Front patriotique (Autriche)

parti politique autrichien

Front patriotique
(de) Vaterländische Front
Image illustrative de l’article Front patriotique (Autriche)
Logotype officiel.
Présentation
Chef Engelbert Dollfuss (1933-1934)
Ernst Rüdiger Starhemberg (1934-1936)
Kurt Schuschnigg (1936-1938)
Fondation
Fusion de  • Parti chrétien-social
 • Landbund (en)
 • Heimwehr
Disparition
Siège Am Hof 3/4, Vienne, Drapeau de l'Autriche Autriche
Directeur général Pankraz Kruckenhauser (1933)
Otto Kemptner (1933–1934)
Secrétaire général Karl Maria Stepan (1934)
Walter Adam (1934–1936)
Guido Zernatto (1936–1938)
Slogan « Autriche, réveille-toi ! »
Österreich, erwache![1]
Religion Catholicisme
Organisation de jeunesse Österreichisches Jungvolk (en)[2]
Organisation paramilitaire Sturmkorps
Organisation récréative Neues Leben[3]
Organisation féminine Frauenreferat
Organisation salariale Soziale Arbeitsgemeinschaft
Positionnement Droite[4] à extrême droite
Idéologie Austrofascisme
 • Nationalisme autrichien (en)
 • Doctrine sociale de l'Église catholique
 • Conservatisme social
 • Conservatisme autoritaire
 • Catholicisme politique (en)
 • Fascisme clérical
 • Corporatisme fasciste
 • Antilibéralisme
 • Anticommunisme
 • Antisocialisme
 • Anti-anarchisme
Adhérents 3 000 000 (1937)[5]
Couleurs Rouge, blanc, vert

Le Front patriotique (en allemand : Vaterländische Front, abrégé en VF) était un parti politique autrichien de droite ou d'extrême droite. Fondé par le chancelier Engelbert Dollfuss durant la période de la Première République en 1933, il prônait le nationalisme autrichien (« austrofascisme ») et l'indépendance vis-à-vis de l'Allemagne nazie sur la base de la protection de l'identité religieuse catholique de l'Autriche[6].

Drapeau du Front patriotique.

HistoireModifier

À la fin de la Première Guerre mondiale, en 1918, l'empire multi-ethnique d'Autriche-Hongrie sous le règne des Habsbourg s'est dissous. Lors de la phase de la Première République, trois camps politiques se sont formés : les sociaux-démocrates (SDAP), les sociaux-chrétiens (CS), et les nationalistes allemands (GDVP). Le social-démocrate Karl Renner fut premier chancelier fédéral ; dès 1920, une coalition des sociaux-chrétiens et des nationalistes gouverna.

 
Dollfuss prononçant un discours lors d'un rassemblement du Front patriotique à Vienne, .

Engelbert Dollfuss (CS), désigné chancelier le , a formé un nouveau gouvernement avec le parti des paysans (Landbund) et le Heimatblock, le bras politique du groupuscule paramilitaire nationaliste Heimwehren. Sa coalition dispose au Conseil national d'une majorité d'une seule voix. En même temps, l'Autriche a été frappée par la Grande Dépression et la principale banque Creditanstalt a dû être sauvée de la faillite par un grand emprunt d'État. De nombreuses protestations émanent, également avancées par certains membres de la coalition. Le , Dollfuss a profité d'une crise réglementaire au parlement pour faire un coup d'État juridique : une interdiction de rassemblement du empêche le Conseil national de se réunir ; ci-après, le gouvernement a continué à recourir aux ordonnances d'urgence.

Le , Adolf Hitler et le parti nazi avaient pris le pouvoir en Allemagne. Devant les tentatives d'une annexion (Anschluss) de l'Autriche, Dollfuss opère un rapprochement avec l'Italie fasciste et la dictature de Benito Mussolini. Le journal Wiener Zeitung a publié dans son numéro du l'appel de Dollfuss pour la fondation du Front patriotique par une fusion du Parti social-chrétien, de la Heimwehr ainsi que d'autres groupes conservateurs. Le nouveau rassemblement était destiné à réunir tous les « Autrichiens fidèles » sous la même bannière. Après l'interdiction de tous les autres partis politiques lors de la guerre civile autrichienne en 1934, le Front patriotique a tenu une position de monopole sur l'échiquier politique autrichien avec des sympathisants à la fois civils et militaires.

En dépit des efforts de Dollfuss, le Front patriotique n'est jamais devenu un mouvement de masse. Ainsi, à la fin de l'année 1937, il comptait trois millions de membres[7] (sur une population totale de 6,5 millions d'habitants), mais il ne put pourtant pas gagner l'appui de ses adversaires politiques (les cercles du Parti social-démocrate d'Autriche et du Parti nazi).

Le parti a été interdit par les nazis après l'Anschluss (annexion de l'Autriche par l'Allemagne) en .

Le rôle du Front patriotique a été un point litigieux dans l'historiographie autrichienne d'après-guerre. Alors que les historiens de gauche le considèrent comme l'exposant d'une variante autrichienne et catholique du fascisme et le rendent responsable de l'échec de la démocratie en Autriche, les auteurs conservateurs soulignent ses crédits dans la défense de l'indépendance du pays et de l'opposition au nazisme[8]. La Ligue des soldats du front juif (Bund Juedischer Frontsoldaten), la plus grande des organisations paramilitaires de défense juifs actifs en Autriche à l'époque, fut incorporée au Front patriotique[9].

SymbolesModifier

Le symbole du Front patriotique était la croix potencée (Kruckenkreuz), et son salut était le Front heil!.

Articles connexesModifier

Notes et référencesModifier

  1. Barbara Jelavich, Modern Austria: Empire and Republic, 1815-1986, Cambridge University Press, , p. 200
  2. Johanna Gehmacher: youth without a future. Hitler Youth and the Federation of German Girls in Austria before 1938, Picus, Vienna 1994, (ISBN 3-85452-253-3), pp. 401–420 (dissertation Uni Wien 1993, under the title: National Socialist Youth Organizations in Austria, 479 pages).
  3. Pyrah, Enacting Encyclicals? Cultural Politics and 'Clerical Fascism' in Austria, , 160 p.
  4. « 1934 to 1938: Ständestaat in the Name of "God, the Almighty" », sur City of Vienna, City of Vienna (consulté le 3 novembre 2019) : « "His politics were supported by the Fatherland Front, a reservoir for nationalist, Christian and generally right-wing conservative forces." »
  5. Stanley G. Payne, A History of Fascism, 1914–1945, University of Wisconsin Press, (lire en ligne), 249
  6. Atsuko Ichijō, Willfried Spohn. Entangled identities: nations and Europe. Ashgate Publishing, Ltd., 2005. pp. 61.
  7. Stanley G. Payne, A History of Fascism, 1914–1945, University of Wisconsin Press, , p. 249
  8. Emmerich Tálos et Wolfgang Neugebauer, Austrofaschismus: Politik, Ökonomie, Kultur, 1933-1938, Lit Verlag, , 7th éd., 1–2 p., « Vorwort »
  9. Unknown Unknown, « Modern Era >> Anti-Semitism », sur Jewish Communities of Austria, National Fund of the Republic of Austria for Victims of National Socialism (consulté le 9 novembre 2019)