Fritz Julius Kuhn

Américain pro-nazi, leader du German American Bund

Fritz Julius Kuhn, né le et décédé le est un nazi américain et dirigeant du Bund germano-américain, une organisation pro-nazie de l'entre-deux-guerres. Naturalisé citoyen des États-Unis , c'était un fidèle partisan du Troisième Reich.

Fritz Julius Kuhn
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Fritz Julius Kuhn en 1938.
Biographie
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Conflit

BiographieModifier

Enfance, études et citoyennetéModifier

Fritz Julius Kuhn est le fils de Georg Kuhn et Beuth Justyna Julia ; il naît en Allemagne. Au cours de la Première Guerre mondiale, il obtient la Croix de fer en servant comme lieutenant d'infanterie. Après la guerre, il s'engage dans les Freikorps dans une unité qui est sous la férule de Franz Ritter von Epp puis en 1921 entre au parti nazi[1]. Il étudie et sort diplômé en 1922 de l'université Louis-et-Maximilien de Munich avec une maîtrise en génie chimique. En mai 1923, il se marie et part s'installer au Mexique. Il travaille comme chimiste de laboratoire dans la Corona Oil Company. En mai 1928, il s'installe aux États-Unis et, en 1934, il est naturalisé citoyen des États-Unis.

Les Amis de la Nouvelle-AllemagneModifier

Après que l'enquête conduite par le représentant de New York Samuel Dickstein conclut que l'organisation fondée par Fritz Julius Kuhn, les Amis de la Nouvelle-Allemagne est une branche américaine du NSDAP, le chancelier allemand Adolf Hitler, qui ne veut au contraire pas y être associé, invite tous les ressortissants allemands à se retirer de l'organisation. Le , Adolf Hitler place Fritz Kuhn à la tête d'une nouvelle organisation, plus efficace, rebaptisée Bund germano-américain[réf. nécessaire].

Le Bund germano-américainModifier

Fritz Kuhn enrôle alors des milliers d'Américains dans cette organisation de propagande antisémite, anticommuniste et pro-allemande. Une de ses premières actions est de planifier un voyage en Allemagne avec cinquante de ses partisans américains. Le but est alors d'obtenir une audience de la part d'Hitler.

À cette époque, en 1936, l'Allemagne se prépare à accueillir les Jeux olympiques. Fritz Kuhn prévoit un accueil chaleureux à l'égard du chancelier, mais la rencontre est décevante. Cela ne l'empêche pas de développer son prosélytisme et de revenir aux États-Unis conforté, selon-lui, par Hitler, par le statut de « Führer américain ».

Le , Fritz Kuhn tient le rassemblement le plus important et médiatisé de l'histoire du Bund au Madison Square Garden. Vingt-deux mille personnes y participent et assistent à une cérémonie comportant un défilé nazi et un discours prononcé par Fritz Kuhn. Il déclare : « Le gouvernement fédéral se bat au coude à coude avec les Américains patriotes pour protéger l'Amérique d'une race qui n'est pas la race américaine, qui n'est même pas une race blanche… Les Juifs sont les ennemis des États-Unis ». Lors de ce discours, un manifestant se jette sur scène et doit être évacué par les services de sécurité[2].

Sa popularité augmente au même titre qu'une irritation de la part des Juifs américains ainsi que des Germano-Américains, ces derniers ne voulant pas être associés avec les nazis. Ces protestations ont été parfois violentes. En réponse à l'indignation des anciens combattants juifs, le Congrès adopte en 1938 une loi exigeant des agents étrangers qu’ils s’enregistrent auprès du Département d'État. Cette image négative des nazis américains ne plaisait pas à Hitler, qui souhaitait une organisation forte, mais discrète. En effet, dans ses plans d'invasion européenne, Hitler savait qu'il avait besoin de la neutralité des États-Unis pour entrer sereinement en guerre. D'autre part, Fritz Kuhn cherchait plus à remuer l'attention des médias et provoquer qu'à vraiment constituer un soutien politique pour le NSDAP.

En 1939, cherchant à paralyser le Bund, le maire de New York, Fiorello La Guardia, diligente une enquête financière sur l'organisation. Il constate que Fritz Kuhn avait détourné plus de 14 000 dollars destinés au gouvernement fédéral, au profit de sa maîtresse. Le procureur du district, Thomas Edmund Dewey, émet une mise en accusation contre Fritz Kuhn, qui est déclaré coupable. En dépit de sa condamnation pénale pour détournement de fonds, les militants ont continué de le tenir en haute estime, en accord avec les préceptes hiérarchiques indiscutables hérités du NSDAP, principes communs à tous les nazis.

Seconde Guerre mondialeModifier

Au cours de la Seconde Guerre mondiale, Fritz Kuhn est arrêté comme agent de l'ennemi, et détenu par le gouvernement fédéral dans un camp d'internement à Crystal City (Texas). En 1945, il est libéré, envoyé à Ellis Island, et déporté en Allemagne. Il souhaite revenir aux États-Unis, mais sans succès.

DécèsModifier

Il décède le , à Munich (Allemagne). Le New York Times indique dans sa rubrique nécrologique le décès d'un « pauvre et obscur chimiste ».

Controverse de 2010Modifier

Le , le journaliste Glenn Beck fait un commentaire télévisuel, où, mettant cependant en garde son public contre des gens comme Fritz Kuhn, cite un de ses discours de 1939, appelant à une « justice sociale américaine pour les Blancs ». Beck appelle les chrétiens à quitter leurs églises, s'ils y entendent des prêches concernant la justice sociale ou économique, disant qu'il s'agissait de mots de code pour le communisme et le nazisme.

Galerie de photosModifier

Dans la fictionModifier

Dans l'épisode 1 de la saison 2 de la série télévisée The Man in the High Castle figure un lycée Fritz Julius Kuhn.

RéférencesModifier

  1. Arnie Bernstein Swastika nation: Fritz Kuhn and the rise and fall of the German-American Bund p. 16 ed. St.Martin's Press 2013 (ISBN 978-1-250-00671-4)
  2. L'histoire du plombier juif qui a interrompu 22.000 nazis à New York en 1939 Slate.fr, Claire Levenson, 19 octobre 2017.

Article connexeModifier

SourcesModifier