Film d'exploitation

genre cinématographique

Le film d'exploitation est un type de film réalisé avec peu ou pas d'attention à la qualité et qui évite les dépenses des productions des films traditionnels, dans la perspective d'un bénéfice rapide.

Définition et historiqueModifier

« Des films faits avec peu ou pas d'attention à la qualité ni au mérite artistique mais dans la perspective d'un bénéfice rapide, habituellement par l'intermédiaire de techniques de vente sous pression et de promotion qui insistent sur l'aspect sensationnel du produit »

— Ephraim Katz (en), auteur de l'ouvrage The Film Encyclopedia.

Les films d'exploitation reposent le plus souvent sur un scénario basé sur les interdits et les tabous de la société, notamment le sexe, la violence, la drogue, la nudité, les monstres, le gore, les instincts de destruction et de rébellion et les mutilations. Des films de ce genre ont existé dès les débuts du cinéma et étaient populaires dans les années 1930 lors de l'introduction du Code Hays. Ils sont redevenus populaires dans les années 1960 avec l'affaiblissement des tabous cinématographiques aux États-Unis, au Canada et en Europe. Depuis les années 1990, ce genre a également suscité l'attention des cinéphiles, qui l'appellent parfois le « paracinéma » ou cinéma bis.

Souvent ils exploitent des évènements qui ont fait la une des journaux et restent dans la conscience à court terme du public mais qu'une grande société cinématographique rejetterait en raison du temps et des investissements nécessaires pour produire un film de qualité suffisante. Par exemple Child Bride (en) (1935) abordait le problème des hommes âgés épousant des femmes très jeunes dans la région des monts Ozark.

D'autres moyens comme l'utilisation de drogue dans des films comme Reefer Madness (1936) ont attiré un genre de public qu'une société cinématographique importante aurait écarté pour maintenir sa réputation et sa respectabilité.

Plusieurs films ont été réalisés sur la guerre d'Hiver, la guerre de Corée et la guerre du Viêt Nam avant que les studios principaux s'y fussent intéressés. Quand, le , la radiodiffusion de La Guerre des mondes d'Orson Welles par le Mercury Theatre eut choqué beaucoup d'Américains et fait la une des journaux, Universal Pictures sortit dès novembre de la même année dans sa série Flash Gordon's Trip to Mars (en) une production courte appelée Mars Attacks the World.

Quelques films de série B tournés avec un petit budget exploitent souvent les projets d'une société importante du fait qu'ils sont produits rapidement et peuvent tirer profit de la publicité de cette société pour acquérir de l'audience pour leur film, avec comme résultat que le concurrent plus riche mais plus lent voit ses résultats en baisse au box office.

C'est ainsi qu’Edouard L. Alperson (en) a produit Les Envahisseurs de la planète rouge (Invaders from Mars, 1953) de William Cameron Menzies) pour battre dans les salles la version de La Guerre des mondes due à George Pal et produite par la prestigieuse Paramount Pictures. La Machine à explorer le temps (1960) de Pal a été elle aussi battue dans les salles par Le Voyageur de l'espace (Beyond the Time Barrier, 1960) d'Edgar George Ulmer, produit pour Robert Clarke.

C'est pourquoi beaucoup de studios, de producteurs et de vedettes gardent depuis leurs projets secrets.

GrindhouseModifier

Le terme grindhouse (de l'anglais to grind, « moudre » et house, « maison ») désigne en anglais américain des salles de cinéma spécialisées dans les films d'exploitation. Le terme « Grindhouse film » est aussi utilisé pour désigner le genre de films projeté dans de tels cinémas.

Les grindhouse étaient connus pour leur diffusion continuelle de films de série B, souvent projetés en « double feature »[Quoi ?]. Deux films et assez souvent trois étaient présentés l'un après l'autre. La plupart de ces films étaient produits pour les drive-in comme second ou troisième programme, mais comme la plupart des grandes zones urbaines n'avaient pas de drive-in, ces films étaient projetés dans d'anciens théâtres qui proposaient auparavant des spectacles burlesques comme le Bump and grind d'où le terme Grindhouse.

Au début des années 1960 et spécialement dans les années 1970, les sujets des films grindhouse étaient dominés par le sexe, la violence, le bizarre, le pervers et autres contenus tabous.

À la fin des années 1980, le marché de la vidéo a rendu les grindhouses obsolètes. À la fin de la décennie, les grindhouses avaient disparu de Broadway et Hollywood Boulevard, de Times Square ou de Market Street. Au milieu des années 1990, ils avaient complètement disparu des États-Unis.

Chez les cinéphiles cependant, un certain intérêt pour les films d'exploitation a survécu. En 2007 sort Grindhouse un double feature constitué de Planète Terreur (Planet Terror en VO) et de Boulevard de la mort (Death Proof en VO, « À l'Épreuve de la Mort » au Québec) réalisés respectivement par Robert Rodriguez et Quentin Tarantino. Les deux films contiennent beaucoup des éléments caractéristiques des films grindhouse et sont liés par des bandes-annonces fictives appartenant également au genre (sexploitation, slasher, etc.).

Sous-genresModifier

Réalisateurs associés au genreModifier

Notes et référencesModifier

AnnexesModifier

Sur les autres projets Wikimedia :

BibliographieModifier

Articles connexesModifier

Liens externesModifier