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L'iris des Pyrénées (Iris latifolia (Mill.) Voss), une espèce endémique des Pyrénées et des monts Cantabriques

La flore des Pyrénées comporte environ 4 500 espèces, dont quelque 160 espèces endémiques. La répartition végétale dans les Pyrénées est influencée par un climat océanique à l'ouest et un méditerranéen à l'est, humide au nord, plus sec au sud auxquelles s'ajoutent les différents étages montagnards qui favorisent les forêts de feuillus à basse altitude, puis aux altitudes supérieures, des forêts de confères, au-delà de la limite supérieure de l'arbre (zone de combat) des herbacées des alpages, et enfin les plantes de milieux rocailleuses et proches des névés à haute altitude (saxifrages, mousses, lichens, etc.)

L’orientation d’ouest en est de la plupart des montagnes européennes a eu pour conséquence qu'un grand nombre d’espèces présentes durant le Tertiaire et le début du Quaternaire (ère Cénozoïque) ont disparu lors des glaciations quaternaires. Les migrations vers des régions plus clémentes ou des refuges ont été freinées par les massifs montagneux que certains taxons n'ont pas pu franchir. Outre l'orientation ouest-est, les Pyrénées ont la particularité d'être une chaîne massive où les cols sont assez élevés accentuant l'effet de barrière écologique. En Amérique du Nord et en Extrême-Orient où les chaînes de montagnes sont majoritairement d'orientation nord-sud, les espèces ont en revanche pu migrer vers des régions plus clémentes. Un mélange avec des espèces provenant des régions arctiques et d’autres chaînes européennes a en outre eu lieu. Lors de la remontée des glaces, des espèces alpines, comme le thé des Alpes ou la dryade (Dryas octopetala L.), sont progressivement remontées vers l'Arctique, tandis que des espèces arctiques, comme l’andromède bleue (Phyllodoce caerulea (L.) Bab.), sont restées dans les Pyrénées. Les migrations se font également dans le sens altitudinal au gré des évolutions climatiques (glaciaires-interglacaires).

Originalité de la flore des PyrénéesModifier

À l’instar des Alpes méridionales et des montagnes des Balkans, qui sont également riches en espèces endémiques, quelques espèces ont pu subsister dans des vallées protégées des Pyrénées. Cela permet ainsi d’expliquer pourquoi la jacinthe améthyste, Brimeura amethystina (L.) Chouard, ne se rencontre que dans les Pyrénées et en Croatie. La gentiane des Pyrénées, Gentiana pyrenaica L., était vraisemblablement plus largement répandue avant la glaciation. On la trouve actuellement dans les Pyrénées orientales et depuis les Monts Rila de Bulgarie jusque dans le Nord-Est de la Turquie. Les gesnériacées sont une grande famille tropicale, qui était aussi répandue en Europe au cours de l’ère tertiaire. Seules six espèces ont pu y survivre à la glaciation. Ainsi, la ramonde, Ramonda myconi (L.) Rchb., est présente sur les rochers calcaires ombragés des Pyrénées centrales et occidentales. Dans les Balkans, on rencontre localement deux autres ramondes : Ramonda nathaliae Pančić & Petr. à fleurs à 4 pétales, et Ramonda serbica Pančić à corolle légèrement campanulée. Le Lis des Pyrénées, Lilium pyrenaicum Gouan, est une belle plante à fleurs en turban jaunes piquetées de noir, qui répandent malheureusement une odeur assez désagréable. Dans le nord-est de l’Espagne on trouve la var. rubrum à fleurs orangées. Dans les Alpes orientales et les Balkans on rencontre le lis de la Carniole, Lilium carniolicum Bernh. ex W. D. J. Koch, qui y est présent sous quatre variétés : albanicum et jankae à fleurs jaunes, et bosniacum et carniolicum à fleurs orangées à rouges. D’aucuns considèrent que le lis de la Carniole est une sous-espèce du Lis des Pyrénées. Lilium pyrenaicum et Lilium carniolicum proviennent vraisemblablement d’un ancêtre commun qui a été décimé lors de la grande glaciation.

Les Pyrénées orientalesModifier

L’influence méditerranéenne donne aux Pyrénées orientales un caractère plus ensoleillé et une composition floristique différente du reste de la chaîne, avec par exemple le céraiste des Pyrénées (Cerastium pyrenaicum J.Gay), la xatardie scabre (Xatardia scabra (Lap.) Meisn.) et l’endressie des Pyrénées (Endressia pyrenaica (J. Gay ex DC.) J. Gay) – deux ombellifères endémiques –, le galéopsis des Pyrénées (Galeopsis pyrenaica Bartl.), la gentiane des Pyrénées (Gentiana pyrenaica L.), de l’achillée à feuilles de camomille (Achillea chamaemelifolia Pourret) et du séneçon à feuilles blanches (Senecio leucophyllus DC.) – espèce également présente dans le Mézenc. Quelques espèces alpines sont aussi inventoriées comme la bugrane du Mont Cenis (Ononis cristata), la pédiculaire incarnate (Pedicularis rostratospicata Crantz) et la campanette (Colchicum bulbocodium Ker Gawl. - Syn. Bulbocodium vernum L.). Enfin, certaines relictes arctiques ne sont présentes que dans la partie orientale de la chaîne, comme la ligulaire de Sibérie (Ligularia sibirica (L.) Cass.), qui atteint en Capcir, à 1 500 m d'altitude, le point le plus élevé et le plus méridional de sa répartition actuelle.

Les Pyrénées occidentalesModifier

Le Pays basque et le Béarn, plus arrosés, sous influence atlantique hébergent des endémiques comme la soldanelle velue (Soldanella villosa Darracq), le grémil de Gaston (Buglossoides gastonii (Benth.) Johnst.), le lychnis des Pyrénées (Petrocoptis pyrenaica (Bergeret) A. Braun), l’érodium de Manescaut (Erodium manescavi Coss.) et le géranium d’Endress (Geranium endressii J.Gay) – espèce souvent cultivée dans les jardins et introduite çà et là.

Espèces remarquablesModifier

Quelques espèces endémiques végétales ou célèbres des Pyrénées :

Index de la flore des PyrénéesModifier

Sommaire : Haut - A B C D E F G H I J K L M N O P Q R S T U V W X Y Z

Nomenclature de l'index : sont répertoriées les espèces et sous-espèces par nom scientifique[1], nom(s) commun(s) ou vernaculaire(s)[2], famille (biologie)[3], et description[4].

AModifier

BModifier

 
Jacinthe améthyste

CModifier

DModifier

EModifier

FModifier

GModifier

HModifier

IModifier

JModifier

KModifier

LModifier

MModifier

NModifier

Nom scientifique Nom commun Famille Description

OModifier

PModifier

QModifier

RModifier

SModifier

TModifier

UModifier

VModifier

WModifier

XModifier

 
Lampourde

YModifier

ZModifier

Notes et référencesModifier

  1. Un seul nom (nom officiel), pour le choix du nom binominal retenu (valide) la source est Tela Botanica (Site web).
  2. Source principale : Tela Botanica (Site web).
  3. Source principale : Tela Botanica (Site web) avec une préférence pour la classification phylogénétique aux dépens de la classification classique, bien que cela ne soit pas systématique.
  4. Pour la mention endémique, la source est : Marcel Saule, La Grande Flore illustrée des Pyrénées, Éditions Milan, (ISBN 2-74590-637-2).

AnnexesModifier

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Articles connexesModifier

BibliographieModifier

Ouvrages format pocheModifier

  • Philippe Mayoux, Fleurs des Pyrénées - faciles à reconnaître, Éditions Rando, (ISBN 2-84182-214-1).
  • Christopher Grey-Wilson & Marjorie Blamey, Guide complet des fleurs de montagne - Alpes, Pyrénées, Apennins, Vosges, Jura, Massif Central, Delachaux & Niestlé, 2006 - (ISBN 2603013696)
  • Anthony Huxley, Fleurs de Montagne (adaptation française de Luc Brunerye), Fernand Nathan, 1973

Ouvrages de référenceModifier

  • Marcel Saule, La Grande Flore illustrée des Pyrénées, Éditions Milan, 2002, (ISBN 2-74590-637-2).
  • Georges Dupias, Fleurs du parc national des Pyrénées, Édité par le Parc National Des Pyrénées, 1987.
  • Jean Bergeret, Flore des Basses-Pyrénées,
  • Laszlo Nagy, Alpine biodiversity in Europe, Berlin : Springer, 2003.
  • Réginald Hulhoven, Un paradis pour les Botanistes - À la Découverte de la Flore des Hautes-Pyrénées, Les Jardins d'Eden, 20: 74-81, 2005

Liens externesModifier