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Château de Ham

château fort français
(Redirigé depuis Forteresse de Ham)

Château de Ham
Image illustrative de l’article Château de Ham
Entrée du château de Ham.
Période ou style Médiéval
Type Château fort
Début construction XIe siècle
Fin construction XVIe siècle
Destination actuelle Vestiges
Protection  Inscrit MH (1965)
Coordonnées 49° 44′ 35″ nord, 3° 04′ 26″ est[1]
Pays Drapeau de la France France
Anciennes provinces de France Picardie
Région Hauts-de-France
Département Somme
Commune Ham

Géolocalisation sur la carte : France

(Voir situation sur carte : France)
Château de Ham

Géolocalisation sur la carte : Somme

(Voir situation sur carte : Somme)
Château de Ham

Le château, ou fort, ou forteresse de Ham est un château fort situé à Ham, à l'exrême sud-est du département de la Somme, dans la région les Hauts de France.

Sommaire

HistoireModifier

Une construction médiévaleModifier

Si on ignore la date de création du château primitif, les historiens s'accordent sur le fait qu'il a été érigé par les premiers comtes de Vermandois vers 1052.

Il est restauré par Odon IV au XIIIe siècle, puis au XVe siècle par Jean II de Luxembourg-Ligny. Le neveu de ce dernier, Louis de Luxembourg-Saint-Pol, plus connu sous le nom de connétable de Saint-Pol, comte de Saint-Pol et connétable de Louis XI en 1465, fait construire en 1441 un donjon monumental, la grosse tour ou « tour du connétable ».

Le château de Ham a été assiégé, à plusieurs reprises, en particulier par Philippe II d'Espagne en 1557.

Rattaché à la couronne de France sous le règne d'Henri IV, il a été l'objet de transformations à la fin du XVIIe siècle par Vauban.

Une prison d’ÉtatModifier

Il est ensuite transformé en prison d'État. Lors de la répression « thermidorienne » une dizaine de montagnards dont Chasles y furent incarcérés (avril 1795)[2]. Il accueille de célèbres prisonniers dont le dernier a été le prince Louis-Napoléon Bonaparte (futur Napoléon III) qui y a séjourné six ans (1840–1846), et qui a fini par s'en échapper le 25 mai, déguisé en maçon, sous l'identité de Badinguet[3].

En décembre 1870, la deuxième armée du Nord encercle la ville occupée par les Prussiens et les oblige à signer une capitulation.

Destruction du château et sauvegarde des vestigesModifier

Comme le château de Coucy, le fort est dynamité par les Allemands, pendant la Grande Guerre, le 19 mars 1917[Note 1]. Il ne reste que des ruines dominant le cours du canal de la Somme.

Les vestiges du château de Ham sont inscrits à l'inventaire des Monuments historiques depuis 1965[4].

En 1977, une association « Les Amis du Château de Ham » fut créée pour sauvegarder et mettre en valeur les vestiges du Fort. Elle s'efforce, depuis lors, de redonner vie au site par des travaux, des expositions, des spectacles…

Le 11 octobre 1980, l'association « Les amis de Napoléon III » fit apposer une plaque sur la tour d'entrée du château sur laquelle est gravée cette inscription : « En ces lieux, Louis-Napoléon Bonaparte emprisonné de 1840 à 1846 conçut sa politique de progrès économique et social. »

ArchitectureModifier

La forteresseModifier

Le château de Ham avait une forme rectangulaire de 120 m de long sur 80 m de large reprenant le « schéma philippien ».

À chaque coin une tour ronde complétait le système de défense. Les courtines étaient protégées par deux tours carrées. La tour nord-est était l'ancienne entrée obstruée au XVe siècle. Un fossé profond à cunette rempli par les eaux de la Beine, affluent de la Somme, venait renforcer la défense du château. Le creusement du canal de la Somme en 1821 avait vidé l'eau des fossés.

La porte d'entrée était protégée par une demi-lune construite au XVIe siècle et par un pont-levis. Le côté sud-est était lui aussi défendu par une demi-lune avant le creusement du canal.

Le mur d'enceinte avait une hauteur de 16 m. Le soubassement était en grès et les moellons en pierre calcaire blonde. Mâchicoulis et créneaux complétaient le dispositif.

À l'intérieur de l'enceinte, se trouvait un grand corps de logis dans lequel vécut Marie de Luxembourg et où naquirent ses enfants François, Louis et Antoinette de Bourbon.

La tour du connétableModifier

La tour du conétable ou grosse tour bâtie dans la seconde moitié du XVe siècle par Louis de Luxembourg, connétable de Saint-Pol, défendait l'angle nord-est de l'édifice. Le connétable fit modifié l'architecture du château pour qu'il puisse résister aux tirs d'artillerie. Les accès à la tour maîtresse à deux entrées, située au coin de l'enceinte, sont isolés par un fossé intérieur. Ici l'isolement n'est pas complet car les courtines rejoignent, sans communication directe, la tour[5]. C'était une construction remarquable ; la tour avait 33 mètres de diamètre, 33 mètres de hauteur et les murs faisaient 11 mètres d'épaisseur.

Arbre remarquableModifier

Il se dresse encore, bien que mutilé, sur le site du château. Cet arbre appelé - sans doute à tort - arbre de la liberté aurait été planté, soit en 1793 par André Dumont, représentant en mission de la Convention[6], soit par Léonard Bourdon, alors prisonnier au fort de Ham[7]. Le 26 octobre 1853, l'empereur Napoléon III, l'impératrice Eugénie et leur suite, de passage à Ham, prirent une collation sous le vieux tilleul de la cour du château[8]. Ce tilleul a été victime de la destruction du château en 1917. Bien que son tronc fut calciné, ses racines encore vivantes ont permis à un rejet de le faire repartir.

PhotosModifier

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Prisonniers célèbres incarcérés au fort de HamModifier

Voir aussiModifier

BibliographieModifier

  • E. Bocquet, Ham, une visite en 1912, Inval-Boiron, La Vague verte, 2010.
  • Cercle cartophile de Ham, Balade dans le Pays hamois, C.C.H., Ham, 1992.
  • Charles Gomart, Ham, son château et ses prisonniers, 1864 – rééd. : La Vague Verte, 2000 [lire en ligne].
  • Élie Fleury et Ernest Danicourt, Histoire populaire de la ville de Ham, Ham, 1881 disponible sur Gallica.
  • Philippe Seydoux, Forteresses médiévales du nord de la France, Editions de la Morande, 1979 (ISBN 2 - 902 091 - 05 - 2)

Articles connexesModifier

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Liens externesModifier

Notes et référencesModifier

NotesModifier

  1. Au moment de leur repli sur la Ligne Hindenburg

RéférencesModifier

  1. Coordonnées vérifiées sur Géoportail et Google Maps.
  2. Marc Belissa et Yannick Bosc, Le Directoire,La République sans la démocratie, La Fabrique, Page 34
  3. Alain Carteret, Napoléon III, Table Ronde, , p. 13.
  4. Notice no PA00116172, base Mérimée, ministère français de la Culture.
  5. Châteaux et enceintes de la France médiévale : de la défense à la résidence, tome 1, « Les organes de la défense », p. 45.
  6. « Ham, son château et ses prisonniers, 1864 ».
  7. Élie Fleury et Ernest Danicourt, Histoire populaire de la ville de Ham, Ham, 1881 p. 145
  8. « Ham, son château et ses prisonniers, 1864, page 201 ».