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Four à goémon avec ses cloisons amovibles à Penhors, Finistère

Les fours à goémon sont des tranchées creusées dans le sol qui servaient à produire des « pains de soude », obtenus à partir des cendres du goémon récolté, et qui étaient vendus au XVIe siècle aux manufactures du verre puis surtout au XIXe siècle, lors de la deuxième période industrielle de ces algues, aux industries qui en exploitaient l’iode utilisé dans l'industrie de la photographie (iodure d'argent) et le domaine médical (teinture d'iode désinfectant les blessures externes)[1]. La pêche au goémon connaît son plein essor pendant la seconde moitié du XIXe siècle, provoquant la création de véritables flottilles de goémoniers. Les fours à goémon se sont éteints dans les années 1950 lorsque les « pains de la mer » ont été détrônés par la soude chilienne et par la fabrication chimique d’une soude de bien meilleure qualité.

PrésentationModifier

Un four breton se présente sous la forme d'une tranchée de 5 à 10 m de long, 0,50 m de large et 0,50 m de profondeur[2]. Un four en Manche présente généralement une forme circulaire et offre un diamètre moyen d'environ un mètre[3]

Les parois et le fond sont tapissés de pierres plates assemblées avec de la glaise. Ces pierres sont isolées de la terre par une couche de galets qui laisse passer l'air. Le four breton est divisé en compartiments par des cloisons de pierre amovibles, afin de faciliter le démoulage des pains de soude (matière grisâtre solidifiée issue des cendres de goémon). Ces cloisons devaient être souvent changées car la chaleur les faisait éclater[4]. Le four est généralement construit sur une butte exposée aux vents dominants.

Une fois séchées, le goémon est reconstitué en meulon près du four. Les brûleurs de goémon disposaient les algues dans le four sur un lit de branchages enflammés. Après le brûlage, chaque compartiment recueillait un bloc de soude d'environ 50 kg qui était vendu aux usines de produits chimiques (la soude, l'iode, les sels de potasse servaient notamment à l'industrie chimique, pharmaceutique et à la verrerie).

Il fallait environ une tonne de goémon vert pour obtenir un bloc de soude (jusqu'à 80 kg) dont l'usine extrayait au mieux 1 kg d'iode[5].

On y brûlait également les laminaires séchées, pour en faire de la teinture d'iode, puissant antiseptique.

Ces fours à goémon sont encore visibles en de nombreux endroits de la côte Finistère : Cléder, Plozévet, Plouescat, Plouneour-Trez, Meneham, Lampaul-Plouarzel, Porspoder, Lesconil, l'île de Molène, l'île de Sieck, etc.

GalerieModifier

Notes et référencesModifier

  1. Carole Dougoud Chavannes, Les algues de A à Z, Jouvence, , p. 24.
  2. Gérard Deschamps, La pêche à pied. Histoire et techniques, Editions Quae, (lire en ligne), p. 194.
  3. Dominique Cliquet, L'archéologie dans la Manche : fouilles et recherches récentes (1990-1999), Société d'archéologie et d'histoire de la Manche, , p. 28.
  4. Charles Robert-Muller, Maurice Le Lannou, Pêches et pêcheurs de la Bretagne atlantique, Armand Colin, , p. 398.
  5. Brochure Laissez-vous conter Plouescat, page 9, éditée par l'office du tourisme de Plouescat

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