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F. Scott Fitzgerald

écrivain américain
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F. Scott Fitzgerald
Description de cette image, également commentée ci-après

F. Scott Fitzgerald en 1937, photo de Carl Van Vechten.

Nom de naissance Francis Scott Key Fitzgerald
Alias
Paul Elgin (pour certaines nouvelles)
Naissance
Saint Paul, Minnesota, Drapeau des États-Unis États-Unis
Décès (à 44 ans)
Hollywood, Californie, Drapeau des États-Unis États-Unis
Activité principale
Écrivain
Auteur
Langue d’écriture anglais
Mouvement Génération perdue
Genres

Œuvres principales

Signature de F. Scott Fitzgerald

Francis Scott Key Fitzgerald, né le [1] à Saint Paul (Minnesota) et mort le à Hollywood, est un écrivain américain.

Chef de file de la Génération perdue[2] et représentant de l'Ère du Jazz, il est aussi celui qui lance la carrière d'Ernest Hemingway. Il se marie en 1920 avec Zelda Sayre, une jeune fille du Sud qui sera son égérie (et l'auteur d'un roman autobiographique : Accordez-moi cette valse, publié en 1932). Ils ont une fille, Frances Scott Fitzgerald, qu'ils surnomment « Scottie ».

Sommaire

BiographieModifier

Origine et enfanceModifier

Francis Scott Key Fitzgerald naît le dans une famille de la petite bourgeoisie de Saint Paul, capitale du Minnesota. Ses trois prénoms lui sont donnés en hommage à son lointain parent Francis Scott Key qui est le parolier de l'hymne national américain, The Star-Spangled Banner.

Son père, Edward Fitzgerald, est d'origine relativement modeste ; né dans une ferme du Maryland, il s'est installé à Saint Paul après son mariage. À la naissance de son fils, il y exerce comme directeur d'une manufacture de meubles qui fait faillite deux ans plus tard. Engagé ensuite par Procter & Gamble, il est un commis-voyageur sans ambition, vu comme un "raté" par Scott[réf. nécessaire]. Sa mère, Mary (Mollie) McQuillan, est l'une des trois filles d'un homme d'affaires d'origine irlandaise ayant fait fortune grâce à l'expansion économique qu'entraîne la Guerre de Sécession ; élevée au couvent de la Visitation de Saint-Paul puis à New York, elle parcourt également l'Europe pour parfaire une éducation soignée.

Dans les mois qui précédent la naissance de Scott, Edward et Mollie voient leurs deux filles, de un et trois ans, mourir prématurément. L'écrivain y fait allusion dans son registre, quarante ans plus tard :

« Eh bien, trois mois avant ma naissance, ma mère perdit ses deux autres enfants et je pense que ce double décès est la première chose qui m'advint, bien que je ne sache pas exactement comment. Je pense que c'est à partir de ce moment-là que je commençai à être un écrivain[3]. »

Une troisième fille meurt à la naissance en 1900, mais l'année suivante, Annabelle voit le jour à New York. En 1908 la famille revient s'installer à Saint-Paul, sans parvenir à trouver une stabilité financière et sociale. Cependant, les déconvenues professionnelles d'Edward sont compensées par l'argent hérité par Mollie. Ainsi, le jeune Scott devient l'élève de l'école privée Saint-Paul Academy. Rapidement impopulaire, il rêve de gloire tout en se considérant comme différent des autres garçons. Lecteur éclectique et assidu, il commence à écrire des poèmes et des nouvelles qu'il publie dans le journal de l'établissement huppé où il est inscrit en 1911 : l'école Newman dans le New Jersey. C'est là qu'il rêve d'entrer dans une des toutes meilleures universités du pays : Princeton, où le jeune Scott connaîtra ses premières grandes désillusions[1].

Formation à PrincetonModifier

Sa prétention et son immaturité l'excluent rapidement de l'impitoyable société estudiantine, alors que ses efforts pour intégrer l'équipe de football de l'université se révèlent vains : cet échec le marquera toute sa vie. Ce n'est que lors de sa deuxième année dans le New Jersey que le futur écrivain parvient à se faire des amis, ainsi qu'une place dans les journaux de l'université. Accompagné de Edmund Wilson et John Peale Bishop (en), Scott participe ainsi à l'écriture d'une comédie musicale du Princeton Triangle Club et offre sa plume au magazine humoristique Princeton Tiger et au Nassau Literary Magazine... Reste que Butler, Byron, Coleridge et Keats deviennent vite trop envahissants. Scott néglige ses études au profit de la poésie, et quitte Princeton sans en être diplômé.

Vie et œuvreModifier

 
F. Scott Fitzgerald en 1921, par Gordon Bryant pour Shadowland magazine

L'armée qui est la plus à même de réaliser ses rêves de gloire. Il s'y engage en 1917, à l'entrée en guerre des États-Unis lors de la Première Guerre mondiale et, en juin 1918, est envoyé à Camp Sheridan, près de Montgomery, en tant que sous-lieutenant. C'est là qu'il tombe amoureux de l'excentrique Zelda Sayre, dix-huit ans mais déjà pleine d'esprit[non neutre]. C'est pour la conquérir qu'il écrit l'ébauche de ce qui sera son premier roman : Le Romantique Égotiste. Rejeté deux fois par Maxwell Perkins, il est finalement accepté en juillet 1919 sous le titre de L'Envers du paradis, et paraît en librairie le [1]. Le roman connaît un énorme succès et fait de son auteur le représentant de toute une génération, celle de l'Ère du Jazz. Les retombées financières permettent à l'écrivain d'épouser Zelda[1].

Comme nombre de leurs compatriotes, Francis Scott Fitzgerald et sa femme décident de tirer profit du dollar fort et émigrent en France , à Paris et sur la Côte d'Azur, où ils fréquentent l'hôtel du Cap et Eden Roc à l'été 1922, puis les villas "America", "Paquita" et Eilenroc avant la villa Saint-Louis.

 
Zelda Fitzgerald en 1922, par Gordon Bryant pour Shadowland magazine

Après Beaux et damnés qui est un roman déjà très représentatif de son auteur, Fitzgerald écrit sur la Côte d'Azur ce qui est considéré comme son chef-d'œuvre, Gatsby le Magnifique, dont il fait lire le manuscrit à Ernest Hemingway à la terrasse de La Closerie des Lilas, une brasserie huppée de Montparnasse ; et le jeune journaliste d'alors est enthousiaste. Maxwell Perkins, des éditions Scribner (qui publient Fitzgerald depuis ses débuts), aussi, d'ailleurs : enchanté par le style de l'écrivain, il se met à rêver d'une grande destinée pour le roman. À la parution de Gatsby le Magnifique, en avril 1925, malgré les bonnes critiques, les ventes ne décollent pas, même si elles lui rapportent la jolie somme de 28 000 dollars. Cela ne satisfait guère l'écrivain, qui est forcé de continuer à écrire des nouvelles, que le Saturday Evening Post et d'autres journaux lui achètent encore un bon prix. Gatsby, ruiné, n'en devenait pour autant ni riche ni pauvre comme Nick : Fitzgerald le montre comme un riche par essence se trouvant pauvre plutôt par accident et de façon provisoire: la fortune lui reviendra vite tandis que Nick, lui, ne quitte jamais vraiment sa condition initiale malgré quelques gains momentanés. Une grande partie des nouvelles ultérieures portera en filigrane ce même message, à un point que mentionneront tous les commentateurs de Fitzgerald : Les riches sont différents. Même dans une nouvelle sentimentale comme Trois heures entre deux avions, le souci d'afficher comme d'évaluer un statut social est décrit sans complaisance.

Les dernières annéesModifier

 
La tombe de Zelda et Scott à Rockville, Maryland, avec la dernière phrase de Gatsby le Magnifique gravée dans la pierre : « Car c'est ainsi que nous allons, barques luttant contre un courant qui nous ramène sans cesse vers le passé. »

Trop d'excès amènent à une fin rapide[non neutre]. Après l'aventure de Zelda avec Édouard Jozan, aviateur français rencontré sur la Riviera, Francis Scott perd sa bonne humeur et devient invivable. Et son succès, quoique très relatif commercialement, relègue Zelda à un rôle secondaire en totale contradiction avec sa nature. Les tentatives de Zelda pour atteindre la célébrité - peinture, danse, littérature - sont méritoires[non neutre] mais se révèlent vaines, et sa schizophrénie apparaît.

Dès la fin de 1926 Scott est appelé à Hollywood et Zelda commence à perdre la tête : elle entend désormais parler les fleurs, ce qui oblige son mari à entamer une tournée des cliniques psychiatriques, une situation qui va rendre les dernières années de l'écrivain aussi coûteuses que déprimantes. Entre les visites à sa femme (Fitzgerald fait interner Zelda en Suisse, puis à Asheville ; toujours dans les meilleures cliniques), son propre alcoolisme, les dépressions et les soucis financiers (lire le recueil de nouvelles : La Fêlure ; et la déchirante nouvelle du même nom), Scott Fitzgerald parvient toutefois - au bout de neuf ans - à écrire Tendre est la nuit, aujourd'hui considéré comme son chef-d'œuvre. Les meilleurs livres de Fitzgerald sont ceux qui se vendent le moins bien, et celui-ci ne fait pas exception[non neutre].

À Paris, le couple vit au no 58 rue de Vaugirard entre avril et octobre 1928. Entre 1928 et 1929, ils sont entre Nice et Paris. Ils s'installent ensuite au 10 rue Pergolèse entre 1929 et 1931. C'est à Hollywood le 21 décembre 1940 que Scott Fitzgerald meurt d'une crise cardiaque[1]alors qu'il exerce la profession de scénariste, qu'il déteste. Il laisse le fort prometteur Dernier Nabab inachevé.

Sa femme meurt quelques années plus tard dans l'incendie qui ravage le sanatorium d'Asheville, où elle est internée[1],[4]. Le temps a fait de Fitzgerald l'émouvante incarnation du talent gâché et incompris[non neutre].

ŒuvresModifier

  • (fr+en) F. Scott Fitzgerald (trad. Suzanne Mayoux), Nouvelles américaines [« How to Live on $36,000 a Year »], Éditions Gallimard, coll. « folio », 1999 (1re éd. 1924) (ISBN 9782070423163).  

RomansModifier

Recueils de nouvelles - Éditions en anglaisModifier

  • Flappers and Philosophers (1920)
  • Tales of the Jazz Age (1922)
  • All the Sad Young Men (1926)
  • Taps at Reveille (1935)
  • Babylon Revisited and Other Stories (1960)
  • The Pat Hobby Stories (1962)
  • The Basil and Josephine Stories (1973)
  • The Short Stories of F. Scott Fitzgerald (1989)
  • Flappers and Philosophers - The Collected Short Stories of F. Scott Fitzgerald (Penguin Classics, 2010)
  • I'd Die For You. And Other Lost Stories, (Simon & Schuster, 2017)

Recueils de nouvelles - Éditions en françaisModifier

  • Je me tuerais pour vous. Et autres nouvelles inédites, Grasset-Fayard, (2017)[5]
  • Magnétisme et autres nouvelles, traduction Thierry Gillybœuf, Éditions de la Nerthe, 2014. (ISBN 978-2916862590)
  • Un livre à soi et autres écrits personnels, traduction Pierre Guglielmina, Paris, Les Belles lettres, 2011, 320 p. (ISBN 978-2-251-20010-1)
  • Un diamant gros comme le Ritz, 27 nouvelles, Collection Pavillons Poche, Robert Laffont (2005)
  • Histoires de Pat Hobby, 10/18 (1981), La Découverte (2003)
  • Carnets (The Notebooks) traduction Pierre Guglielmina, Paris, Fayard, 2002, 442 p. (ISBN 2-2136-1418-0)
  • Éclats du Paradis (1977) ou Fragments de Paradis, Le Livre de poche no 13968 (1996)
  • La Ballade du rossignol roulant, Le Livre de poche no 13825 (1995)
  • Love Boat I (1979), Le Livre de poche no 9531 (1991)
  • Love Boat II : Entre trois et quatre (1979), Le Livre de poche no 9735 (1993)
  • Love Boat III : Fleurs interdites (1979), Le Livre de poche no 13552 (1994)
  • La Fêlure, 16 nouvelles et textes autobiographiques, Gallimard/Folio no 1305 (1981)
  • Les Enfants du jazz, Gallimard/Folio no 1052 (1978)

NouvellesModifier

Liste partielle

EssaisModifier

  • My Lost City,
  • 1945 : L'Effondrement (The Crack-up) publication 1934-1936 magazine Esquire

ThéâtreModifier

  • 1923 : Un légume (The Vegetable, or From President to Postman )

PoésieModifier

  • Mille et un navires, traduction de Patrick Hersant, Belles Lettres, 1996
  • 4 poèmes, traduction de Philippe Blanchon, in L'Étrangère 31/32, La lettre volée, 2013

CorrespondanceModifier

  • Lettres à Zelda et autres correspondances
  • Fitzgerald père et fille, Lots of love - lettres entre l'auteur et sa fille Scottie Fitzgerald Smith

FilmographieModifier

L'expérience à Hollywood se révéla amère pour Fitzgerald, tout comme pour William Faulkner[6]. Au-delà des nombreux films décevants et de la situation, seul un long-métrage crédita Fitzgerald de seul scénariste, Femmes, même si le film fut largement réécrit[7],[8],[9],[10].

Adaptations de ses œuvresModifier

Participations en tant que scénaristeModifier

Film où il est un personnage

Le vrai Scott Fitzgerald fait une apparition sous forme de film d'archive dans le faux documentaire autour de Leonard Zelig.

Biographies et ouvrages liésModifier

  • Si de nombreuses biographies de Francis Scott Fitzgerald existent, celle de Matthew Bruccoli fait référence. Elle est disponible en poche : Francis Scott Fitzgerald - Une certaine grandeur épique, Éditions de la Table ronde.
  • Fitzgerald : Le désenchanté, Éditions Albin Michel, , 320 p. (ISBN 978-2226248497) par Liliane Kerjan
  • L'émission de radio Si l'Amérique m'était contée consacre un épisode au couple Scott et Zelda Fitzgerald[11].
  • Stewart O'Nan, Derniers feux sur Sunset, éditions de l’Olivier, 2016.

Œuvres inspirées par sa vieModifier

  • Francis Scott Fitzgerald a inspiré à Budd Schulberg le personnage principal de son roman : Le Désenchanté.

Article connexeModifier

Liens externesModifier

Sur les autres projets Wikimedia :

  • L'université de Caroline du Sud dispose d'un très riche site internet (en anglais) consacré à Francis Scott Fitzgerald. On y trouve notamment de nombreuses photos, ainsi qu'une bibliographie exhaustive.

Notes et référencesModifier

  1. a, b, c, d, e et f F. Scott Fitzgerald 1999, p. 79
  2. F. Scott Fitzgerald et 1999 4è de couverture
  3. Cité par Matthew Bruccoli dans F. Scott Fitzgerald …Sa vie, sa gloire, sa chute…, p. 37.
  4. (en) Susan Stamberg, « For F. Scott And Zelda Fitzgerald, A Dark Chapter In Asheville, N.C. », National Public Radio, 3 septembre 2013.
  5. Je me tuerais pour vous. Et autres nouvelles inédites, sur telerama.fr, consulté le 28 mars 2017
  6. « Le Masque et la Plume Cinéma », abordé à la 45e minute [audio], sur France Inter,
  7. « The Swine who Rewrote F. Scott Fitzgerald: Joseph L. Mankiewicz as Producer », sur Sense of Cinema,
  8. « Le crépuscule de Fitzgerald », sur Les Échos,
  9. (en) « Fitzgerald on Hollywood », sur The New Yorker,
  10. (en) « Fitzgerald as Screenwriter: No Hollywood Ending », sur The New York Times,
  11. http://www.franceinter.fr/emission-si-lamerique-metait-contee-saison-2-episode-39-zelda-et-scott-fitzgerald-et-s-ils-avaient-m