Fulgurite

Les fulgurites (du latin fulgur signifiant foudre) ou « pierres de foudre » sont des morceaux de silice naturelle amorphe (nommée lechateliérite par Alfred Lacroix) très fragiles, généralement en forme de tube quasi cylindrique plus ou moins rugueux (pouvant évoquer une racine fossilisée), produits par les impacts de foudre sur une roche[1]. Les premières fulgurites découvertes datent du XVIIe siècle[réf. nécessaire]. On les décrit parfois comme des éclairs fossilisés ou pétrifiés[2].

Des fulgurites.

Les plus connues proviennent de l'interaction entre un éclair d'orage et un sol sableux. Ce sont les plus impressionnantes et les moins rares, elles ont notamment été trouvées en abondance dans le désert Libyque[réf. nécessaire] mais on en trouve aussi dans certains sols latéritiques.

Elles peuvent être différenciées de traces de racines fossilisées ayant laissé une cavité centrale (avec cimentation possible du sol autour de l'ancienne périphérie de la racine en contexte riche en oxydes de fer notamment) par la présence de traces de fusion du quartz. Mais la forme, taille, texture, couleur, épaisseur et la structure générale des fulgurites varie selon la composition du milieu frappé par l'éclair[3].

Elles ont longtemps été confondues avec les pierres de foudre ou de tonnerre (en) appelées céraunies (du grec ancien : κεραυνός / keraunos, « foudre »)[4].

Mode de formationModifier

Quand un éclair interagit avec le sol, il libère une énergie estimée à un milliard de joules, et la température des matériaux peut localement et instantanément monter à plusieurs milliers de degrés Celsius[5]. Cette énergie provoque la fonte voire la vaporisation des matériaux siliceux le long du trajet de la foudre à l'intérieur du substrat, parfois sur plusieurs mètres de long, et sur 5 à 20 mm de diamètre en général[5]. Le verre naturel ainsi formé n'est pas assez pur pour être transparent.

Utilisations, rechercheModifier

Leur forme, disposition et d'autres caractéristiques peuvent avoir des signification paléoenvironnementales[6],[7].

L'analyse de l'air piégé dans certaines fulgurites a servi a collecter des données d'intérêt paléoenvironnemental, notamment dans le désert libyen[8],[9].

Des fullerènes semblent avoir pu se former dans certaines fulgurites[10].

Dans la culture populaireModifier

Dans la nouvelle Rain, issue du recueil Strange Weather, paru en 2017, l'écrivain américain Joe Hill met en scène une pluie de fulgurites[11].

GalerieModifier

Notes et référencesModifier

  1. « fulgurite », sur CNRTL (consulté le 6 janvier 2021).
  2. Gailliot M. P. (1980), “Petrified Lightning” A Discussion of Sand Fulgurites. Rocks & Minerals, 55(1), 13-17.
  3. Attention : Fulgurites !
  4. Jean Gaudant, « Aux sources de la Préhistoire : les céraunies, ces pierres étranges supposées tombées du ciel », Travaux du Comité français d’Histoire de la Géologie, Comité français d’Histoire de la Géologie, t. 21,‎ , p. 97-112 (lire en ligne).
  5. a et b Alain Carion, Laurence Galoisy, Jean-Claude Boulliard [et al.], « Fulgurites et verres naturels : pierres de foudre, de feu et de choc », sur http://www.carionmineraux.com, (consulté le 30 juin 2011).
  6. Sponholz B, Baumhauer R & Felix-Henningsen P (1993) Fulgurites in the southern Central Sahara, Republic of Niger and their palaeoenvironmental significance. The Holocene, 3(2), 97-104.
  7. Sponholz, B. (2004). Fulgurites as palaeoclimatic indicators-the proof of fulgurite fragments in sand samples. In Paleoecology of Quaternary Drylands (pp. 73-78). Springer Berlin Heidelberg.
  8. Navarro-González, R., Mahan, S. A., Singhvi, A. K., Navarro-Aceves, R., Rajot, J. L., McKay, C. P., ... & Raulin, F. (2007). Paleoecology reconstruction from trapped gases in a fulgurite from the late Pleistocene of the Libyan Desert. Geology, 35(2), 171-174
  9. (en) Deborah Painter, « Fulgurites: lightning strikes providing unique clues to palaeoenvironments », Geology Today (en), vol. 36, no 6,‎ , p. 226-228 (DOI 10.1111/gto.12330).
  10. Daly T.K, Buseck P.R, Williams P & Lewis C.F (1993) Fullerenes from a fulgurite. Science, 259(5101), 1599-1601 (résumé)
  11. (en) Joe Hill, Rain, Strange Weather, William Morrow, , 448 p. (ISBN 978-0-06-266311-5, lire en ligne)

Voir aussiModifier

BibliographieModifier

  • Carter, E. A., Hargreaves, M. D., Kee, T. P., Pasek, M. A., & Edwards, H. G. (2010). A Raman spectroscopic study of a fulgurite. Philosophical Transactions of the Royal Society of London A: Mathematical, Physical and Engineering Sciences, 368(1922), 3087-3097.
  • Clocchiatti R (1990) « Les fulgurites et roches vitrifiées de l'Etna », European Journal of Mineralogy, août , vol. 2, no 4, p. 479-494
  • Grapes, R. H., & Müller-Sigmund, H. (2010). Lightning-strike fusion of gabbro and formation of magnetite-bearing fulgurite, Cornone di Blumone, Adamello, Western Alps, Italy. Mineralogy and Petrology, 99(1-2), 67-74.
  • Jones, B. E., Jones, K. S., Rambo, K. J., Rakov, V. A., Jerald, J., & Uman, M. A. (2005). Oxide reduction during triggered-lightning fulgurite formation. Journal of atmospheric and solar-terrestrial physics, 67(4), 423-428 (résumé)
  • Julien A.A (1901) A study of the structure of fulgurites. The Journal of Geology, 9(8), 673-693.
  • Pasek M.A, Block K & Pasek V (2012) Fulgurite morphology: a classification scheme and clues to formation. Contributions to Mineralogy and Petrology, 164(3), 477-492 (résumé).
  • Pye, K. (1982). SEM observations on some sand fulgurites from northern Australia. Journal of Sedimentary Research, 52(3).

Articles connexesModifier

Sur les autres projets Wikimedia :