Flore et Marie de Cordoue

Flore et Marie de Cordoue ont accompli leur martyre ensemble à Cordoue le , sous le règne d'Abd al-Rahman II. L'Église les honore comme vierges et martyres et les fête le 24 novembre. En Espagne, on les nomme Flora et Maria.

Histoire et traditionModifier

Flore est née à Cordoue, en Espagne, d'un père musulman et d'une mère chrétienne. Abd al-Rahman II (822-852) décréta apostat les enfants chrétiens nés de couples mixtes[1]. La loi islamique faisait d'elle une musulmane mais, en secret, elle avait été élevée dans la foi chrétienne. Son frère était musulman et dès qu'il apprit sa foi chrétienne, il fit emprisonner des clercs sachant qu'elle ne supporterait pas de voir quelqu'un souffrir à cause d'elle. Puis il la dénonça au juge (le cadi) qui la força à apostasier (renoncer publiquement à sa religion). Elle refusa et fut condamnée à être fouettée avec des verges. Les coups qu'elle reçut la blessèrent à la tête au point de mettre à nu les os de son crâne. À la suite de cela, elle fut remise à son frère, chargé de la convaincre de revenir à l'islam. On considérait en effet qu'elle avait abjuré cette religion et que pour cette raison, elle méritait la mort.

Flore réussit à tromper la vigilance de son frère et à s'échapper. Elle trouva refuge à Ossaria, chez une sœur où elle put reprendre des forces. Après quelques jours, elle retourna à Cordoue pour aller prier publiquement dans l'église Saint-Ascicle, un martyr des premiers siècles. Là, elle rencontra Marie, chrétienne, sœur du diacre Valabonsus (récemment martyr). Les deux vierges, emplies de zèle, décidèrent de se présenter ensemble devant le juge pour confesser leur foi. Elles furent immédiatement emprisonnées dans un cachot obscur peuplé de femmes grossières et de prostituées.

Après un dernier interrogatoire, elles furent condamnées à être décapitées pour avoir, selon le cadi et selon la loi, abjuré l'islam et embrassé la foi chrétienne. Leurs corps furent laissés aux chiens et aux oiseaux, puis jetés dans le fleuve.

C'est pour elles que l'évêque de Tolède, Euloge de Cordoue, témoin de ce martyre survenu à Cordoue le , rédigea son Exhortation au martyre.

Voir aussiModifier

SourcesModifier

Alban Butler, Vie des pères, des martyrs et des autres principaux saints, traduit en français par l'abbé Godescard, Toulouse, 1808.


  1. Cabrera 2011, p. 125-126.