Force terrestre d'autodéfense japonaise

La Force terrestre d'autodéfense japonaise (陸上自衛隊, Rikujō Jieitai?), fréquemment mentionnée sous le sigle JGSDF issu de la traduction anglaise de son appellation « Japan Ground Self-Defense Force », est l’armée de terre de facto des Forces japonaises d'autodéfense (les forces de police de jure[Quoi ?]), chargée de la défense sur terre du Japon. Cette armée a été formée avec l'ensemble des autres armes le à la suite de la dissolution de l'Armée impériale japonaise à l’issue de la Seconde Guerre mondiale.

Force terrestre d'autodéfense japonaise
陸上自衛隊
Image illustrative de l’article Force terrestre d'autodéfense japonaise
Cocarde de la Force terrestre d'autodéfense japonaise

Création
Pays Drapeau du Japon Japon
Allégeance Ministère japonais de la DéfenseVoir et modifier les données sur Wikidata
Type Armée de terre
Effectif 2 012 : 159 313[1].
2 022 : 150 700[2]
Fait partie de Forces japonaises d'autodéfense
Commandant Yasunori Morishita

Histoire

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À la suite de la défaite du Japon dans la Seconde Guerre mondiale, l'Armée impériale japonaise est dissoute par l’acceptation de la déclaration de Potsdam. La Constitution du Japon dispose en son article 9 que le « peuple japonais renonce pour toujours à la guerre en tant que droit souverain de la nation et à la menace ou l'usage de la force comme moyens de règlement des différends internationaux. » Le , le Conseil national de sécurité a été réorganisé par l'Agence de défense, et la Force de sécurité nationale a été réorganisée pour donner la Force terrestre d'autodéfense japonaise, à la suite du vote de la loi de 1954 sur les forces d’autodéfense. Elle est équipée les premières années de matériel américain le temps que l'industrie de l'armement japonais ne recommence à produire du matériel de conception national.

Durant la période de la guerre froide, l'URSS est perçue comme la principale menace, ce qui a amené à une disposition des principales forces au nord de l'archipel japonais dont l'île d'Hokkaido.

Post guerre froide

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Dans les années 2010, la Corée du Nord et la république populaire de Chine sont considérées comme les menaces principales, ce qui conduit à redéployer les troupes sur les îles méridionales. Celles-ci devant perdre selon un plan de 2010 le tiers de ses chars (400 chars prévus)[3] et les deux tiers de ces pièces d'artillerie (200 pièces prévus) et être plus mobile afin de permettre à ces dernières d’intervenir, le cas échéant, plus rapidement dans les zones où la souveraineté du Japon est contestée[4]. En 2013, un nouveau gouvernement déclare que ces coupes dans les effectifs sont à reconsidérer.

Les troupes britanniques de l'Honorable Artillery Company (HAC) se sont exercées ensemble pour la première fois avec des soldats japonais à Oyama, dans la préfecture de Shizuoka, le 2 octobre 2018. C'était également la première fois dans l'histoire japonaise que des soldats étrangers autres que des Américains s'exerçaient sur le sol japonais. L'objectif était d'améliorer leur partenariat stratégique et leur coopération en matière de sécurité[5].

En 2019 le gouvernement japonais a approuvé la toute première expédition de la JSDF dans une opération de maintien de la paix qui n'est pas dirigée par les Nations unies. Des officiers de la JGSDF ont surveillé le cessez-le-feu entre Israël et l'Égypte au commandement de la Force multinationale et des observateurs dans la péninsule du Sinaï du 19 avril 2019 au 30 novembre 2021. Les forces japonaises participent également aux opérations anti-piraterie dans le golfe d'Aden au large de la Somalie, le Japon a envoyé des destroyers et des avions de patrouille P3C dans la mission anti-piraterie depuis 2009[6].

Organisation

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Disposition des unités de combat de la JGSDF en 2011. Les brigades ont une étoile, les divisions deux.

Au niveau régional, l'armée de terre est divisé en 5 zones (Nord, Nord-Est, Est, Centre, et Ouest). La JGSDF se compose des unités suivantes tactiques[7] [Quand ?]:

  • une division blindée (7e) ;
  • huit divisions d'infanterie, chacune avec trois ou quatre régiments d'infanterie de la taille d'un bataillon ;
  • six brigades d'infanterie (5e brigade , 11e brigade , 12e brigade , 13e brigade , 14e brigade, et la 15e brigade) ;
  • une brigade aéroportée (1re brigade aéroportée) ;
  • quatre combinés (formation) brigades ;
  • une brigade de formation ;
  • deux brigade d'artillerie ;
  • deux brigades de défense aérienne ;
  • quatre brigades d'ingénieurs ;
  • une brigade d'hélicoptères avec vingt-quatre escadrons d'hélicoptères et deux pelotons antichar.

Commandement major

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  • Le commandement de la composante terrestre
Ce quartier général est établi formellement le . Il correspond à un groupe d'armée et il assume le commandement unifié des cinq armées en cas d'incident[8]. Comprenant 180 personnes, son siège est au Camp Asaka (en) dans la banlieue nord-ouest de Tokyo[9].

Autres unités

  • D'autres unités et organisations
    • Commande de contrôle des matériaux
    • Groupe de recherche & développement
    • Brigade de transmissions
    • Police militaire
    • Renseignement du Commandement militaire
    • Commandement de renseignement
    • Collège du personnel au sol
    • École des officiers-aspirants
    • Autres

Les divisions

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Les neuf divisions en activité en 2017 ont un effectif allant de 6 000 à 9 000 personnes. Elles ont toutes été activées en 1962. Voici leur stationnement en 2011 :

Les brigades

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Les six brigades en activité en 2017 on un effectif allant de 3 000 à 4 000 personnes. Elles ont toutes été activées en 1999.

Une septième est mise sur pied le 27 mars 2018. Son effectif en 2020 est de 2 400 personnes[10] :

Entrainement

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Depuis 1989, une formation de base pour les diplômés de l'académie du premier et second cycle a commencé dans la brigade de formation et d'une durée d'environ trois mois.

Équipements principaux[Quand ?]

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Sauf indication contraire les chiffres sont de 2022.

Véhicule blindé[11]
Type Modèle Origine Quantité Remarques
Char de combat principal Type 10   Japon 53 → 99
Char de combat principal Type 90   Japon 333 → 335
Char de combat principal Type 74   Japon 406 → 145 Retiré progressivement du service
Chasseur de char Type 16 (en)   Japon 69
Véhicule de reconnaissance Type 87 (en)   Japon 111
Véhicule de combat d'infanterie Type 89 (VCI)   Japon 68 [12]
Véhicule blindé de transport de troupes Type-73   Japon 226
Véhicule blindé poste de commandement Type-82   Japon 197
Véhicule blindé de transport de troupes Type-96 (en)   Japon 381
Véhicule amphibie de débarquement AAV-7A1   États-Unis 52
Véhicule blindé de transport de troupes Bushmaster   Australie 8 Commandé en 2014[13]
Système de missiles polyvalents Type 96   Japon 37
Artillerie[11]
Type Modèle Origine Quantité Remarques
Canon automoteur Type 75 (en)   Japon 140 → 0 155 mm. Entièrement retiré du service en 2016.
Canon automoteur M110   États-Unis 90 → 31 203 mm
Canon automoteur Type 99 155mm (en)   Japon 99 → 135 155 mm
Lance roquettes multiple M270   États-Unis 99 → 54 227 mm
Canon tracté FH70   Royaume-Uni -   Italie -   Allemagne 480 → 229 155 mm
Mortier automoteur Type-96 (en)   Japon 24 120 mm
Mortier MO 120 RT   France 435 120 mm
Mortier L16   Canada -   Royaume-Uni 656 81 mm
Mortier M2 (en)   États-Unis 0 Retiré du service en 1984
Défense anti aérienne[11]
Type Modèle Origine Quantité Remarques
Missile sol-air moyenne portée Type-03 Chu-SAM   Japon 48 Portée 50 km
Missile sol-air moyenne portée Type-03

Chu-SAM Kai

  Japon 4
Missile sol-air moyenne portée MIM-23B I-Hawk   États-Unis 78 Portée 35 km
Missile sol-air courte portée Type-11 Tan-SAM   Japon ~ 44 Portée 10-15 km
Missile sol-air très courte portée Type-81 Tan-SAM   Japon 46 Portée 14 km
Missile sol-air très courte portée Type-93 Kin-SAM;   Japon 91
MANPADS Type 91 (en)   Japon
MANPADS FIM-92 Stinger   États-Unis En cours de remplacement par le Type-91
Canon anti aérien automoteur Type-87   Japon 52 35 mm

Aéronefs

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Décontamination d'un Fuji UH-1J de la force terrestre d'autodéfense japonaise utilisé pour les secours lors de l’accident nucléaire de Fukushima en 2011. Ce modèle est le dernier UH-1 produit au Japon. Il s'agit d'UH-1H avec un moteur plus puissant et un nez de UH-1N produit sous licence par Fuji Heavy Industries à 78 exemplaires entre 1993 et 1998[14].
  • Avion King Air 350 (7 en 2011[15])
  • Avion utilitaire Mitsubishi MU-2 (retiré en 2016, 7 en 2011)
  • Avion de transport convertible Boeing-Bell V-22 Osprey (9 au 31 mars 2023[16]
  • Hélicoptère d'attaque AH-64 Apache (12 au 31 mars 2022[16], 50 commandés en 2005, 13 livrés, 12 opérationnels depuis un accident en 2019)
  • Hélicoptère d'attaque AH-1S Cobra (48 au 31 mars 2022[16], 89 fabriqué sous licence par Fuji Heavy Industries à partir de 1979, 75 en 2011)
  • Hélicoptère de transport CH-47J/JA (50 au 31 mars 2022[16], 57 en 2011, 2 commandé en 2012[17])
  • Hélicoptère de transport UH-1H/J (115 au 31 mars 2023[16], 168 en 2011)
  • Hélicoptère de transport Subaru UH-2 (1re livraison en 2022, doit remplacer le UH-1)
  • Hélicoptère polyvalent Mitsubishi UH-60 Black (40 au 31 mars 2022[16], 30 en 2011, 1 commandé en 2012)
  • Hélicoptère de reconnaissance OH-1 Ninja (27 en unités en 2011, 34 construit en 2010[18])
  • Hélicoptère léger de reconnaissance OH-6D (144 en 2009, 139 en 2011, 193 construit sous licence par Kawasaki pour remplacer les OH-6J[19])
  • Hélicoptère d’entrainement TH-480B (en) (26 commandées en 2011)

Autres véhicules

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Références culturelles

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Le manga Rising Sun de Satoshi Fujiwara, publié depuis 2012 dans le magazine Manga Action, décrit le quotidien d'une jeune recrue des forces terrestres d'autodéfense japonaises[20].

La série de light novels Gate: jieitai kanochi nite, kaku tatakaeri et ses adaptations en manga et anime mettent en scène des soldats des forces terrestres d'autodéfense japonaises.

le film Godzilla Resurgence film japonais de 2016 , les forces d'autodéfense japonaise affronte le plus célèbre des kaijus.

le manga kaiju défense force , l'armée japonaise s'organise face à la menace d'une invasion de Kaiju.

Notes et références

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  1. [PDF](en) Defense Programs and Budget of Japan : Overview of FY2012 Budget Request, Ministère de la défense du Japon, , 26 p. (lire en ligne), p. 24
  2. James Hackett, The military balance 2022, International Institute for Strategic Studies, (ISBN 978-1-000-61972-0, 1-000-61972-9 et 978-1-003-29456-6, OCLC 1296940601, lire en ligne), p. 276.
  3. Arnaud de La Grange, « Le Japon réorganise ses forces face à la menace chinoise », sur Le Figaro, (consulté le )
  4. « Le Japon renforce sa défense vis-à-vis de la Chine et de la Corée du Nord », sur Le Monde, (consulté le )
  5. (en) Levison Wood et Dominic Nicholls, « British troops join forces with Japanese for first time on their soil amid North Korea tensions », The Telegraph,‎ (ISSN 0307-1235, lire en ligne, consulté le )
  6. (en) « Japan Extends SDF Sinai Mission by 1 Year », sur nippon.com, (consulté le )
  7. Exécutée le 14 janvier 1960.
  8. « Commentaire : lancement de la version japonaise du Corps des Marines< », sur NHK, (consulté le ).
  9. (en) Matthew M. Burke, « Japan Ground Self-Defense Force to experience ‘biggest restructuring’ ever », sur Stars and Stripes, (consulté le ).
  10. « 3番目の新編部隊めぐり3市が名乗り 水陸機動団:朝日新聞デジタル », sur 朝日新聞デジタル
  11. a b et c Hackett 2022, p. 277.
  12. « Véhicule blindé de combat d’infanterie japonais Type 89 », sur www.strategic-bureau.com, (consulté le ).
  13. (en) « Japan takes delivery of four more Bushmaster vehicles »  , sur janes
  14. (en) « UH-1J », sur www.globalsecurity.org, (consulté le ).
  15. Tone Eye, « World Air Forces 2011-2012 », sur Flight Globar, (consulté le )
  16. a b c d e et f (ja) Defence of Japan 2022 (Annual White Paper)<, Ministère de la Défense (Japon), , 176 p. (lire en ligne), p. 53
  17. [PDF](en) Defense Programs and Budget of Japan : Overview of FY2012 Budget Request, Ministère de la défense du Japon, , 38 p. (lire en ligne), p. 24
  18. (en) « Kawasaki OH-1 », World Military & Civil Aircraft Briefing, Teal Group Corporation,‎
  19. https://www.helis.com/database/modelorg/866/
  20. « Extrait du manga Rising Sun », sur manga-news.com, (consulté le )

Voir aussi

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Articles connexes

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Liens externes

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