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Frédérique Bredin

personnalité politique française
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Frédérique Bredin
Illustration.
Fonctions
Présidente du Centre national du cinéma et de l'image animée

(5 ans, 11 mois et 27 jours)
Prédécesseur Éric Garandeau
Successeur Dominique Boutonnat
Ministre de la Jeunesse et des Sports

(1 an, 10 mois et 14 jours)
Président François Mitterrand
Premier ministre Edith Cresson
Gouvernement Cresson
Bérégovoy
Prédécesseur Lionel Jospin (indirectement)
Successeur Michèle Alliot-Marie
Députée de la 9e circonscription de la
Seine-Maritime

(3 ans, 3 mois et 2 jours)
Élection 1er juin 1997
Législature XIe
Groupe politique SOC
Prédécesseur Elle-même
Successeur Patrick Jeanne

(1 an, 4 mois et 11 jours)
Élection (partielle)
Législature Xe
Groupe politique SOC
Prédécesseur Charles Revet
Successeur Elle-même

(2 ans, 11 mois et 24 jours)
Élection 12 juin 1988
Législature IXe
Groupe politique SOC
Prédécesseur Jean Beaufils
Successeur Jean Vittrant
Députée européenne

(2 ans, 1 mois et 7 jours)
Législature 4e
Groupe politique PSE
Maire de Fécamp

(6 ans, 9 mois et 2 jours)
Élection 19 mars 1989
Réélection 18 juin 1995
Biographie
Date de naissance (62 ans)
Lieu de naissance Paris (Seine)
Nationalité Française
Parti politique Parti socialiste
Père Jean-Denis Bredin
Diplômée de ENA
Profession Inspecteur des finances publiques

Frédérique Bredin, née le à Paris, est une haute fonctionnaire et femme politique française, ancienne ministre de la Jeunesse et des Sports et ancienne présidente du CNC.

BiographieModifier

FormationModifier

Frédérique Bredin est scolarisée au lycée Victor-Duruy. Après des études à l'Institut d'études politiques de Paris, elle intègre, en 1978, l’ENA (promotion Voltaire, celle de François Hollande, Michel Sapin, Ségolène Royal, Dominique de Villepin ou Renaud Donnedieu de Vabres[1]) dont elle sort classée septième (voie administration générale)[2], ce qui lui permet de rejoindre l’Inspection générale des finances.

Cabinets ministérielsModifier

En 1984, elle intègre le cabinet de Jack Lang, ministre de la Culture et de la Communication[3], où elle s’occupe de la politique cinématographique et audiovisuelle.

C'est l'époque du lancement de Canal+ et des chaînes privées. Le gouvernement autorise Canal+ à utiliser le quatrième réseau hertzien terrestre pour diffuser une chaîne de cinéma et de sport. En contrepartie, il lui impose des obligations : Canal+ doit participer à l'effort de création en s'acquittant d'une taxe reversée au CNC et s'engager à pré-acheter de films. Lors du lancement des chaînes privées l'année suivante, Jack Lang crée, par le même raisonnement, une taxe sur leurs recettes publicitaires et leur impose des obligations d'investissement dans le cinéma et les œuvres audiovisuelles[4].

En 1986, Frédérique Bredin rejoint l'Élysée où elle est chargée, auprès du président François Mitterrand, de la culture, de l'audiovisuel et du suivi des grands travaux lancés par le chef de l'État.

Mandats politiquesModifier

Députée de Seine-MaritimeModifier

Incitée par François Mitterrand à se présenter devant les électeurs, Frédérique Bredin est élue députée de la 9e circonscription de Seine-Maritime en 1988. Elle devient alors benjamine de l'Assemblée nationale. Au cours de son premier mandat, elle est membre de la commission des Affaires culturelles, familiales et sociales[5].

Nommée ministre de la Jeunesse et des Sports, elle démissionne de l'Assemblée nationale en mai 1991. Elle sera réélue députée de la 9e circonscription de Seine-Maritime lors d'une élection partielle en 1995, puis lors des élections municipales de 1997.

En 1996, elle signe avec neuf autres femmes politiques de tous bords, dont Édith Cresson, Michèle Barzach, Catherine Tasca et Simone Weil, un manifeste en faveur de l'égalité femmes-hommes : « Le manifeste des 10 », paru dans L'Express. Ce manifeste vise à inciter la classe politique à prendre des mesures en faveur de la parité[6].

À partir de janvier 1996, elle siège à la commission des Lois[5]. Puis, en 1997, elle est nommée rapporteur du projet de loi relatif à la délinquance sexuelle, qui vise à étendre les droits des victimes d'abus. Dans le cadre de ce débat, elle fait voter un amendement portant de 10 à 20 ans le délai de prescription pour les crimes sexuels. Elle fait également adopter un autre amendement imposant aux juges de modifier leur décision en cas de classement sans suite d'affaires d'abus sexuels sur mineurs[7].

Maire de FécampModifier

De 1989 à 1995, elle est également maire de Fécamp, dans le Pays de Caux[8].

Au cours de son mandat, elle mène une politique pour favoriser l'activité économique locale et la reconversion des zones de pêche. Une agence locale du développement est créée pour attirer des investissements dans la région. Frédérique Bredin s'engage également pour la promotion du tourisme, grâce à l'obtention d'un contrat de station de neuf millions d'euros sur trois ans et à la rénovation du front de mer[réf. nécessaire].

Députée européenneModifier

Elue députée européenne en 1994, elle siège au Parlement de Strasbourg jusqu'en 1996[9]. Réélue à l'Assemblée nationale en 1995, elle démissionne de son mandat de maire[10], puis de députée européenne[11], suivant le principe de non-cumul des mandats.

Autres mandatsModifier

En 1994, elle est nommée Young Leader[12] de la French-American Foundation.

De 1995 à 2000, elle est secrétaire nationale du Parti socialiste en charge de la culture et de la communication.

En 1998, elle est chargée par Lionel Jospin, Premier ministre, et Catherine Trautmann, ministre de la Culture et de la Communication, d'une mission sur l'audiovisuel public.

Ministre de la Jeunesse et des SportsModifier

Frédérique Bredin est nommée ministre de la Jeunesse et des Sports en 1991, dans le Gouvernement d'Édith Cresson. Elle conserve son poste au sein du Gouvernement de Pierre Bérégovoy jusqu'en 1993. Au cours de son mandat, elle participe à l'organisation des XVIe Jeux olympiques d'hiver à Albertville (Savoie)[13].

En 1991, pour favoriser l’insertion des jeunes par le sport, elle s’engage à ouvrir 1000 mini-terrains sportifs, les « J-Sports », au cœur des banlieues. Cette opération, parrainée par des sportifs de haut niveau, remporte un grand succès dans de nombreuses communes[14]. Le même été, elle lance le plan « Eté jeunes » en faveur des jeunes des quartiers défavorisés. Dans ce cadre, plus de 7500 jeunes s’inscrivent dans près de 400 « ateliers de proximité » ou « chantiers de restauration du patrimoine » mis en place par ses services. De plus, elle soutient l’ouverture aux jeunes d’établissements sportifs traditionnellement fermés à cette période. Le fonctionnement et l’animation sont pris en charge par le ministère, et l’encadrement assuré par des étudiants ou des éducateurs sportifs. Un concours est également lancé pour récompenser des projets élaborés et menés par des jeunes dans leurs quartiers. 1000 séjours vacances ou stages sportifs sont attribués[15].

En 1992, elle présente un projet de loi sur la modernisation du sport. Le texte vise notamment à favoriser une gestion plus transparente des clubs sportifs par une réforme de leur statut. Deux options sont proposées aux clubs : la société d’économie mixte sportive, qui permet aux collectivités locales d’être majoritaires dans le capital ; et la société à but sportif, dans laquelle l’association sportive détient la minorité de blocage. Le projet a également pour objectif d’assurer le droit à l’information sportive en alignant le droit de citation en matière sportive sur le droit commun. Le texte permet ainsi à toutes les chaînes de télévision de retransmettre des extraits de l’ensemble des manifestations sportives[16]. Le projet de loi est adopté le 13 juillet 1992[17].

Quatre mois après la promulgation de la loi de modernisation du sport, Frédérique Bredin crée une commission tripartite « sport-sécurité ». Composée de membres du Parlement, de l’État et du milieu sportif, elle a pour objectif de trouver des solutions pour prévenir les délits commis dans les stades et assurer la sécurité des joueurs et des spectateurs lors des manifestations sportives[18].

Fonctions dans le secteur privéModifier

En avril 2000, elle devient directrice de la stratégie et du développement de Lagardère Média, membre du comité exécutif.

En 2004, elle est nommée éditrice du Journal du dimanche et prend également, en 2006, les fonctions de directrice déléguée auprès du directoire de Lagardère Active Médias et d'éditrice des hebdomadaires Version Femina et TV Hebdo.

Elle renoue avec la vie politique en soutenant Arnaud Montebourg dans sa campagne pour la primaire socialiste en vue de l’élection présidentielle de 2012.

Centre national du cinéma et de l'image animée (CNC)Modifier

Le , elle est nommée présidente du Centre national du cinéma et de l'image animée (CNC)[1],[19],[20]. Lors de sa nomination, la presse rappelle sa grande connaissance des dossiers de l'audiovisuel et de la communication et sa réputation de grande travailleuse. Certains articles mentionnent une nomination « politique »[21].

Comme Présidente du CNC, elle s’engage pour la contribution des acteurs du numérique au financement de la création. Dès 2013, la France pose une première pierre en matière de fiscalité du numérique avec l’extension de la taxe vidéo aux plateformes payantes de type Netflix, puis en 2016, aux plateformes gratuites comme YouTube. Les recettes de cette taxe sont versées au fonds de soutien du CNC qui finance le cinéma et l’industrie audiovisuelle française. Elle participe également, avec la Ministre de la Culture, à faire adopter la directive européenne sur les Services de médias audiovisuels (SMA). Cette directive impose aux plateformes numériques des obligations d'investissement dans le cinéma et l'audiovisuel et, à la demande de la France, une quota de diffusion et de mise en valeur d'au moins 30 % d’œuvres européennes. Elle s'engage également pour l'adoption de la directive européenne visant à adapter le droit d'auteur à l'ère numérique, afin de garantir aux créateurs le respect de leurs droits[22].

Frédérique Bredin se consacre également à assurer la compétitivité de la France en matière de tournages. Au cours de son mandat, elle contribue à l’adoption de la réforme revalorisant les crédits d’impôt dédiés au cinéma et à l’audiovisuel, votée par le Parlement en 2015. Cette réforme permet de créer des emplois et de générer des investissements importants avec le tournage en France de productions comme Dunkerque de Christopher Nolan ou Mission Impossible[23].

Engagée en faveur de l’éducation à l’image, elle lance un programme qui permet à 1000 jeunes en service civique de relancer et d'animer près de 300 ciné-clubs dans les lycées français[24]. En 2019, elle lance un jeu éducatif, L’Atelier cinéma, destiné aux élèves du primaire et du collège. Distribué gratuitement dans toutes les écoles, L’Atelier cinéma est le premier dispositif d’éducation à l’image permettant de toucher 100 % d’une classe d’âge[25]. Par ailleurs, avec les régions, elle soutient l’embauche de plus de 70 médiateurs dans les salles de cinéma, afin de développer les publics et de créer des échanges autour des films[26]. Elle mène par ailleurs une importante réforme du soutien à l'Art & essai.

En 2017, elle lance CNC Talent, le premier fonds dédié à la création numérique[27]. Elle s'engage par ailleurs pour le développement des nouvelles technologies et des secteurs d'avenir : effets spéciaux, animation, réalité virtuelle, jeu vidéo[28],[29],[30],[31].

En 2018, elle initie une réforme du financement de l’audiovisuel. Cette réforme vise à recentrer les soutiens apportés au secteur sur la création originale8. Ce changement de règles est mal accueilli par les chaînes de télévision (notamment TF1 et M6)9. En complément, elle lance un "Plan séries" pour soutenir les œuvres les plus créatives et à forte ambition internationale[32].

En 2019, elle soutient l’organisation au CNC des premières "Assises sur la parité, l’égalité et la diversité dans le cinéma", organisées par le collectif 50/50 pour 2020. Pour favoriser la parité femmes-hommes dans le cinéma, le CNC s’engage à ce que les films qui intègrent autant de femmes que d’hommes dans les postes d’encadrement de leur équipe de tournage bénéficient d’un bonus financier (15 % des aides accordées par le CNC). Au cours de son mandat, Frédérique Bredin a également assuré la parité des membres des commissions qui attribuent les aides du CNC[33].

Vie privéeModifier

Elle est la fille de l’avocat, académicien et ancien responsable du MRG, Jean-Denis Bredin. Elle est mère de deux enfants.[réf. souhaitée]

Fonctions gouvernementalesModifier

ŒuvresModifier

Députée, journal de bord, Fayard, 1997, 270 p. (ISBN 2-213-59846-0)

Tir à vue 1965-2012. La folle histoire des présidentielles (en collaboration avec Jean-Jérôme Bertolus), Fayard, 2011, 362 p. (ISBN 2-213-654743)[34])

RéférencesModifier

  1. a et b Frédérique Bredin à la tête du CNC, Le Monde, 26 juin 2013.
  2. Le JDD, « ENA : découvrez le classement de la promo Voltaire de François Hollande », sur lejdd.fr, (consulté le 5 décembre 2017)
  3. « Frédérique Bredin rend son tablier. », sur Libération.fr, (consulté le 26 décembre 2018)
  4. « Spécial CNC - Frédérique Bredin : “Le CNC est le seul opérateur de l’État à être également un organisme professionnel” », sur Ecran-Total, (consulté le 8 juillet 2019)
  5. a et b « Mme Frédérique Bredin », sur www.assemblee-nationale.fr (consulté le 8 juillet 2019)
  6. « Le Manifeste des dix », sur LExpress.fr, (consulté le 8 juillet 2019)
  7. Jean-Baptiste de Montvalon, « Les députés veulent étendre les droits des victimes d'abus sexuels », sur lemonde.fr, (consulté le 8 juillet 2019)
  8. « Les anciens maires de la commune de Fécamp, la Mairie de Fécamp, sa commune et sa ville », sur www.annuaire-mairie.fr (consulté le 8 juillet 2019)
  9. « 4ème législature | Frédérique BREDIN | Députés | Parlement européen », sur www.europarl.europa.eu (consulté le 8 juillet 2019)
  10. « Frédérique Bredin quitte la mairie de Fécamp pour cumul de mandats. », sur Libération.fr, (consulté le 8 juillet 2019)
  11. « Frédérique Bredin: «Pourquoi je quitte le Parlement européen» », sur LExpress.fr, (consulté le 8 juillet 2019)
  12. Admin Suite, « Annuaire des Young Leaders - French-American Foundation France » (consulté le 4 juin 2015)
  13. « L'arrivée en France de la flamme olympique Le symbole magnifié », sur lemonde.fr, (consulté le 8 juillet 2019)
  14. « Banlieues : la prévention par le sport Après le printemps " chaud ", l'heure est aux activités sportives pour trois cent mille jeunes des quartiers défavorisés », sur lemonde.fr, (consulté le 8 juillet 2019)
  15. « Au conseil des ministres Mme Bredin fait le point sur l'opération " Eté-jeunes " », sur lemonde.fr, (consulté le 8 juillet 2019)
  16. « Le projet de loi sur le sport au Palais-Bourbon Les députés socialistes renforcent la lutte contre l'insécurité dans les stades », sur lemonde.fr, (consulté le 8 juillet 2019)
  17. « Les lois sur le sport (vitrine.Les lois sur le sport) - XWiki », sur www.wikiterritorial.cnfpt.fr (consulté le 8 juillet 2019)
  18. « Pour lutter contre la violence dans les stades Mme Frédérique Bredin installe une commission " sport-sécurité " », sur lemonde.fr, (consulté le 8 juillet 2019)
  19. CNC : Hollande place une copine de promo, Le Point, 26 juin 2013.
  20. Une ancienne ministre socialiste à la tête du CNC, Le Figaro, 26 juin 2013.
  21. Frédérique Bredin nommée à la tête du CNC, lesinrocks.com, 26 juin 2013
  22. Paris Match, « Frédérique Bredin : "Le cinéma emploie autant de salariés que l’automobile" », sur parismatch.com (consulté le 8 juillet 2019)
  23. Par Delphine DenuitLe 10 février 2019 à 07h07, « Crédit d’impôt pour le cinéma : «Un tournage génère en moyenne 400 emplois directs» », sur leparisien.fr, (consulté le 8 juillet 2019)
  24. « Depuis trois ans, des jeunes réinventent les ciné-clubs », sur la-croix.com, (ISSN 0242-6056, consulté le 8 juillet 2019)
  25. « Le CNC distribue un jeu d’initiation à l’image dans toutes les écoles françaises », sur nouvelobs.com (consulté le 8 juillet 2019)
  26. « 20 postes de médiateurs au service des salles de cinéma et des publics de Nouvelle-Aquitaine créés grâce au soutien de la Région et du CNC | CNC », sur www.cnc.fr (consulté le 8 juillet 2019)
  27. Emma Mahoudeau Deleva, « CNC Talent souffle sa première bougie », sur www.mediakwest.com (consulté le 8 juillet 2019)
  28. BFMTV, « Cinéma: l'emploi dans les effets spéciaux à son plus haut niveau depuis dix ans », sur BFMTV (consulté le 8 juillet 2019)
  29. Nathalie Klimberg, « Animation : aurait-on trouvé le secret de la potion magique ? », sur www.mediakwest.com (consulté le 8 juillet 2019)
  30. « Les Français sont friands de réalité virtuelle, d'après le CNC, mais la distribution des œuvres fait défaut », sur usine-digitale.fr (consulté le 8 juillet 2019)
  31. « Le CNC lance une aide pour le développement de jeux vidéo », sur Siècle Digital, (consulté le 8 juillet 2019)
  32. « Plan séries » du CNC : « Nous allons recentrer nos aides sur la création originale », sur lemonde.fr, (consulté le 8 juillet 2019)
  33. Madame Figaro, « Frédérique Bredin : "J'ai réalisé à quel point les femmes pouvaient être des alibis" », sur Madame Figaro, (consulté le 8 juillet 2019)
  34. « "Tir à vue 1965-2012. La Folle Histoire des présidentielles", de Jean-Jérôme Bertolus et Frédérique Bredin : les présidentielles mises à nu », sur lemonde.fr, (consulté le 8 juillet 2019)

Voir aussiModifier