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Frontière entre la Belgique et le Luxembourg

frontière
(Redirigé depuis Frontière entre la Belgique et le grand-duché de Luxembourg)

La frontière entre la Belgique et le Luxembourg est la frontière séparant, sur 148 kilomètres, la Belgique et le Luxembourg.

Frontière entre la Belgique et le Luxembourg
Évolution territoriale du Luxembourg de 1659 à 1839
Évolution territoriale du Luxembourg de 1659 à 1839
Caractéristiques
Délimite Drapeau de la Belgique Belgique
Drapeau du Luxembourg Luxembourg
Longueur totale 148 km
Historique
Création 1839
Tracé actuel 1919

Sommaire

DescriptionModifier

Elle démarre au point d'intersection des frontières de la Belgique, du Luxembourg et de la France (situé dans les communes respectives d’Aubange, Pétange et Mont-Saint-Martin) pour se terminer au point d'intersection des frontières de la Belgique, du Luxembourg et de l'Allemagne, situé dans les communes respectives de Burg-Reuland, Clervaux et Sevenig.

Cette frontière est balisée par 507 bornes, dont 286 en fonte, ayant un numéro et les armoiries des deux pays. En réalité, il y a 287 bornes en fonte, dont 2 avec le numéro 1, une pour la Belgique et l'autre pour le Grand-Duché, séparées de 3 mètres. Ces bornes sont reconnaissables par leur pointe sommitale et sont presque identiques à celles de la frontière entre la Belgique et les Pays-Bas. De nombreuses bornes sont perforées par des impacts de balles, grenades et obus, témoignages des deux conflits mondiaux (notamment de la bataille des Ardennes durant la Seconde Guerre mondiale).

HistoireModifier

La frontière est apparue à la suite de l'indépendance de la Belgique vis-à-vis des Pays-Bas, en 1831. Le grand-duché de Luxembourg, traité comme une simple province par le roi grand-duc Guillaume Ier d'Orange-Nassau malgré son statut d'État membre de la Confédération germanique, avait majoritairement pris parti pour la révolution belge et le libéralisme qu'elle promettait, et seule la forteresse de Luxembourg, dans laquelle était stationnée une garnison prussienne, échappait au contrôle des nouvelles autorités belges ou pro-belges. Mais en 1831, la Conférence de Londres décida de partager le Luxembourg entre son "propriétaire", le roi grand-duc, et le nouvel État belge : c'est le traité des XXIV articles, qui donne à la Belgique la partie romane (francophone) du Luxembourg ainsi que la région d'Arlon (l'Arelerland), pourtant de dialecte francique occidental (moyen-haut-allemand), ceci pour soustraire au contrôle de la Confédération germanique la route venant de Longwy (F) et passant par Arlon et Martelange pour se diriger, après Bastogne, soit vers Liège, soit vers Bruxelles. Ce traité ne sera toutefois appliqué qu'en 1839. Selon Jean Stengers, il s'agit là du premier tracé de frontière selon le principe des nationalités (des langues, en fait), même si ce principe n'a pas été respecté sur toute la longueur de la frontière. Les diplomates autrichiens et prussiens tenaient en effet à inclure dans la Confédération germanique les territoires habités par des populations de langue allemande (au sens large)[1].

À la suite de l’annexion par la Belgique des cantons de l'Est ci-devant prussiens, en vertu du Traité de Versailles en 1919, la frontière belgo-luxembourgeoise au nord du Grand-Duché est matérialisée sur le terrain par des bornes en pierre, numérotées de 52 à 75 dans les cantons de l'Est. Toutes les bornes évoquées ci-dessus forment, depuis leur implantation, la frontière grand-ducale avec la province de Luxembourg et avec les cantons de l'Est (province de Liège) en Belgique.

RéférencesModifier

  • Edouard M. Kayser, Quelque part entre Vienne et Londres... Le Grand-Duché de Luxembourg de 1815 à 1867; Luxembourg (éd. Saint-Paul), 1990; cf. les pp. 67-73 et 83-87!
  • Jean-Marie Triffaux, Combats pour la langue dans le Pays d'Arlon aux XIXe et XXe siècles - Une minorité oubliée ?; Arlon (éd. 'La vie arlonaise' & Institut archéologique du Luxembourg belge), 2002; cf. pp. 39-40, 53-55 et 60!
  • Gilbert Trausch, Le Luxembourg belge ou l'autre Luxembourg; plaquette éditée à Luxembourg par la Banque de Luxembourg à l'occasion de la parution de son rapport d'activité 1996; cf. en particulier les pp. 9-11!

GalerieModifier

Borne no 1 en fonte entre Athus (B) - Mont-Saint-Martin (F) - Rodange (L), en 49° 32′ 45″ N, 5° 49′ 05″ E.
Borne no 52 en pierre : Allemagne-Luxembourg-Belgique, en 50° 07′ 45″ N, 6° 08′ 15″ E.

Voir aussiModifier

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OuvragesModifier

  • Jos Goergen, Bornes frontières entre la Belgique et le Grand-Duché de Luxembourg (ISBN 978-2-87996-650-2).
  • Anne et Jean De Bruyne, À propos de frontières et de bornes, Dexia Banque, coll. « Bulletin du Crédit Communal de Belgique » (no 191), .

Liens externesModifier

NotesModifier

  1. Jean Stengers, Histoire du sentiment national en Belgique des origines à 1918, tome 1, Les Racines de la Belgique, éditions Racine, Bruxelles, 2000 (ISBN 2-87386-218-1), p. 52.