé le , d'une longue maladie non précisée. Il a ensuite été enterré après des funérailles nationales à Omdurman, près de Khartoum[5].

RéférencesModifier

Sur les autres projets Wikimedia :

  1. a et b (en) "Former Sudan leader Nimeiri dies", BBC, 30 mai 2009
  2. Pierre Péan, Carnages. Les guerres secrètes des grandes puissances en Afrique, Fayard 2010, p. 287.
  3. Hervé Bleuchot, « L'étude du droit musulman: jalons pour une convergence (entre l'islamologie juridique et l'anthropologie juridique) », Droit et Société no 15, 1990, p. 193-205 (en particulier p. 200 sq.)
  4. Eric Rouleau, « Le printemps soudanais, la dérive neutraliste », Le Monde,‎
  5. (fr) "Soudan : funérailles nationales pour Gaafar al-Nimeiri, père de la charia", AFP, 31 mai 2009