François Boucq

dessinateur et scénariste de bandes dessinées
François Boucq
FIBD 2015 Francois Boucq.jpg
François Boucq au Festival d'Angoulême 2015.
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signature de François Boucq
Signature

Boucq, de son vrai nom François Boucq, est un auteur de bande dessinée français né à Lille le 28 novembre 1955. Il a reçu en 1998 le grand prix de la ville d'Angoulême, qui récompense l'ensemble de sa carrière.

BiographieModifier

Né à Lille (où il habite toujours), il grandit auprès d'une mère antiquaire[1] et d'un père plombier. Il interrompt ses études en terminale mais il apprend à pratiquer le dessin, la sculpture et les arts martiaux[1]. Il se rend à Paris montrer ses dessins humoristiques et il est embauché par Le Point (de 1974 à 1975) puis L'Expansion, Privé, Le Matin de Paris[1]. Peu inspiré par l'atmosphère parisienne, il rentre dans sa ville natale[1].

En 1975, il entre dans le monde de la bande dessinée grâce à la revue Mormoil avant de travailler à Pilote (où il lance Cornets d'humour, sa première bande dessinée[1], une suite d'histoires courtes scénarisées par Delan) et Fluide glacial (où il crée Rock Mastard et, avec Christin, Les leçons du Professeur Bourremou) de 1977 à 1982 (il y dessine encore ponctuellement depuis). Il signe son premier album en 1981[1]. Il connaît ses premiers succès avec ses histoires courtes publiées dans (À suivre) et rassemblées par la suite en albums : Les Pionniers de l'aventure humaine, Point de fuite pour les braves, La pédagogie du trottoir et La dérisoire effervescence des comprimés. En 1984 commencent dans les pages d'À Suivre les aventures de Jérôme Moucherot, « assureur-explorateur en costume léopard » qui « part en quête de lui-même dans la jungle de l’existence », série ensuite collectée en albums[2].

En parallèle, il entame sa collaboration avec le romancier Jerome Charyn en dessinant La Femme du magicien (meilleur album à Angoulême en 1986[3]) en 1986, et Bouche du diable en 1989. Il a également contribué à la revue Science et Vie Junior. Il continue à pratiquer les arts martiaux et est ceinture noire 5e dan de kendo[1]. Il a dessiné également les couvertures de nombreux San-Antonio, illustrant les personnages créés par Frédéric Dard[1].

En 1991, il travaille pour la première fois avec Alejandro Jodorowsky (Face de Lune). Les deux hommes se retrouvent en 1999 pour Le Trésor de l'ombre et en 2001 pour la série Bouncer. Boucq a également collaboré avec Yves Sente (Le Janitor, 2007) et avec Alcante (Colonel Amos, dans la série XIII Mystery, 2011). Il a réalisé les dessins pour une dizaine d'affiches pour les spectacles de son ami Yannick Hornez, clown de la troupe Cracra & Momo.

En 1998, il reçoit le grand prix de la ville d'Angoulême pour l'ensemble de son œuvre[3].

En 2003 il signe la pochette de l'album Un pour tous… chacun ma gueule du groupe Marcel et son orchestre, cinq ans après celle de Crâne pas, t'es chauve. En 2014 paraît Little Tulip, la troisième collaboration avec Jerome Charyn[1].

En février 2015, il rend compte du procès de l'Affaire du Carlton de Lille en réalisant des croquis d’audience pendant toute la durée de ce procès[4],[5]. À ce moment, il est l'auteur d'une cinquantaine d'albums[1].

En 2017, il écrit et illustre l'album Portrait de la France, qui s'inspire de l'élection présidentielle française de 2017 : « La campagne électorale a été folle : des gens qui n'arrêtent pas de s'invectiver, des affaires, des stratégies et des attaques sur les réseaux sociaux utilisées comme un outil de déstabilisation, cela n'arrêtait pas de rebondir ! »[6]. Selon lui, l'ouvrage est une « grande leçon de bistrosophie[6] », où il évoque, entre autres, la « lepénite aiguë[6] », selon ses termes.

En mars 2018, la galerie Huberty Breyne, à Paris, propose une rétrospective des œuvres du dessinateur[7]. La même année, l'artiste propose, avec Vanessa Duhamel, Trump en 100 tweets, un recueil de caricatures à partir de des messages émis par Donald Trump sur le réseau social Twitter[8],[9]

À l'automne 2020 paraît le fruit d'une nouvelle collaboration avec Jerome Charyn : New York Cannibals, un thriller qui s'appuie sur Little Tulip mais peut se lire indépendamment[10]. L'ouvrage fait partie de la sélection pour le grand prix de la critique 2021[11]. En parallèle, Boucq assiste au procès des attentats de janvier 2015 en France, qui se déroule à Paris entre septembre et novembre 2021 : l'artiste croque sur le vif les parties prenantes pour illustrer le compte-rendu de Yannick Haenel[12].

En février 2022, l'album Un général, des généraux scénarisé par Nicolas Juncker et dessiné par François Boucq, paraît aux éditions du Lombard. Il relate avec de nombreux détails le coup d'État du 13 mai 1958 (également dénommé le « putsch d'Alger »), survenu à Alger (Algérie alors française), dans le contexte de la guerre d'Algérie[13],[14].

InfluencesModifier

Inspiré tout un temps par Ronald Searle et Sempé, il se tourne ensuite vers Franquin et Jijé puis, à son entrée à Mormoil, il découvre Alexis. Il s'oriente alors vers un dessin réaliste jouant sur le décalage avec un humour de non-sens. À Fluide Glacial, il trouve sa seconde grande influence en Goossens. Il admire également Alberto Breccia, Ralph Steadman, Rembrandt, Léonard de Vinci et Raphaël.

En matière de références cinématographiques, il déclare admirer Federico Fellini, Martin Scorsese, Stanley Kubrick, Andreï Tarkovski, Orson Welles, Sergueï Eisenstein[1].

Œuvres en bande dessinéeModifier

AlbumsModifier

  • Cornet d'humour, Dargaud, 1980
    Scénario : Philippe Delan - Dessin : François Boucq
  • Les Pionniers de l'aventure humaine, Casterman, 1984
    Scénario et dessin : François Boucq
  • La vie, la mort et tout le bazar, Dargaud, 1986
    Scénario : Philippe Delan - Dessin : François Boucq
  • Point de fuite pour les braves, Casterman, 1986
    Scénario et dessin : François Boucq
  • La Femme du magicien, Casterman, 1986
    Scénario : Jerome Charyn - Dessin : François Boucq
  • Bouche du diable, Casterman, 1990
    Scénario : Jerome Charyn - Dessin : François Boucq
  • La dérisoire effervescence des comprimés, Casterman, 1991
    Scénario et dessin : François Boucq
  • Cannes, Mango, 1992
    Scénario et dessin : François Boucq
  • Un point c'est tout !, Casterman, 1993
    Scénario et dessin : François Boucq
  • Du ventre de la bête New York, Éditions DS, 1994
    Scénario : Jerome Charyn - Dessin : François Boucq
  • Pédagogie du trottoir, Casterman, 1994
    Scénario et dessin : François Boucq
  • Cocktail transgénique, Casterman, 1999
    Scénario : Rimka (Karim Bensemmane) - Dessin : François Boucq
  • Le Trésor de l'ombre, Les Humanoïdes Associés, 1999
    Scénario : Alejandro Jodorowsky - Dessin : François Boucq
  • Bestiaire de poche, Mosquito, 1999
    Scénario et dessin : François Boucq
  • Le Chronatoscaphe, Nato, 2005
    Scénario et dessin : collectif
  • Le Feu, Invenit, 2009
    Scénario : Henri Barbusse - Dessin : François Boucq - Aquarelles illustrant un texte sur la Première Guerre mondiale
  • Little Tulip, Lombard, 2014
    Scénario : Jerome Charyn - Dessin : François Boucq
  • Portrait de la France[6], i éditions !, 2017
    Scénario et dessin : François Boucq
  • Trump en 100 tweets, i éditions !, 2018
    Scénario : Vanessa Duhamel - Dessin : François Boucq
  • New York Cannibals, Lombard, 2020
    Scénario : Jerome Charyn - Dessin : François Boucq
  • Le Petit Pape 3.14, Fluide Glacial, 2022
  • Un général, des généraux[13],[14], Lombard, 2022
    Scénario : Nicolas Juncker - Dessin : François Boucq

SériesModifier

FilmographieModifier

ExpositionsModifier

En 2018, deux galeries parisiennes exposent des œuvres de François Boucq : la Huberty Breyne Gallery présente La plume et le pinceau et la galerie Glénat se concentre sur la série Bouncer[15].

En 2021, il donne 350 dessins (Planches, illustration, croquis préparatoires) au Palais des beaux-arts de Lille.[16]

Autres œuvresModifier

  • La Légende de Lydéric et Phinaert : dessin animé de 20 minutes sorti en VHS en 2003, d'après des dessins de François Boucq racontant la légende de Lydéric et Phinaert.
  • Source d'abondance de François Boucq : fontaine en résine haute de 6,5 mètres d'inspiration surréaliste créée à l'occasion de Lille 2004.
  • Sérigraphie Bouncer : tirée à 100 exemplaires signés, par l'atelier Alain Buyse en 2001.
  • (avec François Boucq, illustrations), Yannick Haenel, Janvier 2015 - Le procès, Les Échappés, 216 p., 2021.

Prix et distinctionsModifier

Notes et référencesModifier

  1. a b c d e f g h i j et k Philippe Brochen, « François Boucq. Il a bonne mine », sur Libération,
  2. « Les Aventures de Jérôme Moucherot : Art Boucq ! », sur Rolling Stone, .
  3. a et b La rédaction, « Bande dessinée : François Boucq, lauréat du grand prix d'Angoulême », Les Échos,‎
  4. Frédéric Potet, Le coup de crayon de Boucq au procès DSK, Le Monde, 3 février 2015
  5. Procès Carlton - DSK : le dessinateur Boucq va en faire un livre illustré, France Info, 15 février 2015.
  6. a b c et d Olivier Delcroix, «  La Case BD : Boucq ou le Portrait de la France défigurée », Le Figaro, 6 mai 2017.
  7. Aurélia Vertaldi, « Janitor, Bouncer, Jérôme Moucherot... François Boucq expose tout son talent », Le Figaro,‎ (lire en ligne)
  8. Rédaction du Monde, « Trump : des tweets et des dessins », Le Monde,‎ (lire en ligne)
  9. Rédaction du Figaro, « Une parodie «Trump en 100 tweets» », Le Figaro,‎ (lire en ligne)
  10. Jean-Pierre Fuéri, « New York Cannibals, dossier spécial de 32 pages », Casemate, no 138,‎
  11. « Grand Prix de la critique ACBD 2021 - Les 15 titres en compétition », sur BD Gest', .
  12. « François Boucq : "Le point d’ancrage dans ce procès, c’est de dessiner, ça me stabilise dans cet ouragan émotionnel" », sur France Culture, .
  13. a et b Thelma Susbielle, Didier Pasamonik, « "Un Général, des généraux" par Boucq & Junker : une farce grandiose qui nous rappelle qui était le Général de Gaulle », sur Actua BD, .
  14. a et b Astrid De Larminat, « Un Général, des généraux, de Juncker et Boucq: quand l’histoire déraille », sur Le Figaro, .
  15. Frédéric Choulet, « Expositions de dessins à Paris : Boucq double la mise », sur Le Parisien,
  16. Cédric Pietralunga, « Grâce au Palais des beaux-arts de Lille, la bande dessinée entre (enfin) au musée », sur Le Monde,
  17. a et b Thierry Groensteen et collectif, Primé à Angoulême : 30 ans de bande dessinée à travers le palmarès du festival, Éditions de l'An 2, (ISBN 2-84856-003-7)
  18. a b c d e f g h i et j [PDF] Alain Huberty et Marc Breyne, « François Boucq », sur hubertybreyne.com (consulté le )
  19. a b et c « François Boucq Scenariste / Dessinateur / Coloriste Biographie © Casterman 2003 », sur sceneario.com (consulté le )
  20. François Boucq, Notre animation pour le HuffPost, HuffPost, 19 janvier 2015.]'
  21. Didier Pasamonik, « François Boucq Grand Prix « Soleil d’Or » 2018 à Solliès-Ville », ActuaBD,‎ (lire en ligne, consulté le )
  22. « François Boucq Grand Prix Saint-Michel 2019 », sur Actua BD, (consulté le ).
  23. « Prix du Livre d’Histoire contemporaine 2022 », sur Lire la société.

AnnexesModifier

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BibliographieModifier

Monographies
  • Boucq, une monographie : interview de François Boucq (Mosquito, 1999)
  • Marielle Python-Bernicot (dir.) et François Boucq (interviewé) (préf. Frédéric Bosser), DBD no 21 (cahier no 2) : François Boucq, .
  • Boucq, l'homme qui aimait tout dessiner, dBD monographies, hors-série numéro 11, octobre 2012.
Articles ou chapitres d'ouvrage
  • Fluide glacial : article d'Yves Frémion, « T'ar ta lacrèm' à la récrèm' », pages 18–19 (novembre 2006)
  • Biographie dans Canal BD Magazine, décembre 2012-janvier 2013, p. 9
  • Patrick Gaumer, « François Boucq », dans Dictionnaire mondial de la BD, Larousse, (ISBN 978-2035843319), p. 109.
  • Frédéric Bosser, « Boucq, Charyn : la fusion de deux univers », dans DBD n°88, .
  • Vincent Bernière, « Les petits secrets de François Boucq », Les Cahiers de la bande dessinée, no 1,‎ octobre - décembre 2017, p. 76-87.
Interviews et entretiens
  • François Boucq (interviewé) et Jean-Marc Vidal (intervieweur), « Boucq prend la BD par les cornes », BoDoï, no 16,‎ , p. 41-46.
  • François Boucq (interviewé), « Boucq : un nordiste dans le Sud », dBD, no 44,‎ , p. 10-12.
  • François Boucq (interviewé) et Frédéric Bosser, « François Boucq, et moi, et moi, et moi...et toi, et toi », dBD, no 133,‎ , p. 36-41.

Articles connexesModifier

Liens externesModifier