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Géraud de Frachet

historien et écrivain français

Géraud de Frachet (Gérald, Gérard de Frachet ou Frachet)[N 1], né en 1205 à Châlus en Limousin, décédé en 1271, est l'historien officiel et le grand hagiographe de l’Ordre mendiant des Dominicains.

BiographieModifier

Fils de « très-noble » Pierre de Frachet, Géraud, après avoir porté les armes, entre dans l’Ordre des Prêcheurs, au sein duquel il meurt « chargé d’années, l’an 1265 » (ou 1271 selon les sources)[1]

Quarante ans après la mort de saint Dominique, Géraud de Frachet rassemble, vers 1260, un copieux recueil d’anecdotes édifiantes, les Vitae Fratrum, qui relatent les premiers développements de l'Ordre. Cet ouvrage, destiné à construire la mémoire originelle de l’Ordo, est démultiplié pour que chaque couvent en possède un exemplaire, et ceci afin de leur permettre de se rattacher à une même « histoire collective ».

Historien officiel et grand hagiographe de l’Ordre mendiant des Dominicains, Géraud de Frachet est également l'auteur d'une Chronique (histoire) universelle, qu'il rédige entre 1248 et 1268.

Cette Chronique universelle, utilisée par sept chroniqueurs contemporains ou postérieurs, est aujourd'hui connue par vingt-cinq manuscrits médiévaux. Sur ces vingt-cinq manuscrits, dix-neuf ont été copiés dans la seconde moitié du XIIIe siècle et dans le premier tiers du XIVe siècle, cinq au XVe.

Elle fournit la trame solide de la Chronique universelle de Bernard Gui, qui, à son tour compilée, connaîtra un succès plus ample, aussi bien chez les Dominicains que dans les provinces du Midi.

L'œuvre de Frachet fut pour l'essentiel lue dans le nord du royaume ; dans les pays d'oc, seuls le Limousin et l'Auvergne semblent la connaître. Réalisée par un Dominicain, elle fut cependant surtout diffusée et appréciée par les Cisterciens.

Géraud de Frachet reçoit Saint-Louis chez lui, à Châlus, à l'occasion du pèlerinage fait par le roi à Rocamadour en 1244[2].

Les Vitae FratrumModifier

de son nom complet : Vitae Fratrum Ordinis Praedicatorum (Vies des Frères de l'Ordre des Frères-Prêcheurs[3] en Français)

La première version fut entreprise par Géraud avant 1250. Il a peut-être utilisé le Dialogus miraculorum de Césaire de Heisterbach comme modèle. Cette version, qui devait servir pour l'éducation des novices n'existe plus.

En 1255, le chapitre général demande la création d’un recueil d’histoires de l'ordre dominicain. On ordonne alors que tous les frères qui connaissent des miracles de saint Dominique ou saint Pierre Martyr ne les remettent par écrit. Plus tard, on demanda à que tous les miracles qui concernent des dominicains soient rapportés[4]. En 1256, Humbert de Romans contacte alors Géraud, pour qu'il incorpore ces témoignages à son recueil déjà commencé. Le recueil officiel fut achevé en 1258 et Gérard y ajouta son cronica ordinis.

Cependant, en 1259, d'autres versions voient le jour et Humbert de Romans commence à faire la sienne. De ce fait, il n'existe pas un texte définitif des Vitas Fratum[5].

NotesModifier

  1. Géraud est traduit en Gérald ou Gérard selon les traductions latin/français des divers auteurs français d'expression de langue d'oil


RéférencesModifier

  1. Nobiliaire du diocèse et de la généralité de Limoges par l'Abbé Joseph Nadaud, curé de Teyjac - publié sous les auspices de la société Archéologique et historique du Limousin par l'Abbé A. Leclerc - TOME II - LIMOGES - IMPRIMERIE DE CHAPOULAUD FRÈRES 7 rue Montant-Manigue - 1863-1872
  2. Histoire de châlus et sa région - Paul Patier - 1968 - ré-édité en 1993 dans la collection « Monographie des villes et villages de France » - ISSN 0993-7129
  3. Gérard de Frachet, Vies des Frères de l'Ordre des Frères-Prêcheurs, Paris, LETHIELLEUX, , 480 p. (lire en ligne)
  4. Centre européen de recherches sur les congrégations et ordres religieux, Ecrire son histoire: les communautés religieuses régulières face à leur passé : actes du 5e colloque international du CERCOR, Saint-Etienne, 6-8 novembre 2002, , 694 p. (lire en ligne), p. 149
  5. Tugwell, « L’évolution des Vitae fratrum. Résumé des conclusions provisoires », L'ordre des Prêcheurs et son histoire en France méridionale (Cahiers de Fanjeaux 36).,‎ , pp. 415-418


Voir aussiModifier