Frédéric Rouvillois

juriste et universitaire français

Frédéric Rouvillois, né le , est un essayiste et juriste français.

Frédéric Rouvillois
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Biographie
Naissance
Voir et modifier les données sur Wikidata (56 ans)
ParisVoir et modifier les données sur Wikidata
Pseudonyme
E. MarsalaVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Activités
Universitaire, juriste, essayisteVoir et modifier les données sur Wikidata
Autres informations
Directeur de thèse

Il a publié plusieurs romans et une quarantaine d’essais, consacrés pour l'essentiel au droit constitutionnel et à l’histoire des mœurs et des représentations politiques.

BiographieModifier

Frédéric Rouvillois collabore dans les années 1990 à la revue royaliste Réaction sous le nom de plume d'« E. Marsala »[1],[2]. Sous ce pseudonyme, ou sous son nom d'état-civil, il collabore également au bimensuel souverainiste Vu de France, au trimestriel monarchiste Les Épées (2001-2010) et à la revue de Florence Kuntz, Salamandra (2002-2004).

FormationModifier

Il est docteur en droit (1994)[3] et agrégé de droit public (1998).

CarrièreModifier

Maître de conférences à l'Université de Rouen (1994-1998) puis professeur agrégé de droit public à Caen (1998-2002), il est nommé à Paris Descartes en 2002. Il y enseigne le droit constitutionnel et les libertés fondamentales.

Thématiques de travailModifier

Depuis sa soutenance de thèse en 1994, il développe ses travaux dans quatre directions principales.

La première porte sur les apories de la démocratie dans ses différentes versions – directe ou représentative, libérale ou pas, multipartisane ou non[4] -, et dans ses différentes dimensions- jusque sur le plan de la littérature, ce qui le conduit à s’interroger sur le sens profond du succès de librairie, et à publier une histoire des best-sellers (2013)[5].

Un deuxième axe de recherche l’amène à réfléchir à la nature de la Ve République, et plus précisément, a sur le caractère monarchique de ce système, dont estime qu’il est confirmé à la fois par le caractère révolutionnaire de la transition de 1958[6], par l’histoire des idées politiques[7] et par le droit constitutionnel comparé ; de là, des travaux sur l'incertitude de la notion de république, ou autour de la notion d’État stratège[8] qui, parce qu’il dispose du temps nécessaire, lui paraît à même de se confronter de façon plus satisfaisante aux problèmes essentiels comme ceux de l’environnement ou des grandes réformes structurelles.

Un troisième axe de réflexion porte sur les dérives de la modernité et du progressisme, en particulier dans l’ordre culturel et sociétal et sur la nécessité de développer, en face, une réflexion conservatrice sur les valeurs, la transmission, l’héritage ou les limites [9].

Enfin ses travaux portent sur les dangers de l’utopie, en particulier lorsque celle-ci se combine à la thématique du progrès. Dans sa thèse, soutenue en 1994, il y discernait la matrice nécessaire de la modernité, mais aussi, et sans exception, de tous les systèmes totalitaires depuis la Révolution française. Ayant développé cette idée dans divers articles et dans une publication internationale[10], il va se trouver vivement pris à partie par le philosophe post-marxiste Miguel Abensour qui, affirmant de son côté la nature essentiellement émancipatrice de l’utopie, en déduit que « La volonté de situer également l’utopie du côté du nazisme et du fascisme (…) témoigne du désordre des esprits de ce temps aveuglé par l’idéologisation du libéralisme. Comment peut-on prétendre parler d’ « utopie nazie », alors qu’il n’existe pas une once d’émancipation dans le national-socialisme, tout entier mobilisé par un projet de domination totale et universelle (…) ? »[11]. À cette attaque, il répond en publiant un essai consacré à la nature utopique du nazisme, qui vise à démontrer les virtualités despotique de l’utopie en général[12].

C'est en tant que comparatiste qu'en avril 2010, à l’invitation de la Fondation Farefuturo, il a été amené à exposer à Rome, devant le président de la Chambre des députés et des représentants de la coalition gouvernementale, la pertinence, pour l’Italie, qu'il y aurait à adopter le modèle constitutionnel français[13].

Entre 2004 et 2009, il est conseiller[14] de la Fondation pour l'innovation politique, un cercle de réflexion créé par Jérôme Monod dans le cadre duquel il a publié une vingtaine de brochures, ouvrages et articles, notamment pour sa revue, 2050 (PUF). Il a été membre du Tribunal suprême de Monaco de 2007 à 2015.

Chroniqueur pour le mensuel dirigée par Élisabeth Lévy, Causeur, il intègre le comité éditorial du magazine conservateur L'Incorrect en septembre 2017[15].

En 2018, avec notamment Chantal Delsol et Charles Beigbeder, il est à l'initiative de la Fondation du Pont-Neuf[16].

PublicationsModifier

  • L'invention du Progrès, 1680-1730. Aux origines de la pensée totalitaire, Kimé, 1998, rééd. CNRS Editions, 2011.
  • Les origines de la Ve République, Presses universitaires de France, Que sais-je ?, 1998, nouvelle édition revue et augmentée, CNRS Éditions, Coll. Biblis, 2018
  • L'utopie, Flammarion, 1998
  • Le droit, Flammarion, 1999
  • Quinquennat ou septennat (avec Christophe Boutin), Flammarion, coll. « Dominos », 2000
  • La cohabitation, fin de la République? (dir.) , François-Xavier de Guibert, 2001
  • L'abstention électorale, apaisement ou épuisement?, colloque sous la direction de Christophe Boutin et de Frédéric Rouvillois, François-Xavier de Guibert, 2001
  • Droit constitutionnel, Fondements et pratiques, Flammarion, 2002, 6e édition, 2017
  • Droit constitutionnel, La Ve République, Flammarion, 2002,6e édition, 2019
  • Décentraliser en France : Idéologies, histoire et prospective, sous la direction de Christophe Boutin et de Frédéric Rouvillois, François-Xavier de Guibert, 2003
  • « E. Marsala », Imagine : Note confidentielle sur les événements des 6 et 7 février 2022, éditions François-Xavier de Guibert, Paris, 2004[17]
  • Partis politiques et démocratie : Inséparables mais incompatibles ?, sous la direction de Christophe Boutin et de Frédéric Rouvillois, François-Xavier de Guibert, 2005
  • Le modèle juridique français : un obstacle au développement économique?, colloque sous la direction de Frédéric Rouvillois, Dalloz Actes, 2005
  • l'avenir du référendum, François-Xavier de Guibert, 2006
  • Histoire de la politesse de la Révolution à nos jours, Flammarion, 2006 (trad espagnol, portugais, chinois)
  • Le coup d'État, recours à la force ou dernier mot du politique ?, sous la direction de Christophe Boutin et de Frédéric Rouvillois, François-Xavier de Guibert, 2007
  • L'externalisation, ou comment recentrer l'État sur ses compétences essentielles, Fondation pour l'innovation politique, 2008
  • (dir.) La société au risque de la judiciarisation, Litec Colloques et débats, 2008
  • Les nouveaux territoires de l'État, Préface de Bernadette Malgorn, La Documentation française, 2008
  • Histoire du snobisme, Flammarion, 2008
  • Le Maroc en marche, codirigé avec Jean-Yves de Cara et Charles Saint-Prot, CNRS Editions, 2009
  • Les déclarations des droits de l’homme, Flammarion/ Le Monde, 2009
  • Le collectionneur d'impostures, Flammarion, 2010
  • Vers un modèle marocain de régionalisation - État, territoire et développement dans un pays émergent, codirigé avec Charles Saint-Prot et Ahmed Bouachik, CNRS Editions, 2010
  • Histoire des best-sellers, Flammarion, 2011 (trad russe, coréen, roumain et japonais)
  • La privatisation de l’État, codirigé avec Michel Degoffe, CNRS Editions, 2012
  • L’État optimal (dir), préface de Michel Camdessus, La Documentation française, 2012
  • Libertés fondamentales, Flammarion, coll. Champs-Université, 2012, 3e édition, 2019
  • L'exception marocaine, codirigé avec Charles Saint-Prot, Ellipses, 2013
  • Crime et Utopie, une nouvelle enquête sur le nazisme, Flammarion, coll. Essais, 2014
  • Le Royaume du Maroc au miroir de la France, Res publica, 2014
  • Être (ou ne pas être) républicain, Cerf, 2015
  • La Clameur de la Terre, Les leçons politiques du Pape François, Jean-Cyrille Godefroy, 2016
  • Un dictionnaire nostalgique de la politesse, Flammarion, 2016
  • Les micro-États au XXIe siècle (dir), Cerf, coll. Patrimoine, 2017
  • Les Présidents de la Ve République et les libertés, Préface de Valéry Giscard d'Estaing, (dir. avec Xavier Bioy, Alain Laquièze et Thierry Rambaud), CNRS Éditions, 2017
  • Le Dictionnaire du conservatisme (dir. avec Olivier Dard et Christophe Boutin), Cerf, coll. « Idées », 2017
  • La Révolution de 1958, (dir.), Cerf, coll. Patrimoine, 2019
  • Le Dictionnaire des populismes (dir. avec Olivier Dard et Christophe Boutin), Cerf, coll. « Idées », 2019
  • Les Fidèles, roman, Pierre-Guillaume de Roux, 2020
  • Liquidation. Emmanuel Macron et le saint-simonisme, Cerf, 2020

RéférencesModifier

  1. Jacques Prévotat, « La modération à l'épreuve de l'absolutisme : de l'Ancien Régime à la Révolution française », Le Débat, no 3692,‎ , p. 73-97.
  2. Emmanuel Ratier (préf. Henry Coston), Encyclopédie des pseudonymes, t. I, Paris, Faits et Documents, , 330 p. (ISBN 2-909769-10-0, notice BnF no FRBNF35616656), p. 168.
  3. Sous la dir. de Stéphane Rials : http://www.sudoc.fr/043808581.
  4. Frédéric Rouvillois, Le Dictionnaire des populismes (dir. avec Olivier Dard et Christophe Boutin) Cerf, coll. « Idées », 2019, Paris, Cerf, coll. « Idées »,
  5. Frédéric Rouvillois, Histoire des best-sellers, Paris, Flammarion,
  6. Frédéric Rouvillois, La Révolution de 1958, (dir.), Paris, Cerf, coll. Patrimoine,
  7. Frédéric Rouvillois, Les origines de la Ve République,, Paris, nouvelle édition revue et augmentée, CNRS Éditions, Coll. Biblis,
  8. Frédéric Rouvillois, Frédéric Rouvillois Les nouveaux territoires de l'État, Préface de Bernadette Malgorn, Paris, La Documentation française,
  9. Frédéric Rouvillois, Le Dictionnaire du conservatisme (dir. avec Olivier Dard et Christophe Boutin), Paris, Cerf,
  10. (en) Frédéric Rouvillois, "Utopia and totalitarianism",Utopia, The search for the ideal society in the western world,, New York, Oxford, New York Public Library, Oxford university press, , pp. 316-331,
  11. Miguel Abensour, Le Procès des maîtres rêveurs, Arles, Sulliver, , p. 9
  12. Frédéric Rouvillois, Crime et Utopie, une nouvelle enquête sur le nazisme,, Paris, Flammarion, coll. Essais,
  13. (it) « Farefuturo e la proposta che si ispira alla Francia: "come conciliare presidenzialismo e federalismo ».
  14. Fiche de Frédéric Rouvillois sur le site de la Fondation pour l'innovation politique.
  15. « Faites-le taire », L'Incorrect, no 1,‎ , p. 10.
  16. « la fondation du pont-neuf ce futur think-tank qui se rêve en terra-nova conservateur »
  17. « E. Marsala », Imagine : Note confidentielle sur les événements des 6 et 7 février 2022, éditions François-Xavier de Guibert, coll. « Contre-utopie », Paris, 2004, 184 p., (ISBN 978-2-86839-929-8).

Liens externesModifier