Françoise Arnoul

actrice française
Françoise Arnoul
Description de cette image, également commentée ci-après
Françoise Arnoul en visite à Jérusalem en 1958.
Nom de naissance Françoise Annette Marie Mathilde Gautsch
Naissance
Constantine (Algérie)
Nationalité Drapeau de France Française
Décès (à 90 ans)
Paris 16e (France)
Films notables Le Fruit défendu
Des gens sans importance
French Cancan
La Chatte
Le Chemin des écoliers

Françoise Annette Marie Mathilde Gautsch, dite Françoise Arnoul, est une actrice française née le à Constantine en Algérie française et morte le à Paris 16e[1].

Les années 1950 vont constituer la période de gloire de Françoise Arnoul, où elle sera une véritable star en France, et où elle participera à des films importants, dont French Cancan, de Jean Renoir, en 1955. Après 1960, sa carrière au cinéma deviendra plus confidentielle.

BiographieModifier

FamilleModifier

Elle et ses deux frères sont les enfants du général Charles Lionel Honoré Arnoul Gautsch (1882-1969)[2],[3], un polytechnicien, à qui elle empruntera plus tard un prénom pour en faire son nom d’artiste.

Sa mère, Janine Gradwhol, d'origine juive[4], devenue femme au foyer après s'être mariée, avait auparavant suivi les cours d’art dramatique du conservatoire de Lyon et paru sous le nom de Jeanine Henry[5][réf. non conforme] sur la scène du Théâtre des Célestins aux côtés de Charles Vanel.

Jeunesse et formationModifier

Mme Gautsch a très tôt incité sa fille à se former dans le domaine artistique : « Tu dois penser à l’art, la seule chose réellement belle. Si tu n’aimes pas le piano autant que moi, fais de la danse. »

Françoise est donc inscrite aux cours de danse à Rabat où son père est en poste au début de la Seconde Guerre mondiale. Vers l'âge de sept ans, elle fait ses débuts sur les planches dans le rôle d'un papillon du Carnaval de Robert Schumann, dans un ballet donné au profit de la Croix-Rouge. Ce spectacle va aussi être présenté dans les grandes villes du Maroc.

Elle commence ses études secondaires au lycée de Casablanca, où la famille a déménagé. Elle continue ses cours de danse classique. C’est à cette époque qu’elle découvre le cinéma, ses magazines et ses stars, Shirley Temple, Errol Flynn ou Gary Cooper.

En 1945, Charles Gautsch reste au Maroc, retenu par ses obligations professionnelles, mais le reste de la famille rentre en France, s'installant un moment à Bagnères-de-Bigorre, puis à Paris dans le XVIe arrondissement.

Françoise entre au lycée Molière et partage sa passion naissante pour la composition française avec ses deux nouvelles amies : Yvonne Roussel, la sœur de Michèle Morgan, et Danièle Heymann, fille du réalisateur Claude Heymann et future journaliste. Les trois amies, entre le lycée et la lecture de Cinémonde, organisent de petites représentations entre elles, le goût de la déclamation leur ayant été inculqué par leur professeur de français.

Un jour, Yvonne Roussel obtient deux places pour assister, dans la loge de sa sœur Michèle Morgan au Théâtre de l'Empire, à la projection de son dernier film, La Symphonie pastorale de Jean Delannoy (1946). C'est le premier contact de Françoise avec une star.

Quelque temps plus tard, devant cette même salle de L’Empire, elle est abordée par le réalisateur Marc Allégret qui recherche deux jeunes filles pour son prochain film, Les lauriers sont coupés. Elle est reçue par le jeune assistant d’Allégret, Roger Vadim, qui lui annonce que l’autre jeune fille, une certaine Brigitte Bardot, est déjà engagée ; mais finalement le film ne se fera pas.

Débuts au cinémaModifier

Ayant peu de goût pour les études, Françoise quitte le lycée en classe de seconde, déclarant à sa mère : « Je veux faire du cinéma. » Elle est inscrite aux cours d'art dramatique dispensés dans le IXe arrondissement par l’une des connaissances de sa mère, madame Bauer-Thérond. Elle y a pour condisciples Michel Drach, Roger Carel et Roger Hanin. Lors d’une audition au théâtre de la Potinière, elle signe un contrat avec l’agence artistique Besnard, qui compte déjà parmi ses jeunes acteurs Magali Noël et Renée Cosima.

Elle est pressentie par Robert Dhéry pour une pièce qu’il est en train de monter avec pour vedette Bourvil, Le Bouillant Achille de Paul Nivoix (1948), mais le rôle est finalement confié à une autre débutante, Nicole Courcel.

Françoise fait une première figuration en 1948 dans Rendez-vous de juillet de Jacques Becker, où Nicole Courcel tient l'un des rôles principaux[4].

L'apogée des années 1950Modifier

 
Françoise Arnoul à Beït-Shéarim en 1958.

Allant sur ses 18 ans, elle est engagée par Willy Rozier qui lui confie son premier grand rôle dans L'Épave (1949). Elle est « Perrucha », un rôle qui, avec quelques scènes déshabillées, lance le personnage de Françoise Arnoul. Elle expliquera ultérieurement que plusieurs plans de ce film étaient truqués : mineure à l’époque, elle était contrainte par la loi de se faire doubler pour les plans les plus osés[4].

Même si elle joue quelquefois des rôles légers, comme dans Nous irons à Paris (1950) ou de midinette comme dans French Cancan (1954), elle incarne le plus souvent des personnages peu conventionnels, troubles et destructeurs, voire pervers : Le Fruit défendu (1952), La Rage au corps (1954), et la série des films d’Henri Decoin, La Chatte (1958-1960), où son visage félin d’espionne perdue séduit les spectateurs. Plus que Brigitte Bardot dont le succès l'a en partie éclipsé dans cette période[4], elle incarne des personnages souvent énigmatiques. Elle dit à Vadim sur le plateau de Sait-on jamais… (1957) : « Si tu cherches Brigitte à travers moi, tu ne la trouveras pas. Elle n’est pas moi, je ne suis pas elle ! »[4]. Avec ce film et avec celui de Pierre Kast, La Morte-Saison des amours (1960), elle a l’occasion de montrer ses talents.

Dans les années 1950, elle travaille sous la direction de Carlo Rim, Henri Decoin, Henri Verneuil, Pierre Billon, Georges Lacombe, Pierre Chenal et figure dans un film de Sacha Guitry : Si Paris nous était conté ; par contre, la scène qu'elle a tournée pour son Napoléon a été coupée au montage.

Elle connaît ses premiers vrais triomphes d'actrice à partir de 1955, face à Jean Gabin dans Des gens sans importance d'Henri Verneuil et French Cancan de Jean Renoir. Elle fait un caméo dans En effeuillant la marguerite de Marc Allégret, dont Brigitte Bardot, à la veille de l'explosion mondiale de sa notoriété, est la vedette, et trouve un de ses plus beaux rôles aux côtés de Robert Hossein dans Sait-on jamais… de Roger Vadim, dont l'action se déroule à Venise, sous la neige, au son du Modern Jazz Quartet. Elle s'épanouit aussi, entre Bernard Blier et Roger Hanin dans le diptyque La Chatte et La Chatte sort ses griffes, mis en scène par Henri Decoin, et son imperméable noir entre dans la mythologie du cinéma de cette époque.

Cette décennie brillante s'achève avec Le Chemin des écoliers de Michel Boisrond, adaptation de Marcel Aymé par Jean Aurenche et Pierre Bost, où elle joue la maîtresse d'Alain Delon[4], star naissante.

Semi-confidentialitéModifier

La carrière de Françoise Arnoul marque le pas durant la décennie suivante. À quelques exceptions près, les films qu'elle tourne ne lui offrent que des rôles conventionnels. Cependant la maturité lui offre l’occasion de diversifier ses emplois au cinéma et à la télévision, mais elle ne tient plus le premier rôle[6].

Dans les années 1960, elle tourne plusieurs films de Pierre Kast, Lucky Jo de Michel Deville (1964), Le Dimanche de la vie de Jean Herman (1965), où elle retrouve Danielle Darrieux. Elle tourne ensuite un sketch de Julien Duvivier pour Le Diable et les Dix Commandements, où elle rivalise avec Micheline Presle auprès de Claude Dauphin et de l'Américain Mel Ferrer, puis la production internationale Le Congrès s'amuse, avec Curd Jürgens en tsar Alexandre Ier de Russie, Lilli Palmer et Paul Meurisse. Elle effectue aussi des caméos non crédités dans Le Testament d'Orphée de Jean Cocteau et Compartiment tueurs du jeune Costa-Gavras. En 1970, elle retrouve Jean Renoir pour le sketch Le Roi d'Yvetot, avec Fernand Sardou et Jean Carmet, du très beau dernier Renoir, Le Petit Théâtre de Jean Renoir, diffusé à la télévision.

En 1974, Françoise Arnoul retrouve son vieux complice Daniel Gélin dans Dialogue d'exilés de Raoul Ruiz, puis elle interprète la mère d'Isabelle Adjani dans Violette et François de Jacques Rouffio (1977), et apparaît dans Dernière sortie avant Roissy de son compagnon Bernard Paul. En 1984, le thriller Ronde de nuit de Jean-Claude Missiaen (1984), où elle joue la journaliste, connaît le succès. Depuis, Guy Gilles, Jean Marbœuf, Brigitte Roüan et Claude Faraldo ont su mettre en valeur une comédienne exigeante et discrète. En 1992, elle incarne l'épouse de Charles Aznavour dans Les Années campagne de Philippe Leriche, et en 2011 elle tient l’un des premiers rôles de Beau rivage de Julien Donada. Elle revient au cinéma en 2016, dans un film de Paul Vecchiali (rôle de Mimi dans Le Cancre).

À la télévision, sa carrière semble au diapason : après Carlo Rim et Michel Drach dans les années 1960, elle travaille avec Serge Moati, Guy Gilles, Pierre Kast, Bernard Queysanne, Pierre Tchernia, Jean Marbœuf, dans des adaptations littéraires notamment (Maupassant, Marcel Aymé de nouveau, Exbrayat, L'Herbe rouge avec Jean Sorel, Jean-Pierre Léaud et Jean-Claude Brialy d'après Vian, Un garçon de France d'après un roman de Pascal Sevran), voire des scénarios originaux d'Éric-Emmanuel Schmitt (Temps de chien) ou Jacques Dacqmine ; dans ce parcours sans réelle surprise, sinon relatives (ses rencontres avec Jany Holt et Gérard Klein), elle tient des emplois de mère comme dans L'Automate de Jean-François Claire (1981) et elle joue la vieille femme vengeresse de L'Étrange Histoire d'Émilie Albert de Claude Boissol (1988). Enfin les téléspectateurs l'aperçoivent de loin en loin dans Les Cinq Dernières Minutes et L'Instit (1998). En 2007, elle s'illustre dans Le Voyageur de la Toussaint, adaptation du roman éponyme de Georges Simenon.

Vie privéeModifier

Françoise Arnoul fait la connaissance de Georges Cravenne (1914-2009) en 1954 sur le tournage de French Cancan. Ils se marient en 1956 et divorcent en 1964.

Elle rencontre le cinéaste Bernard Paul en 1964 sur le tournage de Compartiment tueurs de Costa-Gavras et devient sa compagne jusqu’à la mort du réalisateur en 1980.

Pour lui, elle met sa carrière en sommeil afin de l’assister dans le tournage de ses premiers films. Avec Marina Vlady, ils créent en 1968 la société de production « Francina » qui va notamment financer les trois longs métrages de Bernard Paul : Le Temps de vivre (1969), Beau Masque (1972) d’après le roman éponyme de Roger Vailland et Dernière sortie avant Roissy (1977), filmé à Sarcelles. Ces trois films, salués par la critique, n'ont connu qu'un faible succès en salle.

MortModifier

Françoise Arnoul meurt le dans un hôpital parisien à l'âge de 90 ans des suites d'une longue maladie[4],[7],[8]. Ses obsèques ont lieu le au crématorium du cimetière du Père-Lachaise, en présence de son ami Hervé Vilard[9].

EngagementsModifier

En 1973[10] et 1979[11], elle signe des appels en faveur des listes et candidats communistes aux élections législatives.

FilmographieModifier

CinémaModifier

TélévisionModifier

ThéâtreModifier

InfluenceModifier

DistinctionsModifier

DécorationModifier

PublicationModifier

Notes et référencesModifier

  1. Insee, « Acte de décès de Françoise Annette Marie Mathilde Arnoul », sur MatchID
  2. Service historique de la Défense Armée de Terre, Répertoire alphabétique, p. 18[PDF].
  3. « Françoise Arnoul », sur lesGensduCinema.com.
  4. a b c d e f et g Jean-Luc Douin, « La comédienne Françoise Arnoul est morte », Le Monde,‎ (lire en ligne).
  5. Françoise Arnoul, artsandculture.google.com/.
  6. « La chatte : Canal+, 21h Le charme profond de Françoise Arnoul », Le Monde,‎ (lire en ligne).
  7. Nathalie Simon, « Françoise Arnoul, «petit monstre sacré» du cinéma, est morte à 90 ans », Le Figaro,‎ (lire en ligne).
  8. « Françoise Arnoul, la "Nini" de "French Cancan" de Renoir, est morte », France Info,‎ (lire en ligne).
  9. « Funérailles de Françoise Arnoul : Hervé Vilard parmi ceux venus pour lui rendre hommage », Amomama,‎ (lire en ligne).
  10. « Trois cents personnalités du monde des arts et du spectacle soutiennent les candidats du P. C. F. », Le Monde,‎ (lire en ligne).
  11. « L'appel des intellectuels en faveur e la liste communiste a reçu plus de mille signatures », Le Monde,‎ (lire en ligne).
  12. Archives des nominations et promotions dans l'ordre des Arts et des Lettres.

Voir aussiModifier

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Liens externesModifier