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Église de Remonstrants à Groningue.
Église de Remonstrants à Friedrichstadt (Schleswig-Holstein).

La Fraternité remonstrante est un mouvement protestant fondé en Hollande à la fin du XVIe siècle par Jacobus Arminius. Elle est membre de l'Alliance réformée mondiale.

Sommaire

HistoireModifier

FondationModifier

En formulant l'arminianisme, Jacobus Arminius se met en désaccord par rapport à Calvin sur la prédestination.

Il défend le libre examen comme supérieur aux doctrines des Églises établies. En cela, il se montre un précurseur du libéralisme théologique, notamment du protestantisme libéral. D'abord nommés « arminiens », ses partisans soumirent une « remonstrance » aux gouvernements et aux Assemblées de Frise et de Hollande afin d'obtenir plus de tolérance à leur égard, en particulier de la part des « gomaristes » (du nom de François Gomar). D'où le nom de « remonstrants ».

InstitualisationModifier

Simon Bischop (dit Episcopius) gagne l'appui de Maurice de Nassau à la suite de la décision de Johan van Oldenbarnevelt, grand pensionnaire (gouverneur) de Hollande. Après l'exécution de Johan van Oldenbarnevelt et le Synode de Dordrecht (1618-1619), Bischop est destitué et doit s'exiler avec douze ministres du culte sous l'accusation de semi-pélagianisme[1].

Il rédige alors la Confession des remonstrants, qui sert de base à l'église remonstrante depuis son retour aux Pays-Bas en 1626.

  1. S'opposent à la prédestination absolue (de Calvin).
  2. D'abord que le Salut est donné par le Christ pour toute l'humanité, quoique seuls les croyants puissent en bénéficier. Ultérieurement le Salut est gratuit et universel,
  3. L'homme pour exercer sa foi doit être régénéré par l'Esprit Saint, qui est un don de Dieu.
  4. L'homme peut résister à la grâce divine.
  5. L'homme peut rechuter malgré la grâce

Antipredestinatienne, sa théologie subit l'influence de l'œuvre de Sébastien Castellion. C'est au cours de discussions avec les remonstrants que Baruch Spinoza élabora son traité théologico-politique.

LibéralismeModifier

Avec Petrus Hofstede de Groot (1802-1886), le mouvement évolue dans un sens libéral.[réf. nécessaire]

Sa théologie eut une large audience en Europe, ce qui est caractéristique de la phase romantique de l'humanisme chrétien ; aux Pays-Bas, ce courant de pensée est représenté par les « théologiens de Groningue », ceci depuis 1830.

De Groot résume le propos de ce mouvement dont il est le leader en écrivant que « le plus important dans le christianisme est la révélation et l'éducation comme étant données par Dieu en Jésus-Christ, de manière à nous rendre de plus en plus semblables à Dieu ». Les « Groningers » rejettent le dogme de la Trinité, de la prédestination et de la justice expiatoire de Dieu. Ils reconnaissent la double nature divine et humaine et la capacité de l'homme à accomplir la volonté de Dieu avec Son aide.

Pour eux, la crucifixion de Jésus fut une révélation de l'amour de Dieu, de la perfection de Jésus et de la culpabilité des hommes, afin de les amener à être admiratifs devant Jésus. Contrairement à la position d'Anselme de Cantorbéry sur la réconciliation, les « Groningers » pensent que Dieu n'a pas envoyé son fils dans le monde pour qu'il meure afin d'expier le péché des hommes mais pour qu'il les fasse naître à Dieu. C'est la méchanceté des hommes qui a entraîné la crucifixion de Jésus ; les hommes ont besoin du pouvoir moral, refondateur de la croix pour être conduits à Dieu.

Confession des remonstrantsModifier

Article 1Modifier

Ce Dieu, par un but éternel et immuable en Jésus le Christ son fils, avant la fondation du monde, a déterminé, de sauver dans la race déchue et pécheresse des hommes ceux qui, en Christ et par le Christ par la grâce du Saint-Esprit, croiront son fils Jésus, et persévéreront dans cette foi et dans l'obéissance à la foi, par cette grâce, même en situation extrême ; et, d'autre part, pour laisser l'incorrigible et l'incroyant dans le péché et sous sa colère, et pour les condamner comme éloignés du Christ, selon la parole de Jean 3:36 : « Celui qui croit au Fils a la vie éternelle ; celui qui ne croit pas au Fils ne verra point la vie, mais la colère de Dieu demeure sur lui », et selon d'autres passages d'Écriture également.

Article 2Modifier

C'est par sa volonté, que Jésus le Christ le Sauveur du monde, est mort pour tous les hommes et pour chaque homme, en sorte qu'il ait obtenu pour eux tous, par sa mort sur la croix, le rachat et la rémission des péchés; pourtant personne n'apprécie réellement cette rémission des péchés excepté le croyant, selon la parole de l'évangile de Jean 3:16, « Car Dieu a tant aimé le monde qu'il a donné son Fils unique, afin que quiconque croit en lui ne périsse point, mais qu'il ait la vie éternelle. » Et dans la Première Épître de Jean 2:2 : « Il est lui-même la victime expiatoire pour nos péchés, et non seulement pour les nôtres, mais aussi pour ceux du monde entier. »

Article 3Modifier

Que l'homme n'a la grâce suffisante pour se sauver lui-même, ni par l'énergie de son libre arbitre, puisque dans l'état d'apostasie et du péché, il ne peut tout seul ni une pensée, ni une volonté, ni quoi que ce soit de vraiment bon (comme la foi salvatrice l'est éminemment) ; encore est-il nécessaire qu'il soit soutenu de Dieu en Christ, par son Esprit Saint, et renouvelé dans sa compréhension, inclination, ou volonté, et tous ses pouvoirs, pour qu'il puisse correctement comprendre, penser, faire ce qui est vraiment bon, selon la parole du Christ, Jean 15:5 : « Je suis le cep, vous êtes les sarments. Celui qui demeure en moi et en qui je demeure porte beaucoup de fruit, car sans moi vous ne pouvez rien faire. »

Article 4Modifier

Que cette grâce de Dieu est le commencement, la continuation, et l'accomplissement de tout le bien, même jusqu'à ce degré, que l'homme régénéré lui-même, sans sa providence, son aide, son réveil, le suivi de cette grâce coopérative, ne peut rien penser de bon, ni résister à toutes les tentations du mal ; en sorte que tous les bonnes actions ou mouvements, parmi ceux qui puissent être conçus, doivent être attribués à la grâce de Dieu en Christ mais du fait du mode d'opération de cette grâce, elle n'est pas irrésistible ; comme beaucoup l'écrivent; certains résistent au saint Esprit comme le montre Actes 7, et beaucoup d'autres endroits.

Article 5Modifier

Que ceux qui sont incorporés au Christ par une vraie foi, et qui deviennent ainsi participants de son Esprit qui donne la vie, ont ainsi tout pouvoir pour lutter contre Satan, le péché, le monde et leur propre chair, et pour remporter la victoire, être bien compris que c’est toujours avec la grâce d’assistance du Saint-Esprit ; et que Jésus-Christ les assiste par son Esprit dans toutes les tentations, leur tend la main, et si seulement ils sont prêts au conflit, et désirent son aide, sans être inactifs, les empêchent de tomber, de sorte qu’ils, ni par la ruse ou le pouvoir de Satan, ne peuvent être induits en erreur, ni retirés des mains du Christ, selon la parole du Christ, Jean 10:28 : « Personne ne les ravira de ma main. » Mais s’ils sont capables, par négligence, d’abandonner à nouveau les premiers débuts de leur vie en Christ, ou de revenir à ce monde diabolique actuel, ou de se détourner de la sainte doctrine qui leur a été délivrée, ou de perdre une bonne conscience, ou de devenir dépourvu de grâce, cela doit être plus particulièrement déterminé à partir des Saintes Écritures avant de pouvoir l’enseigner avec la pleine persuasion de notre esprit.

Ces articles, ainsi déterminés et enseignés, les remonstrants les considèrent comme étant en accord avec la Parole de Dieu, tendant à l'édification, et, en ce qui concerne cet argument, suffisants pour le Salut, de sorte qu'il ne soit pas nécessaire ou édifiant de chercher plus loin ou de creuser plus profond.

Confession de foi de 2006Modifier

En 2006, la fraternité remonstrante adopta une nouvelle confession de foi dont voici le texte :

Nous comprenons et acceptons Que la paix de l’âme ne se trouve pas dans la confession de certitudes Mais dans l’émerveillement devant ce qui nous arrive et nous est donné.Nous comprenons et acceptons Que la vocation de l’homme n’est point l’indifférence et la cupidité Mais l’attention pour l’autre et la solidarité entre toutes les créatures. Nous comprenons et acceptons Que l’existence de l’homme ne s’accomplit pas Grâce à ce qu’il est ou à ce qu’il possèdeMais grâce à ce qui est infiniment plus grand Que ce qui peut se concevoir. Fidèles à cette vision, nous croyons en l’Esprit de Dieu Qui surpasse toutes les divisions humaines Et fait tendre l’homme vers ce qui est sacré et bon, Afin que dans le chant et le silence, La prière et l’action, Il honore et serve Dieu.Nous croyons en Jésus, un homme rempli de l’Esprit de Dieu, Visage de Dieu qui nous regarde et nous dérange. Son amour pour l’homme l’ a mené à la croix Mais il est vivant, au delà de sa propre mort et de la nôtre. Exemple sacré de sagesse et de courage, Il nous rapproche de l’éternel amour de Dieu.Nous croyons en Dieu, l’Eternel, Amour insondable et fondement de notre existence, Lui qui nous montre le chemin de la liberté et de la justice, Et nous invite à un avenir de paix. Nous croyons que nous-mêmes, Faibles et faillibles comme nous sommes, Sommes appelés à constituer l’Eglise, signe d’espérance en union avec le Christ et avec tous ceux qui croient.Car nous croyons en l’avenir du monde et de Dieu, En cette patience divine qui nous offre Le temps de vivre, de mourir et de ressusciter Dans le Royaume présent et à venir, où Dieu sera pour l’éternité Tout en tous.A Dieu louange et honneur Maintenant et pour l’éternité.Amen

Remonstrants renommésModifier

Notes et référencesModifier

Voir aussiModifier

Liens externesModifier