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Francis Le Basser

homme politique et résistant français

Francis Le Basser
Fonctions
Sénateur
1948-1965
Gouvernement IVe République
Ve République
Groupe politique RPF puis UNR
Biographie
Date de naissance
Lieu de naissance Rennes
Date de décès (à 84 ans)
Lieu de décès Laval
Résidence Mayenne

Francis ou François[1] Le Basser est un homme politique et résistant français, né le à Rennes et mort le à Laval.

Sommaire

ParcoursModifier

 
Case 2813 au columbarium du Père-Lachaise.

MédecinModifier

Il effectue à Paris ses études de médecine. Il devient Interne des hôpitaux de Paris, docteur en médecine en 1921 puis assistant d'anatomie à la faculté de Paris. Il s'installe finalement comme chirurgien à l'Hôtel-Dieu de Laval.

Il est médaillé de la Croix de Guerre en tant que capitaine-major lors de la Première Guerre mondiale. Il est président du club omnisports du Stade lavallois[2] avant et après-guerre. Il milite avant-guerre au parti radical.

RésistanceModifier

Lors de la Seconde Guerre mondiale, il participe activement à la Résistance intérieure où il est attaché au Mouvement Libération-Nord[3],[4].

Il délivre de fausses cartes d'identité aux travailleurs requis par le STO. Membre du comité départemental de la Résistance, il aide au ravitaillement des maquis en vivres et en chaussures. Il est membre du comité départemental de la Résistance, et est arrêté par la Gestapo en mai 1944. Il est déporté de Compiègne le 18 juin 1944 vers le KL Dachau[5] où il est libéré en mai 1945. En avril 1945, malgré son absence, il est élu conseiller municipal et devient ensuite maire de Laval à son retour de déportation. Il obtient à son retour la Médaille de la Résistance.

Parcours politiqueModifier

UDSR, radicalModifier

Il soutient le parachutage[6] en Mayenne de Jacques Soustelle. Il est le deuxième de la liste, candidat de l'Union démocratique et socialiste de la Résistance sous l'étiquette Union républicaine et sociale et d'Action paysanne d'une composée de trois résistants : Soustelle, Le Basser et Foccart. Seul Soustelle sera élu[7].

Il démissionne en juin 1946 à la suite de la défaite de Jacques Soustelle aux législatives. Il est élu conseiller général du canton de Laval-Ouest en septembre 1945, puis devient président du Conseil général de la Mayenne. Il est président honoraire de l'Entraide Française et membre du bureau de bienfaisance de la ville de Laval.

GaullismeModifier

Se présentant comme indépendant de gauche, il est élu le 7 novembre 1948 au Conseil de la République sous l'étiquette du RPF. Inscrit au groupe RPF, il en deviendra président[8].

Il est élu sénateur de la Mayenne à 59 ans. Siégeant d'abord dans le groupe du RPF, il se fait le disciple du général de Gaulle pour sortir la France de la crise d'après-guerre. Il est nommé à la commission de la famille, de la population et de la santé publique et à la commission de l'intérieur[9].

Il rejoint l'Union Centriste lors du changement de République, c'est également à ce moment qu'il devient vice-président de la commission des affaires sociales.

Malgré un début de carrière tardif il va assez vite grimper tous les échelons propres à un baron local : il est réélu maire de la ville de Laval en 1956. En 1965, Jacques Delalande et Francis Le Basser sont défaits dès le premier tour des élections sénatoriales par des candidats du Centre démocratique, Lucien de Montigny et Raoul Vadepied. Il ne sera pas non plus réinvesti dans ses fonctions de maire alors qu'il briguait un second mandat.

Aux élections de 1971, il se retire de la liste de la majorité pour protester contre la présence sur celle-ci de républicains indépendants qu'il juge « trop à droite ». En 1971, Le Basser démissionne de l'Union pour la défense de la République, en déclarant : Je redeviens le radical et l'UDSR que j'étais lors de mes premières élections. Ceci n'entame en rien la vénération que j'ai toujours eue depuis juin 1940 pour le général de Gaulle et que je garderai jusqu'à mon trépas. Cette rupture profite à Robert Buron, qui devient maire de Laval, succédant à Francis Le Basser.

Durant son mandat il aura beaucoup fait pour que la ville se dote d'un stade de football moderne. En 1971 ce stade voit le jour et prend le nom de l'élu : Stade Francis-Le-Basser.

MandatsModifier

  • Sénateur de la Mayenne de 1948 à 1965
  • Maire de Laval de 1956 à 1971
  • Président du Conseil Général de la Mayenne de 1946 à 1973

Liens externesModifier

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Notes et référencesModifier

  1. Son acte de naissance et celui de son décès portent le prénom François. Communément appelé Francis
  2. Michel Jouneaux, Le Stade lavallois, Siloë, 1994, p.19.
  3. C'est un mouvement d'inspiration à la fois syndicale et socialiste. Pour la Mayenne, il voit le jour à Laval, au printemps de 1943, à la suite d'une réunion clandestine à la Maison du Peuple, 14, rue Noémie-Hamard, où se retrouvent d'une part, venant de Paris, François Tanguy-Prigent et Pierre Neumeyer, d'autre part des Mayennais parmi lesquels Pierre Boursicot, Auguste Beuneux, Pierre Coste.
  4. Par exemple,la famille juive turque Fresco prendra immédiatement des contacts avec la Résistance par le biais du fils du Préfet Édouard Bonnefoy qui fréquentait le même collège que Samy Fresco. Le préfet les aidera et les met en contact avec Francis Le Basser, vers Ernée où ils sont cachés par le réseau de Pierre Le Donné.
  5. Matricule: 72691.
  6. Comme à la même époque, et au même endroit : Robert Buron.
  7. Pour Robert Buron, le laïcisme de Soustelle et de Le Basser n'avait rien de provocant, mais enfin il suffisait à leur retirer la confiance des milieux catholiques et, par ailleurs, les laïcs avaient encore la possibilité, soit de s'affirmer plus franchement avec la liste de Camille Lhuissier.
  8. Michel Debré lui succède en 1952.
  9. Son passé de résistant le porte à venir en aide aux anciens combattants, aux familles de déportés. Ainsi en 1949, par une question orale adressée au ministre de la défense nationale, il se fait l'écho des personnes touchées par la guerre : il lui demande sous quelles conditions est délivrée la Légion d'honneur au titre de la Résistance. Il est en effet scandalisé qu'un des derniers promus dans la Mayenne soit le même qui, quelques années plus tôt, avait été accusé publiquement par des résistants d'avoir dénoncé des concitoyens et avait été giflé par deux veuves de déportés. Plus tard, Francis Le Basser intervient sur le statut des déportés du travail qu'il avait aidés pendant la guerre. Il dépose un amendement pour que ne soient pas donnés des avantages aux fonctionnaires que n'auraient pas les prisonniers de guerre, les combattants et les déportés..