Filière intégrée

Dans certains secteurs de l'économie, on parle de filière intégrée lorsque les agents économiques des diverses phases du cycle de vie des produits sont directement coordonnés entre eux par des « contrats de filière », sous l'égide, par exemple, d'une centrale coopérative ou d'une interprofession.

Principes de fonctionnement et objectifsModifier

Modèle d'organisationModifier

Une filière intégrée ressort en même temps des principes économiques d'⁣⁣intégration verticale⁣⁣ (contrôle de l'ensemble des stades de production, transformation, et distribution), d'intégration horizontale (économies d'échelles en regroupant certaines activités) et du mode d'organisation relevant de l'entreprise en réseau.

AvantagesModifier

La filière intégrée présente comme intérêt principal de sécuriser une filière de la mine jusqu'au produit semi-fini, par exemple, en assurant mieux tant l'approvisionnement que l'accès au consommateur final, comme le montre l'exemple des terres rares[1]. En outre :

  • Elle permet de mieux contrôler la chaîne de valeur, face aux entreprises et filières concurrentes ;
  • Elle fait profiter chaque participant de la valeur obtenue, en allant éventuellement jusqu'à la péréquation de coûts et profits pour qu'aucun maillon ne soit mis en difficulté ;
  • Elle permet de respecter plus facilement des contraintes légales et sociétales par rapport à des produits et services finaux ;
  • Elle procure des économies d'échelle par rapport à un produit final donné, lorsqu'elle prend en compte des principes d'intégration horizontale.

InconvénientsModifier

  • Cette formule peut limiter les positions de force traditionnelles des agents économiques, et les priver de certaines formes d'indépendance puisqu'elle suppose un pilotage par une « tête de filière ».
  • Dans des cas extrêmes, celle-ci peut profiter de sa position dominante pour s'approprier le résultat des efforts des autres - ou de certains autres - maillons[2].

Les étapes d'une filière intégréeModifier

Les étapes d'une filière sont :

Ces étapes correspondent aux relations client/fournisseur.

Conception d'une filière intégréeModifier

On doit d'abord réunir les agents économiques qui ont un intérêt commun dans une filière. C'est par la concertation entre les parties prenantes que l'on parvient à l'objectif de bien commun.

Il faut se conformer aux référentiels économétriques permettant d'estimer, d'une façon macroéconomique, les économies d'échelle qu'il est possible de réaliser par la mise en œuvre d'une filière intégrée, par comparaison avec les filières existantes.

Il faut également disposer de référentiels sur l'interopérabilité des systèmes et la sécurité. Des référentiels sont en cours de préparation dans des domaines connexes.

Il faut établir un mode de fonctionnement permettant de réguler ces programmes complexes : le contrat de filière.

Il faut estimer les risques du programme, et adopter un mode de communication adéquat.

Il faut de plus réunir les éléments nécessaires à la résolution du problème : dossiers, documents, normes de traçabilité, standards de données (voir liste de normes ISO par domaines, sécurité des données).

Par ailleurs, on peut s'appuyer sur un diagramme d'Ishikawa, au moment de la définition de la stratégie.

Exemples de filières intégréesModifier

Il existe de nombreux cas de filières plus ou moins intégrées en agriculture et dans l'agroalimentaire telles que :

Autres exemples :

La filière nucléaire est intégrée depuis l'extraction du minerai jusqu'au retraitement du combustible. Cependant, le cycle du combustible nucléaire n'est pas encore « fermé ». Cette étape arrivera avec les réacteurs nucléaires dits de génération IV, en particulier les projets du type "Integral Fast Reactor" (réacteur en cours de développement aux États-Unis).


RéférencesModifier

  1. Rapport de l'Office parlementaire d'évaluation des choix scientifiques et technologiques, « Les enjeux des métaux stratégiques : le cas des terres rares », 2011
  2. Christian Nicourt et Jacques Cabaret, « Ni patrons ni ouvriers : le cas des éleveurs intégrés », La nouvelle revue du travail, no 5,‎ (ISSN 2495-7593, DOI 10.4000/nrt.1854, lire en ligne, consulté le )

SourceModifier

  • Revue française du marketing, no 200, décembre 2004.

Voir aussiModifier

Ordonnancement, recyclage et logistique

Traçabilité, cycle de vie

Normalisation