François de Rougemont

jésuite
François de Rougemont
Alias
(chinois) LU Riman, Qianshou
Naissance
Maastricht (Pays-Bas espagnols)
Décès
Changzhou (Chine impériale)
Pays de résidence Chine
Profession
Activité principale
Missionnaire, pasteur, historien
Autres activités
traducteur des œuvres de Confucius
Formation
Lettres orientales, philosophie et théologie

Compléments

Rougemont contribua à faire connaitre le philosophe chinois Confucius au public européen

François de Rougemont (qui adopta le nom chinois de LU Riman, Qianshou), né le à Maastricht (Pays-Bas) et décédé le à Changzhou (Jiangsu), en Chine, était un prêtre jésuite des Pays-Bas méridionaux, missionnaire en Chine, pasteur et historien.

BiographieModifier

Né à Maastricht le 2 août 1624 le jeune François entre chez les Jésuites le 29 septembre 1641 et fait son noviciat à Malines, dans le Brabant. A la fin de sa formation spirituelle et académique il est ordonné prêtre le 25 novembre 1654, à Bruxelles, mais auparavant il avait sollicité de son supérieur provincial d’être envoyé comme missionnaire en Chine. Ce qu’il fit à nouveau un an après son ordination. Craignant la réaction de ses parents, le supérieur tergiversait, mais ceux-ci, émus par la demande de leur fils, envoyèrent leur approbation directement au Supérieur général le père Goswin Nickel.

Missionnaire en ChineModifier

François de Rougemont est un des missionnaires que le père Michal Boym recruta en Europe en 1656. Voyagent par la route de l’Inde et du Siam (Thaïlande) il arrive à Macao en juillet 1658. Il passe ensuite un an à Hangzhou, en Chine impériale, et arrive à Shanghai en 1660.

Ces premières années l'ont préparé pour l'apostolat parmi les soldats casernés à Suzhou. Les soldats, en Chine, appartenaient à une classe sociale inférieure à celles des fonctionnaires et des lettrés. Ils molestaient souvent la population. Cependant les soldats de Suzhou étaient en majorité des chrétiens qui vivaient de manière exemplaire et avaient de bonnes relations avec la population. C’est l’influence de Rougemont qui contribua à ce grand changement de comportement.

Pasteur à ChangzhouModifier

À Changzhou, Rougemont organisa les chrétiens en quatorze paroisses, dirigées par des ‘lettrés’, les plus sages et dévots d’entre eux. Quand l'un d'eux lui demanda, en 1662, de visiter l'île de Chongming (au large de Shanghai) pour y prêcher l’Évangile, le missionnaire y attira quelque 200 catéchumènes à l’Église en trois mois.

Lorsque, en septembre 1665, sur ordre de l’empereur Kangxi, les missionnaires chrétiens sont arrêtés Rougemont est enfermé dans un temple de Suzhou. Craignant qu’il y soit maltraité les chrétiens organisent une vigilance, jour et nuit, jusqu’à ce qu’il soit transféré avec d’autres missionnaires à Pékin, et plus tard en résidence surveillée à Guangzhou (Canton). C’est alors que Rougemont écrit son ‘Histoire de la Chine’ où il commente la situation politique de l’époque et le progrès du christianisme, à partir de 1660.

Écrivain pastoralModifier

Libéré en 1671, Rougemont retourne au Jiangsu et y baptise les quelques milliers de catéchumènes qui avaient été très bien préparés par leurs catéchistes. Un de ses opuscules, réimprimé à plusieurs reprises, expliquait en détail les six points qui devaient être connus pour être baptisés et admis dans l’Église. D’autres écrits pastoraux (en chinois) étaient des dialogues sur le baptême et la communion, et une collection d'Hymne religieux.

Pour un clergé chinoisModifier

Rougemont collabora également avec les pères Philippe Couplet, Prospero Intorcetta et Christian Herdtrich à la traduction latine de plusieurs œuvres de Confucius et à la somme confucéenne de l’époque : la ‘Sinarum scientia politico-moralis’. Avec l’aide financière de bienfaiteurs européens il ouvrit plusieurs écoles chrétiennes, confiées à des lettrés chinois, dont il espérait voir sortir le premier clergé chinois, indispensable au développement de l’Église en Chine.

Le père François de Rougemont meurt le 6 novembre 1676 à Changzhou (Jiangsu). Son frère Antoine de Rougemont (1615-1652) était également jésuite.

ÉcritsModifier

  • Relaçam de estado politico e espiritual do imperio da China, Lisbonne, 1672.
  • Historia tartaro-sinica nova, Louvain, 1673.

BibliographieModifier

  • J. Barten : Franciscus de Rougemont, S.J. Een Maastrichtse missionaris in het 17e eeuwse China (1624-1676), dans Publications de la Société Historique et Archéologique dans le Limbourg, vol.90/91 (1954-1955), pp.187-197.
  • Henri Bosmans : Lettres inédites de François de Rougemont, dans Analectes pour servir à l'histoire ecclésiastique de la Belgique, vol.39 (1913), pp.21-54.
  • K. Lundbaek: The Image of Neo-Confucianism in `Confucius Sinarum Philosophus', dans Journal of the History of Ideas, vol.44 (1983), pp.19-30.
  • Noël Golvers: François de Rougemont,S.J.: missionary in Ch'ang-shu (Chiang-nan): a study of the account book (1674-1676) and the elogium, Leuven University Press/Ferdinand Verbiest Foundation. Louvain, 1999, 794p.