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La franc-maçonnerie dans le monde vit le paradoxe de proclamer une recherche d'universalisme, tout en existant sous des modes extrêmement différents selon les époques et les pays.

Dans le monde en 2005, elle compte entre 2 et 4 millions d'adhérents[1], contre 7 millions dans les années 1950. Cette baisse d'effectifs a touché principalement la maçonnerie anglo-américaine dont les effectifs avaient presque doublé dans les dix années qui suivirent la Seconde Guerre mondiale avant de diminuer progressivement de plus de 60 % au cours des cinquante années suivantes[2].

Sommaire

AfriqueModifier

La première loge sur le continent africain fut la loge « Saint-Jacques des vrais amis rassemblés », fondée à Saint-Louis-du-Sénégal en 1781 par la première Grande Loge de France (GLDF)[3]. Cette loge et celles qui suivirent étaient composées quasi-exclusivement d’Européens[4].

La franc-maçonnerie ne prend son essor dans l’Afrique indépendante qu’au début des années 1970 sachant que, à Madagascar, au Bénin, au Mali, en Guinée, dans l’ex-Zaïre, ce mouvement fut d’abord interdit[réf. nécessaire].

Les francs-maçons d'Afrique francophone s'organisent autour des trois obédiences françaises : la Grande Loge nationale française (GLNF), le Grand Orient de France (GODF) ainsi que la Grande Loge de France (GLDF)[réf. nécessaire]. Ils sont rassemblés au sein de la Conférence des puissances maçonniques africaines et malgaches (CPMAM), créée à Douala en 1979 et qui opère comme une entente entre différentes obédiences. Elle regroupe ainsi en 2015, une centaine de loges réparties dans une quinzaine d’obédiences implantée dans des pays allant du Maroc à Madagascar[5]. La CPMAM, dominée par le GODF[6], organise chaque année, depuis 1992, dans une capitale différente[3], les rencontres humanistes et fraternelles d’Afrique francophone et de Madagascar (les Rehfram), rassemblement créé à l'initiative de la GLDF[4]. La GLNF ne participe pas à ces rencontres[6].

La plupart des grandes loges dites « régulières » des pays d'Afrique francophone sont affiliées à la Grande Loge nationale française et ont connu un essor remarquable à partir des années 70. Elles sont souvent réputées très investies par les milieux politiques, et nombre de présidents, notamment en Afrique centrale, en sont ainsi membres quand ils ne sont pas les grands maîtres des loges nationales. C'est le cas d'Omar Bongo et en 2018 de son fils Ali au Gabon[4],[7],[8], Denis Sassou Nguesso au Congo-Brazzaville ou encore du président centrafricain jusqu'en 2012, François Bozizé[9], initié par le précédent. Le président Sassou Nguesso a également initié le président tchadien Idriss Déby[10]. La GLNF a aussi consacré des grandes loges en Côte d'Ivoire (1989), au Togo (1992), au Sénégal (1993), au Bénin (1995), à Madagascar (1996), en Guinée (1999), au Mali (1999), à Djibouti (2000) et au Cameroun (2001)[11].[source insuffisante]

Au-delà des dimensions philanthropiques ou spirituelle de la franc-maçonnerie, une partie du succès de cette dernière en Afrique, notamment en Afrique centrale et dans les pays du golfe de Guinée, s'explique par le fait que les « rituels d’initiation renvoient bon nombre de gens à leur propre histoire et culture »[3]. Ainsi, compte tenu de la fascination dans ces régions pour les sociétés ésotériques, « cet espace de sociabilité sélective auquel on accède par cooptation apparaît [aussi] comme un lieu d’entraide et de pouvoir occultes »[6], alimentant les accusations d'être un instrument de pouvoir, tant politique qu'économique[réf. nécessaire].

BéninModifier

Les membres du Grand Bénin de la République du Bénin, alliés pour la circonstance, avec la hiérarchie catholique locale, ont joué un rôle déterminant dans la réussite de la conférence nationale du Bénin, en février 1990[3].

Côte d'IvoireModifier

La Grande Eburnie, proche du Grand Orient, dont le premier grand-maître était Kébé Mémel, s'est déchirée pendant la guerre civile entre les partisans de Laurent Gbagbo et d’Alassane Ouattara[3].

Pour sa part, depuis la fin du conflit, le ministre ivoirien de l’intérieur Hamed Bakayoko s'est fait introniser grand maître de la Grande Loge de Côte d’Ivoire, une obédience « régulière » affiliée à la GLNF[3].

MadagascarModifier

La présence de la franc-maçonnerie à Madagascar remonte au XIXe siècle[12].

Le Grand Orient de France (GODF) fait ainsi son apparition en 1900 avec la loge « L’avenir malgache » à Tamatave, puis en 1903 la loge « France Australe » à Tananarive[12]. La Grande Loge de France (GLDF) installe par la suite en 1910 la loge « Les Trois frères » à Majunga, et le Droit Humain (DH) celle de la loge « Fraternité 202 » à Tananarive en 1911[12]. La franc-maçonnerie se développe à la fin du XIXe siècle au travers des fonctionnaires envoyés par la puissance coloniale[12]. Dès cette époque, en partie sous l'influence des Jésuites, la franc-maçonnerie fait l'objet de suspicion qui perdurent encore en 2018, pour le Malgache en général, le « franc-maçon est un voleur de cœur » (mpaka fo), un croquemitaine avec lequel on fait peur aux enfants[12].

Jusqu’en 1960, la franc-maçonnerie à Madagascar s'est répartie autour des trois obédiences maçonniques françaises GODF, GLDF, DH, qui continuent en 2018 à avoir des loges dans le pays. Toutefois, deux ans après l’indépendance, le Grand Rite Malgache voit le jour, qui se scinde lui-même en 1997 pour donner naissance à la Grande Loge traditionnelle et symbolique de Madagascar[12].

Madagascar compte en 2018, un millier de francs-maçons, répartis entre une dizaine d'obédience[13], dont celle de la Grande loge nationale de Madagascar, qui à elle seule rassemble 400 membres dans douze loges maçonniques[12].

MarocModifier

Article détaillé : Franc-maçonnerie au Maroc.

La franc-maçonnerie existe depuis plus d'un siècle au Maroc, où elle s'est implantée notamment par l'intermédiaire de loges militaires étrangères.

SénégalModifier

Article détaillé : Franc-maçonnerie au Sénégal.

L'histoire maçonnique du Sénégal commence dès la guerre de Sept Ans en 1756, durant laquelle de nombreux francs-maçons français sont impliqués dans la défense des territoires sénégalais[14]. La première loge sur le continent, la loge « Saint-Jacques des vrais amis rassemblés », a été fondée à Saint-Louis-du-Sénégal, en 1781, par la première Grande Loge de France [3].

Amérique du NordModifier

CanadaModifier

Article détaillé : Franc-maçonnerie au Canada.

Deux des plus anciennes loges de la Nouvelle-France qui existent encore aujourd'hui, l'« Antiquity Lodge » n°1 et la loge Albion n°2, furent créées respectivement à Montréal et à Québec en 1752. Au Canada, ce sont les francs-maçons traditionnels du courant dit régulier qui ont historiquement prédominé.

États-UnisModifier

Article détaillé : Franc-maçonnerie aux États-Unis.

La franc-maçonnerie a pignon sur rue aux États-Unis. Les francs-maçons américains représentent environ deux tiers des francs-maçons du monde entier, soit environ quatre millions, regroupés dans 50 grandes loges indépendantes les unes des autres et dans 15 000 ateliers, ce chiffre ne tenant pas compte des Grandes Loges de Prince Hall spécifique aux Afro-Américains. Chaque État des États-Unis a sa propre grande loge.

MexiqueModifier

Article détaillé : Franc-maçonnerie au Mexique.

Faisant partie de l'espace géographique nord américain dans sa partie méridionale, mais relevant de la culture latino-américaine, le Mexique devint indépendant du Royaume d'Espagne au terme de la guerre d'indépendance du Mexique (1810-1821). La plus ancienne loge attestée dans ce pays fut fondée à Mexico en 1806. La première Grande Loge du Mexique date, elle, de 1813. Elle fut suivie en 1824 de la création d'une autre Grande loge, la Gran Logia mexicana, sous l'influence de la franc-maçonnerie américaine. Par la suite la franc-maçonnerie du Mexique compta de nombreux présidents de la République, notamment Benito Juarez, et s'engagea politiquement en faveur de l'enseignement laïque, des libertés publiques et de l'aide à la paysannerie pauvre[15].

Amérique latineModifier

L'Amérique latine et les Caraïbes représentent après les États-Unis et largement devant l'Europe le second foyer maçonnique le plus important du monde[16]. Son implantation est à l'image de sa situation en Europe au XVIIIe siècle et au début du XIXe siècle[17]. La franc-maçonnerie joue un rôle important dans les anciennes colonies espagnoles et portugaises, ou les loges s'impliquent fortement dans plusieurs étapes clés de l'histoire de ce sous-continent et notamment lors de l'accession à l'indépendance des pays qui le compose[18].

AsieModifier

TurquieModifier

Article détaillé : Franc-maçonnerie en Turquie.

Une franc-maçonnerie de type français s'implante en Turquie au tout début du XXe siècle. Elle s'implante tout d'abord à Salonique puis à Istanbul par les loges militaires nées de la guerre de Crimée et des loges d'intellectuels qui prennent appui sur les professeurs français des écoles de l'Alliance israélite universelle fondée par Gaston Crémieux.

EuropeModifier

Article détaillé : Franc-maçonnerie en Europe.

La franc-maçonnerie en Europe se développe et s'implante selon diverse pratique depuis le XVIIe siècle. A la suite de sa naissance en Écosse elle connait sa première structuration obédientielle en Angleterre avec la création de la Grande Loge de Londres et de Westminster au début du XVIIIe siècle en 1717. Traversant la Manche, ce nouvel espace de sociabilité prend pied sur le continent et se développe sous diverses formes tout en conservant son corpus originel symbolique et légendaires des XVIIe et XVIIIe siècles. Espace de sociabilité, sa diffusion sur le continent commence en 1720. Elle connait plusieurs restrictions et interdictions partielles ou totales au cours de ses trois siècles d'existence. Au XXIe siècle, elle est présente de manière plus ou moins importante dans la quasi totalité des pays européen. Les obédiences masculines, mixtes ou féminines qui la composent, s'organisent en plusieurs associations internationales de sensibilités différentes mais qui favorisent toujours les échanges et les rencontres formelles.

Proche-OrientModifier

IsraëlModifier

Article détaillé : Franc-maçonnerie en Israël.

La franc-maçonnerie en Israël s'implante avec l’arrivée d’immigrants aux origines diverses qui donnent naissance à des loges en langue anglaise, française, allemande, espagnole, turque, russe, roumaine s’appuyant parfois sur les rites de chacun des pays[19].

LibanModifier

Article détaillé : Franc-maçonnerie au Liban.

La franc-maçonnerie institutionnelle s'implante au Liban en 1861 et rayonne largement dans les pays voisins[20]. En 1950, à Beyrouth, est créé le Grand Orient Arabe (il fusionne en 2010, l'année de sa création, avec le Grand Orient Arabe Œcuménique)[21].


Notes et référencesModifier

  1. 4 millions en 2007, selon le journaliste et philosophe François De Smet dans le DVD La Clef écossaise
  2. Source Masonic Service Association of North America (en)
  3. a b c d e f et g Francis Kpatindé, « Afrique: faut-il avoir peur des francs-maçons? », RFI,‎ (lire en ligne, consulté le 6 novembre 2018).
  4. a b et c Pascam Airault, « Philippe Charuel (GLDF): « En Afrique, la franc-maçonnerie reste très spiritualiste malgré des dérives affairistes » », l'Opinion,‎ (lire en ligne, consulté le 4 novembre 2018).
  5. Francis Kpatindé, « Petit lexique de la franc-maçonnerie », RFI,‎ (lire en ligne, consulté le 8 novembre 2018).
  6. a b et c François Soudan, « Les francs-maçons africains au pied du mur », sur Jeune Afrique, (consulté le 6 novembre 2018).
  7. « Des dictateurs en tablier », sur lepoint.fr
  8. « Ali Bongo », sur blogs.lexpress.fr.
  9. La Lettre du Continent n° 434 – 6 novembre 2003.
  10. François Soudan, « Afrique : les nouveaux francs-maçons », Jeune Afrique,‎ (lire en ligne, consulté le 7 novembre 2018).
  11. « GLNF en AFRIQUE » (consulté le 7 novembre 2018).
  12. a b c d e f et g « La Franc-maçonnerie à Madagascar en quelques mots », sur Les Décrypteurs, (consulté le 8 novembre 2018).
  13. Ndimby A., « La franc-maçonnerie malgache en panne de lumière ? », Madagascar Tribune,‎ (lire en ligne, consulté le 8 novembre 2018).
  14. Annales de la Révolution française 1974, p. 33.
  15. Paul Naudon, Histoire générale de la Franc-maçonnerie, Office du Livre, (ISBN 2-8264-0107-6), p. 201.
  16. Alain de Keghel 2018, p. 39.
  17. Rubén Mohedano-Brèthes 2017, p. 87.
  18. Pierre Mollier 2017, p. 17.
  19. Loge no 42 Lumière d'expression française.
  20. « Antoine Sfeir, les francs-maçons en terres d'islam », sur LExpress.fr (consulté le 5 mars 2016)
  21. « Accord de fusion. », sur Google Docs (consulté le 5 mars 2016)

Voir aussiModifier

BibliographieModifier

  : document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.

Article connexeModifier