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Friedl Dicker-Brandeis

artiste peintre du Bauhaus et une enseignante autrichienne.
Friedl Dicker-Brandeis
Description de cette image, également commentée ci-après
Friedl Dicker-Brandeis en 1936
Nom de naissance Frederika Dicker
Alias
Friedl
Naissance
Vienne
Décès (à 46 ans)
Auschwitz
Nationalité Autrichienne
Pays de résidence Drapeau de l'Autriche Autriche, Drapeau de la République tchèque République tchèque
Activité principale

Frederika Dicker-Brandeis, dite Friedl Dicker-Brandeis, née le à Vienne et morte le à Auschwitz, est une artiste peintre et une enseignante autrichienne.

Sommaire

Éléments biographiquesModifier

Frederika Dicker naît à Vienne, en Autriche, en 1898. Ses parents sont Simon Dicker et Karolina Fanta. Sa mère meurt en 1902. Entre 1909 et 1912, elle fréquente une école secondaire pour filles à Vienne, où commencent à s'épanouir sa personnalité vive et excentrique et son talent pour l'art. Son père favorise sa vocation en travaillant dans une papeterie pour lui financer l'exercice de son art.

EN 1911, elle étudie la photographie et le graphisme. En 1915, elle s'inscrit à l'Académie des beaux-arts de Vienne où elle se spécialise en art textile et en broderie. Elle y est l'élève de Franz Cižek ; le peintre tchèque lui enseigne la relation entre l'art et la pédagogie de l'enfance.

De 1916 à 1919, Friedl Dicker est l'élève de Johannes Itten au sein de son école privée à Vienne. Elle le suit ensuite à Weimar pour apprendre et enseigner au Bauhaus. Elle s'y investit de 1919 à 1923 dans le dessin textile, la gravure, la reliure et prend part à des ateliers de typographie.

En 1923, elle quitte le Bauhaus pour s'installer avec son compagnon, Franz Singer, à Berlin, où ils montent un atelier de beaux-arts.

En 1934], l'une de ses élèves est Edith Kramer qui enseignera plus tard l'art-thérapie. Cette même année, ayant pris part à une manifestation antifasciste, elle est arrêtée. L'atelier qui avait acquis une réputation nationale et même internationale est fermé et le couple décide d'émigrer en Tchécoslovaquie où il adhère aux mouvements communistes et continue de prendre part à des manifestations anti-fascistes.

En 1936, Friedl est sur les traces de sa famille maternelle qu'elle ne connaît pas. Elle retrouve une tante et trois cousins, Otto, Bedrich et Pavel. Elle tombe amoureuse de ce dernier, met un terme à sa relation avec Franz Singer et épouse Pavel Brandeis la même année, prend le nom de Brandeisova et acquiert la nationalité tchécoslovaque. le couple s'installe à Hronov et est engagé par une entreprise textile, lui comme comptable, elle comme dessinatrice textile. Elle conserve cependant l'enseignement et poursuit son étude des liens entre l'art, la philosophie, la pédagogie et donne des cours de dessin à des enfants juifs.

En 1939, ils perdent leur emploi et son contraints de s'installer dans le village de Žďárky où Pavel travaille comme charpentier.

Seconde Guerre mondialeModifier

 
L'entrée du camp de concentration de Theresienstadt.

En 1940, elle écrit à un ami :

« Je me souviens avoir songé lorsque j'étais à l'école comment je me comporterais une fois adulte pour protéger mes étudiants des impressions désagréables, de l'incertitude, des apprentissages décousus. […] Aujourd'hui, une seule chose me semble importante pour préserver l'élan créatif, c'est d'en faire un art de vivre et d'enseigner comment dépasser les difficultés qui sont insignifiantes en regard des objectifs que vous poursuivez[1]. »

Le couple vit à Žďárky jusqu'en , date à laquelle, son mari et elle sont déportés au camp de Theresienstadt. Durant son séjour, elle y donne des leçons d'art et des conférences. Elle aide à mettre sur pied en secret des classes pour poursuivre l'éducation des enfants à Theresienstadt : la maison d'enfants L 410. Elle envisageait l'art et le dessin comme une manière pour les enfants de comprendre leurs émotions et leur environnement. En ce sens, elle pratiquait une forme d'art-thérapie.

En , Pavel Brandeis est transféré à Auschwitz ; Friedl se porte alors volontaire pour le rejoindre par le prochain transport. Avant de partir, elle remet à la principale enseignante de l'école des filles, Raja Engländerova, deux valises contenant 4 500 dessins dont ceux de la petite Hanna Brady.

Friedl Dicker-Brandeis est assassinée par les nazis au camps d'extermination d'Auschwitz, le [2].

PostéritéModifier

 
Dessin réalisé par Tomas Kauders (9 ans et demi), né le 9 juin 1934 et assassiné à Auschwitz le .

Après la guerre, Willy Groag, le directeur de l'école des filles L 410 confie les valises contenant les dessins à la communauté juive de Prague. Sur les 660 auteurs de dessins, 550 périrent durant la Shoah. Les dessins sont aujourd'hui conservés par le musée juif de Prague et certains sont exposés à la synagogue Pinkas à Prague.

En 1999, une exposition consacrée à Friedl Dicker-Brandeis fut organisée par le Centre Simon-Wiesenthal. Organisée par Elena Makarova d'Israël, l'exposition itinérante fut montrée en République Tchèque, en Allemagne, en Suède, en France, aux États-Unis et au Japon. Daisaku Ikeda, le fondateur du museum d'art Fuji à Tokyo qui fut la cheville ouvrière pour accueillir l'exposition au Japon dira :

« Les travaux artistiques variés laissés par cette grande dame et par les enfants de Terezin sont leurs legs au présent pour chacun d'entre nous. Ils nous invitent à continuer notre quête d'une société qui chérit la vie humaine en transcendant toutes les différences de races, de religion, de politique et d'idéologie. Cela reste mon espoir le plus profond que cette exposition soit un moment d'introspection pour ceux qui la verront, un moment pour réaffirmer l'importance de nos droits en tant qu'être humain et la valeur de la vie en elle-même[Notes 1]. »

Notes et référencesModifier

NotesModifier

  1. « The various artworks left behind by this great woman and the children of Terezin are their legacy to the present, to all of us today. They demand that we continue in our quest for a society that truly treasures human life, transcending all differences of race, religion, politics and ideology. It remains my heartfelt hope that this exhibit may provide a moment of introspection for its viewers, a moment for us to reaffirm the importance of our rights as human beings and the value of life itself. »

RéférencesModifier

  1. Julie Salamon, Keeping Creativity Alive, Even in Hell.
  2. (cs) Eric Sterling, Life in the ghettos during the Holocaust, Syracuse University Press, (ISBN 978-0-8156-0803-5, lire en ligne), p. 196.

AnnexesModifier