François-Joseph II

Franz Joseph II
François-Joseph II
Illustration.
Le prince François-Joseph II de Liechtenstein.
Titre
Prince de Liechtenstein

(51 ans, 3 mois et 19 jours)
Régent Hans-Adam de Liechtenstein
(1984-1989)
Président du gouvernement Josef Hoop
Alexander Frick
Gerard Batliner
Alfred Hilbe
Walter Kieber
Hans Brunhart
Prédécesseur Franz Ier
Successeur Hans-Adam II
Prince héréditaire de Liechtenstein

(9 ans, 5 mois et 14 jours)
Monarque Franz Ier
Prédécesseur Franz
son grand-oncle
Successeur Charles-Alfred de Liechtenstein
son frère
(1938-1945)
Biographie
Hymne royal Oben am jungen Rhein
Dynastie Maison de Liechtenstein
Nom de naissance Franz Joseph Maria Aloys Alfred Karl Johannes Heinrich Michael Georg Ignaz Benediktus Gerhardus Majella von und zu Liechtenstein
Date de naissance
Lieu de naissance Château de Frauenthal, Deutschlandsberg (Autriche)
Date de décès (à 83 ans)
Lieu de décès Grabs (Suisse)
Sépulture Cathédrale Saint-Florin de Vaduz
Nationalité liechtensteinoise
Père Aloïs de Liechtenstein
Mère Élisabeth de Habsbourg-Lorraine
Conjoint Georgina von Wilczek
Enfants Hans-Adam II Souverain
Prince Philipp de Liechtenstein
Prince Nikolaus de Liechtenstein
Princesse Nora de Liechtenstein
Prince Franz Josef Wenzel de Liechtenstein
Héritier Hans-Adam, comte de Rietberg
Résidence Château de Vaduz

François-Joseph II
Princes de Liechtenstein

François-Joseph II (en allemand : Franz Joseph II), né le au château de Frauenthal, à Deutschlandsberg, land de Styrie en Autriche et mort le à Grabs, en Suisse, est le prince souverain de Liechtenstein de 1938 à 1989.

François-Joseph est un souverain très populaire au Liechtenstein où il règne durant plus de 51 ans. Il est le premier prince régnant à vivre exclusivement dans la principauté. Il supervise le développement économique du Liechtenstein et réussit à le hisser au rang des pays les plus riches (par habitant) du monde.

BiographieModifier

Prince héréditaireModifier

 
François-Joseph et ses parents Aloïs de Liechtenstein et Élisabeth de Habsbourg-Lorraine vers 1906.

François-Joseph de Liechtenstein est le fils aîné du prince Aloïs de Liechtenstein et de son épouse la princesse impériale et archiduchesse Élisabeth de Habsbourg-Lorraine, nièce de l'empereur François Joseph Ier d'Autriche[1].

Le prince François-Joseph est le filleul de son grand-oncle, l'empereur François-Joseph Ier d'Autriche, dont il reçoit son prénom composé. Il a deux sœurs et cinq frères cadets : 1) Marie-Thérèse (1908-1973), 2) Charles-Alfred (1910-1985), 3) Georges (1911-1998), 4) Ulric (1913-1978), 5) Marie-Henriette (1914-2011), 6) Aloïs (1917-1967) et 7) Henri (1920-1993)[2].

Il passe sa jeunesse dans les châteaux de la maison princière du Liechtenstein en Autriche, notamment en 1911-1914 au château de Groß Ullersdorf en Moravie, où son amour pour la nature détermine ses futures études. A la fin de la grande guerre, la monarchie austro-hongroie s'effondre. L'empire est morcelé. Nombre de domaines des princes de Liechtenstein se trouvent désormais en Tchécoslovaquie.

En 1925, le prince réussit la Maturité au Schottengymnasium de Vienne. Il étudie ensuite à l'Université de Vienne les ressources naturelles et des sciences de la vie. Il devient ingénieur forestier et se consacre aux domaines familiaux que possède sa famille en Tchécoslovaquie[1].

Progressivement, alors qu'à sa naissance, le , il n'est que cinquième dans l'ordre de succession au trône de la principauté, l'année suivante, il se rapproche du titre princier à la mort de son grand-père le prince Alfred, le . Ensuite, le , son oncle paternel, le prince Franz (1868-1929), et son père, le prince Alois (1869-1955) renonçant à leurs droits[3] en sa faveur, François-Joseph devient dès lors second dans l'ordre de succession au trône. Le , à la suite de la mort du prince souverain Johann II, son oncle, et à l'accession du prince Franz Ier au trône, François-Joseph est dorénavant prince héréditaire de Liechtenstein. Enfin, le , il succède à son cousin et grand-oncle, le prince souverain Franz Ier, mort sans enfant[1].

Prince souverain de Liechtenstein (1938-1989)Modifier

Le , François-Joseph II inaugure son règne et s'installe au Liechtenstein. La domination nazie s'étend à toute la Bohême et la Moravie à l'automne 1938 et au printemps 1939. À la lumière de ces développements, la décision du prince de s'établir dans sa principauté est clairvoyante. Il est le premier prince à avoir sa résidence principale au Liechtenstein : le château de Hohenliechtenstein, au-dessus de Vaduz, que le prince avait transformé en un lieu accueillant.

Le , face à la menace que représente le Reich allemand, le peuple liechtensteinois rend hommage à ses princes : une déclaration visible d'intention de maintenir l'indépendance de l'État[4]. Peu de temps avant la fin de la Seconde Guerre mondiale, le prince procède au transfert dans la Principauté de Liechtenstein, de la majorité de l'importante collection d'œuvres d'art restées sous la domination nazie. Le gouvernement allemand ne pouvait pas interdire cette opération à un souverain étranger d'un état demeuré neutre durant le conflit[5].

 
François-Joseph II (à gauche) reçu par Marcel Pilet-Golaz et Enrico Celio en visite d'État en Suisse en 1943.

En , François-Joseph accorde l'asile politique aux forces du général Boris Smyslovski - composées de 462 soldats, 30 femmes et deux enfants - des volontaires russes luttant pour l'effort de guerre contre les communistes. Les accords de Yalta stipulaient que tout Russe présent dans les zones de combat européennes serait rapatrié de gré ou de force. Parmi les pays occidentaux, seul le Liechtenstein n'a livré aucun réfugié anti-soviétique à Joseph Staline[6],[7],[8] et ces derniers ont été pris en charge par la Croix-Rouge de la principauté, où certains d'entre eux sont restés deux ans avant de s'établir en Argentine grâce à des accords entre les gouvernements des deux pays[9].

Le prince François-Joseph II et sa femme, Georgina qu'il épouse en 1943, sont donc les premiers souverains de Liechtenstein à résider dans la principauté au château de Vaduz. Diplomate et avisé, au cours de son règne de plus de cinquante ans, François-Joseph II réussit à faire du Liechtenstein un havre de paix et de prospérité, notamment grâce à l'instauration de conditions fiscales avantageuses pour les entreprises. En 1964, lorsque la grande-duchesse Charlotte de Luxembourg cède ses pouvoirs à son fils, François-Joseph II devient le souverain régnant depuis le plus longtemps parmi les dix monarchies européennes.

Le , François-Joseph fête ses 70 ans. Le gouvernement et les communes lui offrent une réplique de la couronne ducale. Depuis 2015, cette réplique est conservée la salle du trésor du Liechtenstein[10]. Dans le cadre de cet anniversaire, une Médaille du 70e anniversaire du prince François-Joseph II de Liechtenstein est créée[1].

Le , tout en gardant le titre de prince souverain, le prince François-Joseph II délègue ses pouvoirs à son fils aîné qui lui succède à sa mort en 1989 sous le nom de Hans-Adam II.

Mariage et descendanceModifier

Après l'annonce de leurs fiançailles, le , le prince François-Joseph II épouse dans la cathédrale Saint-Florin de Vaduz, le la comtesse Georgina von Wilczek (née à Graz le et morte à Grabs le [1]).

De cette union naissent cinq enfants, qualifiés du prédicat d'altesse sérénissime[11] :

Mort et funéraillesModifier

 
Franz Joseph II en 1988.

Le , moins d'un mois après son épouse, François-Joseph II meurt, d'un infarctus à l'hôpital de Grabs[1]. Le , François-Joseph est inhumé dans la cathédrale Saint-Florin de Vaduz[1]. Assistent aux funérailles sa famille et nombre de représentants du Gotha : notamment la reine Sophie d'Espagne, Diana princesse de Galles, et Albert prince héréditaire de Monaco.

AscendanceModifier

( Source [12]:)

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
8. Franz Joachim de Liechtenstein
 
 
 
 
 
 
 
4. Alfred de Liechtenstein
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
9. Ewa Józefina Potocka
 
 
 
 
 
 
 
2. Aloïs de Liechtenstein
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
10. Aloïs II de Liechtenstein
 
 
 
 
 
 
 
5. Henriette de Liechtenstein
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
11. Franziska Kinsky von Wchinitz und Tettau
 
 
 
 
 
 
 
1. François-Joseph II de Liechtenstein
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
12. François-Charles d'Autriche
 
 
 
 
 
 
 
6. Charles-Louis d'Autriche
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
13. Sophie de Bavière
 
 
 
 
 
 
 
3. Élisabeth de Habsbourg-Lorraine
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
14. Michel Ier de Portugal
 
 
 
 
 
 
 
7. Marie-Thérèse de Bragance
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
15. Adélaïde de Löwenstein-Wertheim-Rosenberg
 
 
 
 
 
 

HonneursModifier

François-Joseph II est :

TitulatureModifier

Notes et référencesModifier

  1. a b c d e f et g Énache 1999, p. 61.
  2. Énache 1999, p. 62-65.
  3. Le prince régnant Jean II en informe le gouvernement par lettre manuscrite datée du  : (de) http://www.fuerstundvolk.li/fuv/fuv.do?site=421172c26f221000996d610c1957690b.
  4. (de) Günther Meier, « Fürst Franz Josef II. und das Volk schwören sich Treue », Fritig,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  5. (en) « The history of the princely collections », sur http://www.liechtensteincollections.at/ (consulté le ).
  6. K. M. Aleksandrov, (ru) Protiv Stalina : Vlasovtsy i vostotchnye dobrovol'tsy vo vtoroï mirovoï woïne : sbornik stateï i materialov, éd. Iouventa, St-Petersbourg 2003
  7. S. Drobyatsko, Choudochnik A. Karastchouk, (ru) Vtoraïa mirovaïa voïna, 1939–1945 : Russkaja osvoboditel'naïa Armiïa, éd. Ast, Moscou 1998, (ISBN 5237005853).
  8. Nicholas Fersen, (de) Im Zorn der Zeit (« Colère des Temps ») Scherz Verlag, Berne 1961.
  9. Christophe Dolbeau, Face au bolchevisme : petit dictionnaire des résistances nationales à l'Est de l'Europe (1917-1989), Arctic, , 359 p., p. 240.
  10. (de) « Fürst Franz Josef II », sur Fürst und Volk - Eine liechtensteinische Staatskunde (consulté le ).
  11. Énache 1999, p. 61-62.
  12. Jiri Louda et Michael MacLagan, Les Dynasties d'Europe, Bordas, 1995 (ISBN 2-04-027115-5), p. 111.

Article connexeModifier

Voir aussiModifier

BibliographieModifier

  • Nicolas Énache, La descendance de Marie-Thérèse de Habsburg, Paris, Éditions L'intermédiaire des chercheurs et curieux, , 795 p. (ISBN 978-2-908003-04-8).  

Liens externesModifier